Économie: la confiance va à Ignatieff
Ottawa — La remontée du Parti libéral du Canada se confirme, particulièrement au Québec et en Ontario, là où les prochaines élections vont se décider, selon un nouveau sondage pancanadien Léger Marketing-Le Devoir. Mais, plus inquiétant encore pour le Parti conservateur, le chef libéral Michael Ignatieff est le mieux perçu pour faire face à la crise économique et aider les travailleurs. En fait, la population canadienne est insatisfaite de la manière dont Stephen Harper gère la récession.
L'économie sera certainement le thème central de la prochaine campagne électorale, peu importe le moment de son déclenchement. Et pour l'instant, Michael Ignatieff a une longueur d'avance sur Stephen Harper, selon le coup de sonde Léger Marketing-Le Devoir, qui a interrogé 1508 personnes dans tout le pays entre le 18 et le 23 mars. La marge d'erreur est de 2,5 %, 19 fois sur 20.
«Il n'y a aucune bonne nouvelle dans ce sondage pour le Parti conservateur, tranche le sondeur Jean-Marc Léger. Un gouvernement a toujours de la difficulté pendant une crise économique, et ça se confirme.» Et malgré un budget fédéral rédigé à l'encre rouge pour tenter de relancer l'économie, Stephen Harper n'a pas réussi à convaincre la population qu'il est l'homme de la situation. «Il n'y a aucun endroit où le Parti conservateur a marqué des points dans les derniers mois», explique Jean-Marc Léger.
Environ 48 % des citoyens se disent «insatisfaits» ou «très insatisfaits» des mesures adoptées par le gouvernement en ces temps de récession. En revanche, 40 % des Canadiens se sont dits «satisfaits» ou «très satisfaits» des mesures prises par le gouvernement Harper. Les «très satisfaits» ne sont que 6 %.
Quand on examine plus en profondeur les questions qui portent sur l'économie, on se rend compte que Michael Ignatieff domine Stephen Harper dans toutes les catégories. Ainsi, à la question, «entre Stephen Harper et Michael Ignatieff, en lequel avez-vous le plus confiance pour implanter des mesures efficaces pour faire face à la crise économique?», 41 % des Canadiens ont préféré le chef libéral, contre 32 % le chef conservateur. Même scénario pour «aider les travailleurs canadiens à traverser la crise économique», puisque 41 % des citoyens font davantage confiance à Michael Ignatieff, contre 33 % qui préfèrent Stephen Harper.
Par exemple, les Canadiens désapprouvent fortement l'aide de quatre milliards de dollars consentie par Ottawa à l'industrie automobile. Près de 69 % des Canadiens s'opposent à cette mesure, alors que seulement 15 % se disent d'accord. Même en Ontario, bastion de l'automobile, la mesure est rejetée par 60 % des répondants, contre 17 % qui l'approuvent. «Peu importe la province, les gens ne veulent rien savoir de cette aide», explique Jean-Marc Léger.
Ces mauvais résultats sur le front économique pèsent lourdement sur le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement, qui a chuté à 38 %. Ils sont maintenant une majorité (51 %) à désapprouver les actions du gouvernement dans son ensemble.
Intentions de vote
Les intentions de vote du Parti conservateur suivent la même courbe descendante, ce qui profite aux libéraux. Ainsi, à l'échelle du pays, le Parti libéral du Canada (PLC) récolte 35 % des intentions de vote, contre 34 % au Parti conservateur (PC). Le tout après répartition des indécis. Étant donné la marge d'erreur de 2,5 %, les deux partis sont à égalité.
Pour le PLC, il s'agit d'un bond de 9 % depuis les dernières élections. Le PC a quant à lui chuté de 4 % depuis octobre. Le NPD de Jack Layton, qui avait recueilli 18 % lors des élections, subit les contrecoups de la remontée des libéraux, avec 14 % des intentions de vote présentement.
Au Québec, où Léger Marketing a interrogé 400 personnes (marge d'erreur de 5 %), le Bloc québécois maintient son avance, avec 42 % des intentions de vote. Le PLC obtient 33 %, alors que le PC récolte à peine 12 %. De fait, le NPD talonne les troupes de Stephen Harper dans la province, puisqu'il obtient 10 %.
«On s'enligne vers une confrontation classique PLC-Bloc au Québec, dit Jean-Marc Léger. Pour les conservateurs, c'est catastrophique. Avec 12 %, ils ne gagneraient aucun siège au Québec, à part peut-être celui de Maxime Bernier, en Beauce, qui est un phénomène à part.»
En Ontario, là où les 106 sièges (sur 308) en font un champ de bataille incontournable, le Parti libéral est maintenant largement en tête, avec 45 % des intentions de vote, suivi du PC (35 %), du NPD (12 %) et du Parti vert (8 %). La marge d'erreur du sondage dans cette province est de 4 %.
Selon le sondeur, les chiffres montrent à quel point les conservateurs souffrent de la récession économique. «Il est difficile de faire de la politique avec le vent dans le visage. Et présentement, ça souffle fort au Canada», dit Jean-Marc Léger.
Les bourrasques sont d'autant plus puissantes que les gens perçoivent une solution de rechange crédible au gouvernement Harper, ajoute M. Léger. «L'effet Ignatieff se confirme, le PLC remonte. C'est le parti naturel du pouvoir, et les gens reviennent vers lui. Tranquillement, les conditions gagnantes se mettent en place pour les libéraux.»
