Comparer Obama et Harper? Pourquoi pas...
En novembre, Barack Obama a remporté une victoire électorale épatante, tandis que le premier ministre Stephen Harper a presque perdu son gouvernement. Cependant, quand les deux dirigeants se rencontreront à Ottawa la semaine prochaine, le président arrivera à la suite d'une lutte serrée sur ses mesures pour tenter de relancer l'économie américaine tandis que les propositions de M. Harper seront aisément adoptées.
Comment expliquer cette différence? À l'évidence, on ne peut y voir des effets induits par les différents systèmes parlementaires. Avec son gouvernement minoritaire, M. Harper, tout comme M. Obama d'ailleurs à sa façon, doit chercher l'appui de ses adversaires politiques. Mais, à sa bonne fortune, M. Harper fait face à trois partis qui demandent encore plus de dépenses. Les républicains des États-Unis, en revanche, demandent aujourd'hui de la prudence fiscale — nonobstant leur honteux bilan en la matière. Astucieusement, ils ne visent pas le populaire président et ciblent plutôt les projets des démocrates au Congrès, qui n'ont pourtant rien a voir avec la relance économique.
M. Harper bénéficie également de l'arrivée de Michael Ignatieff comme chef intérimaire des libéraux. Un politicien plus audacieux aurait battu le gouvernement à la première occasion. Bien que M. Ignatieff ait présenté sa décision de soutenir le budget comme la bonne chose à faire pour le Canada, la vérité est que nous aurons autant besoin d'une élection que d'«un trou dans la tête»... jusqu'à ce que les libéraux soient fin prêts pour les urnes.
Les républicains ont choisi de courir plus de risques: ils attendent que M. Obama ne réussisse pas à relancer l'économie. Conscient de l'applicabilité de ce scénario au Canada, M. Ignatieff cherche une façon acceptable de garder sa distance par rapport à un budget qu'il appuie pourtant. On verra dans le futur qui, des libéraux ou des républicains, aura choisi la bonne stratégie. M. Ignatieff a peut-être raison en pensant que le temps joue en sa faveur. N'empêche, en attendant, il a donné le temps à M. Harper de récupérer politiquement ou de convoquer un congrès pour choisir un nouveau chef conservateur.
La semaine dernière, les libéraux semblaient avoir finalement compris les avantages politiques que des milliards en dépenses risquaient de procurer aux conservateurs. Cependant, en suggérant que le gouvernement distribue ses largesses dans les circonscriptions représentées par des conservateurs, les libéraux ont raté la cible: ce sont des comtés que M. Harper a perdus par moins de 5 % qui vont recevoir une attention particulière.
Cette semaine, les conservateurs ont «cédé» aux demandes de l'opposition et ont indiqué qu'ils seront disposés à dépenser plus si nécessaire. On comprend maintenant pourquoi M. Harper traite M. Ignatieff avec une certaine gentillesse!
M. Obama, en revanche, a haussé le ton contre ses adversaires au fur et à mesure que les appuis pour ses mesures de relance se sont effrités. Si l'éventuelle répétition de la défaite du gouvernement Clark de 1979 constituait la perspective cauchemardesque de M. Harper en novembre dernier, M. Obama et ses conseillers, eux, n'auront pas oublié Jimmy Carter. S'il ne gère pas avec finesse la fermeture de la prison à Guantánamo, le président pourrait ranimer le genre de soucis de sécurité nationale qui ont limité M. Carter à un mandat.
Si, la semaine prochaine, M. Obama aborde le cas d'Omar Khadr, accusé d'avoir tué un soldat américain, M. Harper voudra certainement rassurer son prestigieux et populaire visiteur en lui disant que le Canada continuera la coopération affichée par les gouvernements canadiens successifs. Cela dit, aujourd'hui, tout comme vers la fin de la présidence de M. Carter, des deux côtés de la frontière, l'économie éclipse toute autre question, y compris les changements climatiques et l'Afghanistan.
M. Harper recherchera l'appui de M. Obama pour contrer le sentiment protectionniste au Congrès. Mais au-delà des plaidoiries de circonstance, les deux chefs comprennent qu'une relance économique demeure dans leur intérêt mutuel. Ils savent aussi que la coopération des deux pays peut aider à reconstituer la confiance des investisseurs.
Il s'avère tout autant dans leur intérêt politique respectif de présenter un front commun sur la nécessité des mesures de stimulation. M. Harper, dont la réélection a été applaudie par le très conservateur Wall Street Journal, pourrait fournir de la couverture politique à M. Obama contre les attaques républicaines. Finalement, une proche collaboration avec le président pourrait aider M. Harper à contrecarrer les plans des stratèges libéraux, aussi risibles soient-ils, quand ils chercheront à présenter M. Ignatieff comme un agent de changement coulé dans le moule Obama.
