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Budget: Layton attend un «miracle»

Marco Bélair-Cirino   15 décembre 2008  Canada
Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, baisse le ton en ce qui concerne un éventuel renversement du gouvernement de Stephen Harper. M. Layton a indiqué hier qu'il «pouvait comprendre» le nouveau chef du PLC, Michael Ignatieff, de montrer moins d'enthousiasme que son prédécesseur, Stéphane Dion, à renverser Stephen Harper dès la reprise des travaux parlementaires.

«Je peux comprendre cela. Il est tout nouveau [comme chef du Parti libéral]. C'est une position raisonnable à adopter», a lancé Jack Layton en entrevue à l'émission Question Period, diffusée à CTV.

Tout en se disant persuadé que M. Harper échouera à présenter un budget qui saura satisfaire les exigences des partis d'opposition, le leader néodémocrate croit qu'il est sage d'attendre le document avant de signer l'arrêt de mort du gouvernement. Toutefois, seul un «miracle» pourrait faire changer d'avis les néodémocrates, a souligné M. Layton. Il a tempéré ses propos en déclarant que «c'était la saison des miracles» et qu'elle pourrait inspirer les conservateurs plongés dans la rédaction de leur budget.

Pour Jack Layton, il était pourtant clair il y a quelques jours à peine qu'il n'y avait pas de retour en arrière possible. Le scénario prévu: Stephen Harper serait battu dès la rentrée parlementaire de janvier, et la gouverneure générale, pour ne pas replonger le pays en élections moins de six mois après le dernier scrutin, demanderait à la coalition PLC-NPD de prendre le pouvoir. «C'est clair que la majorité des députés n'a plus confiance en M. Harper, et je ne vois pas comment ça pourrait changer [...] S'il présente de bonnes idées, nous allons les inclure dans le budget de la coalition», disait le chef du NPD.

M. Layton a qualifié hier de «virtuellement impossible» la possibilité que la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, déclenche de nouvelles élections à la suite d'une motion de défiance contre le gouvernement Harper.

Michael Ignatieff a affirmé mercredi dernier qu'il était prêt à renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Du même souffle, il a ajouté qu'il prendra sa décision après avoir pris connaissance du budget. «Je suis prêt à voter contre ce gouvernement et je suis prêt à diriger un gouvernement de coalition avec mes partenaires, a déclaré M. Ignatieff. Mais j'ai aussi indiqué clairement à mon caucus qu'un parti politique qui annoncerait aujourd'hui qu'il votera contre un budget qu'il n'a pas encore vu n'inspirerait pas confiance aux Canadiens.»

La coalition formée par le PLC et le NPD, et appuyée par le Bloc québécois, est une solution de rechange «réaliste» au Parti conservateur pour gouverner le Canada, a indiqué hier M. Layton.

«La coalition a déjà commencé à transformer la façon dont le gouvernement aborde l'économie», a indiqué Jack Layton, ajoutant qu'il maintiendra la pression sur Stephen Harper.

Mais quand on lui demande s'il s'attend à siéger au cabinet aux côtés des libéraux d'ici quelques semaines, M. Layton répond d'une manière ambiguë. «J'espère que nous aurons un gouvernement qui fera ce qu'il faut faire pour l'économie d'ici la fin de janvier, d'une façon ou d'une autre.»

Jack Layton s'est par ailleurs défendu de vouloir accéder au pouvoir à tout prix. «Ce n'est pas prendre le pouvoir [que je veux], mais plutôt faire ce qu'il faut pour l'économie. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi. Des milliers», a-t-il dit.

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, doit rencontrer aujourd'hui à Ottawa les critiques du PLC en matière de finances, John McCallum et Scott Brison, afin d'échanger avec eux sur la préparation du prochain budget.

M. Flaherty a indiqué vendredi, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, qu'il entendait travailler étroitement avec les libéraux et les autres membres de la coalition, le NPD et le Bloc québécois, afin d'assurer l'adoption de son budget.

