Martin réfléchit à son avenir
Une odeur de crise flottait hier soir sur le gouvernement du premier ministre Jean Chrétien après qu’il ait exigé de ses ministres la fin de la campagne officieuse au leadership libéral. Le premier intéressé, le ministre des Finances, Paul Martin, a vite répliqué en annonçant qu’il réfléchissait à son avenir.
La source de ce regain de tension est un avertissement catégorique que le premier ministre a servi publiquement hier après-midi, à Toronto, et en privé la veille, lors de la réunion du cabinet. Les ministres fédéraux qui ignoreront l’ordre de mettre fin à leur campagne pour le leadership du Parti libéral seront carrément évincés du cabinet, a-t-il dit.
En soirée hier, le ministre des Finances, qui se trouvait aussi à Toronto, a offert une première réponse. «Je vais réfléchir à mes options», a-t-il déclaré, liant sa réflexion aux événements des derniers jours. Selon le Globe and Mail, M. Chrétien s’en serait pris au ministre des Finances au moment de lancer son avertissement au cabinet jeudi.
Le ministre a refusé de dire hier s’il allait démissionner mais a ajouté les mots suivants : «La question est la suivante. Est-ce que continuer au sein du cabinet [...] va me permettre d’exerce le genre de responsabilité et d’influence que je crois un ministre des Finances doit avoir».
M. Martin est le poids lourd du cabinet, le vrai numéro deux du gouvernement. Il a piloté la principale réalisation du gouvernement Chrétien, soit l’élimination du déficit. Malgré sa gestion très serrée des finances publiques, il est parvenu à rester un des politiciens le plus populaires.
Le premier ministre avait déjà dit qu’il punirait les aspirants candidats qui négligeraient leurs responsabilités ministérielles mais n’a jamais exigé qu’ils arrêtent tout. Mais jeudi, au cabinet, il a intimé les ministres de ne plus recueillir de fonds pour leur campagne larvée au leadership et de concentrer leurs efforts sur l’élimination de la dette du parti, a indiqué une source bien informée.
M. Chrétien dit avoir rappelé ses ministres à l’ordre parce qu’il a décidé, malgré les attaques contre l’intégrité de son gouvernement, de rester jusqu’en 2004 et de se soumettre au vote de révision du leadership qui aura lieu au congrès biennal de son parti, en février prochain. Il a cependant reconnu qu’il avait laissé entendre à certaines personnes qu’il quitterait la politique en 2003.
Lorsqu’un journaliste a demandé hier ce qui attendait les ministres désobéissants, M. Chrétien a répondu: «Ils auront tout le temps pour s’organiser parce qu’ils ne seront plus ministres.» Est-ce un message pour M. Martin ? «[Pour] tout le monde», a-t-il répondu en se penchant pour regarder le ministre de l’Industrie, Allan Rock, qui l’accompagnait.
M. Rock fait campagne, comme M. Martin, depuis des années. Depuis l’élection de novembre 2000, d’autres se sont jetés dans la mêlée, avec la bénédiction de M. Chrétien: Brian Tobin, Sheila Copps et John Manley. Comme M. Chrétien, la plupart doivent visiter Toronto cette fin de semaine pour le congrès de la puissante aile ontarienne du Parti libéral du Canada, aile que contrôle l’organisation Martin.
La décision de freiner la course se veut aussi une réponse à la dissension qui sévit au sein du gouvernement alors que les différents camps s’accusent, sous le couvert de l’anonymat, d’être à l’origine de fuites sur de potentiels conflits d’intérêts.
Le premier ministre a dû par ailleurs expliquer des propos tenus la veille à Winnipeg. Devant des partisans, il avait alors défendu le programme de commandites en faisant de nouveau référence au référendum de 1995, disant que «quelques millions ont peut-être été volés en cours de route. C’est possible. Mais combien de millions de dollars avons nous économisés au pays parce que nous avons rétabli la stabilité du Canada en tant que pays uni?».
L’opposition était en émoi aux Communes hier, l’accusant de se servir de l’unité du pays pour justifier des méthodes douteuses. M. Chrétien a nié cette interprétation, tentant de corriger le tir. «Ce n’est pas vrai, parce que s’il y a eu de l’argent de pris, les gens seront [traduits] devant les tribunaux. Ça ne légitime rien, mais je dis que le programme de commandites était nécessaire», a-t-il déclaré, peu intéressé à s’étendre sur le sujet.
Son explication n’a rien réglé. En entrevue, le chef bloquiste Gilles Duceppe a jugé la déclaration de M. Chrétien «inqualifiable». «Comme chef d’État, il nous dit qu’un geste criminel — ce qu’est un vol — peut se faire si l’objectif est bon pour nous.» Selon lui, ceci démontre qu’une enquête publique est nécessaire. Le chef conservateur Joe Clark, en visite à Toronto, a parlé en entrevue de «déclaration irresponsable» qui laisse croire que «pour le premier ministre, la fin justifie les moyens».
