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Ottawa coupe 162 millions

«Le gouvernement actuel a tellement attaqué la science publique que celle-ci se rapproche dangereusement de son seuil critique»

Alec Castonguay   16 avril 2009  Canada
Gary Goodyear
Photo : Agence Reuters
Gary Goodyear
Ottawa — La communauté scientifique du gouvernement fédéral commence à mesurer l'ampleur des compressions budgétaires dans son domaine. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Des chercheurs, des analystes et des scientifiques perdront leur emploi d'ici le mois de juin, en raison de coupures qui totalisent 162 millions de dollars sur trois ans.

Dans le cadre de sa «révision stratégique des dépenses», le gouvernement Harper a demandé à plusieurs organismes et ministères d'indiquer des endroits où couper dans les budgets.

Les quatre plus importants organismes scientifiques du gouvernement canadien font partie du lot: le Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada (CRSNG), le Conseil national de recherches du Canada (CNRC), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Selon les informations obtenues, les quatre organismes ont annoncé à leurs employés au cours des dernières semaines que des compressions totalisant 162 millions de dollars seront effectuées d'ici trois ans.

Selon l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, un syndicat qui représente 15 000 chercheurs oeuvrant au sein du gouvernement, il y a un «déclin des capacités scientifiques du Canada» depuis quelques années et les compressions ne vont pas arranger les choses.

Le président intérimaire du syndicat, Gary Corbett, affirme que le gouvernement conservateur «tourne le dos à cette importante ressource nationale en cherchant à économiser quelques dollars». «Cela nous en dit long sur son engagement envers la science dans notre pays», dit-il.

Des effets concrets

Hier, 30 employés du Conseil national de recherches du Canada ont reçu leur avis de cessation d'emploi, qui prendra effet le 9 juin prochain. Ces chercheurs victimes des compressions sont éparpillés à travers le pays. Selon une note interne lue au Devoir par téléphone, les employés pourront demander à être inscrits sur la liste de rappel du CNRC, au cas où des postes deviendraient vacants ailleurs.

C'est que le CNRC doit retrancher 35 millions de dollars d'ici trois ans, soit l'équivalent de 5 % de son budget. D'autres pertes d'emplois pourraient survenir au CNRC, notamment à l'Institut canadien de l'information scientifique et technique, sorte de grosse bibliothèque scientifique du gouvernement fédéral.

Un porte-parole du CNRC, Marc Hudon, a confirmé que la privatisation ou le démantèlement de cette bibliothèque est envisagé. «Une décision sera prise d'ici 12 à 18 mois», dit-il. Environ 175 personnes pourraient perdre leur emploi.

Mais M. Hudon a voulu se faire rassurant. «Le CNRC a identifié certains domaines où de tels fonds pourraient être utilisés à meilleur escient. L'argent sera réinvesti dans des programmes scientifiques et technologiques.»

Les trois autres organismes de recherches scientifiques publiques font face aux mêmes défis. Le plus affecté sera le Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada, qui doit couper 69,2 millions de dollars sur trois ans. Sept programmes ont déjà été ciblés, dont le Programme d'appui aux professeurs universitaires et le Programme-pilote de renforcement de la capacité de recherche dans les petites universités. Pour l'instant, aucune perte d'emploi n'est envisagée, dit-on.

Selon les informations qui circulent, les Instituts de recherche en santé du Canada devront quant à eux dégager 35 millions de dollars sur trois ans. Mais un porte-parole de l'organisme n'a pas voulu confirmer ce chiffre au Devoir, affirmant que le budget de 978 millions en place cette année (2009-10) est en légère hausse. «Il y aura peut-être un impact dans les années à venir, mais on n'a aucune information en ce sens pour l'instant», a dit ce porte-parole qui refuse d'être identifié.

Le dernier des quatre organismes, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, a annoncé à ses employés que la «réaffectation budgétaire» — le terme poli pour désigner les compressions — atteindra 22,9 millions de dollars. Le budget du CRSH sera touché par des coupes de 8,19 millions, alors que le Programme des coûts indirects sera amputé de 14,7 millions.

Le fond du baril?

