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La médiocrité

Gil Courtemanche   31 janvier 2009  Canada
En écrivant cette chronique, je pense à mes confrères qui malheureusement sont condamnés depuis vingt ans à couvrir la politique canadienne et québécoise. C'est un peu comme regarder couler un long fleuve tranquille, retrouver chaque semaine les mêmes mots, les mêmes redondances. Une sorte de monotonie placide et distraite qui semble dire que nous évoluons en dehors du monde et de ses turbulences.
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  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 05h23
    C'est triste à dire mais votre texte bien écrit et plein d'ironie me fait bien rire.
    En tant que journaliste, vous avez vraiment le sens des responsabilités pour appeler ainsi les choses par leurs noms. Petite parenthèse, je vous lis à toutes les semaines. Je ne suis pas toujours d'accord avec vous.

    Je reviens à votre texte de ce matin. J'aime bien aussi votre position courageuse de ne pas vous faire prendre en photo avec eux. Mon profond souhait serait que vous serviez d'exemple aux autres journalistes. Mais vous savez, de nos jours, presque tout le monde est devenu comptable dans l'âme.

    Jacques Morissette (Montréal)

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 07h05
    Heureusement qu'il y a Gil Courtemanche
    Monsieur Courtemanche fait bien de rappeler les dangers d'appliquer l'idéologie des néo-conservateurs, peu importe leur allégeance réformiste-conservateur, libéral-conservateur ou adéquiste-conservateur. Ces dangeureux extrémistes font un déni de la nécessité de l'État sauf pour le contrôle policier, la fourniture de lucratifs contrats militaires ou pour aider leurs petits amis des grandes pétrolières ou autres. Des dangereux fous qui ont mené la première puissance économique au bord de la ruine. N'est-il pas étrange d'entendre dans les médias tous ces commentateurs économiques nous fournir maintenant des interprétations dans le plus pur keynésianisme alors que cette théorie était qualifiée d'hérésie et de vieilles idées par ces néo-conservateurs. Ceux-ci sont en réalité des rétrogradistes ou arriéristes qui voudraient nous ramener au XIXe siècle.

    Ces néo-conservateurs ont également une idée bien particulière de la démocratie, rien à voir avec celles des philosphes du siècle des lumières. Le pouvoir ne sert qu'à se maintenir en place, peu importe les moyens pour ce faire. Des mensonges de Bush aux revirements budgétaires de Harper aux cachoteries de Charest-Jérôme-Forget en passant par les idioties populistes de l'ADQ, ça donne envie de vomir. Les responsabilités de chef de gouvernement, de quoi parlez-vous donc là ?

    Enfin, toute cette complaisance et cette futilité dans la vie publique canadienne, relayée par paresse et par manque d'envergure par les grands groupes concentrés de médias, n'est jamais dénoncée. C'est donc un baume que de lire M. Courtemanche ce matin. Avec tout cela, le Canada est en train de devenir un pays sans aucune crédibilité sur la scène internationale, un objet de mépris même. Mais il est vrai que quand on n'est jamais sorti du comté de Portneuf, on ne sait même pas que le monde existe. C'est pour cela qu'on invective des femmes qui ont osé vouloir contribuer à l'avancement de l'égalité des chances. C'est pour ça qu'on vote pour des populistes simplistes colonisés qui, si on les arrête pas, détruiront notre société.

  • Tim Yeatman
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 07h59
    Ce qui est vraiment triste...
    Le plus triste dans tout cela, ce n'est pas la médiocrité de nos politiciens, c'est que les Canadiens en soient satisfaits.

    Que j'envie le 29 janvier de la France!

    Johanne Dion,
    sur le courriel de mon conjoint,
    Richelieu, Qc

  • Guy Demers
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 09h34
    Baie Street
    Gil Courtemanche,
    Merci pour votre chronique sous le titre LA MÉDIOCRITÉ dans Le Devoir d'aujourd'hui. Ce que vous ne dites pas et qui est sans doute entre les lignes c'est l'influence de Baie Street sur ce qui arrive à Ottawa. Bien entendu, tout contre une quelconque gauche au pouvoir : "l'horreur, cette coalition". Dès la prise de pouvoir d'Ignatieff c'était cousu de fil blanc. Et on laisse passer cela comme du beurre rance à la poêle ! Même la FTQ n'y voit que son oeuf retourné.
    Aux États Unis, le Président Obama n'a pas la langue de bois sur ces manières du monde des affaires de vouloir contrôler la crise et s'en mettre toujours plus dans les poches.
    Guy Demers, Montréal

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 09h46
    On n'a même plus besoin de se le faire passer.
    Bravo à Monsieur Courtemanche qui nous dresse un portrait clair de notre politique canadienne.

