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Le PLC sur le pied de guerre

Les libéraux estiment à plus de 90 % les chances que des élections soient déclenchées à l'automne

Alec Castonguay   10 avril 2009  Canada
Ottawa — La garde rapprochée du chef libéral, Michael Ignatieff, planche sur un scénario électoral dès l'automne prochain. Un stratège libéral bien branché affirme que les chances de voir son parti déposer une motion de défiance en octobre ou novembre sont à «plus de 90 %».

Selon les informations obtenues par Le Devoir de plusieurs sources au cours des derniers jours, le PLC a différentes dates de scrutin dans son viseur, toutes situées à la fin du mois de novembre ou au début de décembre.

«Dans l'année 2009, pour nous, il y a 95 % des chances qu'il y ait une élection», soutient un proche conseiller de Michael Ignatieff, qui a demandé l'anonymat pour pouvoir parler ouvertement d'un sujet aussi sensible. «À un moment donné, tu ne peux pas attendre éternellement. Tu ne peux pas jouer au chat et à la souris. Il faut avoir le courage de défaire le gouvernement. À mesure que l'économie se détériore, il faut que tu sois capable de présenter une [option] alternative sinon, tu endosses le gouvernement.»

Les libéraux, ragaillardis par les récents sondages qui confirment une remontée du PLC dans plusieurs provinces, sont de plus en plus convaincus que l'automne serait un bon moment pour en découdre. «Il faut donner au chef la possibilité de faire tomber le gouvernement cet automne, a soutenu au Devoir Pablo Rodriguez, député d'Honoré-Mercier et proche d'Ignatieff. C'est pas qu'on veuille aller en élection, il n'y a pas beaucoup d'appétit pour une élection [dans la population]. Mais en même temps, il n'y a pas d'appétit pour garder le gouvernement en place, qui est autodestructeur pour le Canada.»

Son de cloche similaire du côté de Robert Fragasso, président de l'aile québécoise du PLC. «Sur le plan de l'organisation, si le chef décide de peser sur le bouton ce printemps ou cet automne, il aura les ressources nécessaires pour le faire», dit-il en entrevue.

La machine libérale vient en effet de passer en deuxième vitesse. Les activités de financement se multiplient et les investitures pour combler les postes de candidats seront nombreuses d'ici septembre prochain. Six coordonnateurs viennent d'entrer en fonction pour aider l'organisation au Québec.

La commission électorale vient de se réunir pour la première fois et l'élaboration de trois plateformes électorales pour la province de Québec (une pour Montréal, une pour Québec et une pour les régions) va bon train. Plusieurs tournées du chef sont aussi prévues cet été.

«Il ne faut pas avoir l'excuse du manque de préparation pour éviter une élection», explique Denis Coderre, lieutenant de Michael Ignatieff au Québec. «Quand Michael décidera d'aller en élection, il aura les outils pour le faire.»

Pablo Rodriguez ajoute: «On va être pas mal avancé au sortir de l'été. On va profiter de l'été pour peaufiner la machine.»

Robert Fragasso affirme que chez les libéraux «tout le monde parle» de l'automne comme date de scrutin, mais que si cela se concrétise, la date devra être choisie avec attention. «Cet automne, il y a une réalité avec laquelle on va devoir composer: les élections municipales au Québec. Ce ne sera pas évident. Toutes nos municipalités seront en élection en même temps.»

Pas moins de 1200 municipalités iront aux urnes la première fin de semaine de novembre. L'aile québécoise du PLC pousse donc très fort pour que les élections — si élections il y a — se déroulent fin novembre ou début décembre. «Toute la jungle politique sera mise à contribution pour les élections municipales», dit M. Fragasso.

Mais le Québec n'est pas la seule préoccupation du chef libéral. «C'est possible qu'il y ait des considérations nationales faisant en sorte qu'on soit en élection malgré les élections municipales», avoue Robert Fragasso.

Même si le PLC aimerait bien partir sur le sentier de la guerre électorale cet automne, l'idée d'attendre au printemps 2010, après le dépôt du prochain budget, n'est pas écartée. «La politique évolue et l'automne arrive vite», affirme le proche conseiller d'Ignatieff. «Mais ce qui est clair, c'est que M. Harper est premier ministre depuis trois ans. Il ne croit pas que le gouvernement a un rôle à jouer dans l'économie. Ce n'est pas le bon premier ministre pour les temps dans lesquels on vit.»