Les organismes scientifiques étaient visiblement mal à l'aise de commenter les compressions hier. Certains porte-parole ont même demandé au ministre d'État à la Science et à la Technologie, Gary Goodyear, s'ils pouvaient répondre aux questions du Devoir.

Plusieurs porte-parole ont d'ailleurs tenu à souligner certains bons coups du gouvernement Harper, notamment l'investissement de deux milliards de dollars dans les infrastructures du savoir, annoncé dans le dernier budget. Cette somme servira entre autres à rénover et améliorer les laboratoires. Les centres scientifiques des universités recevront aussi une part du montant, qui est toutefois conditionnelle à un investissement équivalent des gouvernements provinciaux.

Même s'il salue ces investissements, l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada affirme que l'augmentation des sommes dans les infrastructures du savoir n'est pas une panacée. Des laboratoires mieux équipés, mais sans les programmes ou les chercheurs pour les utiliser, cela ne sert à rien, estime le syndicat.

Gary Corbett ne vise pas uniquement les conservateurs, même si la situation actuelle représente le fond du baril, dit-il. «La science publique a été ciblée par des réductions d'effectifs et des compressions budgétaires au cours de la dernière décennie. En utilisant des étiquettes comme "examen de programmes" et "examen stratégique", les gouvernements ont progressivement dégradé la capacité scientifique du pays. Le gouvernement actuel a tellement attaqué la science publique que celle-ci se rapproche dangereusement de son seuil critique.»

Le syndicat est particulièrement mécontent de voir la différence entre le Canada et les États-Unis, où l'administration Obama a commencé à réinvestir dans sa recherche scientifique dite «publique», soit celle menée par des organismes du gouvernement. «Il y a un véritable danger que [nos] scientifiques, chercheurs et ingénieurs se tournent vers les États-Unis pour poursuivre leur carrière», dit M. Corbett.

Le bureau du ministre Goodyear n'a pas rappelé Le Devoir hier.
 
 
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  • Robert Henri
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 06h52
    Harper le criminel
    Coupures en culture. Coupures en recherche. Coupures en sciences. Coupures partout sauf dans ce qui est chez lui, dans son trou dans l'ouest. Il va tous nous mettre dans la "schnouttes" pour son maudit sable goudronneux. Tout ça en abandonnant le Khadir et la jeune femme en Arabie prisonnière de son mari violeur. Tout ça en permettant que des jeunes femmes qui ont à peine passé le cap des vingt ans aillent se faire assassiner par des tueurs fanatiques à l'autre bout de monde. Harper est comme Bush un criminel et nous devons le poursuivre, le faire enfermer.

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 07h17
    Les Flinstones, l'Obscurantisme et 1984
    Notre société tel que conçue par nos politiciens ne semble possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance.

    Demandez à 1 enfant sur 4 qui vit sous le seuil de la pauvreté dans le plusss meilleur pays du monde !
    http://www.campaign2000.ca/fr/rap/

    HONTE À TOUS !

    Un état général de pénurie accroît l'importance des petits privilèges et magnifie la distinction entre un groupe et un autre.

    "Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l'apparence de la solidité à ce qui n'est que vent." - George Orwell

    La bêtise des puissants, c'est d'acculer les pauvres au désespoir. Et quand le désespoir devient collectif la révolution éclate par combustion spontanée. Parce que la force des petits, c'est de n'avoir rien à perdre.

    "Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit." - Louis Pasteur

    LA GUERRE C'EST LA PAIX
    LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE
    L'IGNORANCE C'EST LA FORCE

  • Linda Hart
    Inscrite
    jeudi 16 avril 2009 08h43
    Les créationnistes et la science
    À quoi s'attendre d'un gouvernement de crétins créationnistes. Ceux qui votent pour le reform votent pour le gouvernement le plus obscurantiste des cinquante dernières années.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 09h28
    Monsieur Henri a tout faux
    Monsieur Henri a tout faux. Il ne faut pas s'attendre à autre chose d'un propagandiste de l'aAnticapitalisme, de l'interventionnisme à l'extrême de l'état et accroc à l'esprit négationniste des bloquistes. L'État ne nous fait pas vivre, il ne redistribue que l'argent qu'il ponctionne des entreprises génératrices d'emploi et de richesses. Le tout après avoir ingurgité de lourds frais administratifs...

