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Une leçon de démocratie

Gil Courtemanche   21 février 2009  Canada
J'ai toujours soutenu que la politique constitue un des métiers les plus nobles du monde. Et je persiste à le croire malgré la médiocrité qui se répand dans nos démocraties occidentales, malgré le manque d'imagination et d'audace que j'évoquais récemment.

Parlons de la noblesse de ce métier. Souvenirs anciens. René Lévesque avec sa cigarette et son tableau noir en 1962 qui fait la tournée de la province pour promouvoir la nationalisation des compagnies privées d'électricité. Nationalisation, à cette époque, évoque socialisme, sinon communisme. Grand pédagogue, il désamorce les mythes et les mots, remet la chose en perspective, patiemment décrit comment la situation piège et pénalise les Québécois. Il explique, décrit, mobilise les citoyens à propos d'un problème extrêmement complexe: grilles qui ne communiquent pas, inégalités des tarifs, rentes exagérées pour des entreprises qui n'innovent pas.

Lévesque ne considère pas le citoyen moyen comme un imbécile. Il croit que, lorsqu'on lui explique quelque chose, le citoyen peut comprendre et s'engager, qu'il soit assisté social ou médecin. Lévesque croyait en la politique, qui dans sa meilleure expression est un dialogue permanent entre le citoyen et son représentant. Il ne parle pas avec les politiciens et les puissants, il discute avec les citoyens. Paul Gérin-Lajoie empruntera la même approche quand il décidera de mettre en oeuvre les recommandations du rapport de la commission Parent. Expliquer, décortiquer, convaincre. Dans ce genre de démarche, il faut croire que le citoyen peut comprendre et il faut trouver le langage, la manière, le style.

***

Parlons de la médiocrité de ce métier. Jean Charest en campagne électorale qui nous parle de la crise et du besoin de direction pour y faire face. Un seul discours répété sans variation aucune à chaque occasion. Nulle explication sur la crise, nul exercice pédagogique, pas de conversation avec les citoyens, pas d'effort de mobilisation collective. Juste un «il faut deux mains sur le volant» et «faites-nous confiance». Stephen Harper a adopté la même attitude lors de sa dernière campagne: un seul discours répété à satiété, empli de slogans et de phrases creuses. Une fois réélus, les deux hommes se retranchent dans leur monde intime, celui de la politique politicienne. Ils ne se préoccupent plus des citoyens mais se mettent à parler aux parlementaires et aux «leaders» d'opinion.

Pour ces gens, le lieu de la politique est le Parlement, leur petit monde. Citoyens, laissez-nous la politique, c'est notre métier, le vôtre, c'est celui de voter pour nous. Nous nous reverrons à la prochaine élection. En attendant, restez tranquilles, on s'occupe de vous plus ou moins bien, mais pourquoi irions-nous parler avec vous, vous pouvez écouter la période des questions ou lire nos déclarations dans les journaux. Pour ces politiciens qui donnent de la politique une image désolante et méprisable, le lieu de la politique est la politique politicienne, pas la société.

Barack Obama l'a rapidement compris. Malgré la crise, malgré l'urgence, la menace de faillite des grands de l'automobile, le Congrès américain s'est conduit de manière absolument partisane. Politique de politiciens pour politiciens. Obama a décidé de faire de la politique comme René Lévesque en faisait. Il a pris son bâton de pèlerin et a convié la population. Trois fois en une seule semaine, il a tenu de grandes assemblées populaires en Illinois, au Colorado et en Arizona. J'ai regardé la rencontre qui s'est déroulée à Phoenix, en Arizona, un État où la crise immobilière est particulièrement aiguë.

***

Obama ne commence pas son discours par un «nous avons trouvé la solution et faites-nous confiance», il ne dit pas que tout va aller mieux. Il débute en expliquant la gravité de la crise, il en décortique les détails, il donne un cours sur les prêts hypothécaires à risque, comment les grands financiers en ont profité, mais aussi comment les citoyens n'ont pas réfléchi avant d'investir. Il fait de la politique comme elle doit être faite. Il partage les informations qu'il détient, il convie les citoyens à en prendre conscience, il annonce que rien ne sera facile et qu'il ne connaît pas toutes les réponses.