Le sondeur s'est d'ailleurs dit étonné de voir que 35 % des gens souhaitent avoir des élections dès maintenant, alors que 48 % s'y opposent. Une personne sur trois, en ces temps de crise économique, c'est beaucoup, dit Jean-Marc Léger. «Des élections, c'est comme aller chez le dentiste, personne ne veut jamais y aller. Mais il y a une forte proportion de la population qui semble vouloir mettre rapidement le gouvernement à la porte. Il faudra surveiller ce chiffre dans les prochains mois.»
L'économie sera certainement le thème central de la prochaine campagne électorale, peu importe le moment de son déclenchement. Et pour l'instant, Michael Ignatieff a une longueur d'avance sur Stephen Harper, selon le coup de sonde Léger Marketing-Le Devoir, qui a interrogé 1508 personnes dans tout le pays entre le 18 et le 23 mars. La marge d'erreur est de 2,5 %, 19 fois sur 20.
«Il n'y a aucune bonne nouvelle dans ce sondage pour le Parti conservateur, tranche le sondeur Jean-Marc Léger. Un gouvernement a toujours de la difficulté pendant une crise économique, et ça se confirme.» Et malgré un budget fédéral rédigé à l'encre rouge pour tenter de relancer l'économie, Stephen Harper n'a pas réussi à convaincre la population qu'il est l'homme de la situation. «Il n'y a aucun endroit où le Parti conservateur a marqué des points dans les derniers mois», explique Jean-Marc Léger.
Environ 48 % des citoyens se disent «insatisfaits» ou «très insatisfaits» des mesures adoptées par le gouvernement en ces temps de récession. En revanche, 40 % des Canadiens se sont dits «satisfaits» ou «très satisfaits» des mesures prises par le gouvernement Harper. Les «très satisfaits» ne sont que 6 %.
Quand on examine plus en profondeur les questions qui portent sur l'économie, on se rend compte que Michael Ignatieff domine Stephen Harper dans toutes les catégories. Ainsi, à la question, «entre Stephen Harper et Michael Ignatieff, en lequel avez-vous le plus confiance pour implanter des mesures efficaces pour faire face à la crise économique?», 41 % des Canadiens ont préféré le chef libéral, contre 32 % le chef conservateur. Même scénario pour «aider les travailleurs canadiens à traverser la crise économique», puisque 41 % des citoyens font davantage confiance à Michael Ignatieff, contre 33 % qui préfèrent Stephen Harper.
Par exemple, les Canadiens désapprouvent fortement l'aide de quatre milliards de dollars consentie par Ottawa à l'industrie automobile. Près de 69 % des Canadiens s'opposent à cette mesure, alors que seulement 15 % se disent d'accord. Même en Ontario, bastion de l'automobile, la mesure est rejetée par 60 % des répondants, contre 17 % qui l'approuvent. «Peu importe la province, les gens ne veulent rien savoir de cette aide», explique Jean-Marc Léger.
Ces mauvais résultats sur le front économique pèsent lourdement sur le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement, qui a chuté à 38 %. Ils sont maintenant une majorité (51 %) à désapprouver les actions du gouvernement dans son ensemble.
Intentions de vote
Les intentions de vote du Parti conservateur suivent la même courbe descendante, ce qui profite aux libéraux. Ainsi, à l'échelle du pays, le Parti libéral du Canada (PLC) récolte 35 % des intentions de vote, contre 34 % au Parti conservateur (PC). Le tout après répartition des indécis. Étant donné la marge d'erreur de 2,5 %, les deux partis sont à égalité.
Pour le PLC, il s'agit d'un bond de 9 % depuis les dernières élections. Le PC a quant à lui chuté de 4 % depuis octobre. Le NPD de Jack Layton, qui avait recueilli 18 % lors des élections, subit les contrecoups de la remontée des libéraux, avec 14 % des intentions de vote présentement.
Au Québec, où Léger Marketing a interrogé 400 personnes (marge d'erreur de 5 %), le Bloc québécois maintient son avance, avec 42 % des intentions de vote. Le PLC obtient 33 %, alors que le PC récolte à peine 12 %. De fait, le NPD talonne les troupes de Stephen Harper dans la province, puisqu'il obtient 10 %.
«On s'enligne vers une confrontation classique PLC-Bloc au Québec, dit Jean-Marc Léger. Pour les conservateurs, c'est catastrophique. Avec 12 %, ils ne gagneraient aucun siège au Québec, à part peut-être celui de Maxime Bernier, en Beauce, qui est un phénomène à part.»
En Ontario, là où les 106 sièges (sur 308) en font un champ de bataille incontournable, le Parti libéral est maintenant largement en tête, avec 45 % des intentions de vote, suivi du PC (35 %), du NPD (12 %) et du Parti vert (8 %). La marge d'erreur du sondage dans cette province est de 4 %.
Selon le sondeur, les chiffres montrent à quel point les conservateurs souffrent de la récession économique. «Il est difficile de faire de la politique avec le vent dans le visage. Et présentement, ça souffle fort au Canada», dit Jean-Marc Léger.
Les bourrasques sont d'autant plus puissantes que les gens perçoivent une solution de rechange crédible au gouvernement Harper, ajoute M. Léger. «L'effet Ignatieff se confirme, le PLC remonte. C'est le parti naturel du pouvoir, et les gens reviennent vers lui. Tranquillement, les conditions gagnantes se mettent en place pour les libéraux.»
Le sondeur s'est d'ailleurs dit étonné de voir que 35 % des gens souhaitent avoir des élections dès maintenant, alors que 48 % s'y opposent. Une personne sur trois, en ces temps de crise économique, c'est beaucoup, dit Jean-Marc Léger. «Des élections, c'est comme aller chez le dentiste, personne ne veut jamais y aller. Mais il y a une forte proportion de la population qui semble vouloir mettre rapidement le gouvernement à la porte. Il faudra surveiller ce chiffre dans les prochains mois.»
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