jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 23h24
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les tares du Klondike albertain

En dépit de ce que soutiennent Harper et Ignatieff, les retombées de l'exploitation des sables bitumineux ne sont pas partagées

Manon Cornellier   7 mars 2009  Canada
Les sables bitumineux albertains sont toujours associés à des images d'environnement dévasté et d'émissions mirobolantes de gaz à effet de serre. Le développement de cette ressource a pourtant d'autres répercussions dont on parle peu. Et les retombées économiques, qu'aiment évoquer le premier ministre Stephen Harper et le chef libéral Michael Ignatieff, ont leur revers et ne disent pas tout.

Fin janvier, le chef libéral Michael Ignatieff défendait devant des étudiants de l'Université de Montréal l'importance des sables bitumineux. «La chose la plus stupide que vous pouvez faire, disait-il, est de combattre une industrie qui offre de l'emploi à des centaines de milliers de Canadiens, non seulement en Alberta, mais à travers le pays.» Il y a une semaine, en réaction à un reportage dévastateur du National Geographic, il prenait à nouveau la défense des sables bitumineux. «C'est une industrie énormément importante, non seulement pour l'Alberta mais pour tout le pays.»

Le développement des sables bitumineux est concentré en Alberta et cette province en jouit plus que tout le monde, mais le reste du pays a droit à sa part de retombées. Si on ne regarde que les revenus gouvernementaux générés par cette industrie, «le fédéral en bénéficie davantage», affirme l'économiste Joseph Doucet, de l'Université de l'Alberta. Il arrive à cette conclusion en prenant en compte les impôts versés par les entreprises et les travailleurs.

Le reste du pays en profite du même coup, dit-il, sous forme de transferts aux provinces et aux particuliers. Il y a aussi les multiples entreprises qui offrent produits et services aux différents projets de construction et d'exploitation et les travailleurs venus de partout qui retournent une part de leurs revenus dans leur province d'origine. On estime que 340 000 personnes des provinces atlantiques ont pris le chemin de l'Alberta depuis 10 ans, presque 14 % de la population.

Directeur du département d'économie à l'Université de l'Alberta, André Plourde nuance un peu le portrait. Il note qu'il est difficile de déterminer la part exacte des revenus pétroliers et gaziers qui atterrissent à Ottawa, surtout si on veut tenir compte des impôts des particuliers. Ces travailleurs, dit-il, feraient peut-être un autre boulot ailleurs. Par contre, quand une entreprise est profitable, «elle verse généralement beaucoup d'argent dans les coffres fédéraux».

Le journaliste d'enquête albertain Andrew Nikiforuk, auteur de Tar Sands: Dirty Oil and the Future of a Continent, a réussi à établir que le gouvernement fédéral avait gardé entre cinq et six milliards en 2006 sur les 26 milliards payés par l'industrie en redevances, en loyers et en impôts.

L'économiste Robin Boadway, de l'Université Queen's, croit, comme le journaliste, que le fédéral ne tire pas des sables bitumineux tous les revenus qu'il pourrait à cause des trop nombreuses exemptions fiscales accordées à l'industrie du pétrole et du gaz et dont ne bénéficient pas d'autres secteurs industriels, comme ceux des services ou de la construction.

D'autres trésors ?

Qu'en est-il cependant des autres retombées? Une recherche publiée en 2005 par le Canadian Energy Research Institute, et à laquelle a participé l'économiste André Plourde, a évalué l'impact des investissements dans les sables bitumineux sur le produit intérieur brut (PIB) des provinces. De 71 à 72 % de l'effet était ressenti en Alberta, 10 à 11 % en Ontario, 1 % au Québec, 5 % dans le reste du pays et 10 % à l'étranger. Selon M. Plourde, la répartition serait à peu près la même encore aujourd'hui.

Robin Boadway pense que l'ensemble du pays ne profite pas tant que ça de l'exploitation des sables bitumineux. En fait, certaines provinces en subissent même certains effets pervers. Le gros des revenus est concentré en Alberta, tout comme les investissements. «Ceux-ci sont si importants qu'ils drainent vers l'Alberta de la main-d'oeuvre et des capitaux en provenance du reste du pays. En plus, les revenus en provenance de l'industrie pétrolière et gazière ont poussé à la hausse la valeur du dollar, ce qui a causé beaucoup de difficultés au secteur manufacturier du Québec et de l'Ontario.»

