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Valeurs mobilières: un pas de plus vers l'agence unique

François Desjardins   28 janvier 2009  Canada
Les néo-démocrates et le Bloc québécois s’opposent au projet d’agence pancanadienne de réglementation des valeurs mobilières.
Photo : Agence Reuters
Les néo-démocrates et le Bloc québécois s’opposent au projet d’agence pancanadienne de réglementation des valeurs mobilières.
Ottawa — Source de friction potentiellement explosive entre Ottawa et plusieurs provinces, le projet d'agence pancanadienne de réglementation des valeurs mobilières se précise encore plus. Le gouvernement fédéral a annoncé hier la création d'un bureau de transition, promis une loi dès cette année et prévoit déjà un budget de 154 millions afin de lancer ses opérations.

Le gouvernement conservateur étant minoritaire aux Communes, il devra toutefois convaincre l'opposition du bien-fondé de son projet. Les néo-démocrates et le Bloc québécois s'y opposent. En ce qui concerne les libéraux, leur nouveau chef, Michael Ignatieff, ne s'est pas prononcé publiquement.

Promettant de «respecter les compétences constitutionnelles ainsi que l'expertise et les intérêts régionaux», Ottawa a invité hier les provinces à se joindre au processus en laissant planer, pour les employés des agences provinciales, la possibilité d'un emploi au sein du nouvel organisme national.

La taille impressionnante du budget accordé à la mise sur pied de l'agence vient en partie du fait que certaines provinces, si elles perdaient le contrôle sur leur autorité réglementaire, pourraient aussi perdre des revenus. Ottawa s'engage donc à indemniser les gouvernements qui se trouveraient dans cette situation.

«Le gouvernement est prêt à discuter de modalités financières avec les administrations participantes», indique le budget fédéral, sans toutefois avancer de détails sur la formule qui serait retenue.

«Il n'y a aucune justification d'arriver avec ça aujourd'hui. Encore en 2009, le Canada reçoit une évaluation supérieure aux États-Unis et à la Grande-Bretagne en ce qui concerne la protection des épargnants. Nous allons nous opposer à cette façon de faire du fédéral», a dit la ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget. S'il y avait le dépôt d'un projet de loi, a-t-elle dit, «nous irons devant les tribunaux». Aussi, elle entend contacter les trois partis d'opposition à Ottawa.

Dans certaines provinces, l'autorité réglementaire est autonome du gouvernement. C'est le cas, au Québec, de l'Autorité des marchés financiers, qui s'autofinance à partir des cotisations prélevées au sein de l'industrie des services financiers.

Pour une majorité de provinces, le projet d'agence unique est un irritant majeur. L'Ontario est en faveur et la Colombie-Britannique s'est récemment réchauffée à l'idée, mais le Québec et l'Alberta demeurent ancrés dans un refus complet et vont jusqu'à évoquer la possibilité d'un recours judiciaire.

Les provinces sont plutôt en faveur d'un système de passeport, qui permet à une entreprise qui sollicite l'épargne du public de s'inscrire dans une seule province pour être reconnue dans toutes les autres.

Le budget dévoilé hier ne précise pas dans quelle ville sera situé le bureau de transition. L'Ontario a déjà affirmé qu'il souhaitait ardemment être choisi, en raison du rôle de Bay Street dans l'industrie canadienne des services financiers.

S'inspirant du récent rapport de Tom Hockin au sujet d'une agence nationale, Ottawa croit disposer des pouvoirs constitutionnels lui permettant de poser un tel geste de manière unilatérale, sans l'accord des provinces. Une agence pancanadienne serait plus efficace que 13 agences provinciales et territoriales, estime Ottawa.

Qualifiant de «mosaïque» le système actuel de 13 agences, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a dit hier lors de son discours que cette situation «crée de l'incertitude et des tracasseries inutiles pour les investisseurs».

Les provinces soutiennent que la preuve d'une efficacité plus grande pour une agence unique n'a jamais été faite et estiment de toute manière qu'il s'agit d'une intrusion dans un champ de compétence provincial.

