Retrait canadien du sud de l'Afghanistan - MacKay s'attend à des pressions de l'OTAN et des États-Unis
Photo : Agence France-Presse
Un soldat canadien en patrouille dans la région de Kandahar en juin dernier. Le Canada doit se retirer de ce secteur en 2011, mais pas complètement de l’Afghanistan.
Ottawa — Le gouvernement canadien s'attend à recevoir des pressions de l'OTAN et de son allié américain pour rester en Afghanistan après 2011, a affirmé vendredi le ministre de la Défense, Peter MacKay, dans une entrevue avec Le Devoir à son bureau de l'édifice du centre, sur la colline parlementaire.
Les besoins militaires sont énormes dans le sud de l'Afghanistan, et le retrait du Canada ne se fera pas sans douleur au sein de la coalition internationale, a prévenu le ministre MacKay.
«Quand les besoins sont grands, c'est naturel de se tourner vers les pays qui font un bon travail sur le terrain, qui peuvent offrir l'apport recherché et, surtout, qui sont déjà sur place», a-t-il dit, précisant toutefois qu'Ottawa n'avait pas encore reçu de demande officielle de l'OTAN pour prolonger sa mission, qui doit prendre fin en juillet 2011.
De passage à Ottawa la semaine dernière, le grand patron de l'armée américaine, l'amiral Mike Mullen, a soutenu ne pas avoir discuté d'une possible prolongation de la mission avec le gouvernement canadien. Il a toutefois tenu à préciser que le Canada joue un rôle «essentiel» à ses yeux. «Les États-Unis ne peuvent pas faire le travail [en Afghanistan] sans leurs alliés. Et certainement pas sans leurs frères et soeurs du Canada», avait-il dit.
Le ministre MacKay affirme que la mission en Afghanistan doit se terminer en 2011, tel que cela a été voté par le Parlement. Si un changement de plan survient, les députés devront encore une fois se prononcer. «Il faut respecter notre engagement fait au Parlement. On parle de démocratie à travers le monde, il faut d'abord respecter la nôtre!»
Le Canada ne se retirera toutefois pas complètement de l'Afghanistan en 2011, prédit le ministre. Même si elles ne participent plus aux combats offensifs, les Forces canadiennes pourraient encore avoir sur le terrain des dizaines, voire des centaines de soldats pour entraîner l'Armée nationale afghane et la police locale, en plus de protéger certains sites de reconstruction importants où le Canada est actif.
Combien de soldats pourraient rester sur place? «Je ne veux pas faire de conjectures. Il va y avoir des scénarios élaborés par les Forces canadiennes. Mais nos soldats se concentrent sur la mission actuelle, qui est très importante», dit-il, répétant que tout changement dans la nature de la mission devra d'abord être approuvé par le Parlement.
Une saison difficile
Le ministre de la Défense affirme que le prochain contingent de soldats canadiens, qui partira pour Kandahar en mars et avril prochains, aura de «nombreux défis» devant lui, particulièrement avec l'élection présidentielle afghane prévue fin août. Dans cette rotation de six à neuf mois, près de 1640 soldats proviendront du Québec (sur 2750).
«Kandahar est la province la plus violente du pays. C'est là que les talibans ont commencé, c'est aussi là qu'ils ont le plus d'appuis et de ressources. C'est donc normal que l'insurrection soit violente, particulièrement à l'approche d'une élection. Les talibans vont vouloir faire dérailler le processus démocratique», affirme M. MacKay.
Le travail des soldats canadiens sera d'assurer une certaine stabilité. «Il faut aider les Afghans à exercer leur droit de vote», dit-il.
Des rumeurs en provenance du quartier général de la défense, à Ottawa, laissaient entendre il y a quelques jours que les Forces canadiennes réfléchissaient à la possibilité d'envoyer plus de soldats en août à Kandahar, afin de faire face à cette violence appréhendée. Jusqu'à 1000 soldats de plus pourraient être déployés temporairement, dit-on.
Vendredi, Peter Mackay a démenti cette information. «Il n'y a aucun plan en ce sens. Les Forces canadiennes se préparent toujours à tous les scénarios. Ils font des plans B. C'est leur travail. Mais on n'a pas cette intention pour l'instant.»
Selon lui, l'arrivée massive des soldats américains dans les prochains mois sera suffisante pour assurer la sécurité en période électorale. «On parle de 20 000 à 30 000 soldats des États-Unis. Ça va faire une différence importante. Les soldats du Québec seront les premiers à travailler avec les renforts américains. C'est une période importante sur le terrain.»
Cette aide sera la bienvenue, estime-t-il. «Ça va permettre d'aller de l'avant plus facilement avec l'autre partie de notre mission, soit le développement et la reconstruction. Il faut d'abord de la sécurité pour assurer le développement du pays.»
La tête de l'OTAN?
Concernant les rumeurs qui envoient Peter MacKay à la tête de l'OTAN, en remplacement du secrétaire général actuel, Jaap de Hoop Scheffer, le ministre a fait bien attention pour se garder toutes les portes ouvertes.