    L'exploitation du pétrole des sables bitumineux est au beau fixe car le prix du baril a tellement baissé qu'il n'est pas rentable de l'exploiter en bas de 50$ le baril. Des milliers de travailleurs dont certains québécois sont retournés chez-eux en quittant Fort-Mc Murray et s'appprêtent à retirer leur assurance-chômage. Quand on pense que les redevances de cette industrie fournit des milliards au Québec par le biais de la péréquation sans que le Québec ne lève le petit doigt sauf de chialer sur la main qui le nourrit, je trouve que les gauchistes du Québec auraient besoin d'un cours d'économie 101. Mme marois s,est plainrte de la baisse de cette péréquation sans parler que l'Alberta en diminuant sa production des sables bitumineux est l'origine du problème. Certains pensent que l'argent pousse dans les arbres et que le gouvernement a des ressources inestimables. Monsieur Henri vous faites fauisse route, les gouvernements sont au bout de leurs ressources et empriuntent à un rythme effrarant.

    Oui, le gouvernement doit couper et c'est sage. Ces gens de la génération "shy is the limit" doivent se rendre compte qu'on est dans une déflation financièere et qu'à moins d'alourdir notre héritage aux générations futures par une dette gigantesque, il faut revenir à des dépenses étatiques plus sombres...

    Ceux qui voulaient garder la recherches scientifique avec le même niveau de subvention auraient eu mérite à ne pas laisser le gouvernmement dépenser auparant 30 milliards en études environnementales inutiles commandées par une hystérie verte onusienne ou les groupes d'activistes environnementaux y ont vu une manne infinie de $$$ vertes.

    S'il fait couper c'est dans ces études environnementales destinées à nous convaincre de vivre plus pauvrement...

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 09h31
    L'idéologie fondamentaliste
    Pour les religieux fondamentalistes qui croient dur comme fer que la terre et tout se qui s'y trouve (les humains inclus) furent créés par Le Grand Machin il y a 6000 ans, la science représente une menace. En effet, le but premier de la science est l'avancement des connaissances, et par conséquent la recherche de La Vérité (pour utiliser un terme cher aux fondamentalistes). Malheureusement pour les fondamentalistes religieux, chaque découverte et avancée de la science, que ce soit en physique, biologie, astronomie, démolissent l'échafaudage de l'ignorance et des conneries sur lesquelles sont construites les religions. Pour un gouvernement dont la base électorale est constituée en partie de gens croyant que les humains et les dinausores co-existaient sur notre planète il y a 6000 ans, la science est un ennemi à abattre. Pas étonnant que ce gouvernement coupe les subventions à ceux apportent La Vérité....

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 09h41
    Et pendant ce temps...
    Si je comprend bien, on met à la porte des scientifiques dans le but d'économiser une centaine de millions, et pendant ce temps on achète du matériel militaire à coup de dizaines de milliards. Quelle connerie. Quand je pense que mes concitoyens ont voté pour ça...

  • L'Espérance,Pierre-Yves
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 10h12
    Ne pas voir plus loin que son nez
    Mais cette annonce est d'une absurdité à couper le souffle!

    S'il est un domaine économique que l'on doit de soutenir publiquement dans cette aire d'ouvertures des marchés c'est bien la recherche sous toutes ces formes! TOUTES CES FORMES!

    Toutes nos industries nord-américaines se doivent d'innover et d'entrer dans la prochaine révolution industrielle qui est déjà en branle partout ailleurs. Sinon, comment rivaliser avec les «esclaves modernes» que sont les ouvriers du tiers monde??

    Est-ce à dire que nous sommes complètement incompétents au niveau de la recherche et qu'elle n'aboutit à rien dans ce coin du monde? Que l'on devrait plutôt acheter à fort prix les technologies étrangères plutôt que les découvrir ici et en faire profiter notre société? C'est ridicule!

    Et pourquoi donner autant d'argent pour les écoles de finances et de management? Est-ce que la crise économique actuelle n'est pas justement le fruit de la financiarisation de l'économie? Qu'il n'y a pas assez de créations artistiques et scientifiques pour produire de la vraie valeur sonnante pour renflouer le ballon à l'hélium de la finance? Obama ne disait-il pas que les enfants aujourd'hui devraient plutôt rêver d'être scientifiques ou ingénieurs que de rêver d'être magnat de Wall Street?

