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Comparer Obama et Harper? Pourquoi pas...

Norman Spector   12 février 2009  Canada
En novembre, Barack Obama a remporté une victoire électorale épatante, tandis que le premier ministre Stephen Harper a presque perdu son gouvernement. Cependant, quand les deux dirigeants se rencontreront à Ottawa la semaine prochaine, le président arrivera à la suite d'une lutte serrée sur ses mesures pour tenter de relancer l'économie américaine tandis que les propositions de M. Harper seront aisément adoptées.

Comment expliquer cette différence? À l'évidence, on ne peut y voir des effets induits par les différents systèmes parlementaires. Avec son gouvernement minoritaire, M. Harper, tout comme M. Obama d'ailleurs à sa façon, doit chercher l'appui de ses adversaires politiques. Mais, à sa bonne fortune, M. Harper fait face à trois partis qui demandent encore plus de dépenses. Les républicains des États-Unis, en revanche, demandent aujourd'hui de la prudence fiscale — nonobstant leur honteux bilan en la matière. Astucieusement, ils ne visent pas le populaire président et ciblent plutôt les projets des démocrates au Congrès, qui n'ont pourtant rien a voir avec la relance économique.

M. Harper bénéficie également de l'arrivée de Michael Ignatieff comme chef intérimaire des libéraux. Un politicien plus audacieux aurait battu le gouvernement à la première occasion. Bien que M. Ignatieff ait présenté sa décision de soutenir le budget comme la bonne chose à faire pour le Canada, la vérité est que nous aurons autant besoin d'une élection que d'«un trou dans la tête»... jusqu'à ce que les libéraux soient fin prêts pour les urnes.

Les républicains ont choisi de courir plus de risques: ils attendent que M. Obama ne réussisse pas à relancer l'économie. Conscient de l'applicabilité de ce scénario au Canada, M. Ignatieff cherche une façon acceptable de garder sa distance par rapport à un budget qu'il appuie pourtant. On verra dans le futur qui, des libéraux ou des républicains, aura choisi la bonne stratégie. M. Ignatieff a peut-être raison en pensant que le temps joue en sa faveur. N'empêche, en attendant, il a donné le temps à M. Harper de récupérer politiquement ou de convoquer un congrès pour choisir un nouveau chef conservateur.

La semaine dernière, les libéraux semblaient avoir finalement compris les avantages politiques que des milliards en dépenses risquaient de procurer aux conservateurs. Cependant, en suggérant que le gouvernement distribue ses largesses dans les circonscriptions représentées par des conservateurs, les libéraux ont raté la cible: ce sont des comtés que M. Harper a perdus par moins de 5 % qui vont recevoir une attention particulière.

Cette semaine, les conservateurs ont «cédé» aux demandes de l'opposition et ont indiqué qu'ils seront disposés à dépenser plus si nécessaire. On comprend maintenant pourquoi M. Harper traite M. Ignatieff avec une certaine gentillesse!

M. Obama, en revanche, a haussé le ton contre ses adversaires au fur et à mesure que les appuis pour ses mesures de relance se sont effrités. Si l'éventuelle répétition de la défaite du gouvernement Clark de 1979 constituait la perspective cauchemardesque de M. Harper en novembre dernier, M. Obama et ses conseillers, eux, n'auront pas oublié Jimmy Carter. S'il ne gère pas avec finesse la fermeture de la prison à Guantánamo, le président pourrait ranimer le genre de soucis de sécurité nationale qui ont limité M. Carter à un mandat.

Si, la semaine prochaine, M. Obama aborde le cas d'Omar Khadr, accusé d'avoir tué un soldat américain, M. Harper voudra certainement rassurer son prestigieux et populaire visiteur en lui disant que le Canada continuera la coopération affichée par les gouvernements canadiens successifs. Cela dit, aujourd'hui, tout comme vers la fin de la présidence de M. Carter, des deux côtés de la frontière, l'économie éclipse toute autre question, y compris les changements climatiques et l'Afghanistan.