La situation serait différente si l'Alberta investissait ces revenus dans un fonds protégé, comme le fait la Norvège, dit-il. Cette dernière verse 90 % de ses revenus en provenance des champs pétroliers dans un fonds pour les générations futures. L'argent est investi à l'étranger pour prévenir une trop forte hausse de sa monnaie, ce qui protège du même coup ses autres secteurs industriels.

Une autre raison explique que le Canada ne profite pas autant qu'il le pourrait de cette ressource. Une bonne partie est exportée aux États-Unis à l'état brut. Le raffinage, avec les emplois qui s'ensuivent, est fait chez nos voisins. Mais en plus, ce sont eux qui engrangent le gros des profits, car le bitume a beaucoup moins de valeur que l'essence ou le carburant d'avion. «On fait ce que les Canadiens ont toujours fait. On prend une ressource et on la vend au sud de la frontière au plus bas prix possible», dit Andrew Nikiforuk.

Le modèle actuel de développement des sables bitumineux pose d'autres problèmes qui concernent le reste du pays. Leur exploitation exige des quantités faramineuses d'eau et c'est tout le bassin versant de la rivière Mackenzie, le troisième en importance au monde, qui peut être affecté, ce qui inquiète déjà les autorités des Territoires du Nord-Ouest, relève M. Nikiforuk.

Plus critique pour le reste du Canada, y compris le Québec, est la question de la sécurité énergétique future du pays, et ce, pour deux raisons. Cette industrie utilise beaucoup de gaz naturel pour produire le bitume et l'essentiel de ce dernier prend la route des États-Unis. En fait, le Canada est déjà le premier fournisseur de pétrole de nos voisins.

Ce dernier point n'est pas sans conséquences. Actuellement, les Maritimes et le Québec importent la presque totalité du pétrole qu'ils utilisent. Pendant ce temps, une bonne partie du pétrole canadien est exportée aux États-Unis. En vertu de l'Accord de libre-échange nord-américain, le Canada ne peut, en temps de crise, fermer les vannes vers le sud pour approvisionner son propre marché. Il est tenu de maintenir un certain niveau d'approvisionnement vers les États-Unis. Plus la proportion de pétrole exportée avant la crise sera grande, plus grande devra être la proportion exportée durant celle-ci. L'exploitation des sables bitumineux sert actuellement à assurer la sécurité énergétique américaine et non pas canadienne.

De plus, pour assurer cette production de pétrole à haute teneur en carbone, l'industrie utilise une autre ressource, le gaz naturel, pourtant beaucoup plus propre. L'extraction du bitume accapare chaque année 5 % du gaz naturel au Canada, a découvert Andrew Nikiforuk. Chaque jour, elle brûle assez de gaz pour garder au chaud la population de tout un État américain comme le Colorado. Les dépenses des entreprises pour ce gaz sont déductibles d'impôt, note M. Nikiforuk. Selon lui, tant que cela perdurera, les entreprises n'auront aucune raison de préserver cette ressource.

Une pause santé ?

Le rythme de développement des sables bitumineux a légèrement ralenti ces derniers mois avec la baisse du prix du baril de pétrole. Après avoir frôlé les 150 $ le baril, il oscille maintenant autour de 40 $. Des projets de construction ont été mis en veilleuse en attendant des jours meilleurs et, surtout, un desserrement du crédit.

Selon Joseph Doucet, la demande prévue reste forte et ce n'est qu'une question de temps pour que le développement reprenne de plus belle. La pause actuelle ne déplaît toutefois pas aux gens de Fort McMurray, la capitale des sables bitumineux, qui ont été confrontés à une flambée des prix des maisons, à des infrastructures insuffisantes et à des services publics débordés. «Le développement et les investissements se sont accélérés au cours des dix dernières années pour atteindre un rythme frénétique et impossible à soutenir. Le ralentissement actuel donne à tous les joueurs le temps de respirer.»

Andrew Nikiforuk pense que cette pause sera de courte durée, mais il espère qu'on saura en profiter pour faire le débat public qu'on a toujours escamoté. «Ce dont le Canada a besoin est d'une vision sur au moins 30 ans, une vision où le pays contrôlerait le rythme et l'ampleur du développement de la ressource, reconnaîtrait la nécessité de se défaire de notre dépendance à cette source d'énergie, prévoirait allouer une part de la richesse produite à la transition vers une économie plus verte.» Il voudrait aussi que le Canada se dote d'un fonds similaire à celui de la Norvège et qu'on sache où va l'argent récolté par Ottawa.

Actuellement, on a plutôt, dit-il, un gouvernement fédéral «paralysé» devant ces projets lucratifs. «Les sables bitumineux expliquent pourquoi nous n'avons pas de stratégie adéquate de lutte contre les changements climatiques, de véritable programme de développement des énergies renouvelables, de stratégie pour les ressources aquatiques.»