    Kanada, Harper te relègue au tiers monde, surtout ne bronche pas! Et toi Kébec, t'attends quoi pour te sortir de ce cauchemar?

    Solution : Rapatriement de tous les pouvoirs scientifiques à Québec! Zut, Charest et sa clique de comiques sont trop incompétents pour cela, pour eux :

    2 + 2 = -40milliard...

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 10h16
    Ils vont déplacer les 162 millions de la recherche vers l'endoctrinement religieux des enfants.
    En somme, ils veulent peut-être que les générations futures cessent de s'éclairer avec de la vraie lumière pour en venir a s'éclairer a la chandelle.

    jacques morissette (Montréal)

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 10h23
    Quand le Canada se dotera-t-il d'une politique scientifique?
    Voilà une fois de plus la démonstration de l'absurde de l'absence d'une politique scientifique.
    La débâcle a commencé lors de l'élection des conservateurs de Brian Mulroney qui par le biais des rapports Nielsen ont commencé à démanteler ce qui fonctionnait bien.
    Les libéraux ont continué les coupures dans la recherche jusqu'à ce que Paul Martin y remette un peu de vitalité provisoire mais en ciblant mal les objectifs de formation universitaire en encourageant certaines marottes via les fondations des bourses du millénaire ou de l'innovation, tout en coupant dans les forces vives de la recherche fédérale. La création des trop nombreuses chaires de recherche du Canada distribuées partout mais sans réelle mesure d'excellence a eu comme effet pervers de détourner la fonction première d'enseignement en octroyant des dégrèvements d'enseignement à leurs titulaires qui en majorité n'enseignent plus! La plupart des ministères ont été saignés, à commencer par la Commission Géologique du Canada, et les laboratoires fédéraux. Or la contribution de ces organismes s'effectuait également par l'embauche et la formation d'étudiants tant gradués que sous-gradués pendant leurs emplois d'été.
    Le résultat net est que la relève n'est pas là et que l'on doit importer sans cesse des professeurs de l'étranger dont l'intégration est culturellement difficile dans la mesure où ils n'ont pas été formés ici. Si les universités doivent importer, c'est bien parce que nos étudiants ne sont pas, ou ne se sentent pas à la hauteur, parce que formés trop souvent par des chargés de cours qui donnent des grosses notes pour être bien évalués!
    À entendre les revendications des porte-paroles de l'UQAM ces jours-ci c'est bien plus l'écho de Mai 68 que l'on entend... que l'écho d'Avril 2009. D'abord le salaire, et ensuite le discours misérabiliste se plaignant d'avoir trop de travail et trop d'étudiants !!!!!
    Le remède ne peut que passer par une politique scientifique solide priorisant une formation bien conçue qui prendrait obligatoirement le pas sur des choses aussi foncièrement futiles et inutiles que la guerre en Afghanistan par exemple.
    Peut-on souhaiter que Michael Ignatieff universitaire lui même, et dont le père a terminé sa carrière comme Provost de Trinity College à Toronto mette au centre de son prochain programme électoral une politique scientifique solide et permanente?

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 10h31
    Étonnant?
    Pas du tout. La science est à la base de la théorie de l'évolution et ne soutien pas le créationnisme. Or les Conservateurs soutiennent eux le créationnisme, en particulier notre ineffable ministre des «Sciences» et, pour eux, soutenir «la» science équivaut à se tirer dans le pied. Ce gouvernement qui a l'appui de moins de 40% des électeurs va tout faire pour démanteler le potentiel scientifique du Canada et va laisser le secteur privé s'en occuper. Le comte Ignatieff pour sa part semble n'avoir rien à redire face à cette situation et préfère faire de la basse politique plutôt que s'occuper de l'avenir du pays... Pathétique!

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 11h50
    Harper scie la branche sur lequel il est assis
    On dirait que monsieur Harper est en train d'organiser son suicide politique. Aussi,permettez-moi de faire une petite spéculation. Monsieur Harper a un poste bien rémunéré dans le privé et il veut nous faire croire que c'est en raison de la politique qui l'a laissé.