Contrairement à Jean Charest et à Stephen Harper, il ne se comporte pas comme un envoyé de Dieu détenteur de solutions magiques. Il dit: j'ai besoin de vous, parlons-nous, travaillons ensemble. Et il répond aux questions du public, pas aux questions des journalistes qui sont les seuls interlocuteurs de nos politiciens.

Barack Obama a remis la politique là où elle doit être, dans l'arène des citoyens. Je pensais à cela jeudi en regardant Harper et Obama donner leur conférence de presse. Obama qui cherche à comprendre, à entendre. Harper qui veut bousculer, qui ne parle à personne, enfermé dans sa rigueur idéologique.

Jamais je n'ai cru que nous pourrions prendre des leçons de démocratie des États-Unis. Je me trompais. En fait, les leçons ne viennent pas du pays, mais d'un homme. Est-ce que l'homme peut changer le pays? Je ne le sais pas. Pour convaincre les Américains que le gouvernement n'est pas le mal, mais un bien approximatif, que le gouvernement est la somme des biens collectifs, il devra sans cesse poursuivre son oeuvre pédagogique. Au lieu de l'invoquer, nos premiers ministres devraient s'en inspirer et sortir de leur bureau et de leurs communiqués de presse.






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Vos réactions

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  • Pierre-Paul Roy
    Abonné
    samedi 21 février 2009 05h50
    Nos «belles« démocraties
    « Oui, oublier la méthode de René Levesque ou de Barak Obama mène au cul-de-sac. Merci, monsieur Courtemanche pour ce rappel. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 21 février 2009 06h01
    Aló Presidente
    « Obama rencontre les gens.
    Il leur parle, il leur explique et il les écoute.
    Il répond à leur question.

    On dirait que M. Courtemanche nous parle de Aló Presidente de Hugo Chávez.
    C'est exactement la méthode qu'emploie Chávez depuis dix ans.
    Mais, Chávez est un «populiste». On dit même que c'est un dictateur !

    Merci Monsieur Courtemanche pour vos observations et pour nous rappeler comment était René Lévesque.
    Je m'aperçois que bien des gens ne l'ont pas connu.

    Et, la nationalisation, à notre époque, évoque toujours socialisme, sinon communisme.

    On préfère le libre-échange...
    Incroyable tout de même !


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 21 février 2009 06h47
    Excellent parallèle
    « Entièrement d'accord avec vous. Par son attitude, Barack Obama me rappelle beaucoup René Lévesque. Comme le nouveau président américain, le fondateur du PQ avait un immense charisme et un très grand talent d'orateur, mais était aussi un homme humble qui ne prenait pas les gens pour des imbéciles, allait souvent vers eux pour leur expliquer des choses et prendre le temps de les écouter, d'avoir leur avis. Bref, de grandes qualités que l'on ne retrouve que chez de rares politiciens ! »

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 21 février 2009 07h13
    Bravo M. Courtemanche
    « Il est rafraîchissant de lire Gil Courtemanche le samedi. Ses propos sont ancrés dans la réalité et il ne suit pas le courant idéologique dominant de la vacuité. Trop souvent, les journalistes ne savent discuter que des manoeuvres politiciennes et relaient une information prémâchée. »

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 07h34
    René Lévesque
    « L'ancien Premier ministre Lévesque était un pédagogue. Comme le sont les grands professeurs de tous les temps. Il prenait, dans les assemblées publiques, le temps d'expliquer. Il était attachant et le peuple l'aimait, parce qu'on sentait qu'il aimait son peuple.

    Les politiciens d'aujourd'hui, tous partis confondus, sont loin derrière lui. Ils n'ont rien à dire. Ici, dans ma région, lors de la campagne électorale de décembre dernier, le journaliste qui couvrait le débat partisan de la campagne qui s'est déroulé au Cégep a titré dans son hebdomadaire:« Débat électoral: combats de coqs". Il y a avait de l'insolence dans l'air, peu d'idées, des chiffres lancés à la volée, ...Pas étonnant que 44 % des électeurs ont choisi de rester à la maison. »

  • Lemay Gilles
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h04
    Enfin, un peu de vérité sur René Lévesque dans le Devoir!
    « Enfin, un chroniqueur du Devoir qui situe la pensée de René Lévesque à la bonne place. C'est-à-dire, la première.