M. Harper recherchera l'appui de M. Obama pour contrer le sentiment protectionniste au Congrès. Mais au-delà des plaidoiries de circonstance, les deux chefs comprennent qu'une relance économique demeure dans leur intérêt mutuel. Ils savent aussi que la coopération des deux pays peut aider à reconstituer la confiance des investisseurs.

Il s'avère tout autant dans leur intérêt politique respectif de présenter un front commun sur la nécessité des mesures de stimulation. M. Harper, dont la réélection a été applaudie par le très conservateur Wall Street Journal, pourrait fournir de la couverture politique à M. Obama contre les attaques républicaines. Finalement, une proche collaboration avec le président pourrait aider M. Harper à contrecarrer les plans des stratèges libéraux, aussi risibles soient-ils, quand ils chercheront à présenter M. Ignatieff comme un agent de changement coulé dans le moule Obama.
 
 
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 04h27
    Obama, Harper et l'église de l'économie
    Plan de "relance":
    Obama: une lutte serrée.
    Harper: aisément adoptées.
    ... Dit-on !

    Vu l'ampleur du problème et vu l'ampleur des mesures envisagées, il serait intéressant que les plans respectifs de Obama et de Harper soient soumis à une consultation populaire (si nous étions en Amérique latine, ces pays totalement totalitaires, nous aurions probablement un référendum sur l'approbation de ces plans). Le pré-référendum serait une période où les exposés pour ou contre devraient être clairement débattus et on laisserait les citoyens décider de ce qui leur paraît le mieux à faire avec leurs taxes et impôts.

    Qui donc aurait à lutter le plus pour faire adopter "son" plan ? Obama ou Harper ?

    Obama et Harper luttent contre qui ?
    Obama et Harper travaillent pour qui ?

    Travaillent-ils tous les deux pour les mêmes intérêts, les mêmes buts ?
    Ont-ils les mêmes adversaires ?

    Wall Street, Bay Street, pour eux, ces génies de la finance, ces sauveurs de l'humanité, pour eux, qui donc est le bon et qui donc est le dangereux ?

    Si Obama et Harper se lancent en campagne électorale, lequel des deux, les «experts» de WallBay Streets choisiront-ils ?


    Comment expliquer que l'un lutte et l'autre agisse à sa guise sans embûche ?
    Sont-ce des effets induits par les différents systèmes parlementaires ?
    Harper et Obama doivent, tous les deux chercher à convaincre leurs adversaires politiques.
    De toutes évidences, Harper n'a pas à convaincre. M. Ignatieff dit: « oui, oui, oui , vas-y mon Stephen, fais comme tu l'entends, moi je vais dire que je te surveille ».

    La dynamique, je devrais dire: la statique canadienne n'est pas la même.
    Ici, les calculs sont politiques, au sud, ils sont plus économiques.
    Ici, nos braves politiciens travaillent en premier pour eux. Ils agissent avec le but d'atteindre ou de conserver le pouvoir. On travaille pour les amis qui peuvent nous y maintenir (au pouvoir). Et les amis savent qui choisir pour servir le mieux leurs propres intérêts.
    Plus au sud, la marionnette présidentielle est au service de la finance. Wall Street décide de ce qui est bon et inacceptable. Les présidents n'ont aucun problème tant que la finance y voit des gains. Au diable la population.
    Là-dessus, les effets induits par les différents systèmes ont les mêmes conséquences: au diable la population. Ceux qui s'occupent vraiment des populations, ce sont des populistes !

    Obama a-t-il la méchante manie de vouloir faire le populiste ?
    Peut-être est-ce à cause de son petit (très petit) côté populiste qu'il doit tant lutter ?
    Qui sait ?

    Au Sud on dit que Obama veut trop dépenser et ici, on dit que les opposants (!) alliés à Harper ne regardent pas à la dépense !

    « ... à sa bonne fortune, M. Harper fait face à trois partis qui demandent encore plus de dépenses. »
    Ah! Bon!