    La médiocrité.

    Il y a la médiocrité de nos politiciens, elle est évidente.
    Cependant, le 4e pouvoir (sic) qui s'est mis en grande partie, au service de nos dirigeants et de nos exploiteurs économiques, ne cesse de nous justifier la médiocrité. Les médias nous expliquent de long en large le pourquoi des dérives et des actes inadmissibles.

    Harper décida de suspendre la démocratie pour sauver sa peau. La population aurait dû sortir dans la rue pour le dénoncer, mais non, pas chez nous, la dinde a décidé d'attendre docilement la suite des choses!

    Eh oui! La médiocrité n'est pas seulement du côté de nos braves (sic sic sic) élus, elle l'est aussi de notre côté.
    Comment a-t-on pu élire ce régime?
    Comment le 4e pouvoir fait pour justifier ces actes en saupoudrant, de temps en temps, de gentilles petites dénonciations?

    Avons-nous les politiciens que l'on mérite?
    Je crois que, malheureusement, oui.

    Des politiciens sans courage, comme ce mollusque à Dion remplacé par un non moins mollusque Ignatieff. Un ignoble calculateur qui se fout des citoyens de son pays.

    Des politiciens sans courage pour une population sans courage.
    Voilà où nous en sommes.

    Aujourd'hui, celui qui semble le plus courageux est celui qui dit ne pas aller voter!
    Faut le faire! On fait l'apologie de ces individus incapables de prendre leur responsabilité et incapables de s'impliquer pour favoriser le changement.

    Les journées d'élections sont vues comme une perte de temps et surtout d'argent!
    Incroyable!
    On parlerait d'un référendum, d'une demande de l'avis de la population (ces moutons qui suivent sans se poser de questions) qu'on dirait que c'est une énorme perte de temps et que le processus de la démocratie n'a pas besoin de ça. Les référendums: des démarches de pays socialistes qui ne connaissent rien à la démocratie!

    Oui, Ignatieff me fait gerber.
    Mais mes concitoyens me choquent autant.
    Comme si le manque de courage était généralisé.
    On se passe le sapin nous-mêmes, on n'a même plus besoin de le faire passer.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Daniel Vézina
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 10h13
    Excellent article M. Courtemanche. :)
    Et le plus aberant dans tout ca ? C'est que durant le "psycho-drame" de Novembre, le reste de ce "beau" pays nous cassait les oreilles en disant que la coalition etait anti-democratique et que cela aurait representé un coup d'etat..!!

    Je crois que la majorite des "Canadians" du ROC ne sont vraiment, mais vraiment pas éduqués politiquement... Allez donc voir un peu dans le sud; Chili, Argentine et autre... Ils pourraient voir ce qu'a été des VRAIS coup d'état.

    Non, lorsqu'enfin, comme vous le mentionnez si bien, on sent un vent de VRAIE démocratie, on se fait couper l'herbe sous le pied par la belle représentante de notre "conquérante".

    En y regardant bien, je crois que le plus triste en fait est que nous serons dans l'histoire, le seul peuple a avoir rejeté 2 fois démocratiquement sa libération. Faut le faire...

    Merci pour votre beaume sur ma plaie politique ce matin. :)

  • Yves Côté
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 10h43
    L'avantage des comptables et des gérants
    L'avantage des comptables et des gérants est d'enlever aux "administrés" le poids des décisions vitales qui les concernent. Un peu comme si cela les lobotomisait...
    Ce n'est pas un avantage pour tout le monde. j'en conviens, mais cela rend passablement service. A qui manque un peu de courage ou de temps pour s'occuper de leur esprit, à qui manque un peu de courage ou de temps pour s'occuper de leurs affaires politiques, en somme, à qui manque un peu de courage ou de temps pour s'occuper à autre chose que de consommer.
    Qu'importe la continuité et le sens des choses lorsqu'on peut s'en mettre plein la gueule de ce qui brille et fait envie ? Qui peut bien encore développer le goût d'être intelligent lorsqu'il est gavé de ces bonheurs immédiats qui s'achètent ?
    Les politiciens sont devenus les salariés d'un système qui nous déresponsabilise collectivement pour mieux nous manipuler. 1984 est dépassée depuis longtemps... La médiocrité de l'esprit est devenue un objectif non seulement avouable, mais oh combien souhaitable pour tous.

