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Harper saigne la diplomatie canadienne

Le budget des Affaires étrangères a fondu de près de 20 % depuis 2006

Alec Castonguay   23 mars 2009  Canada
Ottawa — La grogne prend de l'ampleur dans les cercles diplomatiques canadiens, alors que le gouvernement Harper ne cesse de saigner le ministère des Affaires étrangères depuis son arrivée au pouvoir.

À tel point que des voix influentes dans les milieux diplomatiques parlent d'un «malaise» grandissant au sein du ministère des Affaires étrangères. L'ancien premier ministre conservateur Joe Clark, l'ancien ambassadeur à l'ONU Paul Heinbecker, et l'ancien sous-ministre Peter Harder ont tous dénoncé dans les derniers jours la lente érosion de la diplomatie canadienne sous les conservateurs.

Or, en fouillant dans les livres budgétaires du gouvernement, on découvre que le «malaise» est basé sur des chiffres bien concrets.

Selon les calculs effectués par Le Devoir, entre les années financières 2006-07 (premier budget conservateur) et 2010-11, le budget du ministère des Affaires étrangères aura fondu de 450 millions de dollars, une baisse de 19 %.

En 2006-07, le budget du ministère était de 2,355 milliards de dollars. En 2010-11, il devrait atteindre 1,905 milliard de dollars, selon les prévisions du Conseil du trésor faites cette année.

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé vendredi soir au Devoir que ces chiffres sont exacts. Toutefois, un porte-parole a tenu à préciser que les projections pour l'année financière 2010-11 pourraient changer, étant donné que prédire avec exactitude les sommes deux années à l'avance est difficile. On souligne qu'il y a une possibilité que le budget soit en légère hausse en 2010-11, pour atteindre près de deux milliards de dollars. Tout dépendra du contexte économique et des choix du gouvernement, explique-t-on.

À l'intérieur du grand tout budgétaire du ministère des Affaires étrangères, on constate que le secteur de la «diplomatie et de la défense des intérêts» va être le plus touché par les compressions. Ce poste budgétaire passera de 905 millions de dollars (2007-08) à 718 millions (2010-11).

Le secteur des «relations bilatérales» devrait quant à lui passer de 134 millions de dollars (2006) à 107 millions (2010-11).

La baisse du budget des Affaires étrangères a été constante depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs. La seule exception aura été l'année 2007-08. Mais ce rebond imprévu est uniquement dû au secteur commercial des Affaires étrangères, qui a généré plus de revenus que prévu auprès des entreprises.

Le journal anglophone Embassy, une publication d'Ottawa spécialisée en diplomatie et distribuée notamment dans les ambassades de la capitale fédérale, a le premier sonné l'alarme. On pouvait y lire récemment les déclarations de l'ancien sous-ministre aux Affaires étrangères jusqu'en 2006, Peter Harder, qui disait que son ancien ministère était maintenant «atrophié» et que les ressources pour effectuer un bon travail étaient «inadéquates».

En entrevue avec Le Devoir, l'ancien ambassadeur du Canada à l'ONU Paul Heinbecker a soutenu que la situation est «préoccupante». «Pour avoir une diplomatie efficace, ça prend des gens sur le terrain et de l'argent. Il manque les deux présentement.» Ce dernier prépare un texte d'opinion sur le sujet devant être publié sous peu dans deux magazines spécialisés.

Le «malaise» au sein du ministère des Affaires étrangères vient non seulement des moyens financiers qui disparaissent, mais aussi de l'attention que l'on accorde à ce ministère au sein du gouvernement conservateur. «L'expertise du ministère pour développer des stratégies et des politiques est peu sollicitée par le gouvernement. Les conservateurs prennent une décision et demandent ensuite au ministère de l'exécuter. Il y a peu de consultations», a soutenu au Devoir une source bien au fait du fonctionnement du ministère.

La Défense en hausse

Autre source d'inconfort chez les diplomates: la hausse du budget du ministère de la Défense. Pendant que les budgets des Affaires étrangères fondent, c'est le contraire à la Défense nationale.

Entre 2006-07 et 2010-11, le budget de l'armée aura bondi de 23,9 %. Il est passé de 14,789 milliards de dollars en 2006-07 à 19,423 milliards en 2010-11, dernière année des projections du gouvernement.

Les Forces canadiennes ont été négligées pendant les années 90, mais, depuis 2004 (arrivée du gouvernement libéral de Paul Martin), la tendance s'est inversée. Et la guerre en Afghanistan, très coûteuse pour le ministère de la Défense, pèse aussi dans ses dépenses.

