Impossible de gagner en Afghanistan, dit Harper
C'est la première fois que le premier ministre avoue aussi franchement son pessimisme
Stephen Harper juge qu'il est impossible de vaincre la résistance aux forces étrangères en Afghanistan. Il annonce du même coup que le Canada n'engagera pas de nouvelles troupes dans ce pays sans obtenir une stratégie claire pour éviter l'enlisement.
Ces aveux ont été faits par le premier ministre canadien lors d'une interview diffusée hier sur la chaîne américaine d'informations CNN. Stephen Harper a déclaré que l'Afghanistan avait besoin d'un gouvernement libre de toute influence étrangère pour stabiliser le pays.
«Nous ne remporterons pas cette guerre en restant simplement présents là-bas, a dit le premier ministre. Mon propre jugement, très franchement, c'est que nous ne battrons jamais cette insurrection.»
La force internationale, sous mandat de l'OTAN, combat en Afghanistan depuis le début de la décennie. Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 dans la foulée des attentats du 11-Septembre, ont gagné en puissance ces dernières années, surtout dans le Sud et l'Est. Le contingent canadien, fort de 2700 soldats, est basé à Kandahar, dans la partie méridionale de la république islamique.
Le retrait des Canadiens est prévu pour 2011. Plus d'une centaine de soldats d'ici ont été tués depuis le début du conflit. C'est la première fois que le premier ministre avoue aussi franchement ses doutes et son pessimisme.
«La question qui se pose au Canada, ce n'est pas de savoir si nous resterons ou partirons, a-t-il dit au journaliste Fareed Zakaria. La question est de savoir si nous connaissons le succès. Nous avons fait des gains, mais ces gains ne sont pas irréversibles. Le succès s'avère donc modeste.»
Le président Barack Obama, qui a annoncé l'envoi de renforts américains en Afghanistan, a rencontré M. Harper à l'occasion de son premier déplacement officiel à l'étranger, le 19 février. Il ne lui a pas demandé d'envoyer des renforts.
«À l'avenir, si le président Obama demande une plus grande participation, je poserai des questions très exigeantes sur la stratégie de victoire et le départ à terme», a prévenu Stephen Harper à CNN. Il a ajouté qu'il demanderait au président: «Quel est votre plan pour laisser l'Afghanistan aux Afghans afin qu'ils gouvernent eux-mêmes leur pays? Il y a des risques énormes pour nous là-bas. Je ne dis pas que nous ne pouvons pas améliorer la situation. Seulement, si nous pensons gouverner l'Afghanistan à la place des Afghans ou, à long terme, être responsables de la sécurité au quotidien et voir finalement ce pays s'améliorer, nous faisons erreur.»
Le premier ministre a aussi confié qu'à ses yeux, l'Afghanistan était en insurrection constante depuis toujours. Ce pays d'instabilité chronique a vu onze de ses dirigeants assassinés ou exilés au XXe siècle. Les Soviétiques n'ont pas réussi à s'y imposer dans les années 1980. Les combats contre les quelque 70 000 soldats étrangers liés à l'OTAN font des milliers de morts par année. La production d'opium, qui finance les talibans, augmente sans cesse depuis 2004. «Ultimement, il faut que la source de l'autorité afghane soit perçue comme venant de l'intérieur», a ajouté Harper.
Les talibans avancent sur tous les fronts, militaires et politiques. Ils ont rejeté hier l'offre du chef de l'État Hamid Karzaï les invitant à participer à la prochaine élection présidentielle. Hamid Karzaï a signé samedi un décret réclamant l'organisation du scrutin présidentiel avant l'expiration de son mandat, le 21 mai, conformément à la Constitution. Celle-ci stipule également que son successeur doit être désigné 30 à 60 jours avant la fin dudit mandat, ce qui ne laisse que la date du 21 avril pour la consultation.
«Non seulement les talibans ne prendront aucune part à ce scrutin, mais nous allons inviter la nation afghane à ne pas y participer parce qu'il s'agit d'un processus impie et parce que l'Afghanistan est désormais un pays sous occupation étrangère», a déclaré Qari Mohammad Yousuf, porte-parole de la milice islamiste, cité par l'agence Afghan Islamic Press.
La commission électorale a, quant à elle, retenu la date du 20 août. Les États-Unis et le Canada, comme la communauté internationale, plaident en faveur de cette date pour permettre le déploiement des renforts américains qui contribueront à la sécurité du scrutin. Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a demandé en janvier aux pays membres de l'Alliance de fournir 10 000 soldats supplémentaires en vue de l'élection présidentielle. Visiblement, selon les déclarations de Stephen Harper, le Canada n'en rajoutera pas.
Près de cinq millions de personnes, dont 32 % de femmes, sont inscrites sur les listes électorales, pour participer au deuxième scrutin présidentiel au suffrage universel direct de l'histoire du pays. L'organisation de l'élection devrait coûter près de 300 millions.
La première présidentielle avait été remportée avec 55 % des suffrages fin 2004 par Hamid Karzaï, placé à la tête du pouvoir de transition avec le parrainage de Washington début 2002. «Il n'y a aucun doute à ce sujet: la gouvernance en Afghanistan doit s'améliorer beaucoup plus rapidement que ce que nous avons observé depuis près de huit ans», a conclu hier M. Harper sur les ondes de CNN.