    Quand je pense qu'un régulier du Devoir, a essayé de salir la mémoire du grand homme en voulant hisser Pierre Bourgault, ce gueulard talentueux mais gueulard tout de même, au-delà des exploits de notre cher René...

    Comment le Devoir peut-il garder à son emploi deux types de personnes?; un type, Gil Courtemanche, qui dit la vérité et l'a vécue et l'autre, Jean-François Nadeau, qui la nie en essayant de réécrire l'histoire qu'il n'a pas vécue, de façon malicieuse et de répandre des faussetés via le réseau nauséabond dont il fait partie, réseau qui a semble-t-il investi, télés, radios et journaux.

    Gilles Lemay »

  • JM
    Abonné
    samedi 21 février 2009 08h07
    Les vrais démocrates s'adressent à la faculté naturelle des gens en leur capacité de juger les choses.
    « La différence entre les uns et les autres dans la vie est dans la faculté de plus ou moins bien juger les choses. Quelque soit notre niveau de scolarité et notre éducation, c'est comme si le jugement de chacun est inné. La connaissance est ce qui permet d'aiguiser notre jugement, sans plus. Les études sont des outils qui permettent de juger plus à propos des choses. Expliquer démocratiquement aux gens une situation donnée, c'est leur permettre de bien peser la teneur de leur responsabilité de chacun en la matière.

    De ce point de vue, les Charest et Harper sont vraiment très nuls. Leur attitude envers la population n'est pas loin de démontrer un certain mépris envers monsieur et madame tout le monde. La démocratie, ils en font leur chose. Ils ont la recette qui est de simplifier, de réduire au plus bas niveau les convictions qui les habitent. Difficile pour eux d'expliquer la teneur des concepts qu'ils ont eux-mêmes de la misère à bien discerner.

    Les Charest et Harper aiment le pouvoir, pas vraiment la population des citoyens que nous sommes. Au contraire, Obama aime la population. Il a appris à les bien et mieux connaître en les côtoyant tout au long de sa vie. Son statut de Président des États-Unis ne semble pas empêcher Obama de rester plus près de la population qu'il aime que des décideurs supposés qui l'entoure.

    Tandis que les Charest et Harper sont imbus de pouvoir, et ils s'en gavent comme des éponges. Je vous invite à les regarder quand ils descendent chacun les escaliers de leur édifice parlementaire respectif. Ils prennent la pose devant l'oeil des caméras, avec chacun l'attitude qui ont fait qu'ils sont devenus premier ministre. Ils sont présents physiquement, mais ils sont ailleurs psychologiquement, beaucoup plus dans les émotions vaniteuses qui les transcendent.

    J'écoutais Harper dire d'Obama qu'il est quelqu'un de simple avec qui on peut facilement être à l'aise. Pourquoi? Simplement parce que Harper est un être de raison, tout comme Charest. Tandis qu'Obama est un être qui tire son énergie de ses émotions riches de belles expériences vécus. Ce n'est pas l'université qui été le tremplin d'Obama. C'est son vécu dans la rue qui l'a fait s'enrichir d'expériences avec les gens ordinaires. Et Obama, il a appris à connaître les gens ordinaires sans les préjugés qu'ont souvent les gens qui ne les ont jamais vraiment côtoyés.

    Je viens de faire volontairement de la spéculation sur les Obama, Charest et Harper. J'ai bien l'impression que ma description de leur personnalité est très près de la réalité. Au début, j'ai parlé de la faculté des gens de juger des choses. C'est donc à chacun de penser démocratiquement selon son propre jugement de ce que je dis. Tant qu'à moi, j'écris plus sur l'ardoise que dans le ciment.

