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Le Canada et l'Arctique - La pression russe

Bernard Descôteaux   30 mars 2009  Canada
Vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, prononçait une allocution sur la souveraineté du Canada sur l'Arctique. Quelques heures plus tôt, Moscou annonçait son intention de militariser sa zone arctique. Simple hasard? Comme l'aurait dit Marshall McLuhan, «the medium is the message». Le ministre ne s'y est pas trompé. Sa réponse: le Canada ne se laissera pas intimider!

Le geste de Moscou n'est pas étonnant. Depuis déjà longtemps, la Russie affirme sa volonté d'exploiter les ressources de l'Arctique. En 2007, un de ses sous-marins plantait par 4000 mètres de profondeur un drapeau sous le pôle Nord. Elle soutient que la dorsale de Lomonossov est une extension de son plateau continental. Si cela était démontré, cela lui permettrait d'exploiter un territoire que le Canada croit lui appartenir.

Après avoir dit que le gouvernement Harper sera intraitable avec tous ceux qui ont des visées sur l'Arctique canadien, le ministre Cannon précisait que le Canada privilégierait la voie diplomatique. Quoi d'autre en effet! Ce ne sont pas les sous-marins canadiens qui peuvent assurer la souveraineté dans les eaux arctiques. Ils ne sont pas faits pour ces missions et, de toute façon, ils sont tous en rade. Ce ne sont pas non plus ses brise-glace. Le Canada n'en aura de classe arctique que dans plusieurs années.

Le Canada a beaucoup tardé avant de prendre au sérieux l'enjeu de sa souveraineté sur un désert de glace qui représente tout de même 40 % de son territoire et recèle des richesses innombrables. Il y a eu quelques sursauts, comme en 1984 lorsque le brise-glace américain Polar Ice fit une traversée du passage du Nord-Ouest. Le premier ministre John Turner avait réagi en annonçant la construction d'un brise-glace pour surveiller ces eaux. L'alerte passée, le projet fut oublié.

Le gouvernement Harper est plus sérieux. Il a pris plusieurs mesures, dont le renforcement de la présence militaire, la construction d'un port et la création d'une station de recherche dans l'extrême Arctique. Le geste le plus important est la cartographie du plateau continental de l'Arctique qui permettra d'asseoir les prétentions canadiennes, ce en quoi la Russie est largement en avance. L'enjeu est important. Outre l'accès à des ressources pétrolières et gazières sous-marines, il en va du contrôle de la navigation qui deviendra possible dans cette zone qu'emprunteront de nombreux navires une fois les glaces disparues.

Ottawa croit trop facilement qu'il suffira d'affirmer son bon droit pour le faire reconnaître en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. À cet égard, son seul allié possible est les États-Unis. Il vaudrait la peine de régler ou de mettre de côté le contentieux qui l'oppose à Washington sur les limites territoriales dans la mer de Beaufort pour adopter une approche commune. La création d'une commission mixte canado-américaine que suggérait dans nos pages la semaine dernière un groupe d'universitaires est une voie que les deux gouvernements devraient explorer. Il n'y aurait pas de meilleure réponse à donner à Moscou.
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 07h13
    « Obsession Russes-dans-l'Arctique »
    C'est « l'Obsession Russes-dans-l'Arctique ».

    On n'a pas fini d'en entendre parler.
    Que voulez-vous, il faudra nous faire comprendre pourquoi le budget militaire canadien doit augmenter autant.
    Il faut défendre notre souveraineté dans l'Arctique et protéger tous ces drapeaux US qui flottent ici et là.

    Une vaste campagne de la méchanceté russe est en cours et ces avides voraces veulent notre pétrole qui appartient aux Américains ainsi que notre passage que les intérêts US veulent développer pour le bien des autochtones du Nord ainsi que pour la sauvegarde de l'ours blanc.

    Sortons nos gros bras, ça coûtera ce que ça coûtera, il s'agit de défendre notre territoire, nos valeurs, nos ours, les femmes inuits et... on trouvera bien.

    Le danger communiste, euh! disons russe, est à nos portes, pas question de s'associer à ces... à ces... enfin, vous savez bien.

    Comme le dit, M. Descôteaux:
    « son seul allié possible est les États-Unis. Il vaudrait la peine de régler ou de mettre de côté le contentieux qui l'oppose à Washington sur les limites territoriales dans la mer de Beaufort pour adopter une approche commune. La création d'une commission mixte canado-américaine que suggérait dans nos pages la semaine dernière un groupe d'universitaires est une voie que les deux gouvernements devraient explorer. Il n'y aurait pas de meilleure réponse à donner à Moscou.»

