Péréquation - Charest se heurte à un mur
17 janvier 2009
Canada
Ottawa — Les premiers ministres des provinces sont sortis hier de la rencontre avec leur homologue fédéral confiants que leurs demandes pour relancer l'économie canadienne seraient entendues par Ottawa. Sur la question de la péréquation, toutefois, le fossé entre Jean Charest et Stephen Harper reste béant.
La rencontre d'une journée entre Stephen Harper et les chefs des provinces et territoires n'avait pas pour but de conclure une entente. Tout au plus les politiciens ont-ils répété que la coordination des efforts était nécessaire en cette période économique difficile. Le coût des mesures que mettra en place le gouvernement conservateur n'a pas été révélé et ne sera connu que dans une dizaine de jours, au moment du dépôt du budget fédéral.
On sait cependant que l'investissement sera très important. Stephen Harper a ainsi déclaré hier qu'Ottawa générerait des «déficits très significatifs» au cours des prochaines années, et ce, alors qu'il promettait cet automne à peine, en campagne électorale, de ne «jamais» en faire. Il s'était même attaqué avec virulence au chef libéral Stéphane Dion, qui avait eu le malheur d'évoquer cette possibilité. Un montant de 30 à 40 milliards de dollars a circulé dans les corridors de la Colline, à Ottawa. Il faut remonter au début des années 1990 pour retrouver des déficits de cette ampleur.
M. Harper a confirmé qu'il songeait à réduire les impôts des contribuables, en particulier ceux de la classe moyenne. «C'est essentiel que la classe moyenne fasse partie d'une initiative de stimulus économique [sic]», a-t-il déclaré. La veille, plusieurs de ses homologues provinciaux l'avaient pourtant mis en garde contre une telle stratégie fiscale. M. Harper prétend que les impôts et les taxes n'ont pas fait l'objet de grandes discussions, hier.
En entrevue avec Le Devoir cette semaine, le chef libéral Michael Ignatieff a aussi indiqué qu'il n'appuierait pas un budget comprenant trop de baisses d'impôt pour la classe moyenne si elles avaient pour effet de réduire la capacité d'action du gouvernement fédéral. Pendant la rencontre d'hier, certains premiers ministres ont mis en garde M. Ignatieff et ses alliés de la coalition contre la tentation de défaire le gouvernement Harper en votant contre le budget.
C'est le cas de ceux de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, deux alliés d'Ottawa. «Le test pour ce budget, c'est de savoir s'il répond aux besoins de la plupart des gens», a indiqué Gordon Campbell. «Il ne s'agit pas de déterminer si les provinces aiment le budget ou pas, mais si les gens qui vivent dans ces provinces l'aiment.» Son collègue de Saskatchewan, Brad Wall, a déclaré pour sa part que «la dernière chose dont on a besoin en ce moment, c'est de l'instabilité politique».
Querelle sur la péréquation
Quant à Jean Charest, il était aussi ravi que ses collègues de constater qu'Ottawa se montrait prêt à accélérer le versement des sommes pour entreprendre des projets d'infrastructures et même «à en faire plus». Toutefois, il déplore que M. Harper ait fait la sourde oreille à sa requête sur la péréquation.
Ottawa a annoncé avant Noël que la formule de calcul pour redistribuer la richesse entre les provinces serait revue de manière à en plafonner la croissance. Ce changement fera perdre des sommes importantes au Québec, entre autres.
«M. Harper S'était engagé à régler la question du déséquilibre fiscal», a rappelé M. Charest, indiquant que c'est avec cet objectif en tête qu'une nouvelle formule de péréquation avait été adoptée. Il déplore donc le geste «unilatéral» d'Ottawa. «Sur le plan des relations, on ne peut pas dire que ce soit très bon. C'est une déception pour nous. Ce n'est certainement pas le type de fédéralisme d'ouverture auquel nous nous attendions.»
M. Harper a critiqué la position du Québec, rappelant que la ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget, avait été informée en novembre des intentions d'Ottawa et qu'elle n'avait pas jugé bon rouspéter. M. Charest estime que cette approbation apparente est prise hors contexte puisque Mme Jérôme-Forget ne connaissait pas à ce moment-là la nouvelle formule qu'utiliserait dorénavant Ottawa.