    Jacques Morissette (Montréal) »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h20
    Merci...
    « Oui mais Obama est un homme cultivé. Il sait que la pensée et la réflexion sont des outils pour l'action. Quand on sait qu'il a lu Max weber, qu'il a compris l'éthique ou principe de la responsabilité de Hans Jonas, on peut dire la rareté de cet homme au pouvoir. Vous avez raison d'autant plus que cela prouve une chose, que la culture peut être vécu simplement et peut être utilisée comme pédagogie de partage. Obama ne s'en prive pas.
    Vous avez une excellente illustration de votre propos dans ce vidéo fomenté par des chercheurs français (sauf erreur) et qui est d'un drôle :
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/obama-versus-sa.html »

  • L. C. Fernández
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h22
    De la suite dans les idées... saugrenues
    « L'estimable chroniqueur réitère encore que la politique EST à ses yeux l'«un des métiers les plus nobles du monde». Et tant pis si presque partout et quasi constamment l'exercice dudit métier rime, depuis toujours et de toute évidence, avec bêtise, corruption, oppression, aliénation... »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h38
    De la classe politique
    « Il suffisait d'observer et d'écouter Barack Obama lors des courts moments publics de sa visite à Ottawa pour voir l'abime qui sépare un homme politique de grande classe et nos politiciens égocentristes et aux petites vues.

    « Barack Obama a remis la politique là où elle doit être, dans l'arène des citoyens », écrit fort justement Gil Courtemanche. Dès son arrivée au Parlement, un petit geste marquait déjà la différence. Alors que S. Harper voulait l'entraîner à l'intérieur, M. Obama est ressorti pour saluer la foule. Il faut décoder ce simple geste, qui montre bien que pour lui, les citoyens sont aussi importants, sinon plus, que les hommes politiques. Mais en même temps, il a eu la courtoisie d'entraîner avec lui un Harper peu habitué à ce genre de démonstration. Tout cela était une très visible et très concrète image de la conception que Barack Obama se fait de la politique.

    Même chose durant la conférence de presse, on le voyait à l'écoute de ce que disait Harper, d'une part, et par ailleurs réfléchissant sérieusement aux problèmes posés par des journalistes, pour exposer sa conception des choses, allant bien au-delà de la question posée, tout en prenant soin de ne pas discréditer aux yeux du public canadien le premier ministre, comme il l'avait entraîné avec lui lors de son arrivée.

    De toute évidence, il était conscient des différences qui séparent sa vision politique de l'absence de vision de son interlocuteur Harper, qui en est toujours resté à ses petits problèmes partisans. Mais il a su dépasser cet état de fait, pour proposer une autre façon de voir les choses, les problèmes et la façon de les aborder, qui passait au-dessus des vues étroites de S. Harper.
    La comparaison est trop facile à faire. S. Harper s'est efforcé de raboter les angles et de montrer que ses positions coïncidaient avec celles de M. Obama, en matière d'environnement, par exemple, alors que l'écart n'est que trop manifeste. En fait, Harper a tenté de tirer à lui, pour en bénéficier, l'aura de Barack Obama, pour rehausser sa crédibilité et son statut. Il n'y a eu que quelques journalistes pour en être dupes, en accordant un peu trop vite un satisfecit à Harper.

    Même constatation en ce qui concerne M. Ignatieff. Là encore, il n'est pas nécessaire d'être en grand spécialiste en communication, pour décoder sa stratégie. Faisons-le tout de même puisque l'on n'en parle pas. Ignatieff a soigneusement préparé cette visite en faisant connaître a tout va qu'il avait ses entrées à la Maison Blanche. Après sa rencontre avec le président Obama, la première chose qu'il a déclaré à Radio-Canada, c'est que M. Obama lui avait dit qu'il avait lu ses livres. Déclaration sans intérêt pour ce qui est des grands problèmes en jeu, mais déclaration importante pour Ignatieff afin, lui aussi, de tirer de son bord la couverture, c'est-à-dire la popularité de M. Obama, pour rehausser sa stature politique. Le fait qu'il ait commencé par mentionner ce point insignifiant est très significatif. Il s'agit encore une fois d'une manifestation égocentrique d'un politicien et non d'un homme politique.

    La popularité canadienne de Barack Obama vient de ce qu'il apporte avec lui un vent de changement, un climat d'ouverture, une attitude d'écoute, qu'il est un homme qui a une vision pour son pays. Sa popularité tient aussi à la différence palpable qui existe ainsi entre lui et nos petits politiciens qui ne voient que leur nombril, leurs intérêts personnels et partisans. Ni Harper, ni Ignatieff ne nous proposent une vision d'avenir pour le Canada, sur le plan politique (un chef d'État élu, un mode de scrutin représentatif, etc.), ni sur le plan économique et international. Tous deux ne voient que les prochaines élections et la garde ou la conquête du pouvoir.

