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Le budget Flaherty - Avantage aux conservateurs

Bernard Descôteaux   29 janvier 2009  Canada
Mauvais budget que celui déposé par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Les déçus sont nombreux. Certains parce qu'ils n'y trouvent pas les mesures souhaitées. D'autres en raison des orientations davantage tournées vers le passé que vers l'avenir qui ont inspiré ce document. Le gouvernement Harper aurait pu faire mieux.

La logique voudrait que l'on rejette un tel budget s'il est si mauvais, ce que ne fera pourtant pas le Parti libéral malgré les critiques très sévères qu'il porte sur lui. Mieux vaut ce mauvais budget que pas de budget, a conclu son chef, Michael Ignatieff, qui a bien compris qu'il serait vulnérable aux critiques s'il défaisait le gouvernement Harper à l'occasion du vote qui sera pris lundi prochain.

Une défaite du gouvernement retarderait inévitablement l'adoption des mesures de stimulation économique dont le Canada a besoin. De quelques semaines si la gouverneure générale invitait l'opposition à former un gouvernement de coalition. De quelques mois si elle appelait de nouvelles élections.

Dans un cas comme dans l'autre, le Parti libéral se verrait accuser d'être responsable d'une aggravation possible de la crise économique, accusation dont il aurait d'autant plus de difficulté à se défendre que le budget d'un éventuel gouvernement Ignatieff ne serait guère différent, à bien des égards, du budget Flaherty. Probablement aurait-il été mieux ciblé et plus vert. Peut-être n'aurait-il pas accordé des baisses d'impôts aussi généralisées, mais pour le reste, il y aurait eu de nombreuses similitudes puisque le budget conservateur est à bien des égards un budget libéral. Tout ça pour si peu, se serait-il fait dire.

Michael Ignatieff demande à ses députés de voter ce budget sans toutefois chercher à le modifier. Avec l'appui des autres partis d'opposition, il pourrait demander d'en bonifier certains éléments pour, par exemple, élargir l'accès à l'assurance-emploi plutôt qu'allonger de cinq semaines les prestations, comme le propose le gouvernement. Mais le chef libéral ne veut prendre aucun risque. Malgré ce qu'il dit, il ne veut ni devenir inopinément premier ministre demain matin, ni plonger le pays dans de nouvelles élections.

D'un point de vue strictement partisan, la décision du chef libéral est sage. Il n'a pas plus les moyens que Stéphane Dion de braver le gouvernement. Le travail de réorganisation de son parti ne fait que commencer et il a besoin de temps. Comme lui, il se défile, mais il réussit à le faire en affichant une assurance qui faisait défaut à son prédécesseur. Il met le gouvernement en probation en exigeant de lui des comptes périodiques sur la mise en oeuvre des diverses mesures budgétaires. Il assure que le moment venu, il le défera. Reste à savoir si les conservateurs ont vraiment peur du nouveau chef libéral. Pour l'instant, ils ont remporté ce premier affrontement. Comme on le dit au tennis, c'est avantage au gouvernement Harper.
 
 
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  • Jean-Gabriel Lauzier
    Abonné
    jeudi 29 janvier 2009 04h11
    Bla bla.
    Que de partisanneries désopillantes... Au jour où nous sommes, même le gouvernement américain est plus progressiste que le Canada... À quand le vrai changement?

    D'un jeune citoyen dans la vingtaine qui ne croit déjà plus à son droit de vote!

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 29 janvier 2009 11h00
    La profonde déception
    La déception la plus profonde concerne à mon avis le fait que l'électorat n'a aucune prise sur les décisions des belles gueules qu'il a envoyés à la Chambre des Communes. Et l'on s'obstine à parler de démocratie.
    Roland Berger
    St-Thomas, ONtario

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 29 janvier 2009 11h02
    La réalité
    Ce budget est une farce qui a été concoctée par ceux-là même qui sont responsables de la crise économique que l'on vit maintenant et qui ont conseillé le ministre des finances. Il n'y a pas grand chose pour nous, le commun des mortels, la grosse part va aux compagnies et au système financier. Par exemple il y en a pour les pétrolières de l'Alberta pour tenter de rendre l'exploitation des sables bitumineux un peu moins polluante alors que du côté de l'assurance-emploi, on ne fait que rallonger de 5 semaines la durée maximale des prestations... Quant aux réductions d'impôts, elles sont carrément insignifiantes et n'auront aucun effet sur la crise et sur l'économie.

