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L'harmonisation

Michel David   2 avril 2009  Canada
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a dit avoir été informée par les médias que la TVQ n'était pas harmonisée à la TPS fédérale. Jusque-là, elle était persuadée du contraire.

Celui qui a dû être le plus surpris d'apprendre cela est son prédécesseur Yves Séguin, qui avait démissionné une première fois le 12 septembre 1990 précisément parce que Robert Bourassa avait décidé d'harmoniser l'ancienne taxe de vente provinciale à la taxe fédérale sur les produits et les services créée par le gouvernement Mulroney. Aurait-il démissionné pour rien?

M. Séguin, un des rares politiciens parfaitement heureux de se retrouver au ministère du Revenu, s'était vivement opposé à la TPS dès le départ. Celui qu'on surnommait le «Robin des taxes» estimait qu'elle favorisait indûment les entreprises par rapport aux particuliers, alors qu'il avait vu sa nomination au Revenu comme une bonne occasion de rendre la fiscalité plus équitable.

La façon dont M. Bourassa avait profité de la crise autochtone et de l'effervescence consécutive à l'échec de l'accord du Lac-Meech pour harmoniser les deux taxes en catimini avait sans doute ajouté au mécontentement de M. Séguin.

On a souvent taxé l'ancien ministre de naïveté. Dans un monde où la roublardise, pour ne pas dire le cynisme, est la règle, il est vrai qu'il semblait parfois bien candide. Quand il a décidé de reprendre du service, en mars 2003, le futur ministre des Finances de Jean Charest n'avait pas exclu d'éliminer complètement la TVQ. C'est dire!

Peut-être n'était-il pas fait pour la politique, mais ce fiscaliste connaissait tout de même son métier. Il était sans doute le seul à penser que l'affaire était suffisamment grave pour justifier une démission, mais on peut lui faire confiance sur le fond des choses: il y avait bel et bien eu harmonisation. À l'époque, il avait même souligné que l'Ontario refusait d'emboîter le pas au Québec.

***

Le merveilleux monde des relations fédérales-provinciales canadiennes est fertile en rebondissements. Il y a un an, le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, et le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, étaient à couteaux tirés.

«Pour les compagnies qui veulent investir au Canada et qui se préoccupent des impôts, la dernière place où aller, c'est l'Ontario», avait lancé M. Flaherty. Excédé de ses attaques à répétition, M. McGuinty avait adressé à Stephen Harper une lettre dans laquelle il lui demandait de rappeler son ministre à l'ordre.

Bien entendu, c'était avant que les conservateurs fassent une croix sur le Québec et se retrouvent dans l'obligation de mettre tous leurs oeufs dans le panier ontarien, sous peine de retourner dans l'opposition.

En janvier dernier, le budget de M. Flaherty avait déjà arraché des cris de joie à son nouvel ami. Alors que Mme Jérôme-Forget se lamentait sur les conséquences des modifications à la formule de péréquation, M. McGuinty n'en finissait plus d'énumérer les dossiers dans lesquels sa province avait obtenu satisfaction au cours des derniers mois: le transfert social canadien, l'aide à l'industrie automobile, l'Agence de développement économique de l'Ontario, le projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne, la péréquation...

Manifestement, tout cela n'a pas suffi à freiner la chute des conservateurs. Le récent sondage Léger Marketing-Le Devoir, dont les résultats ont été publiés en début de semaine, accorde maintenant dix points d'avance aux libéraux de Michael Ignatieff (45-35).

Ceci expliquant cela, le dernier «cadeau» de 4,3 milliards offert par Ottawa en guise de compensation pour l'harmonisation de la taxe de vente ontarienne à la TPS n'a rien de très étonnant, même si l'ampleur du déficit fédéral serait normalement de nature à tempérer la générosité de M. Flaherty. C'est simplement la transposition sur le plan fiscal de l'harmonisation politique en cours depuis quelques mois.

***

Même si le Québec n'est plus dans la mire des conservateurs, il est difficile de voir quel nouveau prétexte M. Flaherty pourrait encore invoquer pour ne pas lui offrir une compensation équivalente à celle de l'Ontario, que le ministère des Finances évalue à 2,6 milliards, et à celle que trois autres provinces ont obtenue avant lui.

Mme Jérôme-Forget s'est dite tout à fait disposée à calquer la taxe québécoise sur celle de l'Ontario, qui prévoit aussi une exemption pour certains biens, comme les livres, et qui reprend les mêmes dispositions en ce qui concerne le remboursement de la taxe sur les intrants pour une période de huit ans.

Il est vrai que, contrairement à l'Ontario, le Québec ne cédera pas la perception de sa taxe au gouvernement fédéral, mais il serait bien mal venu de lui reprocher d'exercer un pouvoir que lui reconnaît la Constitution.

Il est vrai aussi que, dans son souci de simplifier la vie du contribuable, Yves Séguin a déjà proposé qu'il y ait un seul ministère du Revenu, situé à Ottawa, mais c'était dans une vie antérieure. Le nouveau Yves Séguin, qui a présidé la Commission sur le déséquilibre fiscal, proposait plutôt d'abandonner le champ fiscal de la TPS aux provinces. Tout le monde a le droit de changer d'idée, non?

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Serge Manzhos
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 05h11
    qu'est-ce que cette article veut-elle nous dire
    si j'ai bien lu, cette article veut nous faire croire qu'il y a bien une harmonisation des taxes en due forme parce que ... Yves Seguin le voulais? N'importe quoi. L'auteur a-t-il meme vu ou lu la loi? S'il l'avait fait je suppose il nous aurait donne plus d'information factuelle.