De sa longue enquête, Andrew Nikiforuk conclut que le Canada est devenu un État pétrolier et qu'il répète les erreurs de ces derniers. «Nous n'économisons pas. Il y a peu de transparence sur l'utilisation des fonds. Nous n'avons aucun plan pour l'avenir. [...] Notre gouvernement est devenu un serviteur du pétrole.»

***

Collaboratrice du Devoir
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Lapirog
    Abonné
    samedi 7 mars 2009 05h56
    Ignatieff: même idéologie pro-pétrolière que Harper. Quelle hypocrisie!
    Sous ses airs de grand seigneur Russe, Ignatieff partage le même idéologie et les mêmes réflexions sur cette industrie du laisser-aller total que son supposé adversaire Harper.
    Le parti libéral du Canada a tassé Dion, pourfendeur des pétrolières et de ses nombreux privilèges accordés par Ottawa, pour mettre à la place un clone de Harper. Aucunes critiques de Ignatieff sur cette très polluante industrie dont les supposées retombées économiques n'ont jamais été véritablement évaluées et surtout les immenses dommages à l'environnement comme le soulignait judicieusement le très réputé National Geographic Magazine dans sa dernière livraison. Harper administre ce pays comme si nous étions un État du tiers-monde sous développé avec aucuns moyens de faire la juste part des choses. La moindre critique négative ,surtout si elle vient de l'Est du pays, est aussitôt décriée avec toute la hargne dont les Westerners sont capables. Les Albertains et nous tous avec, auront à payer très cher tous ces accrocs à la nature et spécialement l'eau potable qui est déja et de plus en plus la grande victime de ces violations irréparables à la nature.Nous avons perdu tout respect dû à notre Terre-Mère comme l'appelle si justement les peuples autochtones.

  • Danielle Turcotte
    Inscrite
    samedi 7 mars 2009 06h30
    Ignatieff déçoit !
    Je m'étais imaginée Ignatieff mieux que Harper. Malheureusement, la valorisation du développement des sables bitumineux en fait deux êtres semblables dont je ne veux ni l'un ni l'autre. Dommage !

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 7 mars 2009 08h50
    Le bitumineux: économie et environnement
    En guise d'intro:

    « Après avoir frôlé les 150 $ le baril, il oscille maintenant autour de 40 $.»

    Lorsque le baril était à 150 $, on payait 1.50/ Litre notre essence.
    Aujourd'hui, avec le baril à entre 35 et 40 $ nous payons ce matin 0.95/Litre.

    Se fait-on "fourrer" comme on dit au Québec?

    C'est la crise économique terrible, les pétrolières feront des profits records. Si ce n'est pas le cas, il faudrait réviser nos mathématiques et modifier la formule qui dit que 1 + 1 = 2. On va nous faire croire que 1 + 10 = 0 !!!

    Mme Cornellier fait un excellent survol économique de la situation avec plusieurs spécialistes de la chose économique. Mais outre l'économie, pollue-t-on, pollue-t-on trop, est-ce une pollution admissible, gaspille-t-on la précieuse eau douce, gaspille-t-on le gaz?

    Bien des questions.
    Au diable l'économie, parlons simplement environnement.
    Parce que voyez-vous avec l'économie, on peut nous convaincre que le suicide est une bonne chose et que la vie future de nos enfants est sans importance

    Le National Geographic

    Le 26 février dernier, c'est sur les ondes de Radio Canada que j'entends cette nouvelle concernant l'article du National Geographic.

    J'écris immédiatement une réaction et je l'envoie pour la section opinion du Devoir ainsi que d'autres journaux "officiels". Personne ne publie mon commentaire, le voici:


    ----------------------------------

    Incroyable!

    J'écoute cette nouvelle et je tombe à la renverse.
    On parle, à Radio Canada, de l'article "dévastateur" du National Geographic concernant les sables bitumineux de l'Alberta.

    La description est paraît-il «satanique».
    On parle de l'image du Canada. Le pauvre Canada qui va devoir lutter de toutes ses forces pour continuer à «convaincre» nos voisins d'acheter cette saleté de pétrole.

    Ce qui me renverse ce n'est pas la nouvelle en elle-même, mais c'est plutôt le ton.
    Surtout lorsqu'on entend ce ton sur les ondes de Radio Canada.