***
Avec La Presse canadienne
La rencontre d'une journée entre Stephen Harper et les chefs des provinces et territoires n'avait pas pour but de conclure une entente. Tout au plus les politiciens ont-ils répété que la coordination des efforts était nécessaire en cette période économique difficile. Le coût des mesures que mettra en place le gouvernement conservateur n'a pas été révélé et ne sera connu que dans une dizaine de jours, au moment du dépôt du budget fédéral.
On sait cependant que l'investissement sera très important. Stephen Harper a ainsi déclaré hier qu'Ottawa générerait des «déficits très significatifs» au cours des prochaines années, et ce, alors qu'il promettait cet automne à peine, en campagne électorale, de ne «jamais» en faire. Il s'était même attaqué avec virulence au chef libéral Stéphane Dion, qui avait eu le malheur d'évoquer cette possibilité. Un montant de 30 à 40 milliards de dollars a circulé dans les corridors de la Colline, à Ottawa. Il faut remonter au début des années 1990 pour retrouver des déficits de cette ampleur.
M. Harper a confirmé qu'il songeait à réduire les impôts des contribuables, en particulier ceux de la classe moyenne. «C'est essentiel que la classe moyenne fasse partie d'une initiative de stimulus économique [sic]», a-t-il déclaré. La veille, plusieurs de ses homologues provinciaux l'avaient pourtant mis en garde contre une telle stratégie fiscale. M. Harper prétend que les impôts et les taxes n'ont pas fait l'objet de grandes discussions, hier.
En entrevue avec Le Devoir cette semaine, le chef libéral Michael Ignatieff a aussi indiqué qu'il n'appuierait pas un budget comprenant trop de baisses d'impôt pour la classe moyenne si elles avaient pour effet de réduire la capacité d'action du gouvernement fédéral. Pendant la rencontre d'hier, certains premiers ministres ont mis en garde M. Ignatieff et ses alliés de la coalition contre la tentation de défaire le gouvernement Harper en votant contre le budget.
C'est le cas de ceux de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, deux alliés d'Ottawa. «Le test pour ce budget, c'est de savoir s'il répond aux besoins de la plupart des gens», a indiqué Gordon Campbell. «Il ne s'agit pas de déterminer si les provinces aiment le budget ou pas, mais si les gens qui vivent dans ces provinces l'aiment.» Son collègue de Saskatchewan, Brad Wall, a déclaré pour sa part que «la dernière chose dont on a besoin en ce moment, c'est de l'instabilité politique».
Querelle sur la péréquation
Quant à Jean Charest, il était aussi ravi que ses collègues de constater qu'Ottawa se montrait prêt à accélérer le versement des sommes pour entreprendre des projets d'infrastructures et même «à en faire plus». Toutefois, il déplore que M. Harper ait fait la sourde oreille à sa requête sur la péréquation.
Ottawa a annoncé avant Noël que la formule de calcul pour redistribuer la richesse entre les provinces serait revue de manière à en plafonner la croissance. Ce changement fera perdre des sommes importantes au Québec, entre autres.
«M. Harper S'était engagé à régler la question du déséquilibre fiscal», a rappelé M. Charest, indiquant que c'est avec cet objectif en tête qu'une nouvelle formule de péréquation avait été adoptée. Il déplore donc le geste «unilatéral» d'Ottawa. «Sur le plan des relations, on ne peut pas dire que ce soit très bon. C'est une déception pour nous. Ce n'est certainement pas le type de fédéralisme d'ouverture auquel nous nous attendions.»
M. Harper a critiqué la position du Québec, rappelant que la ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget, avait été informée en novembre des intentions d'Ottawa et qu'elle n'avait pas jugé bon rouspéter. M. Charest estime que cette approbation apparente est prise hors contexte puisque Mme Jérôme-Forget ne connaissait pas à ce moment-là la nouvelle formule qu'utiliserait dorénavant Ottawa.
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