Ottawa dans le rouge pendant quatre ans
N'en déplaise à cette majorité de Canadiens qui exhorte Ottawa à choisir l'absence de déficit plutôt qu'un plan de relance économique, le gouvernement fédéral s'aligne pour une série de quatre exercices déficitaires. Et ces insuffisances budgétaires seront comptabilisées avant tout stimulus économique devant constituer le coeur du budget fédéral du 27 janvier 2009. Il appert que la conjoncture économique se serait à ce point détériorée depuis l'énoncé économique du gouvernement Harper du 27 novembre dernier qu'on accepterait désormais, à Ottawa, de donner la priorité à la relance économique, même au prix de lourds déficits.
Le Canada n'y échappera pas. Rattrapée par la récession, l'économie canadienne apporte moins d'entrées fiscales au gouvernement fédéral venant des entreprises et des consommateurs, alors que la colonne des dépenses est alourdie par des contributions additionnelles à l'assurance-emploi et aux autres programmes sociaux. Mercredi, au terme d'une rencontre prébudgétaire avec ses homologues provinciaux, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a prévenu que son gouvernement devrait inscrire, au terme de l'exercice 2009-10, un premier déficit budgétaire depuis 1997. Selon les paramètres soumis lors de cette rencontre à Saskatoon, le déficit pourrait atteindre les cinq milliards en 2009-10 et les 5,5 milliards en 2010-11. Mais si la situation économique continue de se dégrader au rythme des derniers mois, ces chiffres à l'encre rouge pourraient doubler pour chacun de ces deux exercices.
Les projections font ressortir une insuffisance de quatre milliards et d'un milliard pour les deux exercices suivants, laissant miroiter un retour aux surplus en 2013-14.
Au total, cette série de quatre exercices déficitaires devrait générer un déficit accumulé oscillant entre 15 et 24 milliards. Des données qui ne comprennent aucune mesure de relance devant constituer l'essentiel du budget fédéral du 27 janvier prochain. Auparavant, le gouvernement canadien avait présenté des budgets équilibrés ou excédentaires depuis 1997, et réduit sa dette de plus de 100 milliards dans l'intervalle.
L'annonce de ces nouvelles cibles budgétaires survient le jour du dévoilement des conclusions d'un sondage La Presse canadienne-Harris Decima dans lequel une majorité de Canadiens exhorte le gouvernement fédéral à ne pas sacrifier ses équilibres comptables au profit d'un plan de relance économique. Ainsi, 54 % des répondants ont indiqué préférer voir le gouvernement dépenser en fonction de ses moyens plutôt que d'inscrire un déficit. À l'opposé, 39 % des personnes interrogées ont soutenu qu'Ottawa devrait stimuler l'activité économique en augmentant les dépenses pour les infrastructures et d'autres projets, même si cela entraînait un déficit.
D'ailleurs, le gouvernement Harper semble vouloir prêter l'oreille à ces derniers répondants et privilégier la carte de la relance, même si le prix à payer prend la forme de lourds déficits. Selon La Presse canadienne citant hier un représentant du gouvernement, le fédéral s'accommoderait de déficits cumulatifs estimés entre 20 et 30 milliards, des déficits planifiés «à court terme», semble-t-il. Le gouvernement s'apprêtait à s'endetter afin de financer des projets d'infrastructures et de formation professionnelle pour les travailleurs qui perdront leur emploi, a-t-il ajouté.
Les documents du ministère fédéral des Finances renferment de nouvelles projections venant des prévisions moyennes de 16 économistes, qui mettent l'accent sur une contraction de 0,4 % du PIB canadien en 2009. Il s'agit d'un net revirement par rapport au scénario de croissance de 0,3 % du PIB constituant la base de l'énoncé économique du 27 novembre dernier. Dans cet énoncé, le gouvernement Harper s'était porté à la défense des équilibres budgétaires en renonçant à tout stimulus économique et en annonçant plutôt des réductions de dépenses et la vente d'actifs afin d'éviter de retomber en déficit.
Conseil sur l'économie
Afin de l'appuyer en ces temps difficiles, le ministre des Finances a décidé de s'entourer d'un conseil consultatif sur l'économie. «En cette période de bouleversements économiques sans précédent, j'ai choisi de rassembler certains des esprits les plus éminents du Canada afin de trouver des solutions et d'amorcer une reprise rapide de l'économie», a souligné M. Flaherty. Ce comité de 11 membres, composé «de chefs de file des milieux universitaires et d'affaires», va amorcer ses travaux avant Noël. Il prodiguera des conseils au gouvernement dans le cadre des consultations nationales que le ministre tient en prévision du budget fédéral de 2009 «et de façon régulière par la suite», peut-on lire dans le communiqué.
Les membres du comité travailleront pour le salaire symbolique de 1 $ par année. On y retrouvera notamment Paul Desmarais fils, président et cochef de la direction de Power Corporation, Isabelle Hudon, auparavant présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et désormais présidente de l'agence de publicité Marketel, James D. Irving, président de l'empire familial Irving, et Jack Mintz, ancien président de l'Institut CD Howe, professeur à l'Université de Calgary spécialisé en fiscalité. Le comité sera présidé par l'ex-ministre des Finances de la Colombie-Britannique Carole Taylor.