    On constate, une fois de plus que l'Information n'existe pas. Il s'agit de propagande. On ne parle pas du contenu de l'article de neuf pages du National Geographic sur internet, mais de son effet «dévastateur» sur le Canada. 24 pages seront publiées dans l'édition papier du mois de mars.

    On parle de l'effet et non de la réalité environnementale. Celle-ci est précieusement gardée sous silence. Radio Canada ne nous montre pas de tournage récent d'un survol de la région, non, il nous offre en entrevue le ministre de l'Environnement (sic) de l'Alberta (je devrais peut-être dire: «ministre de l'exploitation des sables bitumineux»), M. Rob Renner qui propose aux journalistes, non pas de voir la situation présentement, mais il leur propose de revenir dans trois ans pour voir comment se portera l'environnement de l'Alberta. Une proposition qui semble avoir été acceptée tout de go de la part des journalistes de Radio Canada. Donc aucune image, aucun reportage de prévu pour tout de suite, nous attendrons comme le «suggère» le ministre dans trois (3) ans.
    Évidemment, on a aussi recours à l'expert qui apaise, certifie et dénonce les méchantes ONG qui sont contre les vertus écologiques du pétrole albertain.


    Le recours à «l'expert».

    M. Stefan Bachu, un «scientifique» qui lui ne parle nullement d'environnement, mais voit une pression sur le gouvernement de l'Alberta ainsi que sur le gouvernement canadien. Une observation que le simple citoyen, sans être «scientifique», voit encore plus clairement que tous les «experts» réunis. Le consciencieux «scientifique» nous explique, parce que le citoyen a toujours besoin qu'on lui explique, que les ONG sont des professionnels du chialage qui n'ont pour bu que de salir la réputation de la valeureuse industrie pétrolière albertaine, qui ne connaissent absolument rien à l'environnement et qui veulent tout simplement anéantir toute l'industrie de l'énergie fossile.


    La parole au «porte-parole».

    En dernier recours Radio Canada ne reculant devant rien pour mieux informer le public a "tenté" de rejoindre un «porte-parole» de l'industrie pour qu'il nous «éclaire» sur la situation, mais en vain, les compagnies pétrolières ont pris connaissance de l'article, mais n'ont pas voulu faire de commentaires.
    Dans une revue de presse entendue à la radio de Radio Canada, Mme Pauline Vanasse disait que même les autochtones voyaient d'un bon oeil les retombées de l'exploitation des sables bitumineux parce qu'ils en profitent maintenant.


    Et l'environnement dans tout cela???

    Malheureusement, nos journalistes ont délaissé l'information pour servir la propagande gouvernementale et industrielle.

    Il faudrait que de ma poche je me paie un voyage en Alberta, que je loue les services d'un hélicoptère, que je survol la région et que j'aille voir les Indiens de Fort McKay pour connaître leurs conditions de vie et leur état de santé pour vous offrir un réel suivi du saccage. Il faudrait aussi débusquer le montant des profits générés ainsi que de découvrir à qui tout cet or noir rapporte le plus.

    Le saccage environnemental semble vraiment secondaire par rapport aux retombées économiques dont peut profiter le Saint Canada. Les journalistes de Radio Canada semblent incapables de nous donner l'information réelle concernant l'état des lieux. Tout le traitement de cette nouvelle concerne la contre-attaque médiatique des gouvernements et des représentants de l'industrie pour étouffer au plus vite cette mauvaise publicité. Il ne faut surtout pas sensibiliser la population sur les dégâts environnementaux. Au diable les générations futures. Faisons des profits maintenant et pour le reste revenez dans trois (3) ans.

    Renversant le ton lorsqu'on se souvient de ce superbe reportage, exactement identique à celui du National Geographic, qu'une équipe de l'émission «Zone libre» de Radio Canada avait fait en janvier 2007.


    Extraits du reportage:

    « Au lendemain de l'élection du gouvernement Harper, en janvier 2006, les patrons de l'industrie pétrolière américaine se sont réunis à Houston, au Texas, avec les dirigeants des grands projets d'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta... »

    «Les prélèvements d'eau de la rivière Athabaska: deux fois la quantité d'une ville comme Calgary. Ce qu'on fait de l'eau une fois souillée: Le mélange toxique est rejeté dans d'énormes bassins de décantation, parfois situés à quelques dizaines de mètres seulement de la rivière. Ces bassins font aujourd'hui (2007) plus de 50 kilomètres carrés, la superficie du lac Memphrémagog.
    Les autochtones de Fort McKay ne peuvent plus pêcher dans la rivière Athabaska, elle est trop polluée. Nombre d'entre eux tombent malades à cause de la pollution de l'air.
    Les gaz à effet de serre: Les cheminées de la région crachent par millions de tonnes. C'était 16 millions il y a dix ans. En 2010, ce sera 65 millions de tonnes. Une consommation astronomique de gaz naturel: 600 millions de pieds cubes par jour (2007). »