Ces aveux ont été faits par le premier ministre canadien lors d'une interview diffusée hier sur la chaîne américaine d'informations CNN. Stephen Harper a déclaré que l'Afghanistan avait besoin d'un gouvernement libre de toute influence étrangère pour stabiliser le pays.
«Nous ne remporterons pas cette guerre en restant simplement présents là-bas, a dit le premier ministre. Mon propre jugement, très franchement, c'est que nous ne battrons jamais cette insurrection.»
La force internationale, sous mandat de l'OTAN, combat en Afghanistan depuis le début de la décennie. Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 dans la foulée des attentats du 11-Septembre, ont gagné en puissance ces dernières années, surtout dans le Sud et l'Est. Le contingent canadien, fort de 2700 soldats, est basé à Kandahar, dans la partie méridionale de la république islamique.
Le retrait des Canadiens est prévu pour 2011. Plus d'une centaine de soldats d'ici ont été tués depuis le début du conflit. C'est la première fois que le premier ministre avoue aussi franchement ses doutes et son pessimisme.
«La question qui se pose au Canada, ce n'est pas de savoir si nous resterons ou partirons, a-t-il dit au journaliste Fareed Zakaria. La question est de savoir si nous connaissons le succès. Nous avons fait des gains, mais ces gains ne sont pas irréversibles. Le succès s'avère donc modeste.»
Le président Barack Obama, qui a annoncé l'envoi de renforts américains en Afghanistan, a rencontré M. Harper à l'occasion de son premier déplacement officiel à l'étranger, le 19 février. Il ne lui a pas demandé d'envoyer des renforts.
«À l'avenir, si le président Obama demande une plus grande participation, je poserai des questions très exigeantes sur la stratégie de victoire et le départ à terme», a prévenu Stephen Harper à CNN. Il a ajouté qu'il demanderait au président: «Quel est votre plan pour laisser l'Afghanistan aux Afghans afin qu'ils gouvernent eux-mêmes leur pays? Il y a des risques énormes pour nous là-bas. Je ne dis pas que nous ne pouvons pas améliorer la situation. Seulement, si nous pensons gouverner l'Afghanistan à la place des Afghans ou, à long terme, être responsables de la sécurité au quotidien et voir finalement ce pays s'améliorer, nous faisons erreur.»
Le premier ministre a aussi confié qu'à ses yeux, l'Afghanistan était en insurrection constante depuis toujours. Ce pays d'instabilité chronique a vu onze de ses dirigeants assassinés ou exilés au XXe siècle. Les Soviétiques n'ont pas réussi à s'y imposer dans les années 1980. Les combats contre les quelque 70 000 soldats étrangers liés à l'OTAN font des milliers de morts par année. La production d'opium, qui finance les talibans, augmente sans cesse depuis 2004. «Ultimement, il faut que la source de l'autorité afghane soit perçue comme venant de l'intérieur», a ajouté Harper.
Les talibans avancent sur tous les fronts, militaires et politiques. Ils ont rejeté hier l'offre du chef de l'État Hamid Karzaï les invitant à participer à la prochaine élection présidentielle. Hamid Karzaï a signé samedi un décret réclamant l'organisation du scrutin présidentiel avant l'expiration de son mandat, le 21 mai, conformément à la Constitution. Celle-ci stipule également que son successeur doit être désigné 30 à 60 jours avant la fin dudit mandat, ce qui ne laisse que la date du 21 avril pour la consultation.
«Non seulement les talibans ne prendront aucune part à ce scrutin, mais nous allons inviter la nation afghane à ne pas y participer parce qu'il s'agit d'un processus impie et parce que l'Afghanistan est désormais un pays sous occupation étrangère», a déclaré Qari Mohammad Yousuf, porte-parole de la milice islamiste, cité par l'agence Afghan Islamic Press.
La commission électorale a, quant à elle, retenu la date du 20 août. Les États-Unis et le Canada, comme la communauté internationale, plaident en faveur de cette date pour permettre le déploiement des renforts américains qui contribueront à la sécurité du scrutin. Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a demandé en janvier aux pays membres de l'Alliance de fournir 10 000 soldats supplémentaires en vue de l'élection présidentielle. Visiblement, selon les déclarations de Stephen Harper, le Canada n'en rajoutera pas.
Près de cinq millions de personnes, dont 32 % de femmes, sont inscrites sur les listes électorales, pour participer au deuxième scrutin présidentiel au suffrage universel direct de l'histoire du pays. L'organisation de l'élection devrait coûter près de 300 millions.
La première présidentielle avait été remportée avec 55 % des suffrages fin 2004 par Hamid Karzaï, placé à la tête du pouvoir de transition avec le parrainage de Washington début 2002. «Il n'y a aucun doute à ce sujet: la gouvernance en Afghanistan doit s'améliorer beaucoup plus rapidement que ce que nous avons observé depuis près de huit ans», a conclu hier M. Harper sur les ondes de CNN.
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