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Année 2009 - L'optimisme a un prix

Jean-Robert Sansfaçon   31 décembre 2008  Canada
C'est aujourd'hui la dernière journée de 2008, une cuvée qui se termine sur une note de pessimisme certain, avec la reprise des hostilités au Proche-Orient et la crise économique qui menace partout sur la planète. Malgré cela, gardons-nous de noircir le décor au-delà de ce qu'exige un sain réalisme. Après tout, chaque crise est aussi porteuse d'occasions de faire mieux.

Qui aurait pu prévoir, au début de 2008, que le candidat Barack Obama remporterait l'investiture du Parti démocrate contre la favorite, Hillary Clinton, et surtout qu'il deviendrait le premier président noir des États-Unis?

Sur la scène économique, qui aurait dit que le prix du baril de pétrole grimperait au-delà de
140 $ avant la fin de l'été pour retomber sous la barre des 40 $ avant la fin de l'année? Et surtout, qui aurait pu prédire qu'une crise majeure du système financier planétaire entraînerait l'effondrement des places boursières et sans doute la plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale?

Nous pourrions continuer longtemps, le message serait toujours le même: on aura beau tracer des courbes pour tenter de prévoir l'avenir, un tel exercice n'a de sens que lorsqu'il est une invitation à réfléchir pour passer à l'action, avec pour objectif d'infirmer une tendance négative ou de confirmer une autre qui semble plus positive.

Sur une base individuelle, la crise financière qui a frappé la quasi-totalité des investisseurs, petits et grands, en 2008, en amènera plusieurs à la prudence, voire à la peur. Une chose est certaine, tous doivent s'habituer à la perspective de rendements à long terme moins élevés que les traditionnels 6 à 8 % auxquels tous les conseillers financiers avaient habitué leurs clients. Cela forcera les retraités et les futurs retraités à revoir à la baisse leurs projections de revenus et leurs projets de vie.

Mais c'est surtout sur le plan collectif que la crise actuelle risque de marquer un nouveau tournant, auquel nous sommes mal préparés pour avoir vécu depuis longtemps sur l'erre d'aller. Car qui dit crise et récession dit faillites en cascades, chômage et destruction de milieux de vie pour des millions de gens. On aura beau implorer l'intervention massive des gouvernements pour réduire la durée et la gravité de la récession elle-même, rêver d'un redressement des marchés pour renflouer les caisses de retraite et redonner confiance aux épargnants en panne, il faut toujours compter une bonne décennie avant de retrouver le niveau d'emploi qui prévalait avant une récession. Ce fut le cas en 1930, mais aussi en 1980 et en 1990.

Au Québec, l'industrie forestière, mais aussi celle du papier, dont les salariés étaient les mieux payés, ne retrouveront plus jamais leur vigueur du passé. En Abitibi, on avait commencé à rediriger une partie de la main-d'oeuvre vers les mines, mais avec la chute des prix des ressources, le scénario devra être revu. Quant aux alumineries dont les projets d'agrandissement viennent d'être reportés, il est trop tôt pour savoir ce qui les attend.

Du côté de la finance, secteur très florissant des dernières années, il faut prévoir des mises à pied importantes, surtout si la crise s'étend au crédit personnel (cartes de crédit) et aux emprunts à risque contractés par les entreprises, comme on le craint.

***

Ce qui amène à poser une question: toutes les régions du monde remonteront-elles à la surface dans le même état qu'avant la plongée? Certainement pas! La crise du secteur de l'automobile, pour prendre un cas évident, laissera sur la paille des milliers d'ouvriers incapables de se replacer et des régions entières qui étaient très prospères jusqu'ici.

Seules les économies qui auront su s'adapter rapidement et efficacement à la nouvelle réalité tireront leur épingle du jeu. Au Québec, il ne fait aucun doute que l'état des finances publiques et les investissements d'Hydro-Québec permettent d'envisager l'avenir immédiat avec un certain optimisme. En revanche, on ne peut pas se vanter d'être la région d'Amérique du Nord qui attire le plus facilement les investissements, ni celle qui s'adapte le mieux au changement.

Si l'informatisation fut le moteur des économies développées au cours des vingt dernières années, on cherche les facteurs qui pourraient générer les mêmes gains de productivité cette fois-ci. Assistera-t-on à une accélération du phénomène de délocalisation de la production et des services au profit des pays à bas salaires, ou trouverons-nous les moyens de faire plus et mieux avec les ressources locales? Nous y reviendrons...