    « Avec une production de cinq millions de barils de pétrole par jour, l'Alberta deviendrait un cauchemar écologique »
    Steven Guilbeault, directeur général de Greenpeace Québec


    Sur le site de Radio Canada:

    « Après la diffusion du reportage «Du sable dans l'engrenage» à Zone libre, en janvier 2007, le Cabinet du premier ministre Harper a déposé une plainte à l'ombudsman de Radio-Canada. »

    Aujourd'hui, par le ton qu'adopte Mme Tamara Alteresco (journaliste de RC), Radio Canada ne recevra pas de plainte de Stephen Harper. Radio Canada joue la découverte de la catastrophe et nous sert un ton offusqué (National Geographic a une vision «satanique»).

    Depuis ce fameux reportage de Zone libre (un très rare reportage vraiment journalistique) nous n'entendons plus parler de l'environnement du nord albertain. Comme si la terrible pollution avait disparu!

    Elle a effectivement disparu... de nos médias!

    Mais les images réelles de la région qui paraissent sataniques sont la simple réalité. Une réalité que le régime Harper interdit de montrer.


    Serge Charbonneau
    Québec

    Une lettre que j'ai fait parvenir à Radio Canada le 1er mars 2009
    http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2009/

    L'Auto'Journal accepte de me publier:
    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&am

    Autres liens:

    National Geographic - The Canadian Oil Boom
    http://ngm.nationalgeographic.com/2009/03/canadian

    Zone libre - Du sable dans l'engrenage
    http://www.radio-canada.ca/actualite/zone_libre/20

    Reportage de Mme Tamara Alteresco
    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#u

    Reportage RDI de Maude Montembeault
    http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#u

  • Jacques Audet
    Inscrit
    samedi 7 mars 2009 09h21
    Rien de Nouveau Sous le Soleil
    Et si pensait à renouveler les règles de la business ? Dans une démocratie comme celle que nous vivons ici, le paradoxe est en économie. Le capitalisme sans borne est à la source de tous les problèmes liés au bitumineux. Qu'on parle d'environnement, de partage des richesses, d'équilibre économique, etc. la source du problème reste la même: L'avidité de la culture de la Loterie régie les affaires. Il serait grand temps d'y voir. La crise nous procure cette opportunité mais personne qui est vraiment concerné ne veut en entendre parler: Redressons à n'importe quel coût l'économie et nous verrons après... Pourtant la majorité de la population, ceux qui subissent les effets négatifs dont on parle ici, ne le ressente pas directement. Ils ne se sentent pas concernés. Alors comment voulez-vous faire bouger des gouvernements dans le bon sens ?

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 7 mars 2009 09h53
    Bravo
    Très beau portrait qui dégonfle tout le mythe de l'enrichissement du Québec dans le Canada grace au pétrole albertain et à la merveilleuse péréquation

    S'il y a une suite pourriez-vs nous dire pour combien ($$$) on a pompé de pétrole au canada en 2008? Combien ont été aux provinces productrices? Combien à Ottawa? Combien aux travailleurs? Combien aux cies?

    Bref, sur un baril à 147$, comment se partage-t-on l'assiette?

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 7 mars 2009 10h01
    Pas surporenant que les loups alarmistes hurlent à tout vent
    C'est par le biais de la péréquation fédérale qui équivaut à 12% du budget total québécois que se verse les redevances sur le pétrole et les impôts perçus auprès des travailleurs de l'Alberta évalués à 26 milliards par année. L'effet direct des sables bitumineux sur le budget québécois est donc de 5% de celui-ci. Quel gouvernement pourrait se priver d'une telle source de revenus ? Celui du PQ et du bloc qui veulent s'en séparer...

    En période de crise économique, il n'est pas temps de soustraire au Québec cette source de revenus. Déjà le ralentissement dû aux pressions écolos conjugée à la baisse du prix du baril se font sentir et Mme Marois se plaignait qu'il manquait un miliard à la péréquation en prenant soin de ne pas parler que les efforts anti sables bitumineux y sont pour quelque chose. Elle est verte de désinformation...