    Trois partis qui demandent encore plus de dépenses... Ici, on se fout de ce qui se passe, on se fout de ce à quoi vont servir les dollars, on ne parle que de dépenses.
    Il me semble que de ne parler que de l'outil sans parler de ce que l'on veut en faire est une bizarrerie étrange. On devrait lâcher le discours de chiffres et parler de misère, de chômage, de pain sur la table, d'infrastructures qui s'écroulent, de biens réels et de choses tangibles.
    Si la banque veut vous saisir votre maison parce que GM vous met à pied parce que vous ne lui rapportez plus assez, le gouvernement doit-il avec votre impôt, payer l'intérêt dû à la banque pour que vous conserviez votre maison et votre hypothèque dans son entier, où si avec le même montant, il vous donne votre balance d'hypothèque pour que vous remboursiez la banque d'un trait afin de conserver votre maison ?
    Quel serait le plan de Harper et de Obama concernant ce problème précis ?
    Les deux agiraient-ils de la même façon ?
    Les deux auraient-ils les mêmes adversaires ?

    Doit-on sauver GM avec des milliards ou tout simplement acheter les installations de GM et démarrer AutoCanada ?
    AutoCanada... voyons! Nous savons bien que seules les entreprises privées savent attirer le génie capable d'innover... surtout en automobile.
    Dire qu'il y a déjà eu des hurluberlus qui rêvaient d'autos québécoises ou de moteurs-roues ! Des fous !

    « La Manic 1969; auto québécoise dont la carrosserie peinte était en fibre de verre et équipée d'un petit mais performant 4cyl. de Renault Gordini, à l'époque c'était la voiture la plus économique d'Amérique.
    Ce fut la seule voiture conçue et entièrement assemblée au Québec, l'industrie automobile et les pétrolières eurent tôt fait d'identifier une menace à leur monopole et ont tout acheté...»
    http://www.partirq.qc.ca/2008a/chef/8071lamanic.ht

    « En 1994, un ambitieux projet de développement de véhicules hybrides voyait le jour au sein de la filiale d'Hydro-Québec, Technologies M4.
    Regroupant génératrice, groupe de traction et moteur-roue, ce modèle prometteur aurait pu relancer l'économie de toute une région avec une valeur pouvant atteindre plusieurs milliards de dollars à l'échelle internationale. Les prototypes étaient déjà à l'essai et les performances pouvaient atteindre celles des puissantes automobiles sport... »
    Malheureusement, en août 1996, la direction d'Hydro-Québec a mis fin au projet de véhicule hybride québécois du Dr Couture.

    http://www.ledevoir.com/2006/09/06/117442.html

    NOS gouvernements travaillent pour qui ?
    NOS gouvernements travaillent-ils pour NOS intérêts ?
    Certaines expériences soulèvent des interrogations.
    Au Venezuela, on paie l'essence 8 sous le litre (0.08 / L).
    Au Canada, les sables bitumineux renferment autant de pétrole que l'embouchure de l'Orénoque. Si nous avions conservé Pétro Canada, combien payerions-nous notre essence ?
    Bah! Sûrement pas 0.08/L. On payerait le même prix, vous me dites.
    C'est bien possible, par contre, où donc iraient les faramineux profits?
    Hein! Comme dirait l'autre, je vous le demande ?



    Les missionnaires du privé. Les pauvres de GM ont de gros ennuis...
    Les pauvres des Banques ont de gros ennuis...
    Les pauvres de Rio Tinto (Alcan) ont de gros ennuis...
    Abbitibi Bowater a de gros ennuis...
    Bell a de gros ennuis...
    Air Canada a de gros ennuis...
    Pétro Canada a de gros ennuis...

    Ils ont tous de gros ennuis, ils doivent tous nous mettre à pied, ils doivent réduire nos salaires, ils doivent éliminer les syndicats, ils doivent "rationaliser"! Leur survie... euh! je veux dire «notre» survie en dépend... nous dit-on!
    Ils ont tous besoins de faramineuses subventions, de coupures totales d'impôts, les missionnaires ont besoin d'aide.
    NOUS devons les aider.