Le PC se prépare aussi

Conscient que la machine rouge pourrait vouloir lancer le pays en élection dès cet automne, un an après le dernier scrutin, les troupes de Stephen Harper se préparent elles aussi.

On prévoit notamment la diffusion de publicités négatives pour briser la bonne image d'Ignatieff dans l'opinion publique.

Hier, La Presse révélait que le Parti conservateur au Québec a demandé à ses 75 associations de circonscription de mettre les bouchées doubles pour dénicher des candidats d'ici la fin de l'été. Le quotidien citait une source anonyme qui affirmait que le parti doit être prêt à toute éventualité.

Bloc et NPD dans le coup

Le Parti libéral, qui a 77 députés, aura toutefois besoin de l'appui du Bloc québécois (49 élus) et du NPD (37 députés) pour défaire le Parti conservateur (143 élus). La majorité requise est de 155 députés.

Le Bloc et le NPD n'ont jamais hésité à déclarer qu'ils ne font pas confiance au gouvernement. Mais les stratèges des deux partis refusent de révéler à l'avance leurs intentions. «On ne fait pas des élections pour le plaisir. Il faudra analyser la motion et évaluer plusieurs facteurs», explique Mario Laframboise, député et organisateur en chef du Bloc.

Néanmoins, les deux partis se préparent à un possible scrutin à l'automne. Du côté du Bloc québécois, on dit être prêts. «Notre façon de travailler, c'est de ne jamais arrêter après des élections. On aura la meilleure machine politique au Québec», dit M. Laframboise.

Au NPD, les organisateurs commencent à élaborer la stratégie du parti pour la prochaine campagne. «Plus d'une centaine de stratèges du parti de partout au pays se sont rencontrés il y a deux semaines pour mettre en branle la machine électorale lors du conseil fédéral du parti, affirme Karl Bélanger, porte-parole du NPD. Nous serons prêts dans l'éventualité d'élections hâtives. La section Québec peaufinera d'ailleurs notre stratégie lors d'un conseil provincial qui aura lieu le 23 mai à Montréal.»
 
 
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  • Pierre-E. Paradis - Inscrit
    10 avril 2009 12 h 59
    Le grand écart
    Les libéraux fédéraux vont tout tenter pour gagner, quitte à faire le grand écart et ratisser au centre, à gauche, à droite, alouette!

    Un "pet" de Trudoïsme pour plaire aux Ontariens, un peu de socialisme pour plaire aux ouvrier de l'automobile de Windsor et courtiser l'électorat du NPD, un discours de droite pour courtiser les banlieues conservatrices de Toronto et les rednecks de l'Ouest et... toujours le même vieux parti de dinosaures avec les «jeunes» Coderre, Justin et Rodriguez comme têtes d'affiche pour amadouer le Québec.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    10 avril 2009 13 h 59
    Qu'on nous fiche la paix avec de nouvelles élections !
    Si, depuis qu'ils ont un nouveau chef, les libéraux fédéraux sont tout excités à l'idée de retourner en campagne électorales dès l'automne 2009, la population, elle, est très loin de partager leur enthousiasme !

    La majorité des gens en ont raz-le-bol des élections. Les plus récentes - et inutiles - ont eu lieu il y a à peine quelques mois et ont coûté aux contribuables des centaines de millions $. Ça suffit !
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  • Konstantin Kozlov - Inscrit
    11 avril 2009 10 h 06
    Un jour en politique c'est éternité.
    Je pense que pour les libéraux il y a encore manque du temps. Un jour en politique c'est éternité.
    Ils pensent qu'ils peuvent profiter l'effet Obama. Mais c'est loin de là. À l`horizon on voit l'impeachment à Obama. Il occupe le poste de président n'a pas légitiment. Jusqu'à maintenant il n'a pas présenté les preuves qu'il née aux États-Unis et les politiques socialistes lesquelles il prône n'a pas apprécie pour tout les américaines. Nouveau Reagan est à l`horizon.
    Les conservateurs canadiennes vont profiter cette situation bien sur.
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