  • Normand Carrier
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 06h55
    Le contentieux épaissit !
    Merci monsieur David car vous etes notre mémoire . Sans vous il y a des passages que l'on oublieraient . Ce $2.6 milliards s'ajoute au $5 milliards de contentieux déja identifié par le député péquiste d'Alma Alexandre Cloutier lors de l'interpellation au parlement de Québec . Il y avait meme un retard de paiment qui remontait au verglas de 1997 dont le paiment n'est pas encore fait . Il serait intéressant de connaitre l'opinion de tous ces fédéralistes qui voient cela avec leur lunettes roses ?
    Normand Carrier

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 08h24
    Et la taxe sur les produits culturels?
    Charest a promis d'abolir la TVQ sur les produits culturels. Est-ce qu'Ottawa va harmoniser?

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    jeudi 2 avril 2009 08h50
    HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
    Une personne de haut niveau qui ne savait pas! En fait, de sa part ceci n'est pas surprenant. Elle ne savait pas qu'il y avait une crise ... crissssssss.

    Ceci devient intolérable. Non, ceci est devenu intolérable depuis fort longtemps.

  • Jacques Dubreuil
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 09h14
    candide ou incompétent?
    Je crois que ce que vous qualifiez de candide est un euphémisme pour dire incompétent. À moins que le gouvernement Charest, le gouvernement du silence et de la cachette, soit encore plus sans vision que je pensais.

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 10h07
    La Louve des Sacoches pédalle dans les patates pillés !
    La gestion plus qu'amateur des CHUM, la dilapidation de la Caisse de Dépôt, « on a rien vu venir », j'en passe et des meilleures...

    L'incompétence a le dos large, la réalité est plus sinistre...

    La mission de Charest et de sa nébuleuse est de mettre la hache dans l'appareil gouvernemental québécois.

    « Le seul instrument dont les Québécois disposent vraiment c'est leur État ». - René Lévesque

    En passant on de privatise les profits et socialise les coûts au profit des ti-zamis et Mr. Paul, tout en gardant nos ressources naturelles virtuellement gratuites pour les multinationales en pur Duplessisme 2.0

    En d'autre temps ou les médias n'avaient pas usurpé la pensée collective on aurait appelé ça une trahison.

    « Les mensonges et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion. » - Paul Valéry

    Merci La Nébuleuse !
    http://ww2.quebec101.org:81/images/stories/diagram

    "Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit." - Louis Pasteur

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 2 avril 2009 11h01
    Symptomatique
    Que peut-on ajouter de plus à votre article?!

    Les justifications peu crédibles d'Ottawa VS les affirmations de Yves Séguin, père du rapport commandé par le P.Q., celui condamnant le déséquilibre fiscal.

    Yves Séguin le fiscaliste reconnu confirmait qu'il y avait bel et bien eu harmonisation et avait même souligné à l'époque que l'Ontario refusait d'emboîter le pas au Québec.

    Monsieur David a raison de poser la question à savoir que monsieur Yves Séguin aurait démissionné pour rien?!

    Ottawa est souvent peu enclin à dédommager Québec qui attend toujours par exemple que lui soit versée la somme compensant les pertes lors de la crise du verglas. Pourquoi Québec doit-il souvent attendre les dédommagements qui nous sont pourtant dûs? C'est significatif.

    SYMPTOMATIQUE
    Pendant que madame Jérôme-Forget se plaignait des transferts en péréquation accordés au Québec par le fédéral, McGuinty énumérait la profusion de dossiers dans lesquels sa province a obtenu des gains au cours des derniers mois... le transfert social canadien, l'aide à l'industrie automobile, l'Agence de développement économique de l'Ontario, le projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne, la péréquation...

    Au fil des budgets, des transferts de paiements accordés ou non au Québec par le fédéral, ce dernier a manifestement provoqué ce manque à gagner au Québec et au fil du temps justifié par le fait même ce besoin de péréquation.

    On nous traite comme des citoyens de second ordre. D'autant plus avec ce gouvernement Harper qui a une piètre conception de la démocratie et pénalise ceux qui votent autrement. Nul besoin d'énumérer les exemples démontrant cette triste réalité. Encore récemment, le gouvernement Harper a eu le culot de suggérer à des citoyens de Trois-Rivières qu'ils n'avaient pas voter du bon bord, pour justifier son refus d'aller de l'avant avec une promesse faite durant la dernière campagne électorale.

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 2 avril 2009 11h11
    @ monsieur Serge Manzhos
    Vous commencez votre réplique en demandant si vous avez bien lu l'article?

    Vous relatez le contraire des propos de monsieur David. Celui-ci y mentionne clairement que <Yves Séguin a démissionné une première fois le 12 septembre 1990... précisément parce que Robert Bourassa avait décidé d'harmoniser l'ancienne taxe de vente.> Donc, il s'y opposait.

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 11h55
    Ma conclusion aux propos éloquents de Mme Lorraine Dubé, . . .
    Tant et aussi longtemps qu'on laissera des ÉTRANGERS décider de nos vies, de nos avoirs, et de notre avenir, ON SERA INSATISFAIT, ce sera la démonstration douloureuse toujours répétée d'une INJUSTICE faite à notre égard, nous les descendants francophones, les 'nègres-blancs' d'Amérique.

    Vive la liberté et le rêve de l'indépendance !!!

  • Dulac Claude
    Inscrit
    jeudi 2 avril 2009 13h35
    De psychologue à Ministre des finances
    La dame de fer en plus d'avoir aucune expérience politique s'est fait parachutée, elle au ministère des finances.

    Les chiffres et la psychologie ne font pas bon ménages.

    A quand sa démission, elle pourrait rejoindre son conjoint au Mexique dans leur luxueuse villa au Mexique.

    Qui a plus de valeur que la maison à John James Charest à Westmount?

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