vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 13h36
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les meilleurs jobs au Canada

Chantal Hébert   2 mars 2009  Canada
La crise économique a transformé le pouvoir en pomme empoisonnée d'un bout à l'autre du Canada. D'Ottawa à Queen's Park en passant par Québec et Victoria, il n'a jamais fait aussi bon être chef de l'opposition officielle. À la Chambre des communes, chaque jour apporte à l'opposition une nouvelle récolte de fruits pourris à lancer au gouvernement. Elle n'a qu'à se pencher pour les cueillir à temps pour la période des questions.

Le premier ministre Stephen Harper a exagéré la semaine dernière quand il a affirmé que les partis d'opposition n'avaient rien de constructif à apporter à la sortie de crise économique. Sans l'appui libéral à son budget, son gouvernement conservateur ne serait même plus au pouvoir. Pour autant, l'opposition libérale a été plutôt avare de propositions de rechange. Son plan de relance économique est le secret le mieux gardé au Canada.

Michael Ignatieff a beau parler de bipartisme au nom de l'intérêt supérieur du Canada, au quotidien, il se comporte comme un sauveteur qui, sous prétexte d'assister un homme à la mer, lui lancerait systématiquement des bouées de sauvetage sur la tête.

***

Dans l'immédiat, les résultats sont néanmoins concluants. Moins de six mois après une défaite historique, le PLC est de nouveau dans la course pour le pouvoir. Ce revirement tient beaucoup au fait que Michael Ignatieff est à la bonne place au bon moment.

La preuve en est dans les provinces où la crise avantage également l'opposition. En Colombie-Britannique où les élections sont tenues à date fixe, le gouvernement du premier ministre libéral Gordon Campbell affrontera obligatoirement l'électorat en mai et il y a fort à parier que ce sera une des campagnes les plus surveillées par la classe politique.

M. Campbell sera en effet le premier chef de gouvernement au Canada à devoir aller aux urnes sur fond de retour aux déficits budgétaires. Dans les circonstances, la traversée du désert du NPD en Colombie-Britannique pourrait prendre fin le jour du vote. Simultanément, à l'autre bout du pays, le ralentissement économique fragilise le gouvernement minoritaire conservateur de la Nouvelle-Écosse et pourrait ouvrir la voie au premier gouvernement néodémocrate des Maritimes.

En Alberta, le gouvernement du premier ministre Ed Stelmach a vu ses formidables redevances énergétiques dégringoler et ses brillants bilans budgétaires s'estomper. À cela s'ajoute un immense défi de relations publiques pour garder à flot la réputation de plus en plus malmenée des sables bitumineux.

En Ontario, le chef du Parti conservateur, John Tory, donné pour mort depuis sa défaite en 2007, pourrait au contraire sortir du tombeau plus tard cette semaine. Sa victoire à des élections complémentaires dans une circonscription rurale réputée sûre pour sa formation, jeudi, lui permettrait de mettre fin à un an et demi d'absence forcée de la Législature ontarienne et de se remettre en piste pour le poste de premier ministre.

Aux prises avec le déclin accéléré de l'industrie automobile qui constitue le fondement de l'économie ontarienne, le gouvernement de Dalton McGuinty se prépare à afficher des déficits plusieurs fois plus élevés que celui des autres provinces, ce qui laisse présager des lendemains électoraux pénibles pour les libéraux de l'Ontario.

***

Et le Québec dans tout cela? Parmi les premiers ministres, aucun ne dispose d'un horizon aussi long pour affronter la crise économique que Jean Charest. Il ne doit pas se passer une journée sans qu'il se félicite d'avoir forcé la tenue d'élections hâtives à l'automne. S'il avait repoussé le scrutin à 2009, il serait vraisemblablement en train de réviser son CV en vue d'une éventuelle carrière dans le secteur privé.

À terme, le contexte actuel favorise néanmoins un retour du balancier vers l'opposition. À moins qu'une grosse pointure ne se porte volontaire pour mettre l'ADQ à sa main, ce mouvement favorise par défaut le Parti québécois aux prochaines élections.

Si l'économie continue de tourner au vinaigre, Jean Charest et Dalton McGuinty ne seront presque certainement pas partants pour une autre campagne électorale. Ni l'un ni l'autre n'entend boucler sa carrière de premier ministre sur une défaite. Et à Ottawa, la prochaine campagne fédérale — que plusieurs situent dans un horizon d'une douzaine de mois — pourrait être suivie par un renouvellement du leadership de deux, trois ou même quatre partis.

La montée du NPD aux deux extrémités du pays; l'affaiblissement de la dynastie conservatrice en Alberta; le retour potentiel des conservateurs à Queen's Park et le départ éventuel de ceux d'Ottawa; un changement de classe politique à la Chambre des communes et dans les trois principales provinces et le retour possible des souverainistes au pouvoir au Québec: la crise économique actuelle pourrait entraîner la plus importante reconfiguration de la scène politique canadienne depuis les épisodes constitutionnels des années 90.

