Le projet de souveraineté expliqué à Sarkozy
Insultés par les propos du président français, Marois et Duceppe lui écrivent pour corriger ses jugements
Photo : Jacques Nadeau
Pauline Marois et Gilles Duceppe
Les chefs des deux partis indépendantistes du Québec ont écrit à Nicolas Sarkozy pour tenter de corriger sa vison de leur mouvement politique, associé à du «sectarisme» par le président de la France.
Dans la lettre dévoilée hier matin aux médias, la chef péquiste et le chef du Bloc québécois écrivent: «Nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d'État étranger n'a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se dont prononcés pour la souveraineté.» Ils ajoutent: «Aucun n'a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.» Pauline Marois et Gilles Duceppe ne réclament pas pour autant d'excuses officielles.
Après avoir parlé d'amour non exclusif entre la France, le Québec et le Canada l'an dernier, le président Sarkozy a matraqué l'option souverainiste cette semaine à Paris à coups de «refus du sectarisme, de la division, de l'enfermement sur soi-même», mais aussi en évoquant le «refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre».
En conférence de presse, Pauline Marois a expliqué que les propos du président avaient «heurté nos convictions les plus profondes dans notre projet de souveraineté». Elle était accompagnée de Gilles Duceppe, qui a jouté qu'au fil de ses nombreuses rencontres avec des diplomates ou des leaders étrangers, il n'avait «jamais entendu un seul d'entre eux dénigrer les souverainistes de cette façon».
Leur lettre de quatre pages a été envoyée avant-hier à l'ambassade de France d'Ottawa et au consulat de la France à Québec. Gilles Duceppe a précisé qu'il n'attendait aucune réponse ni même un accusé de réception.
Le texte défend longuement l'idée que «les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s'ouvrir au monde». Il balaie aussi l'idée d'un souverainisme perclus de ressentiments, bâti sur la haine du Canada. «Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population, écrit le tandem. Nous pensons que l'indépendance du Québec mettrait un terme aux rancoeurs et aux débats épuisants qui jalonnent l'histoire de notre présence dans le Canada.»
Le ministre libéral provincial Raymond Bachand, un ancien souverainiste, a voulu donner en partie raison à la lecture de Nicolas Sarkozy en avançant qu'il y avait «deux branches» au Parti québécois, celle des «lévesquistes ouverts sur le monde et tolérants» et celle des «autres» enfermés dans leurs positions revanchardes et rétrogrades. Mme Marois a répliqué que M. Bachand ne connaissait visiblement pas le mouvement souverainiste actuel.
Elle a aussi balayé l'idée que les traits assassins, en provenance du principal allié étranger potentiel des souverainistes, sapent des décennies d'efforts de reconnaissance internationale de son mouvement. «Ce qui fait mal dans les propos de M. Sarkozy, c'est qu'ils sont faux, a avancé Mme Marois. Nous ne sommes pas sectaires, nous ne détestons pas le Canada. Au contraire, la souveraineté permettrait de vivre dans une meilleure harmonie.»
De même, Gilles Duceppe refuse de croire que les sondages donnent raison à M. Sarkozy puisqu'une majorité de Québécois refuse son option. Il repousse même l'argument voulant que le contexte de crise actuelle (guerre au Moyen-Orient, effondrement du capitalisme financier, récession...) pousse la population à une forme de conservatisme constitutionnel.
«En quoi la souveraineté serait-elle une chose extraordinaire pour le Canada ou la France, mais si mauvaise pour le Québec? dit-il. Je pense qu'à l'époque de la mondialisation où les frontières politiques n'épousent plus les frontières économiques, l'importance d'avoir un outil comme un État pour défendre l'identité nationale s'avère d'autant plus grande.»
Le premier ministre canadien, Stephen Harper, n'a pas raté l'occasion de la période des questions pour reprocher au chef du Bloc québécois son «sectarisme», son «intolérance» et son «idéologie sectaire». «Le chef du Bloc fait à nouveau preuve d'intolérance envers ceux et celles qui ont une opinion différente de la sienne, a affirmé Stephen Harper devant la Chambre des communes. Le chef du Bloc insulte le président de la France ainsi que les députés du Québec en cette Chambre. [...] Il oublie toujours qu'une des valeurs québécoises fondamentales est le respect des opinions des autres.»