  • Élodie Gagné
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 11h05
    Médiocrité et grande déception...
    Votre article m'a bien intéressée, mais c'est la dernière phrase que m'invite à vous écrire. Quelle déception de réaliser que M. Ignatieff a approuvé ce budget, lui qui avait dit qu'il ne le ferait pas à moins que les plus démunis soient protégés. En mettant le gouvernement sous surveillance, il aurait pu exiger une amélioration de l'assurance-emploi pour ceux qui en ont le plus besoin, il aurait pu exiger l'équité salariale, et refuser d'autres qui favorisaient de nouveau les banques et les pétrolières. Je ne devrais plus être aussi naïve, mais j'avais espéré qu'Ignatieff manifesterait quelques unes des qualité du Président Obama.

  • Sonia Trépanier
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 11h30
    Chaque peuple a le gouvernement que se mérite
    N'est-ce pas? Quelqu'un pourrait me dire - preuves à l'appui - que je me trompe?

    Il y avait la mode de condamner tout ce que Stéphane Dion touchait, comme un roi Midas à l'envers... Je ne suis pas un « pour » Dion, mais - pour donner à Caesar son dû - la coalition n'était pas une bonne façon (dehors des sentiers habituels) de faire quelque chose vite et dans l'intérêt du peuple et, comme « dommages collatéraux », s'enlever m. Harper des pattes? On a vraiment de bons stratèges aux commandes....

  • Stéphane Doré
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 12h13
    On a les politiciens qu'on mérite
    Les électeurs canadiens et québécois ne sont pas capable de s'imaginer gouverner autrement que par les vieux partis politiques issus de l'establishment. C'est un peu pathétique.

    Les idées sont dans les nouveaux partis pas dans les vieux. En fait, il serait plus précis de dire que les vieux partis ne véhiculent que des idées avantageant l'establishment. Alors qu'à l'inverse les jeunes partis promeuvent les idées visant les intérêts du monde ordinaire, c'est à dire 95% de la population.

    Je suis à chaque fois abasourdi d'entendre quelqu'un dénigrer ceux qui votent pour Québec Solidaire, le Parti Vert ou même les partis issus de la mouvance chrétienne. Eux, pour qui votent-ils eux même? Libéral, Conservateur? ... les authentiques vieux partis dinosaures dont l'aristocratie se nourrit... ou ADQ, Bloc et Parti Québécois peut être? ... les nouveaux vieux partis qui s'encroutent d'avantage à chaque année; de moins en moins capable de se remettre en question, de se moderniser. Ces nouveaux vieux partis, qui ont déjà représenté le monde ordinaire, mais qui maintenant tentent trop pour se faire mettre au pouvoir de copier les façons de faire et les idées des vieux partis. ...comme si faire différemment impliquait de ne pas savoir diriger!!

    Je me demande si un jour viendra où nous aurons tous collectivement le sentiment d'être gouverner par les bonnes personnes, par des gens de qualité qui méritent vraiment la confiance qu'on a placée en eux en les élisant?

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 13h39
    Ignatieff fait du Stéphane Dion !
    Michael Ignatieff a beau se montrer critique, mais, comme son prédécesseur (Dion), il ne peut se permettre de voter contre le nouveau budget conservateur et, par conséquent, défaire le gouvernement et provoquer de nouvelles élections.

    Premièrement, fatiguée, la population ne veut pas entendre parler encore d'une campagne électorale. Après tout, la plus récente, qui nous a coûté 300 millions $, a eu lieu il y a à peine 3 mois.

    Deuxièmement, le PLC est encore un parti endetté et divisé (certains de ses députés étaient de fervents partisans d'un gouvernement de coalition avec le NPD).