Mais selon Martial Foucault, professeur de science politique à l'Université de Montréal, les conservateurs font aussi jouer un rôle diplomatique aux Forces canadiennes, ce que l'on nomme «hard power» dans le milieu international — par rapport à «soft power», qui est l'utilisation des réseaux diplomatiques courants, avec les ambassades.

«C'est assez caractéristique des gouvernements conservateurs dans tous les pays. On décide volontairement de mettre l'accent sur le militaire pour augmenter notre influence à l'étranger. Dans le cas du Canada, toute l'influence internationale tourne actuellement autour de la mission en Afghanistan», dit-il. Ottawa met aussi beaucoup l'accent sur ses réseaux à l'OTAN, une organisation avant tout militaire.

Pourtant, le Canada a ouvert plusieurs bureaux en Asie et dans les Amériques depuis trois ans, démontrant que la diplomatie, surtout sur le plan économique, a encore une importance aux yeux du gouvernement Harper.

Peut-être, mais il faut des ressources pour bien utiliser ces bureaux, affirme Martial Foucault. «Peu importe le pays, si on coupe dans les budgets, on limite notre action. Sans argent, on ne peut pas faire grand-chose.» Il y a d'ailleurs présentement plus de diplomates canadiens à l'oeuvre à Ottawa qu'à l'étranger.

Au sein du gouvernement, il y aurait la mentalité que la diplomatie ne doit pas coûter cher, affirme une source au sein du ministère des Affaires étrangères. On en veut pour preuve cette volonté des conservateurs de vendre des actifs immobiliers importants à l'étranger afin de relocaliser les diplomates en banlieue des capitales, dans des appartements plus petits et moins chers.

Les ambassades canadiennes ont aussi perdu leur budget culturel il y a presque trois ans. Les sommes permettaient d'inviter les artistes canadiens dans les grandes villes et à faire du même coup la promotion du Canada. Les ambassadeurs utilisaient les spectacles comme lieu de rencontre et de réseautage.
 
 
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  • Robert Henri
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 07h30
    On l'a voulu....
    On l'a voulu,
    On l'a eu.

    On l'a choisi.
    C'est tant pis.

    (Air connu)

    «On» exclus la personne qui parle. Ou écrit.

  • Alain Pérusse
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 07h47
    Une vraie honte!
    Le Parti conservateurs est en train de revenir à l'essentiel: il s'agit bien du Parti réformiste, cette succursale du parti républicain américain en sol canadien. Le voici au pouvoir, au nom de ses seuls électeurs et non pour la population canadienne.

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 08h24
    Les jérémiades des saigneurs saignés
    La guerre, c'est la continuation de la politique par d'autre moyens écrivait Klausewitz. Et les moyens du Canada sont limités.

    On peut questionner la pertinence pour le pays de prétendre vouloir jouer un quelconque rôle géopolitique à l'international (tant qu'à moi, on ferait mieux de rester chez nous et investir dans notre productivité, même les talibans ont besoin de faire du commerce).

    Par contre si l'on considère qu'un tel rôle est pertinent, il faut bien avouer que c'est en Afghanistan que le Canada à gagné le plus de brownie-points ces dernières années. La mission vaut elle le sacrifice? J'en sais rien, c'est pas ma job. Mais avec ce coup là on a payé nos cotisations pour un boutte.

    Ce qui nous amène aux moyens: ils sont de deux ordres, la diplomatie, et la force militaire. Vous pensez vraiment pouvoir essayer la diplomatie avec les talibans? Allez-y-donc, drapeau blanc, peace and love and bobettes à fleurs, et bonne chance.

    Et s'il faut renforcer les moyens militaires, on a pas bien le choix que de couper dans les moyens diplomatiques, peut pas être au four et au moulin. La fonction publique absorbait 15% du PIB du Canana au début des années 70. Nous sommes rendus à presque la moitié aujourd'hui. C'est beaucoup trop.

    Les véritables suceurs de sang, ce sont les bureaucrates, conservateurs ou libéraux, qui nous accablent d'impôts sans rien contribuer de productif à la société; et qui s'entendent à merveille pour nous jouer le coup du bon-flic, mauvais-flic quand vient le temps de prétendre que leur gang dépenserait notre fric mieux que l'autre.

    Virez-moi tous ces nuisibles au lieu d'essayer de me vendre la couleur de leur capot: ce que ces fonctionnaires défendent là, ce n'est pas 'la diplomatie canadienne', c'est tout simplement leur gagne-pain, nuance. Je ne verserai pas une larme sur les jérémiades des saigneurs saignés.