    Cette réserve de carburant fait de nous un pays antonome et même exportateur d'énergie. À force d'angélisme, nous nous apprauvrirons nous-mêmes. Pire encore, la séparation nous enlèverait du sélect club des décideurs de ce monde les G8 et G20. Les moutons écolos-séparatistes dirigés par les Duceppe et Marois éclairés par le théologien Steven Guilbault suivent tranquillement comme un troupeau québécois ces gens qui les conduisent à l'abattoir et à la disette...

    Quand aux images de National Geographic, elles amplifient le problème en faisant voir la partie mauvaise de la chose. Déjà depuis 2007, Innoventure-Canada (I-CAN) a fait un travail remarquable pour capter le CO2 des étangs pollués. La technologie est prête pour la mise en service et le gouvernement canadien vient dans son dernier budget de consacrer les sommes nécessaires à ce sujet au grand dam des groupes écolos. D'ailleurs la venue d'Obama portait sur l'amélioration du captage du CO2 pour contrer la publicité sur l'énergie sale que nous sert nos écolos à la menthe. Le président américain est repartit rassuré...

    Dans tout ça, on oublie que l'est du Canada est aussi productrice de pétrole et commence à alimenter le secteur québécois. Ainsi, j'ai appris que Pétro-Canada avait aussi des installations dans la mer du nord qui alimentent Ultramar à Québec et sa raffinerie de Montréal-est. Que Pétro-Canada possède une bonne portion des droits sur l'arctique. Le Canada est donc à l'abri des soubresauts mondiaux de la course à l'énergie et aux théories les plus louphoques de bio-solutions. Il n'est pas surprenant que les loups alarmistes hurlent à tout vent, une telle situation crée des jaloux...


  • Abonné
    samedi 7 mars 2009 15h42
    Belle occasion !!
    C'est le temps de reconsidérer la Souveraineté du Québec. La voix tracée par Ignatieff pour les années à venir au Canada est dans la même orientation que celle de Harper. De la poudre aux yeux pour le peuple Québécois et le maintien de la prépondérance du secteur pétrolier, ce qui sous-tend l'orientation pro-militaire et pro-automobile. AVANCEZ EN ARRIÈRE !!!

    Ce n'est pas beau à voir. Au Québec, on est pris pour plusieurs années à endurer le gouvernement Charest qui couche dans le même lit que Harper, un Charest qui n'arrête pas de nous endetter et qui est responsable de l'orientation prise par la Caisse de Dépôt, entrainant des pertes colossales aux Québécois. Quels autres reculs nous réserve-t-il, Charest?

    Des pertes, des dettes, des dettes, et des dettes, tout ça parce, que ce soit Harper, Charest et bientôt Ignatieff et enfin l'ensemble des citoyens ne veulent pas réaliser que LE MODÈLE ÉCONOMIQUE BASÉ SUR LE CAPITALISME SAUVAGE NE FONCTIONNE PAS.

    Voyez-vous qu'ici au Canada et au Québec, ça fait 40 ans qu'on s'endette et que cette dette augmente toujours tant en chiffre absolue qu'en proportion de nos capacités de rembourser (PIB)!?! Est-ce que vous vous rendez compte que cet endettement est causé par le choix du développement basé sur l'utilisation de l'automobile pour tous, ce qui entraine des destructions scandaleuses de l'environnement (pour lesquelles il faudra payer plus tard), le réchauffement climatique et ses conséquences, la misère créée dans les pays du Tiers-Monde, etc.. La vie de pachas et de globetrotteurs en auto et avion, ÇA N'A PAS DE BON SENS, c'est insupportable pour la planète. Tant qu'on se leurre, qu'on pense s'abreuver aux retombés de l'exploitation des SALES sables bitumineux, on est complice de notre propre destruction, on ne prend pas en main notre destinée, ici au Québec, PIRE, on s'incruste dans la dépendance avilissante, on laisse à d'autres des droits sur notre propre existence, ON DEVRA ALLER EN GUERRE MÊME CONTRE NOTRE VOLONTÉ, CONTRE NOTRE PROPRE CONSCIENCE.

    On peut et on doit vivre autrement, humainement en groupe, en mettant de l'avant la coopération, une organisation sociale harmonieuse et respectueuse des capacités de la nature. Il ne faut pas continuer dans la voix actuelle, isolément, caché dans son CHAR, dans sa maison de banlieue, individuellement, égoïstement, sans solidarité avec les autres, les plus faibles.

    Ici, au Québec, on a déjà un début de tissu social sur lequel on peut bâtir une nouvelle économie. Il faut choisir un modèle réaliste d'organisation économique et politique, il faut se défaire de la dépendance au pétrole, et c'est possible par LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC !!!