Faute d'une réponse claire à cette interrogation, le pari le plus sûr que nous puissions faire reste encore celui de l'audace et de l'innovation, toutes choses qui découlent d'un niveau d'éducation toujours plus élevé, l'éternel défi des sociétés développées.
 
 
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  • Parti Pris - Inscrit
    31 décembre 2008 07 h 39
    Une solution possible
    MAGIE BLANCHE

    « Imagine », comme dirait John Lennon.

    Imaginez si les 15 à 20 centimètres de neige que le Québec va recevoir aujourd'hui nous apportaient la faculté de garder les yeux grands ouverts fixés droit devant nous, la capacité de contempler l'avenir sans se laisser envahir par la peur, mais plutôt par une soudaine confiance en soi individuelle et collective.

    Imaginez si tout aussi soudainement, on se souvenait enfin de notre Histoire, de toute notre Histoire.

    Imaginez si au lieu de critiquer et de mettre des bâtons dans les roues de nos élites, les vraies pas les prétendues; non, nos vraies élites intellectuelles, philosophiques, politiques (hum, il doit bien y en avoir une ou deux qui en vaillent la peine), nos élites ouvrières et professionnelles, économiques, artistiques, si au lieu de toujours vouloir les rabaisser on les encourageait, on les aidait à devenir encore plus grands en grandissant nous-mêmes.

    Imaginez que toute cette blanche neige nous apporte une bonne connaissance à l'oral comme à l'écrit de notre langue, le français.

    Imaginez que tous ces centimètres de neige se transforment en fierté.

    Imaginez qu'un Québécois soit tout simplement défini comme quelqu'un qui est fier de vivre au Québec.

    Imaginez si tous les Québécois, grâce à cette neige, devenaient fiers de leur Histoire, de leur langue commune, de leurs grandes réalisations; qu'à compter de demain nous soyons tous debout, courageux, francophones et fiers. Imaginez !

    Alors là, cette neige aura été le plus beau spectacle de magie blanche à n'avoir jamais eu lieu.

    J'aime la magie blanche.

    Ah ! Si j'étais magicien !

    youtube.com/watch?v=8R5D_-h7XRs
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  • jacques noel - Inscrit
    31 décembre 2008 08 h 36
    Mes prédictions pour 2009
    En 2007, j'avais prédit que Dion et Boisclair ne passeraient pas l'année

    En 2008, j'avais prédit que le Canada dépasserait le 100 en Afghanistan et qu'Obama serait élu

    Pour 2009, je prédis que
    1) ce sera une année exceptionnelle pour la bourse
    2) ce sera une année d'enfer pour Jean Charest. Tous les scandales qu'il a caché jusqu'à maintenant vont lui péter en pleine face (ca va commencer par les pertes de 40 milliards à la Caisse)
    3) Un gros scandale va sortir sur la vie du Cardinal Léger,un scandale qui va achever l'Église au Québec.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    31 décembre 2008 11 h 38
    Les atouts du Québec face à la récession
    Malgré les problèmes que connaissent déjà son industrie forestière et celle de l'aluminium, le Québec sera probablement moins touché par la crise économique en 2009.
    Plusieurs de ses principales industries (aéronautique, pharmaceutique et autres) se maintiennent et, par conséquent, peu de licenciements sont prévus dans ces secteurs.

    La situation est bien différente en Ontario dont la vitalité économique dépend en grande partie de l'industrie automobile américaine laquelle, comme on le sait, risque de faire faillite. En raison de la chute du prix du pétrole, l'Alberta sera aussi lourdement touchée.

    De plus, contrairement à ces provinces, le Québec n'a pas connu une flambée des prix dans l'industrie domiciliaire. La construction de maisons reste active mais, contrairement à l'Ontario et l'Alberta, les prix sont ici moins élevés et, prévoit-on, les travailleurs, qui ont acheté une résidence et sont incapables de payer leur hypothèque, seront moins nombreux.

    Finalement, signalons l'important programme de réfection des infrastructures routières lancé par le gouvernement, lequel procurera de nombreux emplois.
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  • Roland Berger - Abonné
    31 décembre 2008 14 h 31
    Merdier incontournable ?
    Monsieur Sansfaçon traite de la crise financière comme si cette dernière, ainsi que les autres qui l'ont précédée, étaient l'effet du hasard, comme si le capitalisme étant un ogre qui se repose quelque temps pour s'éveiller ensuite et venir dévorer le peuple paralysé de terreur. Or la crise actuelle est le résultat d'une spéculation non contrôlée qu'une poignée d'individus sans conscience utilise pour se remplir les poches au détriment des gagne-petit. Il serait intéressant que le rédacteur propose une solution pour mettre fin à cette destruction de l'homme par l'homme.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    31 décembre 2008 22 h 06
    @ M. Jacques Noel
    Toujours intéressant. Félicitations pour vos prédictions passées mais je questionne celles pour 2009 :

    1) ce sera une année exceptionnelle pour la bourse

    Dans quel sens, en plus ou en moins et quelles compagnies ?