Le premier ministre Stephen Harper a pour sa part rencontré vendredi le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, afin de discuter des mesures qu'il souhaite voir inclure dans ce budget. Peu de détails ont filtré de cet entretien sinon qu'il a été cordial.

Le budget, qui doit notamment contenir des mesures pour relancer l'économie canadienne, sera déposé le 27 janvier à la Chambre des communes.

***

Avec La Presse canadienne






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Vos réactions

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  • Nadir Ozer
    Inscrit
    lundi 15 décembre 2008 06h03
    Opportunisme
    « Stéphane Dion avait maintes fois l'opportunité de défaire le gouvernement de Harper avant même les dernières élections et chaque fois on assistait à une abstension du PLC, mais dans un dernier souffle de désespoir, sachant il ne saura jamais premier ministre, il forme une coalition pour défaire le gouvernement en plein crise économique et après 300 Millions de dollars d'élection. »

  • Nadir Ozer
    Inscrit
    lundi 15 décembre 2008 06h04
    Opportunisme
    « Stéphane Dion avait maintes fois l'opportunité de défaire le gouvernement de Harper avant même les dernières élections et chaque fois on assistait à une abstension du PLC, mais dans un dernier souffle de désespoir, sachant il ne saura jamais premier ministre, il forme une coalition pour défaire le gouvernement en plein crise économique et après 300 Millions de dollars d'élection. »

  • Lucie Allaire
    Abonnée
    lundi 15 décembre 2008 07h15
    Etonnement- le parlement a fait son travail
    « Je suis étonnée face à la réaction de nombreux Canadiens qui croient que la crise politique des dernières semaines est une indication que la démocratie et le parlement n'ont pas fonctionné. Le contraire est plutôt vrai. Sans l'action agressive des partis d'opposition, ce gouvernement minoritaire aurait eu le dernier mot, sans égard aux conséquences pour le pays. Beaucoup de Canadiens reprochent aux partis d'opposition d'avoir causé une crise; c'est évident pour moi, que la crise a été causé par un premier ministre mesquin et vindicatif. On l'a échappé bel grâce au travail des partis d'opposition, à notre système parlementaire. Malheureusement je ne peux en dire autant du travail du GG, je m'attendais à plus.
    Lucie Allaire »

  • william morris
    Abonné
    lundi 15 décembre 2008 10h40
    ne pas s'énerver...
    « Bonjour,e
    Le ministre des Finances rencontre ses équivalents des deux partis de l'opposition et
    M. Harper rencontre M. Ignatieff pour discuter.

    Ces gestes font partie de la démocratie. Les Canadiens, quoi qu'on dise, n'ont pas donner aux deux partis de l'opposition le mandat de gouverner le Canada.

    Il est bon de se rappeler cette vérité simple avant de rêver à une coalition miracle...

    William Morris
    www.lemont. canalblog.com »

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    lundi 15 décembre 2008 11h17
    À Lucie Allaire
    « Vous avez totalement raison et je pense exactement la même chose que vous.

    JSB »

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 15 décembre 2008 14h35
    À M. William Morris, oui il faut s'énerver, ou tout au moins se mobiliser.
    « Cher Monsieur,
    Ce dont il faut surtout se rappeler c'est que 63% des canadiens n'ont pas voté pour les conservagteurs de Stephen Harper. Dans notre système, le gouvernement doit constamment avoir la confiance de la majorité des députés. Or M. Harper a perdu cette confiance, par sa propre faute.

    Il faut donc s'énerver, ou tout au moins se mobiliser, afin que ce M. Harper ne continue pas de s'approprier le pouvoir par des tactiques à la limite de la loi. On sait qu'il a déjà obtenu la fermeture du parlement afin d'empêcher les députés de se prononcer et de conserver le pouvoir encore quelques mois.

    Il ne faut pas permettre que notre démocratie ne s'apparente à ce que l'on observe dans le Tiers-monde et continue ainsi de fonctionner de façon dangereuse.