    Harper fait proroger le Parlement pour rester en place, Ignatieff rejette la coalition démocratique et approuve un budget, par calculs politiques, en faisant croire qu'il va contrôler le gouvernement. Et ainsi de suite. Tous deux ne devraient pas tenter d'annexer à leur profit le prestige d'Obama. Ils devraient réfléchir, se demander d'où lui vient l'enthousiasme qu'il suscite, et Gil Courtemanche donne déjàa des pistes, et en tirer des leçons pour sortir des ornières de leur politique politicienne dans laquelle ils s'embourbent et créent ce malaise politique qui se traduit par cette succession de gouvernements minoritaires.
    Gabriel Racle
    Psychopolitique et psychocommunication »

  • Marc Gendron
    Abonné
    samedi 21 février 2009 08h43
    On est ce qu'on est...
    « Si Messieurs Charest et Harper font de la politique comme des imbéciles, c'est qu'ils sont des imbéciles. Et si beaucoup sont incapables de les voir tels qu'ils sont... »

  • Roger barbeau
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h47
    une leçon de democratie
    « le résumé ne rend pas bien le contenu de ce texte;
    j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire; il révèle bien la distinction entre la démocratie et la politique et leurs limites
    j'espère que nos premiers ministres provinciaux et fédéraux devraient lire ce message
    bravo »

  • André Doré
    Abonné
    samedi 21 février 2009 08h47
    Rien de plus vrai...
    « Je me souviens... au début des années 70... Tout le programme du Parti Québécois était imprimé et distribué au début de la campagne. On l'expliquait dans les assemblées de paroisses, dans les cuisines... Le politicien venait rencontrer les électeurs chez eux... Aujourd'hui, il semble que le programme soit souvent improvisé et "dévoilé" au compte-gouttes au fil des sondages... comme si nous étions des imbéciles incapables de lire et de comprendre le programme politique d'un parti. Au début des années 1970, il y avait plusieurs enseignants au Parti Québécois... et ça paraissait... Quand j'entend les politiciens d'aujourd'hui avec leur vocabulaire incompréhensible pour la majorité des gens, et même pour moi, parfois, qui ai pourtant plus de 20 ans de scolarité (!), on se demande en effet sur quelle planète ils vivent. Vive la pédagogie! Vous avez parfaitement raison M. Courtemanche. Pourtant..."Tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément". (Boileau) C'est à croire que les politiciens d'aujourd'hui ne comprennent eux-mêmes à peu rien à ce qu'ils disent... Pitoyable...!!! »

  • Jean Leroux
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 09h04
    Et si Obama parlait contre la séparation du Québec...
    « Je vous félicite monsieur Courtemanche de saluer l'esprit de grand démocrate chez monsieur Obama. En même temps, je vous mets en garde contre tout excès... Si Obama, dans le temps, se prononçait contre la séparation du Québec ... direz-vous encore qu'il est un grand démocrate et pédagogue? Si Obama, dans le temps, fermait les yeux sur la question des droits de la personne en Chine, le direz-vous toujours démocrate? Et quand Obama (par le biais du Congrès démocrate) imposera des mesures protectionistes aux industries québécoises, que direz-vous? J'ai, comme vous, une grande admiration pour cet homme intelligent et progressif mais n'oubliez jamais que les intérêts nationaux des USA ... et ceux du Canada comme pays... passeront toujours avant les petites leçons de démocratie d'un éditorialiste québécois favorable à la séparation du Québec - face à un grand Obama unitaire et solidement derrière un Canada fort et uni. »

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 09h09
    Ma dose hebdomadaire d'air politique frais
    « Merci Monsieur Courtemanche pour votre chronique d'aujourd'hui comme pour toutes vos autres. C'est toujours la première que je lis dans le journal du samedi et, chaque fois, vos propos me font du bien et me redonnent un stimulus pour ne pas baisser les bras et ne pas me laisser aller à désespérer de ce monde plein de bêtise. Nous n'avons pas beaucoup de pouvoir comme individus isolés mais, en partageant nos perceptions, nos espoirs comme nos doutes, nous pouvons tout de même faire plus que des chiens qui aboient... J'ai de l'admiration pour les « coeurs vaillants » comme le vôtre. Continuez de nous éclairer de votre longue expérience des choses humaines et de nous stimuler sans défaillance! »

