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Harper injecte de l'huile dans l'engrenage du crédit

François Desjardins   28 janvier 2009  Canada
Ottawa — Le budget conservateur dévoilé hier renferme une imposante brochette de mesures pour hydrater le marché du crédit avec, dans un deuxième temps, quelques mesures ciblées à l'intention des entreprises forestières, agricoles et manufacturières.

Disant craindre les effets négatifs d'un resserrement du crédit sur l'investissement des entreprises et la consommation, le gouvernement conservateur va tenter de faciliter l'octroi de prêts par les institutions financières, et va augmenter les sommes que peuvent prêter les sociétés d'État à vocation financière.

Comme l'a laissé entendre le ministre des Finances depuis quelques semaines, Ottawa veut éviter que le crédit ne devienne source de problème chronique. «L'impact du resserrement des conditions du crédit pour les entreprises et les consommateurs a commencé à toucher l'économie intérieure du Canada. Cela s'intensifiera probablement au cours des prochains mois», indique le budget fédéral présenté hier.

Après avoir mis de côté 75 milliards de dollars en 2008-09 pour acheter des prêts hypothécaires assurés, dans l'objectif de permettre aux sociétés de financement et des banques de dégager des liquidités afin de continuer à prêter, Ottawa a annoncé hier qu'il va en acheter pour 50 milliards de plus en 2009-10.

À ce jour, le gouvernement a acheté pour environ 40 milliards de prêts hypothécaires.

«Les prêteurs auront la certitude d'un financement stable à long terme et pourront donc continuer à accorder des prêts aux entreprises et aux consommateurs canadiens», estime Ottawa en s'empressant d'ajouter que, «étant donné que les hypothèques achetées sont déjà garanties par le gouvernement, elles ne représentent aucun risque supplémentaire pour les contribuables».

Dans son budget, le gouvernement conservateur a regroupé une brochette de mesures sous la rubrique «Cadre de financement exceptionnel» et a chiffré l'ensemble de ces mesures à 200 milliards. Celles-ci, toutefois, comprennent les 125 milliards de prêts hypothécaires, de même que les 41 milliards en liquidités que la Banque du Canada a pompées dans le système financier de manière temporaire en décembre.

Cependant, ce programme contient deux nouveautés de taille. D'abord, Ottawa va ajouter 13 milliards à la marge de manoeuvre dont disposent ses sociétés d'État dites «à vocation financière», comme Exportation et Développement Canada et la Banque de Développement du Canada. Cette annonce a été bien accueillie dans les milieux d'affaires.

«Ces deux institutions sont les principales sources de financement des PME», a dit le ministre des Finances, Jim Flaherty, dans son discours. «Elles peuvent désormais profiter de capitaux additionnels pour accroître leur capacité de financement de plusieurs milliards.»

De plus, le gouvernement va mettre de côté 12 milliards pour la «Facilité canadienne de crédit garanti», afin d'acheter des titres adossés à des prêts et à des baux automobiles. Logiquement, cela devrait permettre aux sociétés de financement de respirer un peu et de consentir des prêts plus aisément.

Dans ses documents, Ottawa a rappelé que la tourmente des marchés cause «une pénurie du financement dans certains secteurs», notamment celui du financement de la vente automobile.

Au chapitre de l'aide directe à des secteurs en difficulté, Ottawa a annoncé hier 170 millions sur deux ans pour épauler l'industrie forestière. Le gouvernement prévoit aussi 190 millions sur deux ans pour le secteur agricole, afin d'aider celui-ci à braver la concurrence internationale et à trouver des façons de réduire ses coûts.

Le gouvernement va également prolonger l'application de la déduction pour amortissement à l'intention des entreprises qui achètent des machines ou du matériel de fabrication.

Par ailleurs, Ottawa a décidé d'augmenter le plafond des prêts consentis en vertu du Programme de financement aux petites entreprises, lequel était intact depuis 1994. À partir du 31 mars, une entreprise pourra emprunter 350 000 $ au lieu de 250 000 $ et pourra emprunter jusqu'à 500 000 $ si le prêt vise un bien immobilier. Et pour inciter les banques à prêter davantage, le gouvernement s'engage auprès de celles qui ont un portefeuille de prêts de plus de 500 000 $ à rembourser jusqu'à 12 % leurs pertes, contrairement à 10 % présentement. Ces mesures vont coûter 300 millions.
 
 
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