    Dans cette optique, les Libéraux nous montrent leur vrai visage. Ils sont effectivement dans le même lit que les Conservateurs et nous avons maintenant droit à une bien étrange coalition de centre-droit. Ils auraient pu exiger un budget qui aide notre économie à changer de rythme et à aussi changer les mauvaises habitudes des consommateurs en matière financière (mauvaises tendances à emprunter plus que nos moyens le permettent) ou même en matière de changements de comportements en environnement (au lieu de subventionner les fabricants de véhicules que les consommateurs devraient délaisser à cause de leur inutilité et de leur impact trop négatif sur nos ressources on aurait pu encourager la construction de véhicules plus «verts» et économiques pour les consommateurs).

    Dion avait au moins l'avantage d'avoir une certaine vision alors qu'on cherche encore quelle est la vision du nouveau chef libéral si ce n'est de soutenir les Conservateurs... Pas étonnant qu'il ne veuille pas faire face à l'électorat. Avec un budget qui risque beaucoup de ne pas avoir l'effet bénéfique escompté et qui va tous nous plonger, nous, nos enfants et nos petits-enfants, dans un déficit astronomique, on aurait pu s'attendre à plus de leadership de ce nouveau chef.

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 29 janvier 2009 12h54
    Non, oui, et oui
    Je partage tout à fait l'analyse de Pierre Rousseau, et (une fois n'est pas coutûme) celle de Roland Berger. En ce qui concerne Jean-Gabriel Lauzier... et bien, si on est pas socialiste à 20 ans, c'est qu'on a pas de coeur, mais s'il l'est toujours à 40 ans, c'est qu'il n'a pas de tête. En fait cette 'coalition de centre-droit' l'est peut-être dans les 'valeurs sociales' qu'elle prétend défendre avec une touchante et unanime hypocrisie, mais elle est aussi étatiste que les collectivistes dans sa conception du rôle de l'État.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 29 janvier 2009 20h47
    Le prochain sauveur
    Ignatieff attend que les mesures des conservateurs s'avèrent inefficaces pour se présenter à son tour comme le grand sauveur. Et ça marchera, encore une fois.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 30 janvier 2009 16h47
    La voracité des lobbys organisés
    Les syndicats n'y trouvent pas leur compte, les écolos aussi. Les forestièeres n'en ont pas assez et les banques aussi sans oublier les constructeurs automobiles.

    Les salariés veulent diminuer le fardeau des impôts qui grèvent leur paye et les dépendants de l'état-providence en veulent plus.

    Décidément faire plaisir à tout le monde et à sa mère en même temps, c'est difficile...

    Il y a un seul constat, L'État intervient de façon importantre dans l'économie et pousse verds l'avenir la facture qu'il faudra rembourser.

    Avoir gardé ses principes de réduction de l'appareil étatique lui aurait été suicidaire, alotàrs Harper opta pour contenter les politiciens de l'opposition qui eux veulent dépenser davantage...

    Au bout du compte dans deux ans , les gens qui en veulent plus de l'État réaliseront que l'interventionnisme demandé n'a pas atteint ses objectifs et que Harper aurait du être sourd aux récriminations populaires alimentées par une opposition avide de pouvoir et un bloc content d'avoir foutu le bordel...

    Les demandes viennent de lobbys organisés dont la voracité est gargantuesque. Toout lke monde veut une part plus grande de la tarte et ils n'ont eu que des miettes à se partager. Aurait-on du prioriser certains au détriment des autres ou simplement les ignorer et faire ce qui est logique de faire pour redresser l'économie.

    Plus au sud, nous avons pensé voir un sauveur arriver en Obama. Dommage car le plan de sauvetage de Barack Obama prévoit bloquer les importations d'aciers étrangers aux États-Unis. Rappelons que l'industrie sidérurgique canadienne exporte 40% de sa production au pays de l'Oncle Sam. L'Europe aussi est montée aux barricades pour dénoncer cette mesure. Nous avons eu la querelle du bois d'oeuvre, nous risquons d'avoir celle de l'acier. Lorsque des Canadiens perdront leur emploi à cause des politiques de la Maison-Blanche, je me demande si la Obamania va se poursuivre au nord du 49e parallèle. Alors on comprendra que les miracles ca n'existe pas et qu'on aurait pas du partir en peur trop vite.

    Ce gouvernement canadien injectera 40 miliards en empruntant sur les générations futures à la manière des libéraux qui se sont servi de la coalition pour obtenir que l'état dépense trop ou pas assez d.pendan du ppoint de ue ou l'on se place...

    Décidément, gouverner est l'art de bien faire les mauvaises choses et de louper les bonnes...

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