    Ici, c'est un NOUS inclusif, c'est un NOUS qui signifie le gouvernement, NOS gouvernements qui NOUS représentent et qui travaillent pour NOUS... enfin... qui normalement devraient travailler pour nous.

    GM a des ennuis, pleurons à chaudes larmes mes amis. Vous souvenez-vous lorsque GM, il n'y a pas si longtemps, faisait des profits époustouflants, vous souvenez-vous de leur générosité pour l'impôt. Les patrons, ces bienfaiteurs, ont limité leur salaire et ont décidé, grâce à leur sens social élevé, de payer plus d'impôts pour financer nos routes et nos hôpitaux. Eh oui! Vous souvenez-vous ils s'étaient limités à 500 000 $ de salaire annuel. Bien sûr c'est encore beaucoup, mais au moins ils ont eu cette petite pensée pour leurs humbles salariés qui n'avaient pas les moyens de se payer de bons soins de santé.

    Mais, voyons... qu'est-ce que j'écris?
    Excusez-moi, à cause de mon insomnie, je rêve en écrivant comme si je dormais à poings fermés du sommeil du juste!

    Mais revenons-en à pourquoi Harper passe les choses comme du beurre dans la poêle alors que Obama lutte comme un diable dans l'eau bénite ?
    Je me le demande!

    Finalement, Obama ou Harper, on s'en fout. Il faut commencer par nous ouvrir un peu les yeux et investir dans NOTRE société pour NOS besoins. Il faut commencé par se donner un gouvernement qui sera NOTRE gouvernement, pas celui de Bay Street, de GM ou de Rio Tinto Bowater.

    Un autre monde est possible. Un monde où l'on parle de faim, de pain et de beurre. Un monde où l'on parle de misère, de route et de ponts. Un monde où l'on parle d'air pur, de forêts en santé et d'eau claire. Un monde où l'on parle de vie et de bien-être. Un monde où l'on cesse de ne voir que l'économie. À force de parler de cet outil, on oublie ce qu'est la vie, la matière première, l'intelligence, la création, la culture, l'entraide, l'amitié, l'amour et la philosophie. À force de parler de chiffres, on perd la réalité de vue et on oublie de respirer. Notre cerveau étouffe, nous sommes asphyxiés.

    L'économie est un outil et non une finalité.

    Il est temps de changer de monde.


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Bon, je vais jeter un coup d'oeil au nouveau livre de Hervé Kempf:
    « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    jeudi 12 février 2009 05h08
    Calculs politiques
    Ce qui se dégage à l'évidence de la démonstration que nous propose Norman Spector, c'est la grande différence qui existe entre nos deux politiciens chefs de file, Harper et Ignatieff, et Barack Obama.

    Nos deux petits politiciens font des calculs politiques et cherchent les moyens, l'un d'obtenir une majorité lors des prochaines élections, l'autre de regagner le pouvoir perdu. Comme je l'ai montré dans une précédente analyse. Ignatieff a raté une belle occasion avec ses petits calculs politiques, l'autre Harper, joue maintenant sur du velours.

    Dans les deux cas, ces politiciens manquent de classe et d'envergure et ne proposent rien pour le Canada. C'est la grande différence avec Obama, qui a une vision d'avenir pour les États-Unis, qui apporte un vent de changement et le changement, c'est normal, suscite des résistances. Mais les résistances sont la preuve du changement. Alors, pas de comparaison entre Obama et nos politiciens au petit pied, de grâce, elle est impossible. On ne compare pas le vide avec la réalité.

    Faut-il le souligner encore une fois, si aux États-Unis c'est la démocratie qui a gagné, ici au Canada, c'est elle qui a perdu. Et la grande erreur commise par M. Ignatieff en approuvant le budget conservateur en est la preuve, tout en démontrant ses petits calculs et combien il est loin de ressembler à Obama. Si l'om regarde les choses d'un peu plus haut, on s'aperçoit alors que la grand perdante de la crise politique fédérale qui a débouché sur l'approbation du budget, c'est une ouverture politique nouvelle. Autrement dit, la grande perdante de la crise, c'est la démocratie, au sens profond du terme. Ou, en sens contraire, c'est la porte ouverte à un système partisan, un retour aux vieilles pratiques au lieu d'un changement novateur.