    On va les avoir les maudits Russes, vivent les Américains, au moins eux... ils savent vivre et nous n'avons pas besoin de défendre notre souveraineté. Chez nous, ils sont chez eux.
    Tant qu'ils nous disent quoi faire, tout va bien.




    Serge Charbonneau
    Québec

  • Nichol N
    Inscrite
    lundi 30 mars 2009 08h23
    L'urgence
    Oui c'est urgent de s'en occuper. D'autant plus que si il est vrai que la Russie a commencer a s'armer ont peu présumer que les ressources de notre pays sont en danger.Mais ont ne sais pas tout ! Reste a espérer que nos dirigeants sont responsables et lucide.

  • André Pelchat
    Inscrit
    lundi 30 mars 2009 09h10
    En 1969...
    le navire nucléaire américain Manhattan traversait l'océan arctique (il fallait un brise-glace, à l'époque...), parcourrant des eaux que le Canada qualifiait de "territoriales". Le gouvernment Trudeau a protesté.
    Les Américains sont passés quand même.
    Pourtant, ils sont censés être "nos amis".
    Alors les Russes...

    La "souveraineté" n'est que jamais que le droit de celui qui est assez fort pour la défendre.

  • Normand Chaput
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 09h17
    l'écologie pour quoi au juste?
    J'aimerais qu'on m'explique en quoi l'Artique est plus écologique qu'ailleurs. En quoi une catastrophe en Artique serait plus grave que la même catastrophe dans le canal de Panama par exemple. Il me semble qu'on utilise toutes sortes d'arguments pour justifier des visées bassement économiques. Si les intérêts supérieurs de l'état de la planète, des inuits (dont on vient tout juste de découvrir leur utilité), ou de celui des ours polaires, intéresse tellement le Canada, il faudrait commencer par montrer l'exemple. A voir ce qui se fait avec les sables bitumineux, si j'étais un ours pouvant parler, je demanderais bien vite l'intervention de l'ONU et l'application du droit internationnal.

  • william morris
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 09h19
    Lamentable...
    Bonjour,
    Le Canada est une puissance militaire liliputienne. Pour se protéger contre la Russie, le Canada voudra peut-être s'allier ,contre la Russie, aux États-Unis qui eux-mêmes n'ont pas respecté les prétentions canadiennes sur l'Arctique.

    Dans un autre aspect, le Canada devra-t-il s'allier à la Russie contre les États-Unis ? En effet, c'est par l'Alaska seulement que les États-Unis peuvent prétendre être une puissance arctique.

    Il faudra peut-être se demander si l'Arctique n'est pas très naturellement une région d'Intérêt russe par le fait de l'énorme Sibérie.

    Les craintes canadiennes sont basées sur la supposition que la Russie est hostile au Canada.C'est une supposition à vérifier. En effet, si la Russie songe à développer économiquement sa tranche de l'Arctique, elle sera bien assez occupée à développer ce qui lui appartient clairement plutôt que de se payer le luxe de mesures hostiles contre le Canada, lequel appellerait inévitablement le grand frère américain à la rescousse,ce qui donnerait à ce dernier des idées pour mettre la patte sur des régions arctiques canadiennes.

    La Russie vient de déclarer qu'elle va armer sa région arctique, ce en quoi elle imite le Canada avec ses ''rangers'' appuyés par une nouvelle force militaire basée au Québec, les Voltigeurs, je crois.

    Le bon sens serait de convoquer une grande conférence internationale des pays intéressés, ce qui inclurait le Danemark, qui a la souveraineté sur le Groenland.

    Le bon sens est toujours le meilleur conseiller.

    Humblement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    lundi 30 mars 2009 09h20
    Poutine
    ne me dites pas que ce n'est que maintenant que vous commencez à voir venir Poutine.
    Depuis la Tchétchénie déjà, il nous laissait voir ses intentions.
    Un ancien du KGB!!
    Il veut faire faire revivre l'ancien URSS et recommencer la guerre froide avant de réussir à dominer.
    Il aimerait bien régner sur le monde!!!