  • ANDRÉ TAILLON
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 09h26
    Beau parleur, p'tit faiseur
    « Ta beau avoir les deux mains sur le volant, mais quand ton navire n'a pas de gouvernaille tu te dirrige tout droit vers le naufrage. Il y a longtemps que je pense comme vous et je crois que nous les matelot québecois ne vallons plus que le capitaine.La mer politique est mal propre et entraine avec des épaves a tous les 4 ans.

    André Taillon »

  • roger girard
    Abonné
    samedi 21 février 2009 09h31
    La démocratie n'est pas une formule magique
    « Voilà un billet qui nous ramène à des vérités de base. La démocratie, bien que représentant pour nous la forme idéale de gouvernement, sera en définitive ce que nous en ferons concrètement. Elle est soumise aux vicissitudes de l'existence au plan personnel et social. Nous savons bien qu'il ne s'agit pas de crier «Démocratie» pour obtenir de facto des institutions et des responsables politiques vraiment au service de la population. Sans minimiser l'importance des structures organisationnelles et idéologiques, le rôle des individus demeure déterminant, tant celui qui vote que celui qui se destine à une charge publique. Comment assurer que la chose politique soit partagée par le plus grand nombre? Comment faire en sorte que la démocratie donne les fruits espérés dans notre société? Comment faire de la démocratie, non une fin en soi, mais une source d'inspiration et de ténacité face aux problèmes qui nous confrontent aujourd'hui? »

  • Lallier N.p
    Inscrite
    samedi 21 février 2009 09h35
    C'est vrai
    « Obama reviens a la base de Lincoln.Faut pas oublié que Barak Obama est un ancien prof universitaire qui enseignait la constitution américaine »

  • claire dufour
    Abonnée
    samedi 21 février 2009 09h53
    Aux armes dirigeants!!!
    « Voilà ce qui devrait être fait par les premiers ministres Charest et Harper et par tous les politiciens en général. Les armes, c'est le dialogue, les explications avec le bon peuple. Par contre, je ne suis pas certaine que ces mêmes dirigeants aient envie de le faire. Car ce n'est pas dans leur culture politique. Peut-être n'ont ils pas assez soufferts, n'ont-ils pas assez vécu d'évènements malheureux pour avoir de l'empathie et surtout, ce besoin d'expliquer les évènements tels qu'ils sont. Cela demanderait trop de franchise de leur part et ils en sont incapables...
    Merci pour ce bel article M. Courtemanche. Je ne fais que vous répétez (à peu de chose prêt) car je n'amène rien de neuf. Mais l'écrire me fait du bien... »

  • André Lavoie
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 09h54
    Le volant de mon pays.
    « Pour faire de la politique, il faut avoir une histoire et une vision de l'avenir.
    Un nombril surmonté d'une girouette qui n'a d'intérêt que son gousset, ça ne peut pas tenir le volant de mon pays. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 10h18
    @Jacques Morissette
    « Vous n'avez pas écrit sur l'ardoise votre intervention que je viens de lire. Merci pour votre bel écrit Très juste. »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 10h39
    Quand le pouvoir monte à la tête...
    « Vous avez tout à fait raison, nous avons soif de chefs intelligents qui croient assez en la démocratie pour la partager et la faire comprendre.

    Jean Charest n'a jamais fait autre chose que de la politique. Suite à son bac en droit, il a exercé à peine 2 ou 3 ans tout au plus. Ce n'est certes pas un pédagogue et encore moins un éveilleur de consciences. À 50 ans, le pli est pris.