«Je travaille de très près avec mes collègues de l'OTAN. J'ai un énorme respect pour le travail du secrétaire général», dit-il prudemment. Mais est-il intéressé? À la question, il répond d'abord par un grand rire, avant de lancer: «J'ai beaucoup de responsabilités en tant que ministre de la Défense. Je vais continuer à faire mon travail. Je suis intéressé à servir mon pays.»
Les besoins militaires sont énormes dans le sud de l'Afghanistan, et le retrait du Canada ne se fera pas sans douleur au sein de la coalition internationale, a prévenu le ministre MacKay.
«Quand les besoins sont grands, c'est naturel de se tourner vers les pays qui font un bon travail sur le terrain, qui peuvent offrir l'apport recherché et, surtout, qui sont déjà sur place», a-t-il dit, précisant toutefois qu'Ottawa n'avait pas encore reçu de demande officielle de l'OTAN pour prolonger sa mission, qui doit prendre fin en juillet 2011.
De passage à Ottawa la semaine dernière, le grand patron de l'armée américaine, l'amiral Mike Mullen, a soutenu ne pas avoir discuté d'une possible prolongation de la mission avec le gouvernement canadien. Il a toutefois tenu à préciser que le Canada joue un rôle «essentiel» à ses yeux. «Les États-Unis ne peuvent pas faire le travail [en Afghanistan] sans leurs alliés. Et certainement pas sans leurs frères et soeurs du Canada», avait-il dit.
Le ministre MacKay affirme que la mission en Afghanistan doit se terminer en 2011, tel que cela a été voté par le Parlement. Si un changement de plan survient, les députés devront encore une fois se prononcer. «Il faut respecter notre engagement fait au Parlement. On parle de démocratie à travers le monde, il faut d'abord respecter la nôtre!»
Le Canada ne se retirera toutefois pas complètement de l'Afghanistan en 2011, prédit le ministre. Même si elles ne participent plus aux combats offensifs, les Forces canadiennes pourraient encore avoir sur le terrain des dizaines, voire des centaines de soldats pour entraîner l'Armée nationale afghane et la police locale, en plus de protéger certains sites de reconstruction importants où le Canada est actif.
Combien de soldats pourraient rester sur place? «Je ne veux pas faire de conjectures. Il va y avoir des scénarios élaborés par les Forces canadiennes. Mais nos soldats se concentrent sur la mission actuelle, qui est très importante», dit-il, répétant que tout changement dans la nature de la mission devra d'abord être approuvé par le Parlement.
Une saison difficile
Le ministre de la Défense affirme que le prochain contingent de soldats canadiens, qui partira pour Kandahar en mars et avril prochains, aura de «nombreux défis» devant lui, particulièrement avec l'élection présidentielle afghane prévue fin août. Dans cette rotation de six à neuf mois, près de 1640 soldats proviendront du Québec (sur 2750).
«Kandahar est la province la plus violente du pays. C'est là que les talibans ont commencé, c'est aussi là qu'ils ont le plus d'appuis et de ressources. C'est donc normal que l'insurrection soit violente, particulièrement à l'approche d'une élection. Les talibans vont vouloir faire dérailler le processus démocratique», affirme M. MacKay.
Le travail des soldats canadiens sera d'assurer une certaine stabilité. «Il faut aider les Afghans à exercer leur droit de vote», dit-il.
Des rumeurs en provenance du quartier général de la défense, à Ottawa, laissaient entendre il y a quelques jours que les Forces canadiennes réfléchissaient à la possibilité d'envoyer plus de soldats en août à Kandahar, afin de faire face à cette violence appréhendée. Jusqu'à 1000 soldats de plus pourraient être déployés temporairement, dit-on.
Vendredi, Peter Mackay a démenti cette information. «Il n'y a aucun plan en ce sens. Les Forces canadiennes se préparent toujours à tous les scénarios. Ils font des plans B. C'est leur travail. Mais on n'a pas cette intention pour l'instant.»
Selon lui, l'arrivée massive des soldats américains dans les prochains mois sera suffisante pour assurer la sécurité en période électorale. «On parle de 20 000 à 30 000 soldats des États-Unis. Ça va faire une différence importante. Les soldats du Québec seront les premiers à travailler avec les renforts américains. C'est une période importante sur le terrain.»
Cette aide sera la bienvenue, estime-t-il. «Ça va permettre d'aller de l'avant plus facilement avec l'autre partie de notre mission, soit le développement et la reconstruction. Il faut d'abord de la sécurité pour assurer le développement du pays.»
La tête de l'OTAN?
Concernant les rumeurs qui envoient Peter MacKay à la tête de l'OTAN, en remplacement du secrétaire général actuel, Jaap de Hoop Scheffer, le ministre a fait bien attention pour se garder toutes les portes ouvertes.
«Je travaille de très près avec mes collègues de l'OTAN. J'ai un énorme respect pour le travail du secrétaire général», dit-il prudemment. Mais est-il intéressé? À la question, il répond d'abord par un grand rire, avant de lancer: «J'ai beaucoup de responsabilités en tant que ministre de la Défense. Je vais continuer à faire mon travail. Je suis intéressé à servir mon pays.»
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