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 7 mars 2009 19h57
    Fernand Trudel et la merveilleuse péréquation.
    En 2000, les Québécois ont envoyé 39,493 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 30,524 milliards pour un vol de 8,960 milliards

    En 2001, les Québécois ont envoyé 38,184 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 32,109 milliards, pour un vol de 6,075 milliards

    En 2002, les Québécois ont envoyé 38,093 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 32,579 milliards, pour un vol de 5,514 milliards

    En 2003, les Québécois ont envoyé 39,709 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 34,762 milliards, pour un vol de 4,947 milliards

    En 2004, les Québécois ont envoyé 41,127 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 34,512 milliards, pour un vol de 6,615 milliards

    En 2005, les Québécois ont envoyé 43,428 milliards à Ottawa et n'ont reçu que 39,249 milliards pour un vol de 4,179 milliards

    Entre 2000 et 2005, le Canada nous a volé 36,299 milliards. C'est deux Baie James, payées cash. Mais on continue de nous remplir avec le BS de la péréquation, qui viendrait des généreux Albertains et Ontariens, qui nous aiment tellement.

    Si le Québec envoie beaucoup plus d'argent à Ottawa qu'il n'en recoit, pourquoi a-t-il besoin de la péréquation pour boucler ses fins de mois direz-vous? C'est qu'Ottawa fait disparaitre le fric, plus de 50 milliards par année

    Ottawa collecte quelque 240 milliards d'un océan à l'autre. Mais il ne retourne que 190 milliards au bon peuple. Ottawa fait disparaitre 35 milliards dans le paiement de la dette, 10 dans les surplus (du temps qu'il y en avait) et 5 en aide internationale. Mais ça on le cache aux Québécois. On leur bille la fraction du 50 milliards (environ 12 milliards) pour laquelle ils n'ont absolument rien en retour. R-I-E-N. Après ça ils soutiennent qu'on a obtenu le fric et concluent que, comme on envoie 4 milliards de trop, on nous fait un beau cadeau de 8 milliards appelé la péréquation. Une MayWest avec ça?

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/con

  • Normand Fortin
    Abonné
    samedi 7 mars 2009 20h50
    Duplessis doit se réjouir
    On se souvient de l'époque de Duplesssis. On avait déjà dit que ce premier ministre avait vendu le fer québecois pour un sous la tonne à nos amis américains. A cette époque on avait dit avoir conclu une bonne affaire...mais en fait les profits du fer ont été transportés au sud de notre frontière. Aujourd'hui on dirait que le même phénomène se produit avec les sables bitumineux..

    Les années passent mais les hommes ne changent pas toujours

  • Tim Yeatman
    Abonné
    dimanche 8 mars 2009 03h08
    Trudel
    Tu semble de vivre sur la planete 'Ville de Quebec' et non sur la Terre. Restez chez vous.

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 8 mars 2009 09h54
    L'Image parfaite du Canada
    Colonie puis dominion de la Grande-Bretagne puis par l'intermédiaire de l'ALENA des Etats-Unis. Flux Nord-Sud et non Ouest-Est, non redistribution des profits pour des objectif d'ordre national PARCE QUE LA NATION CANADIENNE N'EXISTE PAS, émigration de main d'oeuvre des provinces de l'Atlantique à la place de programmes de développement régional (port de Halifax qui devrait être le terminal pétrolier des produits raffinés), gaspillage des ressources non renouvelables, mauvaise politique fiscale, pénalisation de l'industrie Québécoise par l'effet pétro-monnaie du Yuard d'où chômage supporté par la province. Comment le Québec richissime en minerais, énergie, universités, cervaux, entréprises peut accepter de se faire ..... sans réagir et en en redemandant ! C'est un mystère. En ce jour de la femme, restons courtois. Il y a une énigme québécoise !

  • Jean-Marie Boilard
    Abonné
    dimanche 8 mars 2009 18h20
    Les tares du Klondike albertain
    Félicitations Manon. Ce sont de tels articles qui nous font apprécier Le Devoir.

    Continuez votre excellent travail.

    Jean-Marie Boilard

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 9 mars 2009 10h17
    Quand les québécois s'emmurent eux-mêmes
    Le gouvernement Harper a concentré son intervention environnementale dans le dernier budget sur le captage à la source du CO2 au grand dam des Greenpeace, Sierra, Pembina et autres groupements accrocs aux subventions et aux généreux donateurs qui profitent de leur activisme pour exploiter les crédules. Les apôtres du Kyotisme ont crié au loup et dit que le Premier ministre subventionnait les pétrolières. Or, la vérité c'est qu'on met en place les recherches de Innoventure Canada (I-CAN) en partenariat. La cause environnemtale impose de telles mesures si l'on veut continuer à exploiter l'énergie nécessaire pour vivre.