    L'exercice du pouvoir est un puissant aphrodisiaque, un excitant puissant. Une forte proportion de politiciens l'exercent pour leur propre satisfaction, pour le plaisir ultime que peut conférer l'exercice de l'autorité... bien souvent jusqu'à la voyoucratie. Les contre-exemples sont peu nombreux et ne représentent certes pas la majorité. J'ose espérer qu'Obama produira des modèles afin de rendre la pratique du pouvoir un noble exercice. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 21 février 2009 10h49
    Charest et Harper sont bien loin d'êtres des imbéciles !
    « «Comment assurer que la chose politique soit partagée par le plus grand nombre? Comment faire en sorte que la démocratie donne les fruits espérés dans notre société? Comment faire de la démocratie, non une fin en soi...»
    Roger Girard

    En enseignant constamment pour faire réfléchir tout le monde.
    En exigeant de la transparence de nos politiciens.
    En demandant au 4e pouvoir de faire son boulot.
    En favorisant la démocratie participative.



    «Si Messieurs Charest et Harper font de la politique comme des imbéciles, c'est qu'ils sont des imbéciles. Et si beaucoup sont incapables de les voir tels qu'ils sont... »
    Marc Gendron


    Mais non, Monsieur Gendron, Charest et Harper ne font pas de la politique comme des imbéciles, la preuve: ils sont au pouvoir et pire ils s'y maintiennent!

    Charest et Harper sont bien loin d'être des imbéciles!
    Alors qui donc sont les imbéciles?

    Charest et Harper ont-ils été élus?
    Par qui?

    Eh! Oui! Malgré tout le respect que je dois à mes concitoyens, j'ai envie de dire que Charest et Harper dont on connaît clairement leur servitude, ont été élus par... des imbéciles!

    C'est la démocratie.
    C'est notre démocratie.
    Notre démocratie est devenue l'art de réunir le plus grand nombre d'imbéciles.
    Voyez le succès des radios poubelles.
    Voyez le succès de Martineau.
    Voyez l'imbécillité faire tache d'huile!

    C'est désolant!
    Charest et Harper sont très intelligents. Ils savent bien qu'il faille maintenir l'électorat dans l'abrutissement pour continuer de gouverner pour le service des «gens d'affaires». Les gens «des grosses affaires» travaillent sans relâche à mettre la main sur tout ce qui peut leur rapporter, c'est ce qui s'appelle "la privatisation".
    Charest et Harper travaillent main dans la main au service du gros capital privé et nous les citoyens au service de l'économie, nous payons notre essence à .92 avec un baril à 35$ et nous devrons diminuer de salaire pour sauver GM que l'on finance avec nos impôts (parce que eux n'en paient pas beaucoup (ou pas du tout?).

    Charest, Harper, Ignatieff sont bien loin d'être imbéciles. L'entreprise privée qu'on nous présente comme du missionnariat le sait très bien.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Pierre-Paul Roy
    Abonné
    samedi 21 février 2009 11h26
    Pour l'Indépendance de la nation...
    « Que le nouveau Lévesque-Obama se lève et nous parle de l'exigeante et nécessaire indépendance de la nation québécoise. »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 21 février 2009 11h27
    "Nul n'est prophète en son pays"
    « M. Courtemanche nous fait l'apologie de René Lévesque pour mieux nous rappeler qu'il a été honni par son propre parti...au cas où certains l'auraient oublié!

    "Nul n'est prophète en son pays" »

  • Ghislaine Ricard
    Inscrite
    samedi 21 février 2009 13h03
    en réponse à Jean Leroux
    « Quel est le rapport avec la séparation du Québec, c'est vraiment une obsession chez vous...votre esprit critique en prend un coup....du calme et de la lucidité s.v.p. »

  • GERARD LAMONTAGNE
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 13h50
    m Jean Leroux
    « «Si les chiens avaient des scies, ...»j'espère que vous savez le reste. »

  • Bouinot Josianne
    Abonnée
    samedi 21 février 2009 14h01
    Lecon de democratie
    « Si je le pouvais, j ecrirais les memes mots que les votres. »

  • JM
    Abonné
    samedi 21 février 2009 17h13
    Les Charest et Harper ne sont pas des imbéciles, mais quelle ligne directrice suivent-ils?
    « C'est simple, ils suivent tout simplement la ligne directrice des sondages. Et ça, si vous permettez, ce n'est pas ce que j'appelle vraiment des vrais leaders. Le flamme qui leur permet d'avancer est soit idéologique, soit vacille favorablement vers les intérêts des groupes de pressions, des lobbyistes. Bref, ce sont tout bonnement des gestionnaires d'inégalités sociales.