    La légitimité de ce gouvernement a été suspendue en même temps que les droit des parlementaires de s'exprimer. Rien d'important de devrait être décidé par ce gouvernement avant qu'il n'ait de bnouveau soumis sa légitimité au vote des députés canadiens. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 15 décembre 2008 18h30
    Une vigoureuse Opposition, avec Michael Ignatieff.
    « Il serait à propos que quelqu'un de son entourage immédiat, brasse et époussette les tablettes des souvenances de Jack Layton, rappelant au monsieur qui semble à la recherche d'un «miracle» religionnaire ou sectaire, que si miracle il y a, c'est celui du fait qu'il soit «encore en place» et fasse «encore partie» des meubles des Communes...

    Par ailleurs, je reconnais qu'une Opposition ou qu'un groupe d'Oppositions fortement structurées et intelligemment articulées, solidaires, vigoureuses et menaçantes, peuvent recentrer le pouvoir et le replacer devant l'électorat. Par contre, je suis convaincu que le bric-à-brac de la dernière tentative bigarrée de «coagulation opportuniste» que l'on camoufle sous les apparences d'une coalition axée sur l'action et la définition des urgences, alors qu'elle fut une explosion spontanée plutôt axée exclusivement sur le contre-pouvoir. Ce petit festival JUSTE POUR RIRE qui tient du plus pur burlesque, ne fut rien d'autre qu'une tentative extrême de putschisme, de la part de pétards libéraux, de patriotards bloquistes et de fêtards pseudo démocrates, cherchant à organiser un Fatah (foutre le bordel) dans une garderie à Quat'Sous. Que ce soit devenu une attraction quasi tiers-mondiste et risible, dépasse l'entendement et constitue une honte nationale.

    Le départ de Dion est une véritable délivrance. L'arrivée de Monsieur Ignatieff va probablement tempérer les excessifs, recentrer le pouvoir et ramener les priorités de l'urgentologie politique auxquels tous les élus, les crâneurs Paquet et autres guignols disciples de Duceppe y compris, sont confrontés. Il y arrivera par la force de son caractère et par ses indéniables compétences, plutôt que par la faiblesse d'impromptues alliances putschistes et extrêmement gauches. Si Minoritaire soit le gouvernement de Stephen Harper, il est légitiment mandaté et se doit de gouverner le pays. En dépit de ce que peut attendre le «miraculé» Layton, Duceppe devrait s'inscrire à la retraite ou au retrait préventif. Sinon, un cours de «démocratie 101» pourrait contribuer à lui redonner une certaine crédibilité. À l'entendre jaspiner et à le voir saccader sa gestuelle orbitale, comme le fait la sauterelle présidentielle française, on est à se demander s'il n'a pas commencé à fêter trop tôt la «Fête du Sapin de Jean Charest» avec qui il avait signé un «pacte d'obligeances», lors des dernières élections fédérales ...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Guy Lemieux
    Abonné
    lundi 15 décembre 2008 18h58
    Le miracle est parmi nous....
    « Déjà l impossible est accesible : Le bloc en coalition avec ses Inquisiteurs ....Le syndrôme de Stocholm dans nos rangs .
    Ne pas s énerver cela passera ...tout au moins à l histoire du Canada ... »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 16 décembre 2008 12h14
    Principe de Peter`s
    « Quelle belle démonstration d`incompétence chronique des Harper et Flaherty sur les crises financière et économique. D`abord ils ont nié la situation en temps d`élection car c`était si convenant. Puis ils ont fait des déclarations empiriques sans poser de geste pertinent. $0 de liquidité ajouté quand tous les pays du G20 ont investi des centaines de milliards. Enfin, ils ont fermé la Chambre des communes pour se protéger contre les agressions de l`opposition. S`ils ne peuvent gérer la situation ils doivent partir. Le Canada a besoin de leadership marquant. Harper et Flaherty nous donnent quoi? Paralysie cérébrale et incompétence de surcroît. Appelez vos élections et les canadiens vous mettront à la porte point final. »

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