  • lise jacques
    Abonnée
    jeudi 16 avril 2009 12h30
    Plus le temp passe plus on recule ...non?
    Il est clair qu'avec ce gouvernement rétrograde le Canada en perd à tous points de vue. Il ne faut pas oublier que ce gouvernement a aussi sabré dans l'information et qu'en voulant tout contrôler lui-même ce qui prenait 30 jours pour y avoir accès prend maintenant des années quand accès il y a. Tout est lié, il diminue l'information donnée aux citoyens et il coupe dans la recherche. Il faut par contre savoir r que çà fait dix ans déjà que cette recherche a commencé à être écorchée, Harper lui il y va avec la hache...Tiens-toi!

    Pas étonnant que les scientifiques voudront foutre le camp chez nos voisins. Au moins Obama remet une place au questionnement, même par rapport aux OGM qui sont toujours contestés autant pour la sécurité humaine que pour celle de l'environnement. Les études américaine et européennes confirment toujours la clause de précaution...mais au Canada on a un gros 90% de notre canola qui est transgénique, on a le soja, on a le maïs, depuis 1997, celui-là même qui est contesté en Europe...

    Les OGM sont entrés en douce au Canada, nous sommes le 4e plus gros producteur mondial..pas étonnant que Santé Canada ne fasse pas de recherches, pas étonnant que la Société Royale du Canada qui avait remis son rapport au gouvernement fédéral en 2001 et qui est la plus haute instance au pays avait comme l'Europe recommander la clause de précaution, pas étonnant que le rapport soit toujours sur les tablettes.

    Comme on peut lire dans le texte qui suit les américains vont se réveiller bientôt, ici on est très mal parti!

    Hier on pouvait lire la bonne nouvelle parue dans le NEW Yok Times que des 26 scientifiques américains s'insurgent contre l'obstruction des firmes semencières comme Monsento et Syngenta qui sont les principaux fournisseurs de semences OGM.
    Cette déclaration a été présentée au Ministère de la Protection de l'Environnement (EPA), publiée jeudi dernier par le New-York Times et relayée par Les Amis de la Terre.

    Texte de la déclaration : « Les accords de technologie et d'intendance requis pour l'achat de semences génétiquement semences interdisent explicitement la recherche. Ces accords empêchent les scientifiques publics de jouer le rôle qui leur est imparti au nom de l'intérêt général, à mois que l'industrie approuve leurs recherches."



    Il résulte de cet accès restreint à l'information, qu'aucune recherche indépendante ne peut être légalement conduite sur beaucoup de questions de première importance concernant la technologie, ses performances, ses implications dans la gestion des cultures, et ses interactions avec la biologie des insectes. Dans cet état de fait, les données fournies par le secteur public à l'attention du panel scientifique consultatif de l'EPA ne peuvent être qu'excessivement restreintes. »

    Vingt-six scientifiques américains viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils affirment qu'« aucune recherche réellement indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions de première importance ». Loin d'être anti-OGM, certains de ces chercheurs affirment même y être favorables.

    A l'origine de cette déclaration, un appel de l'administration américaine à la communauté scientifique en vue de la mise en place de réunions consultatives sur les cultures OGM.

    Spécialistes des insectes du maïs, les 26 chercheurs qui ont participé à la rédaction du document ne sont pas des activistes anti-OGM, certains déclarent même être favorables à ces technologies mais critiquent la politique des firmes semencières qui empêchent toute étude indépendante sur le sujet. Les informations fournies par les compagnies étant « excessivement restreintes », ils s'avouent dans l'incapacité de fournir à l'Etat quelque information que ce soit, et aux agriculteurs les conseils qu'ils attendent. La plupart de ces chercheurs ont décidé de rester anonymes afin d'éviter d'être mis à l'écart des recherches menées par l'industrie. Quelques-uns acceptent cependant de répondre nominativement à des interviews sur ces questions.

    La recherche scientifique sur les OGM formellement interdite

    Principale critique : les vendeurs de semences génétiquement modifiées interdisent par contrat aux acheteurs de mener des recherches sur leurs produits. Les firmes acceptent quelquefois des études scientifiques extérieures mais à condition d'en valider les conclusions avant publication. Contrairement aux pesticides ou semences conventionnelles, aucune étude non autorisée ne peut donc être légalement menée sur les semences GM. Certains contrats vont même jusqu'à interdire explicitement à l'acheteur de comparer le produit avec aucune autre semence rivale. Ça ne s'invente pas...