    Peut-on penser que ça fait d'eux des personnes qui ne sont pas tout à fait des imbéciles? Libre à chacun de penser ce qu'il veut de la question. C'est à la démocratie de parler.

    Jacques Morissette (Montréal) »

  • Robert Henri
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 18h52
    Démocratie?
    « L'un à la solde des pétrolières étasuniennes en Alberta et l'autre à celle de l'IEDM. L'un suivant la droite religieuse étasunienne et l'autre sacrifiant nos intérêts sur l'autel du néolibéralisme. Les deux nous obligeant à des campagnes électorales en pleine période d'incertitude économique par pur calcul électoraliste. Vous appelez ça de la démocratie vous? Moi, j'appelle ça de l'opportunisme.

    «Nous sommes prêts!» qu'il disait. Prêts à ne rien faire. Rien n'a été fait pour nous, le monde ordinaire.

    «Il faut avoir deux mains sur le gouvernail»? Pendant la tempête, mieux vaut avoir quatre ou six mains à lutter ensemble contre vents et marée.

    La politique est un des plus nobles métiers mais chez nous, les politiciens le pervertissent en bandits qu'ils sont pqr la voix du mensonge et du vol. »

  • Simon Pelchat
    Inscrit
    dimanche 22 février 2009 15h50
    Un souffle d'espoir
    « Merci M. Courtemanche, on n'entend pas souvent des propos d'espoir. Je rêve de voir nos dirigeants politiques, économiques, sociaux et ainsi que les intellectuels et les artistes se rappeler plus souvent que leur pouvoir d'influence par la parole et leurs actes leur est prêté par nous et qu'ils n'en sont pas les propriétaires mais des locataires. »

  • Jacqueline Bordeleau
    Inscrite
    lundi 23 février 2009 08h48
    Oui, M. René Lévesque faisait appel à notre intelligence
    « Merci M. Courtemanche de me rappeler le grand homme qu'était M. René Lévesque . Il a aidé beaucoup de femmes comme moi à sortir de nos cuisines , il nous a incitées à retourner aux études pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il nous a appris les tenants et aboutissants de la vraie politique. Il nous a appris que nous pouvions changer des choses si nous le voulions vraiment. Je lui en serai éternellement reconnaissante.

    M. Obama lui ressemble beaucoup. Je lui souhaite de réussir à passer son message car les Américains n'y sont pas habitués. Je pense comme vous que la politique est un des plus nobles métiers du monde et cela nonobstant tous les Fernandez du monde qui croient le contraire . Je crois en la politique du miroir: "on voit dans les autres ce que l'on est soi-même ".

    A bon entendeur , salut ! »

  • Jacqueline Bordeleau
    Inscrite
    lundi 23 février 2009 08h48
    Oui, M. René Lévesque faisait appel à notre intelligence
    « Merci M. Courtemanche de me rappeler le grand homme qu'était M. René Lévesque . Il a aidé beaucoup de femmes comme moi à sortir de nos cuisines , il nous a incitées à retourner aux études pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il nous a appris les tenants et aboutissants de la vraie politique. Il nous a appris que nous pouvions changer des choses si nous le voulions vraiment. Je lui en serai éternellement reconnaissante.

    M. Obama lui ressemble beaucoup. Je lui souhaite de réussir à passer son message car les Américains n'y sont pas habitués. Je pense comme vous que la politique est un des plus nobles métiers du monde et cela nonobstant tous les Fernandez du monde qui croient le contraire . Je crois en la politique du miroir: "on voit dans les autres ce que l'on est soi-même ".

    A bon entendeur , salut ! »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mardi 24 février 2009 13h35
    Quelle vérité
    « Monsieur Courtmanche. Votre article donne espoir et permet de croire en un monde meilleur. »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 09h50
    Démocratie ou ploutocratie?
    « Ces PM sont financés par des personnes et des corporations richissimes, qui possèdent dans bien des cas tous les médias et qui, grâce à leur propagande, décident la population à voter pour ce genre de politicien. Le cynisme engendré par ces politiques sans envergure leur sert tout à fait; en ne votant pas, les cyniques contribuent surtout à laisser le pouvoir à ces intérêts financiers. »

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