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Harper nommera 18 sénateurs bleus

Le projet de réforme de la chambre haute fédérale tiendrait toujours

La Presse canadienne   22 décembre 2008  Canada
Ottawa — Au moment même ou l'économie traverse une période difficile, le premier ministre Stephen Harper fournira sa part d'efforts pour améliorer le taux d'emploi au pays en proposant... la nomination de 18 personnes d'allégeance conservatrice au Sénat.

Parmi les personnes que les rumeurs tiennent pour candidates pour occuper un de ces postes, dont le salaire annuel s'établit à 134 000 $, figurent l'ex-animatrice de télévision Pamela Wallin, l'ancien premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard Pat Binns, l'ancien président de la campagne électorale du Parti conservateur du Canada John Reynolds et l'ex-championne olympique de ski Nancy Greene.

Le moment choisi par Stephen Harper — quelques jours à peine avant Noël, lorsque peu de Canadiens porteront vraiment attention — laisse croire qu'il craint que ces nominations de parlementaires non élus pour combler la chambre haute fédérale seront mal perçues.

Le premier ministre a, lui-même, admis ne pas prendre plaisir à procéder à des telles nominations.

«C'est, en quelque sorte, un triste jour pour moi», a affirmé Stephen Harper lors d'une interview, un peu plus tôt ce mois-ci.

«J'ai attendu durant trois ans. On a demandé aux provinces de tenir des élections. On a proposé un projet de loi électoral à la Chambre des communes. Mais ni le Parlement ni les provinces n'ont démontré la volonté de faire avancer le projet de réforme du Sénat.»

Jusqu'à présent, seulement deux personnes ont été nommées au Sénat sous l'avis de Stephen Harper — Bert Brown, qui a été élu lors d'une élection en Alberta, et Michael Fortier.

Mais autrement, le premier ministre du Canada a refusé de procéder à des nominations. De sorte que 18 sièges vacants se sont accumulés, alors que des sénateurs ont dû prendre leur retraite après avoir atteint l'âge de 75 ans.

Au cours de la dernière année, alors que certaines régions sont devenues de plus en plus sous-représentées au Sénat, Stephen Harper a laissé les sièges vacants continuer à s'accumuler en espérant que les provinces établissent leurs propres mécanismes d'élections sénatoriales. Mais seules l'Alberta et la Saskatchewan ont mis en place de telles procédures.

Selon Bert Brown, le premier ministre craignait de voir la coalition formée par le Parti libéral du Canada et le Nouveau Parti démocratique proposer des sénateurs souverainistes — un scénario qu'ont rejeté les trois partis de l'opposition.

«Je crois que Stephen Harper a eu peur et qu'il a décidé qu'il ne voulait pas voir de souverainistes au Sénat», a-t-il expliqué.

Mais M. Brown a assuré qu'il ne fallait pas considérer les nominations au Sénat comme un signe que Stephen Harper a laissé tomber son projet de réforme de la chambre haute fédérale.

Il a ajouté que le premier ministre lui avait indiqué de maintenir la pression sur les provinces pour que des élections y soient tenues pour choisir les sénateurs.

Bert Brown entend travailler pour convaincre plus de cinq provinces à adopter un mécanisme d'élections sénatoriales. Cela créerait, selon lui, un élan irrésistible vers un Sénat dont tous les membres seraient élus.

Mais d'ici là, M. Brown a assuré que les sénateurs nommés sous l'avis de Stephen Harper seraient dévoués au projet de réforme du Sénat.
 
 
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