    Si l'on ajoute l'abandon d'une modification de la Loi de l'impôt destinée à lutter contre l'évitement fiscal, qui a pris la forme d'un court paragraphe passé inaperçu dans le budget de Jim Flaherty, on voit que le système partisan a bien été remis en selle par M. Ignatieff, au lieu d'ouvrir la porte au changement démocratique si nécessaire, qu'il avait l'occasion de faire. Et cette protection des paradis fiscaux est précisé,ent remise en question par l'OMC.

    Le directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy a estimé que la régulation des paradis fiscaux, sous la forme d'un « traité multilatéral », était indispensable dans le cadre d'une régulation internationale du système financier. « A titre personnel, je pense effectivement que si on veut une vraie régulation internationale du système financier, on n'échappe pas à la régulation des paradis fiscaux », a-t-il déclaré dans une émission Internationales diffusée sur TV5 Monde le 8 février dernier. Qu'en pense Ignatieff qui a approuvé le texte conservateur?

    La succession de gouvernements minoritaires que nous connaissons à Ottawa trahit un malaise de l'électorat, qui est alimenté, entretenu par le mode de scrutin en cours, qui n'assure pas une représentation convenable de l'expression électorale à la Chambre des communes, et entraîne une large abstention.

    Deux rapports sont particulièrement éclairants à ce sujet et méritent d'être tirés de l'oubli. L'un est celui d'Élections Canada intitulé: Pourquoi la participation décline aux élections fédérales canadiennes : un nouveau sondage des non-votants, préparé par deux universitaires de l'Université Carleton d'Ottawa et de l'Université de Toronto. L'autre est Un vote qui compte : la réforme électorale au Canada, de la Commission du droit du Canada. Tous deux soulignent «un malaise démocratique » et, pour la Commission «le système électoral actuel ne tient pas compte des valeurs démocratiques canadiennes du XXIe siècle.»

    Or, la mise en place d'un gouvernent de coalition envisagé en décembre dernier suscitait beaucoup d'espoir dans plusieurs milieux, l'espoir d'un changement, qui allait faire sortir la politique fédérale des ornières dans lesquelles elle s'embourbe depuis un certain temps, et donner au gouvernement fédéral une représentation démocratique. En effet, le parti conservateur n'a obtenu aux dernières élections que 37,63 % des voix exprimées par 59, 1 % des électeurs, ce qui lui donne une représentation très minoritaire de l'électorat. Les libéraux avec 26,24 % des voix et le NPD avec 18,20 % représentent à eux deux une plus forte proportion de l'électorat.

    Autrement dit, les électeurs n'ont pas élu un gouvernement conservateur. Celui-ci s'est installé en vertu d'une tradition, sans plus. Mais si libéraux et NPD s'étaient entendus pour former une coalition dès la campagne électorale, ils pouvaient former un gouvernement, avec l'appui du Bloc. Or, c'est ce que la coalition voulait faire, fort légitimement, comme le montre le texte des 35 experts en droit constitutionnel intitulé «Le Parement est roi!» (Le Devoir, 26 janvier 2009)
    Un gouvernement de coalition représenterait une conception nouvelle de la vie politique fédérale, en assurant une représentation plus démocratique de la population, en attendant de modifier le mode de scrutin, comme l'a fait par exemple, il n'y a pas si longtemps la Nouvelle-Zélande, dotée pourtant du système parlementaire britannique.

    On pouvait attendre de M. Ignatieff, qui n'a jamais été chef de parti, qui n'a participé à un gouvernement, qu'il apporte cette nouvelle vision politique qui unit des forces politiques convergentes dans l'intérêt d'un pays.