Comment expliquer cette différence? À l'évidence, on ne peut y voir des effets induits par les différents systèmes parlementaires. Avec son gouvernement minoritaire, M. Harper, tout comme M. Obama d'ailleurs à sa façon, doit chercher l'appui de ses adversaires politiques. Mais, à sa bonne fortune, M. Harper fait face à trois partis qui demandent encore plus de dépenses. Les républicains des États-Unis, en revanche, demandent aujourd'hui de la prudence fiscale — nonobstant leur honteux bilan en la matière. Astucieusement, ils ne visent pas le populaire président et ciblent plutôt les projets des démocrates au Congrès, qui n'ont pourtant rien a voir avec la relance économique.
M. Harper bénéficie également de l'arrivée de Michael Ignatieff comme chef intérimaire des libéraux. Un politicien plus audacieux aurait battu le gouvernement à la première occasion. Bien que M. Ignatieff ait présenté sa décision de soutenir le budget comme la bonne chose à faire pour le Canada, la vérité est que nous aurons autant besoin d'une élection que d'«un trou dans la tête»... jusqu'à ce que les libéraux soient fin prêts pour les urnes.
Les républicains ont choisi de courir plus de risques: ils attendent que M. Obama ne réussisse pas à relancer l'économie. Conscient de l'applicabilité de ce scénario au Canada, M. Ignatieff cherche une façon acceptable de garder sa distance par rapport à un budget qu'il appuie pourtant. On verra dans le futur qui, des libéraux ou des républicains, aura choisi la bonne stratégie. M. Ignatieff a peut-être raison en pensant que le temps joue en sa faveur. N'empêche, en attendant, il a donné le temps à M. Harper de récupérer politiquement ou de convoquer un congrès pour choisir un nouveau chef conservateur.
La semaine dernière, les libéraux semblaient avoir finalement compris les avantages politiques que des milliards en dépenses risquaient de procurer aux conservateurs. Cependant, en suggérant que le gouvernement distribue ses largesses dans les circonscriptions représentées par des conservateurs, les libéraux ont raté la cible: ce sont des comtés que M. Harper a perdus par moins de 5 % qui vont recevoir une attention particulière.
Cette semaine, les conservateurs ont «cédé» aux demandes de l'opposition et ont indiqué qu'ils seront disposés à dépenser plus si nécessaire. On comprend maintenant pourquoi M. Harper traite M. Ignatieff avec une certaine gentillesse!
M. Obama, en revanche, a haussé le ton contre ses adversaires au fur et à mesure que les appuis pour ses mesures de relance se sont effrités. Si l'éventuelle répétition de la défaite du gouvernement Clark de 1979 constituait la perspective cauchemardesque de M. Harper en novembre dernier, M. Obama et ses conseillers, eux, n'auront pas oublié Jimmy Carter. S'il ne gère pas avec finesse la fermeture de la prison à Guantánamo, le président pourrait ranimer le genre de soucis de sécurité nationale qui ont limité M. Carter à un mandat.
Si, la semaine prochaine, M. Obama aborde le cas d'Omar Khadr, accusé d'avoir tué un soldat américain, M. Harper voudra certainement rassurer son prestigieux et populaire visiteur en lui disant que le Canada continuera la coopération affichée par les gouvernements canadiens successifs. Cela dit, aujourd'hui, tout comme vers la fin de la présidence de M. Carter, des deux côtés de la frontière, l'économie éclipse toute autre question, y compris les changements climatiques et l'Afghanistan.
M. Harper recherchera l'appui de M. Obama pour contrer le sentiment protectionniste au Congrès. Mais au-delà des plaidoiries de circonstance, les deux chefs comprennent qu'une relance économique demeure dans leur intérêt mutuel. Ils savent aussi que la coopération des deux pays peut aider à reconstituer la confiance des investisseurs.
Il s'avère tout autant dans leur intérêt politique respectif de présenter un front commun sur la nécessité des mesures de stimulation. M. Harper, dont la réélection a été applaudie par le très conservateur Wall Street Journal, pourrait fournir de la couverture politique à M. Obama contre les attaques républicaines. Finalement, une proche collaboration avec le président pourrait aider M. Harper à contrecarrer les plans des stratèges libéraux, aussi risibles soient-ils, quand ils chercheront à présenter M. Ignatieff comme un agent de changement coulé dans le moule Obama.
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