  • Marie-Francine Bienvenue
    Abonné
    lundi 23 mars 2009 08h50
    De la bêtise à l'état pur!
    Quelle étroitesse d'esprit! de la bêtise et du mépris des autres à l'état pur: remplacer les diplomates à l'étranger par des militaires: le militaire obéit aux ordres... le diplomate, observe, soupèse, réfléchit, agit avec prudence.

    Et les chiffres!!! Je ne savais pas qu'on consacrait plus de 20,000 milliards pour le militaire, sans compter toute l'aide au privé connexe: fabrication d'armes, d'avions militaires, recherche pour RAFFINER les armes chimiques, etc.

    Quelle horreur! J'ai honte d'être canadienne...vivement l'indépendance...

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 23 mars 2009 09h22
    La diplomatie et la culture sont des concepts trop abstraits pour Stephen Harper et ses sbires.
    Avec Stephen Harper et les reformistes il faut que leurs politiques fassent du bruit et de l'argent, comme avec du pétrole, des armes à feu et des chars d'assaut. L'art de la diplomatie et les politiques culturelles sont des choses beaucoup trop tranquilles et subtiles pour ces idéologues conservateurs.

  • Serge Loutch
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 09h35
    Refilez votre Diplo. a Washington?
    Il est en effet difficile de faire une Guerre couteuse et tres lointaine ,et d'avoir assez d'argent pour assurer les services Diplomatiques du Canada dans le Monde!
    Comme le Canada me semble etre entierement soumis a la politique des USA, pourquoi ne pas refiler ces services a Washington, en les unifiant!?
    Houston,Texas

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 09h37
    Diplomatie minière... et inertie du Québec
    Bientôt il ne restera plus, de la présence internationale du Canada, que les compagnies minières quasi-criminelles et notre engagement dans l'OTAN et la mission afghane.

    Il serait temps pour Québec d'occuper plus d'espace diplomatique, notamment en Afrique francophone. Mais qui a de la vision et de l'initiative au Québec ces temps-ci?

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 09h45
    Beaucoup de Québécois insatisfaits des services consulaires canadiens
    Les Québécois victimes d'un accident d'autocar au Mexique la semaine passée se sont plaint des services consulaires canadiens.

    Les Québécois victimes d'un accident d'autocar en Argentine la semaine passée se sont plaint des services consulaires canadiens

    L'automne dernier, des Saguenéens coincés dans la grève des aéroports en Thailande se sont plaint des services consulaires canadiens. Avant eux, les victimes québécoises du Tsunami s'étaient aussi plaintes.

  • L Bon
    Inscrite
    lundi 23 mars 2009 10h05
    Gaspillage
    Il faut avoir eu affaires avec les ambassades quand on est expats pour se rendre compte du gaspillage de nos impots par les silly-servants assis dans nos ambassades . c a fait hurler .

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    lundi 23 mars 2009 10h18
    La diplomatie revêt peu d'importance aux yeux des réformistes/conservateurs
    Cette formation de ramassis de vieux réformistes et d'alliancistes préfère la diplomatie à coups de fusil. Le personnel des Affaires étrangères pèche à ses yeux par son intellectualisme et son humanité réfléchie. Tout ce que les cons servateurs ont à montrer comme résultat de l'argent donné à la Défense « nationale » sont les dépouilles de plus en plus nombreuses de soldats ramenées au pays et l'Afghanistan en ruines. Et pour couronner le tout, Peter MacKay donnait l'impression de faire du « body-surfing » sur les dépouilles des soldats canadiens pour tenter de décrocher ce poste convoité à l'OTAN. Est-ce donc pour servir les ambitions politiques du Canada que ces soldats sont morts?

    Jocelyne Brunet
    Gatineau

    Jocelyne Brunet
    Gatineau

  • Guillaume Baillargeon
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 10h47
    La diplomatie à ses limites
    Bien que sûr que la diplomatie est importante, mais ne trouvez-vous pas qu'elle a ses limites? Je ne trouve pas, par exemple, que la diplomatie a réussi avec la Corée du Nord et le Soudan. Hausser le budget de la Défense était devenu nécessaire car les Forces étaient sous-financés dans les années 1990 bien que le nombre de missions ait explosé. Le problème c'est que le cabinet du premier ministre ne tiennent plus compte de l'avis des diplomates.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 11h00
    LA GRANDE MISÈRE AUX AFF ÉTRANGERES...
    Le chef de cabinet de Cannon a passé 5 jours à Lima pour le sommet de l'APEC. Cout d'hébergement: 3 286,56$!!! Pour une moyenne de 657$ la noche! Dans un pays où la moitié de la population ne gagne pas ça en une année!