    Mais M. Ignatieff a préféré, par calcul politique, s'enfermer dans le cercle de la petite politique traditionnelle sans vision. Il a fait un calcul politique plutôt que budgétaire, à savoir accroître la popularité du parti libéral, qui remontait dans les sondages, et remporter les prochaines élections en devenant Premier ministre. À ce moment-là, il n'aurait plus besoin de «s'encombrer» du NPD, ni du soutien du Bloc, s'il devenait majoritaire. Mais il a perdu une belle occasion de faire preuve de leadership et d'initiative en devenant premier ministre d'un gouvernement de coalition. La lettre des experts constitutionalistes montre que «si des élections ont eu lieu relativement récemment (les avis varient entre six et neuf mois), [la gouverneure] peut inviter le chef d'un autre parti à tenter de former un gouvernement qui saura jouir de la confiance de la Chambre des communes ».

    Dans Le Devoir du 31 janvier, Alec Castonguay posait la question: «Qui sort victorieux de la crise politique?». La réponse est: personne. En fait, il faudrait poser la question autrement: «Qui a perdu lors de la crise politique?» La réponse est: une véritable démocratie politique canadienne. Une occasion perdue qui ne se représentera pas de si tôt, à moins que ne changent les moeurs des partis politiques et que l'intérêt national passe avant leur intérêt personnel et partisan. Vraiment, pas de comparaison entre Obama et nos politiciens qui ne voient que leur nombril.

  • Pierre Girard
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 06h56
    Obama, Harper, Ignatieff ne feront que nous enfoncer davantage. C'est prévu.
    Quoiqu'on en dise, ces trois chefs ne sont que des pions de ce qui est prévu par ceux qui dominent ce monde en secret. Bien que d'apparence politique, le fond du problème est spirituel.

    « Des spéculateurs savaient avant les événements du 11 septembre 2001, ils ont fait des milliards. En 1929, les économistes niaient la crise. C'est juste en 1933 qu'ils ont commencé à parler de d'une dépression. Les effondrements ne sont pas dus à des mécanismes de marché, ils sont programmés, planifiés. Les remontées sont planifiées, mais aussi les baisses. Ils misent sur les mouvements de la bourse plutôt que sur les transactions. » ( Michel Chossudovsky à la conférence du 27 novembre 2008 à Montréal dans un segment de 6.43 minutes est maintenant disponible sur : http://www.pierregirard.ca/Chossudovsky/index.htm# )

    Quant à moi personnellement, je vais plus loin que Michel sur ce terrain, bien que je suis certain qu'il en sait beaucoup plus qu'il en dit.

    J'ai la certitude que nous avons affaire à des forces occultes qui manipulent tout ça dans l'ombre. Pourquoi? Parce qu'ils sont ce que nous appelons le diable ou Satan depuis fort longtemps et leur but est la domination totale de ce monde et de nous considérer comme du bétail, ce qu'ils réussissent déjà fort bien d'ailleurs. Juste à voir comment ils se foutent de nous en cherchant à nous appauvrir toujours plus de jour en jour.

    Le problème de la masse et de la plupart de nos dirigeants, scientifiques, éducateurs, intellectuels et j'en passe, vient du fait de la difficulté d'imaginer que cela pourrait être la réalité. Notre conscience éveillée ne peut voir que ce que nous voulons et concevons. C'est difficile d'imaginer que nous ne sommes pas gérés par des personnes de bien. C'est plus facile de penser qu'ils font tout leur possible pour que ce monde s'améliore. Mais ce n'est pas le cas. La raison n'est pas parce que qu'ils sont tous de mauvaises personnes. C'est plus subtil que cela.

    Il faut comprendre le fonctionnement des mécanismes de la pensée... de la psyché pour saisir comment cela se passe. Ce n'est pas très compliqué en fait. Ces êtres maléfiques humains et extranéens, en plus de contrôler nos institutions et nos banques, savent que la pensée est quelque chose de vivant et ils utilisent cette méconnaissance et nos réticences que nous avons de cela pour nous subjuguer.
    Nous pouvons tous sans exception faire quelque chose de significatif pour changer l'état actuel des choses - faire cesser ces guerres, ces inégalités sociales, vivre dans la paix. Nous devons juste comprendre qui nous sommes chacun de nous individuellement, saisir que personne d'entre nous n'est pas sans valeur. Ce n'est pas une affaire de sentimentalité, c'est une question de savoir le pouvoir que chacun de nous détenons individuellement, et que ce pouvoir potentiel est tout à fait réel et qu'il peut, simplement en sachant sa réalité et sa puissance, changer du tout au tout l'ordre dit naturel des choses.