****

chebert@thestar.ca

Chantal Hébert

est columnist politique

au Toronto Star.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • André Chamberland
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 07h53
    Quelle façon dégueulasse de faire de la politique que font ces Conservateurs
    Campagne médiatique de salissage des adversaires politiques de l'opposition, mensonges à leur sujet, contrôle complet de l'information et absence complète de transparence, réputation du Canada ternie à l'étranger, etc.!
    Ce n'est pas ainsi que le premier ministre obtiendra une meilleure collaboration de l'opposition qui joue le rôle que le peuple attend d'elle.
    Le genre de politique à la USA des Conservateurs (et non pas l'opposition, le Bloc, le PQ, les indépendantistes, les Québécois) détruira le Canada.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 2 mars 2009 08h03
    Canwest
    Si la Caisse de dépôt se décidait à acheter Canwest, cela pourrait changer toute la donne politique en effet.

  • Marcel Arseneau
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 08h18
    La boule de crystal de Chantal Hébert
    Mme Hébert se trompe rarement dans ses prédictions sur le plan politique. Elle y voit de nombreux changements à l'horizon, autant dans les provinces qu'à Ottawa dans les mois et même dans les années à venir. Tout cela à cause de la crise économique qui ébranle le pays et même le monde. Il sera intéressant de voir comment Michael Ignatieff va se tirer d'affaires pour prendre le pouvoir à Ottawa.

  • Claude Rondeau
    Abonné
    lundi 2 mars 2009 08h35
    Chaise musicale ...
    S'il vous plaît, ajoutez quelques paragraphes pour montrer quels changements de politiques, s'il en est, résulteraient de ce carrousel.
    Voilà un beau devoir, n'est-ce pas.
    Bonne chance.
    CR


  • Abonné
    lundi 2 mars 2009 09h14
    Enfin, le retour aux bon sens!
    De voir partir Les CONservateurs, Harper et sa gang ainsi que Charest, c'est un rêve.

    Des gens qui pensent que l'humanité est seulement un endroit pour les manigances et abus des capitalistes, la consommation sans limite (amenant la destruction de notre biosphère) À LA TÊTE DE NOS GOUVERNEMENTS, c'est vraiment trop, c'est dangereux et inacceptable pour la majorité des individus.

  • Denise Lanouette
    Abonnée
    lundi 2 mars 2009 16h37
    Le pouvoir
    Dommage qu'il n'y ait aucune loi permettant de destituer un chef du pouvoir au Canada et au Québec: se faire élire sur des mensonges mériterait à tous deux de disparaître avant qu'ils ne nous avilissent complètement à leurs valeurs purement mercantiles...ils dirigent tous deux comme des chefs d'entreprise...et non comme des représentants du peuple.

  • Corbeil Michel
    Inscrit
    lundi 2 mars 2009 19h52
    Des élections au Canada à quoi ça sert
    Des élections au Canada à quoi ça sert Ignatief vient d'appuyer le budget de Harper.
    De l'argent dépensé pour rien...
    Ignatief est à gauche des néocons. mais un néoconservateur.
    Il n'a rien à voir avec ce qui va émerger de ce bing bang économique.
    Il fait partie du passé.
    Aujourd'hui le présent qui change à tous les jours de par le nombre d'emplois perdus, d'entreprises qui ferment...
    du nombre de chômeurs et chômeuses qui ne retrouveront jamais une bonne job, des pré-retraités qui iront dans la misère, des jeunes qui n'auront pas la chance de développer leurs compétences...
    Désormais il nous faut des hommes et des femmes qui apporteront des solutions nouvelles aux nouvelles sociétés canadienne et québécoise qui arrivent à grand pas (le "et" est volontaire).
    Ce n'est pas nous qui voulons changeons la société, c'est la société qui nous change et changera notre relation à la société nouvelle qui arrive.
    Alors les meilleures jobs à ceux qui seront les plus inventifs et les plus démocratiques.
    Ca nous changera de l'époque qui s'achève.
    Espérons pour le mieux...

  • Aude_Dufresne
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 14h48
    les dirigeants qu'on a
    Ce n'est pas la politique ou la crise économique..qui fait problème, c'est beaucoup les dirigeants qu'on a. A il se font réélire mais à quel prix. QUe restera-t-il à leur départ. De Harper à Charest on ne peut imaginer une telle absence d'idées, des choix aussi désastreux, une telle incapacité à gèrer les mécanismes de notre société pour le bien de la collectivité. On se croirait sous Duplessis. On promet des routes.. des milliards, déjà promis et qu'on ne distribue pas, des solutions qui ne viennent pas.
    Qui a voté pour eux.. comment les remplacer par des gens plus articulés.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012