Le système auquel pense le gouvernement fédéral ne forcerait pas les provinces à s'y joindre mais les inviterait à le faire. Dans les provinces où le gouvernement n'aurait toujours pas adhéré à l'agence nationale, une entreprise aurait le loisir de choisir entre les deux régimes.

Dans son budget hier, le gouvernement conservateur a indiqué que le projet de loi qui sera déposé cette année «permettra aux investisseurs de participer davantage à l'élaboration des politiques, fera en sorte que l'observation soit renforcée et mieux coordonnée, et prévoira la mise sur pied d'un tribunal d'arbitrage indépendant».






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  • Michel Rochette
    Inscrit
    mercredi 28 janvier 2009 08h15
    Une agence Nord-Americaine, SVP
    « Au lieu de vouloir créer une agence canadienne, il serait préférable de créer une agence nord-américaine...le Canada est trop petit pour avoir sa propre agence..on doit intégrer le tout avec la SEC aux USA.

    D'ailleurs, c'est en partie à cause de cela que le gouv. fédéral tient tant à cette agence unique..afin que les USA accorde des dispenses aux compagnies canadiennes en s'entendant sur un cadre commun avec la SEC, comme cette agence vient de le faire avec l'Australie, entre autres.

    Mais le Québec pourrait aller de l'avant et proposer à la SEC et aux autres organismes de réglementation des USA - NAIC pour l'assurance, PBGC pour les régimes de retraite, CFTC pour les produits dérivés, la FED/OCC pour les institutions de dépôt, la NACU pour les credit unions comme Desjardins - un système de reconnaissance mutuelle, le tout dans les compétences existantes du Québec de l'AMF

    Ce faisant, ce serait un bon début afin de mieux coordonner le secteur financier québécois avec celui du reste de l'Amérique du Nord...

    Michel Rochette
    NYC- USA »

  • Michel Rochette
    Inscrit
    mercredi 28 janvier 2009 09h04
    Une agence Nord-Américaine, SVP
    « Au lieu de vouloir créer une agence canadienne, il serait préférable de créer une agence nord-américaine...le Canada est trop petit pour avoir sa propre agence..on doit intégrer le tout avec la SEC aux USA.

    D'ailleurs, c'est en partie à cause de cela que le gouv. fédéral tient tant à cette agence unique..afin que les USA accorde des dispenses aux compagnies canadiennes en s'entendant sur un cadre commun avec la SEC, comme cette agence vient de le faire avec l'Australie, entre autres.

    Mais le Québec pourrait aller de l'avant et proposer à la SEC et aux autres organismes de réglementation des USA - NAIC pour l'assurance, PBGC pour les régimes de retraite, CFTC pour les produits dérivés, la FED/OCC pour les institutions de dépôt, la NACU pour les credit unions comme Desjardins - un système de reconnaissance mutuelle, le tout dans les compétences existantes du Québec de l'AMF

    Ce faisant, ce serait un bon début afin de mieux coordonner le secteur financier québécois avec celui du reste de l'Amérique du Nord...

    Michel Rochette
    NYC- USA »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 29 janvier 2009 00h14
    Une agence Nord Américaine, Non merci
    « Ce n'est vraiment pas la solution. D'ailleurs, avec la patate chaude qu'est l'affaire Maddof, on voit bien qu'un agence nationale n'est vraiment pas plus efficace qu'une agence provinciale.

    Une agence Nord-Américaine, c'est se soumettre à Washington et à Wall Street, on perd ainsi toutes souveraineté sur la finance. De plus, plus c'est centralisé, moins t'as de besoin de corrompre de gens pour en venir à tes fins.

    Pareille agence ne servirait que ceux qui rêvent de faire l'Union Nord Américaine, en aucun cas ça servirait les intérêts du peuple. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 29 janvier 2009 00h14
    Si Québec passes des entente avec les agences USA
    « Ce serait idéal. La constitution dont nous n'avons pas le rapatriment unilatéral. peut-on passer par dessus?

    -Si oui, signons dirctement avec les grands décideurs, une agence Nord-Américaine.

    -Si non, nous pourrions créer une la clause " Non obstant ", ou quelque chose du genre. »

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