    2) ce sera une année d'enfer pour Jean Charest. Tous les scandales qu'il a caché jusqu'à maintenant vont lui péter en pleine face (ca va commencer par les pertes de 40 milliards à la Caisse)

    Pour le 40 milliards, il va dire, c'est pas moi qui a fait ça, c'est la grosse caisse et le gros qui la tenait. Pour le CHUM, il va dire, c'est Couillard qui m'a couillonné etc.

    3) Un gros scandale va sortir sur la vie du Cardinal Léger,un scandale qui va achever l'Église au Québec.

    Sexuel ou économique ou il avait perdu le feu de la foi avant de s'éteindre ?
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  • Simon Garneau - Abonné
    1 janvier 2009 17 h 29
    PRÉVISIBLE
    Tous les désastres économiques étaient prévisibles et ont été prévus par des gens très connus depuis plusieurs années. Mais, on ne les a pas écoutés, on a préféré croire ceux qui nous prédisaient une croissance infinie. Actuellement, des personnes nous prédisent des désastres encore plus grands si des changements majeurs d'orientation ne sont pas adoptés. Les écoutera-t-on ou si on préférera croire ceux qui nous disent que la crise actuelle est passagère et qu'elle disparaîtra d'elle-même?
    Simon Garneau
    Québec
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 janvier 2009 03 h 16
    Il faudra aussi que la "science économique" devienne une vraie science.
    Il faudra sûrement que les autorités politiques et financières introduisent une grande dose de discipline dans les systèmes financiers et économiques si on veut sortir honorablement de cete crise. Mais il faudra surtout que les économistes se pressent de faire évoluer ce qu'ils ont appelé jusqu'à maintenant "la science économique" pour qu'elle devienne une vraie science. C'est absolument indispensable pour que les preneurs de décisions obtiennent des futurs économistes des renseignements et des outils appropriés pour réparer les dégâts de cette crise et éviter que ce qui est proposé pour en sortir ne provoque éventuellement une autre crise peut-être plus grave. Ce travaille vers une science économique utile est urgent et indispensable, car les preneurs de décisions, comme les gouverneurs des banques centrales, qui doivent être les phares indispensables durant une tempête, ont démontré qu'ils ne savent pas ce que leurs décisions vont provoquer comme résultats. Ainsi, le gouverneur de la Banque centrale américaine, M. Bernanke a déclaré devant le Congrè que les mesures qui avaient été prises pour contenir la crise des "subprimes" étaient suffisantes et nous assurait que le pire était derrière nous. Or ce n'est que quelques semaines plus tard qu'il déclarait que l'évolution catastrophique que cette crise a connue l'avait surpris.

    Si les meilleurs économistes, avec les conseillers qui les entourent, ne peuvent pas mesurer les effets que leurs décisions produiront dans l'espace de deux ou trois semaines, nous ne sommes certainement pas en présence de grands scientifiques. Et ce n'est pas rassurant...
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 janvier 2009 03 h 25
    À Jacques Noël
    Il faudrait bien que M. Noël nous dise quels sont les indices qui lui permettent de prédire qu'un grand scandale éclatera à propos du Cardinal Léger. Autrement on sera porté à croire qu'il tire ses prédictions d'un chapeau qu'il a rempli de toutes sortes d'idées bizarres.
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 janvier 2009 03 h 31
    À Parti Pris. S'il était courageux et fier...
    Si Parti Pris était courageux et fier, comme il demande à ses concitoyens de l'être, il ne se cacherait pas derrière un pseudonyme afin qu'on ne connaisse ni son identité ni son adresse de courriel.
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  • Chryst - Abonné
    3 janvier 2009 11 h 59
    Saut de connaissances...
    J-R Sansfaçon a écrit : < trouverons-nous les moyens de faire plus et mieux avec les ressources locales? > Nous ne comprenons pas que l'actuel gouvernement ait laissé passer une occasion unique de surmonter les crises (forestière et financière). L'innovation en informatique, capable d'augmenter considérablement la productivité et de faire des progrès dans plusieurs secteurs de l'activité humaine, n'est pas chose de tous les jours.
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