    Ces entitées malfaisants, qui en arrière-plan, mènent ce monde, font tout pour que nous ne réalisions pas qui nous sommes en tant que potentiel spirituel. Ils savent que si nous découvrons qui nous sommes, qu'ils ne pourront plus nous abaisser, amoindrir, posséder, subjuguer, se jouer de nous en se servant de presque tout ce qui nous entoure. Je ne parle pas de religion, car ils contrôlent toutes les religions institutionnalisées, en plus de tous les corps politiques.
    Chaque fois que quiconque « pense » à quelque chose, ou à quelqu'un, cela agit en fonction de la force de cette pensée et de la force du sujet de la pensée. Ce n'est pas bien compliqué. La pensée c'est quelque chose de vivant. Si je suis en couple et que je hais ma conjointe, sa vie s'en ressentira même si elle n'en est pas consciente, et cela change sa vie. C'est la même chose pour tout ce que nous pensons que nous ne pouvons pas contrôler. Être spirituel et avoir le pouvoir d'agir n'a pas de rapport avec des religions ou tous doivent adhérer un une pensée commune unifiée, la plupart du temps sectaire. Être spirituel c'est de savoir que nous sommes tous individuellement une force qui peut agir en toute circonstance.

    Je ne crois plus grand-chose à propos des religions institutionnalisées, ni des croyances qui cherchent à nous faire croire que nous sommes tous des dieux individuellement non plus, ni aux enseignements qui nous limitent autour de supposés chakras (comme Davis Icke), qui, au bout du compte, équivalent à des religions de plus. Pour ce qui est de la religion adoptée pas les sceptiques, elle m'apparait l'une des pires. Au moins dans la plupart des autres religions, il y a toujours le facteur de la foi qui agit au premier plan. Les sceptiques ne croient en absolument rien sinon en leur intellect limité et leur ego sectaire, et, le pire, c'est qu'ils s'en prennent à toutes les religions et n'ont de but que de les éliminer.

    Nous avons juste à prendre conscience que nous ne sommes par rien, de réaliser que le diable... Satan existe et que ce que nous voyons de terrible au quotidien sur ce monde est son visage, et, de savoir que nos pensées et nos désirs change les choses ou les laisse continuer de nous dominer si nous n'avons pas compris la force et la substance de notre psyché, de notre pensée. Cela aura pour effet de contrer les circuits de pensée dévastateurs qui minent nos vies et notre monde au quotidien.

    pierre girard
    www.pierregirard.ca

  • Mathieu Tremblay
    Inscrit
    jeudi 12 février 2009 07h02
    Comparer l'incomparable...
    "À l'évidence, on ne peut y voir des effets induits par les différents systèmes parlementaires. Avec son gouvernement minoritaire, M. Harper, tout comme M. Obama d'ailleurs à sa façon, doit chercher l'appui de ses adversaires politiques"... N'importe quoi... Quand une rebuffade signifie de retourner devant les urnes, le jeu politique ne peut tout simplement pas être comparé. À l'évidence les effets induits par les différents systèmes parlementaires expliquent très bien pourquoi la situation minoritaire de Harper est n'a rien à voir avec la situation minoritaire (ou pas majoritaire absolue) dans laquelle se trouve Barack Obama...

    Comme d'habitude, M. Spector, vous simplifiez la réalité aux limites de la distorsion...

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    jeudi 12 février 2009 08h56
    Pourquoi ne pas parler de la troisième voie?
    M.Ignatieff aurait pu innover et choisir une coalition avec le NPD qui, quoique controversée, aurait été plus représentative de l'électorat et plus à même de préconiser des politiques pour faire face à la crise. Maintenant, pour cacher sa couardise, il essaie de noyer le poisson en disant ne pas vouloir de coalition avec le Bloc, ce dont il n'a JAMAIS été questrion. M.Ignatieff commence bien mal en choisissant son intérêt politique plutôt que celui des canadiens....