    Troisièmement, même si les libéraux ont un nouveau chef, les sondages, à l'échelle nationale, ne leur sont pas si favorables qu'ils ne l'auraient pensé.

    Finalement, imaginez si Ignatieff votait contre un budget contenant des mesures pour aider l'industrie automobile en Ontario, là où les libéraux veulent faire des gains, bien des électeurs de cette province, s'il y avait une élection, préféreraient alors voter pour les conservateurs !

  • Tim Yeatman
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 17h08
    La médiocrité, et s'y complaire!
    Après que l'establishment du Québec ait forcé une porcherie de 5,800 cochons sur notre ville, la majorité de la population de la municipalité de Richelieu s'est révoltée, en vain. Ni son député, ni aucun des ministres impliqués, ni aucun officiel de la Santé Publique, ni le Protecteur du Citoyen n'ont voulu prendre position. Même notre nouveau maire s'y est résigné.


    "Le monde ordinaire" sont des citoyens de seconde classe vis-à-vis le monopolistique syndicat agricole et les intégrateurs. Et pourtant, durant une manif de la dernière heure contre la porcherie, on m'a reproché d'avoir sorti mon drapeau du Che: j'aurais pu faire peur aux familles qui auraient voulu se joindre à nous! Moi, une dame dans la cinquantaine, au milieu d'une foule faite de mes voisins: mères, pères, enfants, grands-parents, faire peur avec un drapeau!


    Au Québec, on se permet d'en avoir marre, mais pacifiquement! On peut être fâché, mais pas en colère! On peut se révolter, mais gentiment! Où sont nos braves Patriotes?


    Hé bien, on a les politiciens que l'on mérite! On a l'eau, l'air et la nourriture que l'on mérite, aussi! Quand vous serez tannés, dites-le moi. Mon drapeau du Che n'est jamais bien loin...



    Johanne Dion,
    sur le courriel de mon conjoint,
    Richelieu, Qc

  • Yvan Laverdière
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 20h58
    Crise démocratique
    Très juste texte M. Courtemanche. Nous sommes effectivement captifs de cette triste parodie de démocratie. Notre modèle "démocratique", cette fange infecte dont nos politiciens souhaitent pourtant enduire la planète toute entière me désole et me répugne. Pire encore d'imaginer que l'interrupteur de notre lueur de bout de tunnel se retrouve entre les mains d'ignobles et irrespectueux petits politiciens de bas-fond. Je me demande parfois quelle crise est plus dommageable pour notre vie en société : la fameuse crise économique ou la crise démocratique ?

  • Odile Papillon
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 22h58
    Mort rose
    Cela m'étonne qu'un journaliste de votre expérience, éclairé sur le sujet politique au Canada ait encore le coeur d'écrire avec tant d'éloquence. Peut-être ne suis-je pas assez optimiste, mais j'admet que ce que je connais de la politique canadienne et ce que j'en apprends ne fait que susciter chez moi une sorte de dégoût qui m'enlève toute motivation.

  • mhglrnu@gmail.com
    Abonné
    dimanche 1 février 2009 11h26
    l'herbe est-elle plus verte?
    Ici et ailleurs.La politique Américaine plus palpitante non. Européenne sans doute.Ce qui est médiocre ses nos journalistes eux ne voudront jamais cèder sur leur médiocriter.On peut les voirs et les entendres

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 1 février 2009 17h00
    Le gouvernement qu'on mérite...
    C'est un peu facile de répéter qu'on a les gouvernements qu'on mérite pour mieux passer à autre chose, entre autres à l'indifférence. On n'a pas les gouvernements qu'on mérite. Les crottés d'argent en ont décidé autrement. Ils font élire leurs représentants en nous faisant croire que ce sont les nôtres (voir Charest et Verner). Non, on n'a pas les gouvernement qu'on mérite, mais seule une révolution moins tranquille pourrait nous donner ceux que nous méritons. Un parti politique du Québec a pris le nom de Québec solidaire. Peut-être pourrions-nous l'écouter, pour peut-être éviter une révolution pas tranquille du tout.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Chryst
    Abonné
    mardi 3 février 2009 13h24
    Les calculs politiques
    Ceux-ci peuvent sembler très moroses et antidémocratiques par les temps qui courent mais il s'agit peut être seulement du calme avant la tempête. Si les enjeux devenaient plus importants ?

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