    En mars 2007, le gouvernement canadien émettait ce communiqué que nos amis écolos ont passé délibérément sous silence. La voici :

    Le nouveau gouvernement du Canada investit dans la recherche sur la capture du carbone et produit des résultats concrets sur les réductions des gaz à effet de serre
    Le 12 mars 2007
    CALGARY - Le ministre des Ressources naturelles, l'honorable Gary Lunn, de concert avec les partenaires d'Innoventures Canada (I-CAN), a annoncé aujourd'hui, à l'Economic Club de Calgary, le financement d'un projet de création du Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2).
    Sous la direction de l'Alberta Research Council, du Saskatchewan Research Council, de l'Industrial Technology Centre du Manitoba et du Centre de recherche industrielle du Québec, le Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2) permettra de mettre au point des réseaux de microalgues qui auraient la capacité de capter jusqu'à 100 millions de tonnes de CO2 provenant des industries, telles que les usines alimentées au charbon et les projets d'exploitation des sables bitumineux. L'algue, une source précieuse de biomasse, pourra ainsi être transformée en une gamme de produits industriels et de sous-produits comme le gaz naturel renouvelable, l'hydrogène et les biocombustibles.
    « Ce projet est un exemple probant de l'engagement de notre gouvernement à trouver des nouveaux projets prometteurs qui aideront le Canada à acquérir une meilleure compréhension de la capture, du stockage et de l'utilisation du carbone, de déclarer le ministre Lunn. Il prend appui sur nos initiatives écoÉNERGIE, dont le Groupe de travail annoncé par le premier ministre la semaine dernière. Nous sommes résolus à fournir des résultats concrets aux Canadiens et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. »
    Ressources naturelles Canada (RNCan) verse des fonds de 100 000 $ pour la première phase du projet. Le financement de RNCan appuiera les principales fonctions de recherche et développement et les études de définition, contribuant ainsi à l'élaboration d'une analyse de rentabilisation pour une installation pilote intégrée.
    « En réunissant un groupe important d'experts venant de partout au Canada, I-CAN est le véhicule choisi pour entreprendre des projets complexes de grande envergure qui aideront l'économie canadienne à innover, à se développer et à prospérer, d'affirmer John McDougall, président-directeur général de l'Alberta Research Council et président du conseil d'administration d'I-CAN. Nous sommes très heureux de voir le gouvernement fédéral se joindre à nous dans cet important projet, qui constituera un progrès de plus pour trouver des façons innovantes de réduire les émissions de gaz à effet de serre. »
    I-CAN est le mécanisme qui allie les ressources de l'industrie, des gouvernements et des organismes de recherche pour diriger de grands projets de recherche et développement au Canada. Les partenaires financiers d'I-CAN pour ce projet comprennent : Shell Canada Limitée, Epcor Utilities Inc., Graymont, RNCan et le gouvernement de l'Alberta.
    Date de modification : 2007-04-18

    Le 13 juillet dernier, le CRIQ publiait une page complète dans le Journal de Québec sur le projet I-CAN en titrant : Le CO2 transformé en carburant propre.

    Le 10 août suivant, Vivian Song, une chroniqueuse écolo enragée reprenait dans le même journal dans sa page « planète verte » le même reportage sur le projet I-CAN en titrant : Les algues comme carburant propre.

    Nos activistes verts et souverainistes ont tourné le dos à ces nouvelles préférant dépendre de leurs amis islamistes du Moyen-Orient que de leur pays le Canada pour leur fournir l'énergie fossile. Wow quelle belle liberté, faudra t'il adopter la charia avec ça ??? Il est surprenant que les abus envràironnementaux au Moyen-Orient ne soit jamais dénoncés par ces puristes...

    Demain nous aurons toujours besoin de pétrole que l'on le veuille ou non. Le Canada est auto-suffisant et même est exportateur permettant l'indépendance de l'Amérique du Nord en entier face au Moyen-Orient. Ce sont les mêmes activistes qui veulent que l'on y retire nos troupes et celles des États-Unis. Faudrait arrêter de conspuer les nôtres pour une doctrine suicidaire.

    Terre-Neuve et l'Alberta ont des réserves prouvées. Ces gens veulent s'en soustraire délibérément, c'est pas au Québec et ce ne le sera jamais. Voilà une barrière psychologique qui emmure les québécois à la recherche du nirvana sur un papier constitutionnel...

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012