Le ministre prévoit également tenir des assemblées publiques et recueillir opinions et suggestions des Canadiens sur Internet.
Le Canada n'y échappera pas. Rattrapée par la récession, l'économie canadienne apporte moins d'entrées fiscales au gouvernement fédéral venant des entreprises et des consommateurs, alors que la colonne des dépenses est alourdie par des contributions additionnelles à l'assurance-emploi et aux autres programmes sociaux. Mercredi, au terme d'une rencontre prébudgétaire avec ses homologues provinciaux, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a prévenu que son gouvernement devrait inscrire, au terme de l'exercice 2009-10, un premier déficit budgétaire depuis 1997. Selon les paramètres soumis lors de cette rencontre à Saskatoon, le déficit pourrait atteindre les cinq milliards en 2009-10 et les 5,5 milliards en 2010-11. Mais si la situation économique continue de se dégrader au rythme des derniers mois, ces chiffres à l'encre rouge pourraient doubler pour chacun de ces deux exercices.
Les projections font ressortir une insuffisance de quatre milliards et d'un milliard pour les deux exercices suivants, laissant miroiter un retour aux surplus en 2013-14.
Au total, cette série de quatre exercices déficitaires devrait générer un déficit accumulé oscillant entre 15 et 24 milliards. Des données qui ne comprennent aucune mesure de relance devant constituer l'essentiel du budget fédéral du 27 janvier prochain. Auparavant, le gouvernement canadien avait présenté des budgets équilibrés ou excédentaires depuis 1997, et réduit sa dette de plus de 100 milliards dans l'intervalle.
L'annonce de ces nouvelles cibles budgétaires survient le jour du dévoilement des conclusions d'un sondage La Presse canadienne-Harris Decima dans lequel une majorité de Canadiens exhorte le gouvernement fédéral à ne pas sacrifier ses équilibres comptables au profit d'un plan de relance économique. Ainsi, 54 % des répondants ont indiqué préférer voir le gouvernement dépenser en fonction de ses moyens plutôt que d'inscrire un déficit. À l'opposé, 39 % des personnes interrogées ont soutenu qu'Ottawa devrait stimuler l'activité économique en augmentant les dépenses pour les infrastructures et d'autres projets, même si cela entraînait un déficit.
D'ailleurs, le gouvernement Harper semble vouloir prêter l'oreille à ces derniers répondants et privilégier la carte de la relance, même si le prix à payer prend la forme de lourds déficits. Selon La Presse canadienne citant hier un représentant du gouvernement, le fédéral s'accommoderait de déficits cumulatifs estimés entre 20 et 30 milliards, des déficits planifiés «à court terme», semble-t-il. Le gouvernement s'apprêtait à s'endetter afin de financer des projets d'infrastructures et de formation professionnelle pour les travailleurs qui perdront leur emploi, a-t-il ajouté.
Les documents du ministère fédéral des Finances renferment de nouvelles projections venant des prévisions moyennes de 16 économistes, qui mettent l'accent sur une contraction de 0,4 % du PIB canadien en 2009. Il s'agit d'un net revirement par rapport au scénario de croissance de 0,3 % du PIB constituant la base de l'énoncé économique du 27 novembre dernier. Dans cet énoncé, le gouvernement Harper s'était porté à la défense des équilibres budgétaires en renonçant à tout stimulus économique et en annonçant plutôt des réductions de dépenses et la vente d'actifs afin d'éviter de retomber en déficit.
Conseil sur l'économie
Afin de l'appuyer en ces temps difficiles, le ministre des Finances a décidé de s'entourer d'un conseil consultatif sur l'économie. «En cette période de bouleversements économiques sans précédent, j'ai choisi de rassembler certains des esprits les plus éminents du Canada afin de trouver des solutions et d'amorcer une reprise rapide de l'économie», a souligné M. Flaherty. Ce comité de 11 membres, composé «de chefs de file des milieux universitaires et d'affaires», va amorcer ses travaux avant Noël. Il prodiguera des conseils au gouvernement dans le cadre des consultations nationales que le ministre tient en prévision du budget fédéral de 2009 «et de façon régulière par la suite», peut-on lire dans le communiqué.
Les membres du comité travailleront pour le salaire symbolique de 1 $ par année. On y retrouvera notamment Paul Desmarais fils, président et cochef de la direction de Power Corporation, Isabelle Hudon, auparavant présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et désormais présidente de l'agence de publicité Marketel, James D. Irving, président de l'empire familial Irving, et Jack Mintz, ancien président de l'Institut CD Howe, professeur à l'Université de Calgary spécialisé en fiscalité. Le comité sera présidé par l'ex-ministre des Finances de la Colombie-Britannique Carole Taylor.
Le ministre prévoit également tenir des assemblées publiques et recueillir opinions et suggestions des Canadiens sur Internet.
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