Le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, a aussi volé au secours de Nicolas Sarkozy. «C'est un chef d'État, c'est M. Sarkozy, comme président français, qui a dit son opinion, qui a le droit à son opinion et il n'y a pas lieu de se plaindre comme [le fait] M. Duceppe. [...] Le monde selon Gilles, ça devient tannant», a lancé Christian Paradis.
Dans la lettre dévoilée hier matin aux médias, la chef péquiste et le chef du Bloc québécois écrivent: «Nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d'État étranger n'a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se dont prononcés pour la souveraineté.» Ils ajoutent: «Aucun n'a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.» Pauline Marois et Gilles Duceppe ne réclament pas pour autant d'excuses officielles.
Après avoir parlé d'amour non exclusif entre la France, le Québec et le Canada l'an dernier, le président Sarkozy a matraqué l'option souverainiste cette semaine à Paris à coups de «refus du sectarisme, de la division, de l'enfermement sur soi-même», mais aussi en évoquant le «refus de définir son identité par opposition féroce à l'autre».
En conférence de presse, Pauline Marois a expliqué que les propos du président avaient «heurté nos convictions les plus profondes dans notre projet de souveraineté». Elle était accompagnée de Gilles Duceppe, qui a jouté qu'au fil de ses nombreuses rencontres avec des diplomates ou des leaders étrangers, il n'avait «jamais entendu un seul d'entre eux dénigrer les souverainistes de cette façon».
Leur lettre de quatre pages a été envoyée avant-hier à l'ambassade de France d'Ottawa et au consulat de la France à Québec. Gilles Duceppe a précisé qu'il n'attendait aucune réponse ni même un accusé de réception.
Le texte défend longuement l'idée que «les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s'ouvrir au monde». Il balaie aussi l'idée d'un souverainisme perclus de ressentiments, bâti sur la haine du Canada. «Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population, écrit le tandem. Nous pensons que l'indépendance du Québec mettrait un terme aux rancoeurs et aux débats épuisants qui jalonnent l'histoire de notre présence dans le Canada.»
Le ministre libéral provincial Raymond Bachand, un ancien souverainiste, a voulu donner en partie raison à la lecture de Nicolas Sarkozy en avançant qu'il y avait «deux branches» au Parti québécois, celle des «lévesquistes ouverts sur le monde et tolérants» et celle des «autres» enfermés dans leurs positions revanchardes et rétrogrades. Mme Marois a répliqué que M. Bachand ne connaissait visiblement pas le mouvement souverainiste actuel.
Elle a aussi balayé l'idée que les traits assassins, en provenance du principal allié étranger potentiel des souverainistes, sapent des décennies d'efforts de reconnaissance internationale de son mouvement. «Ce qui fait mal dans les propos de M. Sarkozy, c'est qu'ils sont faux, a avancé Mme Marois. Nous ne sommes pas sectaires, nous ne détestons pas le Canada. Au contraire, la souveraineté permettrait de vivre dans une meilleure harmonie.»
De même, Gilles Duceppe refuse de croire que les sondages donnent raison à M. Sarkozy puisqu'une majorité de Québécois refuse son option. Il repousse même l'argument voulant que le contexte de crise actuelle (guerre au Moyen-Orient, effondrement du capitalisme financier, récession...) pousse la population à une forme de conservatisme constitutionnel.
«En quoi la souveraineté serait-elle une chose extraordinaire pour le Canada ou la France, mais si mauvaise pour le Québec? dit-il. Je pense qu'à l'époque de la mondialisation où les frontières politiques n'épousent plus les frontières économiques, l'importance d'avoir un outil comme un État pour défendre l'identité nationale s'avère d'autant plus grande.»
Le premier ministre canadien, Stephen Harper, n'a pas raté l'occasion de la période des questions pour reprocher au chef du Bloc québécois son «sectarisme», son «intolérance» et son «idéologie sectaire». «Le chef du Bloc fait à nouveau preuve d'intolérance envers ceux et celles qui ont une opinion différente de la sienne, a affirmé Stephen Harper devant la Chambre des communes. Le chef du Bloc insulte le président de la France ainsi que les députés du Québec en cette Chambre. [...] Il oublie toujours qu'une des valeurs québécoises fondamentales est le respect des opinions des autres.»
Le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, a aussi volé au secours de Nicolas Sarkozy. «C'est un chef d'État, c'est M. Sarkozy, comme président français, qui a dit son opinion, qui a le droit à son opinion et il n'y a pas lieu de se plaindre comme [le fait] M. Duceppe. [...] Le monde selon Gilles, ça devient tannant», a lancé Christian Paradis.
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