    Le billet d'avion lui a couté 2 902,01$ Pour l'aller seulement puisqu'il est rentré avec l'avion du boss

    http://w01.international.gc.ca/dthe-dfva/Detail.as

    La directrice des communications était là aussi parce que le ministre et le chef de cabinet ce n'était pas assez. Cout de l'opération: idem.

    http://w01.international.gc.ca/dthe-dfva/Detail.as

    On peut pas dire que le sous-ministre prêche pas l'exemple non plus: 1580$ pour un billet Ottawa-NewYork

    http://w01.international.gc.ca/dthe-dfva/Detail.as

    Le monsieur s'est payé un tour du monde l'an passé: 15 327,27$ pour le seul billet d'avion (j'ai déjà fait un tour du monde pour un cinquième de cela!)

    http://w01.international.gc.ca/dthe-dfva/Detail.as

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 11h11
    Diplomatie conservatrice?
    Dans le contexte actuel, il y a probablement plusieurs raisons pour lesquelles cette réduction n'est pas une mauvaise chose. La plus évidente c'est le fait que la diplomatie canadienne reflète à l'échelle internationale l'idéologie du gouvernement élu du Canada, l'idéologie néo-conservatrice, alors que la majorité des Canadiens n'a pas voté pour cette idéologie. Alors que notre pays était autrefois respecté dans le monde de la diplomatie internationale, il est maintenant devenu la risée de tout le monde par ses positions rétrogrades et anti-démocratiques (par exemple: sa position contre la déclaration internationale sur les droits des autochtones, ses positions sur les guerres au Liban et à Gaza etc.).

    De plus, comme l'article le dit, l'usage de la force demeure l'outil international préféré des gouvernements conservateurs et il ne faut pas s'étonner de l'augmentation des budgets du ministère de la Défense nationale. Cette «diplomatie» dite musclée est la plupart du temps vouée à l'échec et les diplomates canadiens de carrière feraient mieux de garder la tête basse et ne pas trop se montrer à côté des militaires car leur intégrité et leur crédibilité personnelles seraient irrémédiablement compromises à l'échelle internationale. Il est clair que cette approche est vouée à l'échec, comme le PM l'a lui-même avoué à demi-mot récemment à la télévision des États-Unis. Même s'il est vrai qu'il est peu productif de discuter avec des Talibans extrémistes, le fait de tuer des civils, y compris des femmes, des enfants et des vieillards afghans, n'aide en rien au règlement du conflit ni à la réduction de l'insurrection, bien au contraire.

    Alors, que les néo-Conservateurs canadiens soient moins présents dans la diplomatie internationale n'est peut-être pas une mauvaise nouvelle après tout pour la majorité des Canadiens...

  • Alain Pérusse
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 11h44
    La diplomatie de la canonnière de Monsieur Pau.
    Cette notion militariste de la diplomatie défendue précédemment par monsieur Pau a amplement démontré ses échecs, notamment dans un pays appelé l'Irak. Un dénommé Paul Bremer, ex-administrateur de l'administration Bush II l'a démontré de funeste façon. Il tenait sensiblement le même discours que vous, avant sa nomination.

    Ça serait intéressant de savoir si monsieur Pau et ses complices de la revue Égards, dans cette défense de la diplomatie de la cannonière, obtiennent un moindre écho dans la population. Avec le contre-exemple des huit dernières années de la diplomation de nos voisins du sud, nous verrons bien si les électeurs vont majoritairement accepter à payer pour une fonction publique, plutôt que pour l'armement des nostalgiques de la gachette du Parti conservateur. Je parierai sur la première option...

  • Michel Chayer
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 12h21
    Musique country
    À l'instar de la tournée mondiale du cirque de Buffalo Bill à la fin du XIXe siècle, pour faire la promotion du Canada et représenter les deux peuples fondateurs quoi de mieux que le Stampede de Calgary combiné au Festival Western de Saint-Tite.

    (Ce qui aura pour effet de biffer les différences entre les deux Solitudes...)

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 19h13
    @Alain Perusse
    Cannonnières, ou fonctionnaires? Tant qu'à moi, je ne paierais ni pour l'un, ni pour l'autre: si les Afghans veulent vivre au Moyen-Age, c'est leur problème.

    Comparer l'Irak à l'Afghanistan? Piètre parallèle, jamais les Irakiens ne sont venu faire péter des avions sur notre continent.

    Pour le reste, Jacques Noël dont je partage rarement les vues xénophobes vous a déja répondu, par la bouche de ses chiffres.

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