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 10h21
    On est en retard
    J'ai vu un reportage sur le sujet hiwer et les russes sont intéressé à ouvrir une route arxctique pour faire passer des super cargos de conteneurs. Relier le pacifique et l'atlantique par le nord est un rêve russe et norvégien...

    On est en train de construire un super brise-glace pour assurer notre souveraineté sur ce coin de la planète. Dans 6 ans il sillionnera les mers arctiques peut-être trop tard.

    Déjà les russes ont une flotte de 18 brise-glace dont certains sont nucléaires. Ils ont beaucoup d'avance, il faudra peut-être une alliance avec les États-Unis pour mettre les bouchées doubles...

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 30 mars 2009 11h07
    Démilitarisation de l'Arctique.
    D'abord, le Canada n'a jamais eu et n'a aucune chance d'avoir une capacité militaire en Arctique car il n'a pas les ressources pour ce faire comme la Russie ou les USA. De toutes façons, la protection du territoire nord-américain est sous la juridiction de NORAD qui comprend les armées canadienne et américaine et couvre l'Arctique nord-américain et a même une base au Groenland (Danemark) à Thule.

    Ceci dit, il y a effectivement un mécanisme international qui est voué à déterminer la nationalité des fonds marins de l'Arctique et tous les pays circumpolaires sont en train d'établir leurs prétentions, comme le Canada le fait en cartographiant le plateau continental arctique. C'est donc le seul moyen viable de déterminer la souveraineté des pays arctiques sur les fonds marins car la voie militaire n'est tout simplement pas viable et occasionnerait un désastre incroyable si on l'utilisait.

    Que les prétentions du Canada soient incertaines n'est pas surprenant car notre pays a négligé l'Arctique dans le passé et ne s'implique pas sérieusement dans ce territoire aujourd'hui. Il faut voir les conditions infâmes dans lesquelles beaucoup de citoyens de notre Nord vivent, en particulier les Inuit, qu'on peut entasser à 20 ou 25 dans une maison faite pour une famille de 5. Les conditions sanitaires sont déplorables et la capacité médicale est réduite au minimum, les cas sérieux devant être «évacués» vers les sud, surtout Ottawa. Pensez-y: si vous êtes un Inuk gravement malade et vivez à Iqaluit (capitale du Nunavut), vous allez vous retrouver à Ottawa, à des milliers de kilomètres de votre famille et de votre collectivité, soigné par des gens qui ne parlent pas votre langue et qui ne comprennent pas votre culture...

    En définitive, il faut que le Canada traite l'Arctique comme une partie intégrante de ce pays, à égalité, et avec les ressources indispensables pour un niveau de vie décent pour ses populations. Comme l'Arctique souffre le plus des changements climatiques, notre pays doit enfin prendre cette question au sérieux et faire tous les efforts possibles pour normaliser la situation et freiner la détérioration du climat arctique. La militarisation de l'Arctique ne fera rien pour redresser la situation et ne serait en fait qu'un coup d'épée dans l'eau. C'est une présence normale et une administration efficace par les peuples du Nord qui serait la plus à même d'assurer la souveraineté de notre pays dans le Grand Nord.

  • Eric Allard
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 12h14
    Les habitants en premier!
    On devrait demander à l'ONU de faire une enquête exhaustive sur la qualité de vies des habitants du grand nord, et donner la souveraineté au pays qui leur donne les meilleures conditions, en refaisant l'exercise aux 5 ans.

    Ainsi, on s'assurerait que la richesse engendrée puisse améliorer leurs conditions de vie.

    Un pays qui traite les Inuk comme le fait le Canada ne devrait pas avoir le droit d'exploiter ces richesses!

    Eric Allard

  • mhglrnu@gmail.com
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 18h15
    Obsession
    Moi la souverainnete de votre beau grand pays je m'en fou.Je suis Quebecois et je n'ai aucun complex.

  • Claude Beaulé
    Inscrit
    mardi 31 mars 2009 09h42
    Les Russes ont délaissé l'Alaska, ils ne délaisseront pas le grand nord
    Si nous étions à la hauteur de ce bras de fer entre Moscou et Ottawa nous aurions déjà 10 méga brise-glaces sillonnant l'arctique et nous ferions un véritable développement socio-économique du Nord. Je ne vois rien de tout ça.

    Quand s'approche une meute de loups affamés ce n'est pas une manifestation de poulets qui va les arrêter.

    Claude Beaulé, ing.

    Vertal inc.

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