Aux Communes, les esprits se sont échauffés, surtout lorsque le vice-premier ministre John Manley s’est mis à répliquer aux attaques en accusant les alliancistes de manquer de transparence, les bloquistes de vouloir détourner l’attention des mauvais sondages et les conservateurs de n’avoir aucune crédibilité dans le dossier de l’unité nationale.
La source de ce regain de tension est un avertissement catégorique que le premier ministre a servi publiquement hier après-midi, à Toronto, et en privé la veille, lors de la réunion du cabinet. Les ministres fédéraux qui ignoreront l’ordre de mettre fin à leur campagne pour le leadership du Parti libéral seront carrément évincés du cabinet, a-t-il dit.
En soirée hier, le ministre des Finances, qui se trouvait aussi à Toronto, a offert une première réponse. «Je vais réfléchir à mes options», a-t-il déclaré, liant sa réflexion aux événements des derniers jours. Selon le Globe and Mail, M. Chrétien s’en serait pris au ministre des Finances au moment de lancer son avertissement au cabinet jeudi.
Le ministre a refusé de dire hier s’il allait démissionner mais a ajouté les mots suivants : «La question est la suivante. Est-ce que continuer au sein du cabinet [...] va me permettre d’exerce le genre de responsabilité et d’influence que je crois un ministre des Finances doit avoir».
M. Martin est le poids lourd du cabinet, le vrai numéro deux du gouvernement. Il a piloté la principale réalisation du gouvernement Chrétien, soit l’élimination du déficit. Malgré sa gestion très serrée des finances publiques, il est parvenu à rester un des politiciens le plus populaires.
Le premier ministre avait déjà dit qu’il punirait les aspirants candidats qui négligeraient leurs responsabilités ministérielles mais n’a jamais exigé qu’ils arrêtent tout. Mais jeudi, au cabinet, il a intimé les ministres de ne plus recueillir de fonds pour leur campagne larvée au leadership et de concentrer leurs efforts sur l’élimination de la dette du parti, a indiqué une source bien informée.
M. Chrétien dit avoir rappelé ses ministres à l’ordre parce qu’il a décidé, malgré les attaques contre l’intégrité de son gouvernement, de rester jusqu’en 2004 et de se soumettre au vote de révision du leadership qui aura lieu au congrès biennal de son parti, en février prochain. Il a cependant reconnu qu’il avait laissé entendre à certaines personnes qu’il quitterait la politique en 2003.
Lorsqu’un journaliste a demandé hier ce qui attendait les ministres désobéissants, M. Chrétien a répondu: «Ils auront tout le temps pour s’organiser parce qu’ils ne seront plus ministres.» Est-ce un message pour M. Martin ? «[Pour] tout le monde», a-t-il répondu en se penchant pour regarder le ministre de l’Industrie, Allan Rock, qui l’accompagnait.
M. Rock fait campagne, comme M. Martin, depuis des années. Depuis l’élection de novembre 2000, d’autres se sont jetés dans la mêlée, avec la bénédiction de M. Chrétien: Brian Tobin, Sheila Copps et John Manley. Comme M. Chrétien, la plupart doivent visiter Toronto cette fin de semaine pour le congrès de la puissante aile ontarienne du Parti libéral du Canada, aile que contrôle l’organisation Martin.
La décision de freiner la course se veut aussi une réponse à la dissension qui sévit au sein du gouvernement alors que les différents camps s’accusent, sous le couvert de l’anonymat, d’être à l’origine de fuites sur de potentiels conflits d’intérêts.
Le premier ministre a dû par ailleurs expliquer des propos tenus la veille à Winnipeg. Devant des partisans, il avait alors défendu le programme de commandites en faisant de nouveau référence au référendum de 1995, disant que «quelques millions ont peut-être été volés en cours de route. C’est possible. Mais combien de millions de dollars avons nous économisés au pays parce que nous avons rétabli la stabilité du Canada en tant que pays uni?».
L’opposition était en émoi aux Communes hier, l’accusant de se servir de l’unité du pays pour justifier des méthodes douteuses. M. Chrétien a nié cette interprétation, tentant de corriger le tir. «Ce n’est pas vrai, parce que s’il y a eu de l’argent de pris, les gens seront [traduits] devant les tribunaux. Ça ne légitime rien, mais je dis que le programme de commandites était nécessaire», a-t-il déclaré, peu intéressé à s’étendre sur le sujet.
Son explication n’a rien réglé. En entrevue, le chef bloquiste Gilles Duceppe a jugé la déclaration de M. Chrétien «inqualifiable». «Comme chef d’État, il nous dit qu’un geste criminel — ce qu’est un vol — peut se faire si l’objectif est bon pour nous.» Selon lui, ceci démontre qu’une enquête publique est nécessaire. Le chef conservateur Joe Clark, en visite à Toronto, a parlé en entrevue de «déclaration irresponsable» qui laisse croire que «pour le premier ministre, la fin justifie les moyens».
Aux Communes, les esprits se sont échauffés, surtout lorsque le vice-premier ministre John Manley s’est mis à répliquer aux attaques en accusant les alliancistes de manquer de transparence, les bloquistes de vouloir détourner l’attention des mauvais sondages et les conservateurs de n’avoir aucune crédibilité dans le dossier de l’unité nationale.
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