    « Blanchissage des données et des informations »

    « Si une compagnie peut contrôler les recherches (...) elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude » affirme Ken Ostlie, entomologiste à l'Université du Minnesota. Pour Elson J. Shields, professeur d'entomologie à l'Université de Cornell, les firmes « peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises au Ministère de la Protection de l'Environnement (EPA) ». Mark A. Boetel, de l'université d'état du Dakota, raconte pour sa part qu'il a maintes fois essayé d'obtenir les autorisations nécessaires pour étudier la réponse biologique des semences transgéniques à un traitement insecticide. En vain.

    Monsanto et Syngenta se défendent de toute mauvaise intention, soutenant que leurs contrats ont pour unique but de protéger leur droit de propriété intellectuelle, ils affirment se contenter de répondre à leurs obligations réglementaires. Ce qui a été contredit dans la journée par Dale Emery, porte parole du ministère de la Protection de l'Environnement.

    « Les gens ont peur d'être mis sur des listes noires »

    Pour le Dr Shields, le problème est bien plus profond : le financement de la recherche ayant été transféré du secteur public vers le secteur privé, de nombreux scientifiques universitaires sont devenus dépendants des compagnies semencières. « Les gens ont peur d'être mis sur des listes noires » affirme-t-il. Il fallait oser... c'est fait ! "

    Ici nous avons Santé Canada mais cet organisme suscite de plus en plus de questionnements de la part des Canadiens face aux congédiements de scientifiques comme le Dr Shiv Chopra et ses collègues qui après une trentaine d'années de loyaux services ont perdu leur emploi du jour au lendemain pour ne pas avoir approuvé des produits non sécuritaires pour la santé publique. En coupant dans les recherches et en coupant dans l'information, monsieur Harper aura le parfait contrôle, ce qui ne s'appelle plus une démocratie mais une dictature!



    --
    Lise Jacques
    Infos Sante
    http://www.infossante.com

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 13h06
    |#!/$%?&**%$
    Est-ce assez clair ?

    Prenons un speed pour se donner de l'énergie
    et un calmant pour s'assommer tout de suite après.
    C'est vrai que Stephen est trop intelligent pour nous.

    ...

  • Eric Devost
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 13h26
    Incroyable !
    De voir le gouvernement Harper sabrer dans la recherche n'est pas étonnant en soi, comme plusieurs intervenants le mentionnent, tout cela est très cohérent avec les "valeurs" rétrogrades conservatrices. Ce qui est étonnant, c'est de voir des intevenants tenir un discours hostile envers les politiques environnementales. Est-ce que ces personnes sont au courant que la vie sur cette planète est possible grâce à un écosystème à la fois très complexe et fragile et que de tenter de le protéger et de le comprendre est primordial pour notre survie ? Vraisemblablement pas...

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    jeudi 16 avril 2009 15h03
    Les conservateurs ne financeraient que l'industrie de la guerre et la propagande religieuse s'ils le pouvaient
    Le Canada est devenu un pays rétrograde. Pro-militariste, pro-dogme religieux, anti-écologie, anti-culture, anti-sciences, anti-droits unviversels de la personne. Les conservateurs se réservent le droit d'enfreindre les droits de citoyenneté et les droits humains fondamentaux quand ça fait leur affaire.

    Le Canada me fait honte. Dehors les conservateurs!

  • Simon Chamberland
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 17h50
    Le message de ce gouvernement
    Ce qui m'inquiète, c'est le message que ce gouvernement envoie : la science n'est pas importante. Avec ce message, je crains que la culture scientifique soit reléguée aux oubliettes par une bonne partie de la population.

    Certains diront que cela n'est pas si grave. Pourtant, une population dépourvue de culture scientifique est vulnérable à la charlatanerie primaire comme l'astrologie, l'homéopathie, le tarot, les campagnes de peur des anti-vaccins, le culte des extra-terrestre, les théories du complot, la négation des changements climatiques et que sais-je encore.

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