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 10h03
    À Monsieur Charbonneau
    Je souscris et au message et à l'ironie qui le porte. Et comme vous j'essaie de m'accrocher à l'image d'un autre monde où le capital ne règlera la vie de tous et chacun, y compris celle des capitalistes.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Frederic Fradette
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 11h27
    la troisième voie
    L'idée de la coalition a peut-être fait allumer certain électeurs sur le rôle que pourrait jouer le NPD dans le futur politique du Canada et ainsi donner le goût à ces électeurs de donner plus de députés au NPD. La prochaine élection fédérale pourrait être plus serré qu'on ne le croit si on avait une véritable course à trois qui n'est pas impossible.

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 11h37
    Heureusement les 2 veulent l'Ontario
    Sinon on était foutu. Ignatieff et Harper on jeté la serviette sur le Québec. Pour le moment, on ne vaut pas un pet de lapin grâce à notre dissidence séparatiste.
    Nous sommes destinés à croupir dans la fange du cul de basse fosse économique du Canada pour quelque temps encore. C'est notre place tant que nous continueront à voter Bloc, je ne suis pas résigné, mais qui voudrait aider quelqu'un qui, en remerciement va vous planter un couteau dans le dos (le Bloc alias PQ)?
    C'est la démocratie, vivons avec. Harper est pas brillant de faire voir son aversion envers nous encore moins l'Ignatieff de nous ch... sur la tête dès son arrivée.
    Mais les 2 vivent sur du temps emprunté comme dirait l'autre.
    Comparons et avant même d'entrer dans les détails nous voyons qu'il n'y a rien à comparer.
    Déjà Obama n'a pas 40% de la population des états qui veut l'indépendance. Donc conjoncture légèrement différente.
    En plus le système permet au parti en place de se faire entendre à défaut d'écouter. Ici situation minoritaire oblige, le parti en place doit fournir le pot de vaseline s'il ne veut pas que ça fasse trop mal. Dès lors, une comparaison Harper/Obama tient plus de la fiction que de la logique politique selon moi. De plus, penser que 2 chefs d'état dont le pays est dans la m....jusqu'aux oreilles vont prendre sur les 15 minutes qu'ils se sont octroyées, du temps pour débattre d'un sujet (Omar Kadhr) que des années de «négos» n'ont pas fait avancer d'un pouce me parait friser la folie douce.
    Si cela est, ce sera pour «avoir l'air».
    Bref, j'attends pour voir.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 15h38
    Dissertation de fin de secondaire
    S'il s'agissait d'une dissertation de fin du secondaire, j'accorderais la note de passage à Monsieur Spector. Il a en effet réussi à porter sur les incohérences mais son texte a la longueur normale d'une chronique.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Christopher Lackey
    Abonné
    jeudi 12 février 2009 17h02
    Un stratégiste conservateur chez Le Devoir
    "aisément adoptées", "les libéraux ont raté la cible", "pourrait aider M. Harper à contrecarrer les plans des stratèges libéraux", "N'empêche, en attendant, il a donné le temps à M. Harper de récupérer politiquement". C'est très gentil de la part du Devoir de laisser une place à un des porte-paroles dans nos médias nationales de Stephen Harper. Je suis très content M. Spector que M. Harper pourrait toujours compter sur vous pour lui sountenir ,parce qu'évidemment vous êtes la seule personne qui fait autant de calculs méticuleux sur les chances et la popularité du parti conservateur, ainsi que les gaffes et propos des autres partis que lui. Il devrait vous embaucher en tant que conseiller! Un peu plus de contenu et analyse et un peu moins de stratégie conservatrice dans vos articles si vous décidez de rester chroniqueur par exemple. Je lis ce journal pour en échapper.

    Merci!
    Christopher Lackey,
    Toronto, ON

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