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Ignatieff a le champ libre

Bob Rae se retire à son tour de la course à la direction du PLC

10 décembre 2008  Canada
Michael Ignatieff annonçant son intention de se lancer dans la course à la direction du PLC, le 13 novembre dernier. Moins d’un mois plus tard, seul en lice, il n’attend plus que son couronnement à la tête du parti.
Photo : Agence Reuters
Michael Ignatieff annonçant son intention de se lancer dans la course à la direction du PLC, le 13 novembre dernier. Moins d’un mois plus tard, seul en lice, il n’attend plus que son couronnement à la tête du parti.
Ottawa — Bob Rae s'est rendu à l'évidence et a effectué hier le seul geste qui, à son avis, était logique dans les circonstances: il s'est retiré de la course à la direction du Parti libéral du Canada, laissant le champ libre à son rival et ami de jeunesse, Michael Ignatieff. L'intellectuel est donc désormais, de facto, le nouveau chef du PLC et le vis-à-vis de Stephen Harper à la Chambre des communes.

Pour la seconde fois consécutive, c'est donc un ancien professeur d'université qui présidera aux destinées du PLC. Stéphane Dion avait enseigné les sciences politiques à l'Université de Montréal avant d'être recruté par Jean Chrétien (ou plus précisément son épouse, Aline). Michael Ignatieff, lui, est issu de la prestigieuse université bostonienne Harvard, où il dirigeait le centre Carr sur les droits de la personne.

Bob Rae estime qu'il n'avait pas d'autre choix que de se retirer de la course: au cours d'une conférence téléphonique en soirée lundi, les dirigeants du PLC ont tranché et décidé que ce seraient les députés, sénateurs et candidats défaits à la dernière élection qui choisiraient un chef intérimaire pour remplacer M. Dion. Aucune consultation directe des militants ne serait effectuée.

«Ma candidature au leadership reposait beaucoup sur le recrutement de plusieurs nouveaux membres et d'une campagne, ce que nous ne pourrons pas avoir pour plusieurs raisons», a expliqué M. Rae qui a ajouté plus tard: «Je sais compter.»

M. Ignatieff jouissait d'une importante longueur d'avance sur son rival. Il avait réussi à faire signer une lettre d'appui à 46 de ses 75 collègues députés lundi. Compte tenu du fait que plusieurs occupaient des fonctions leur interdisant de prendre position dans la course, il s'agissait d'une importante majorité.

M. Rae affirme avoir donc pris sa décision hier matin, lorsqu'il a pris connaissance de la décision du PLC, dévoilée très tard en soirée. A-t-elle été difficile à prendre? «Espérez-vous que je me mette à saigner ici devant vous? Je ne suis pas comme cela», a-t-il répondu au journaliste trop indiscret. Puis il a ajouté: «La décision a été très facile à prendre et était évidente. Cela a pris davantage de temps à persuader les autres dans mon équipe.» Il note aussi que l'annulation de la course au leadership permettra au parti de recueillir pour ses propres coffres l'argent des militants.

Le député torontois a rappelé qu'il avait déjà été chef d'un parti politique (le NPD de l'Ontario) et qu'«être chef d'un parti n'est pas la fin du monde». «Le leadership du Parti libéral, c'est une aspiration du passé.» Il se montre plus honnête que bien d'autres en affirmant que si Michael Ignatieff a confiance en lui, il espère pouvoir devenir un de ses ministres.

Techniquement, M. Ignatieff n'est pas encore chef du parti. Le processus de consultation décidé par l'exécutif suit son chemin et le chef «intérimaire» sera choisi au plus tard mercredi prochain au terme de consultations avec divers organes du PLC. Hier soir, le parti reconnaissait toutefois que le processus pourrait être accéléré. Il faudra encore que ce choix soit entériné à Vancouver en mai, mais, dans les faits, toute l'ambiguïté se dissipe avec ce dernier retrait.

M. Ignatieff n'a pour ces raisons pas voulu faire de commentaires hier, que ce soit sur son nouveau statut de chef ou à propos de l'avenir de la coalition avec le NPD. «Il faut qu'il digère tout cela, explique un de ses organisateurs. On passe du mode cueillette d'appuis à travers le pays à chef du jour au lendemain!»

Le PLC, qui a vécu d'épiques déchirements à propos de la sélection de ses chefs (que ce soit entre John Turner et Jean Chrétien ou encore M. Chrétien et Paul Martin) doit mettre un terme à ce penchant destructeur, a plaidé M. Rae. Il a lancé un appel à l'unité des troupes et insisté pour dire que le leadership de Michael Ignatieff n'est pas moins légitime parce que survenu d'une bien étrange façon.

C'est «sans amertume et sans désespoir» qu'il a dit accepter la situation. «J'appelle mes amis et mes supporteurs à faire exactement la même chose. [...] Son leadership [à Michael Ignatieff] est tout à fait constitutionnel, légitime et approprié, et je crois que personne ne devrait penser le contraire.» Il dit espérer que le PLC devienne «le parti le plus ennuyeux à couvrir» d'un point de vue journalistique.

M. Rae n'avait que de bons mots pour son ami et rival. Lui et Michael Ignatieff se sont rencontrés dans leur jeunesse à l'université. M. Ignatieff, qui détient sept doctorats honorifiques et parle aussi le russe, a vécu en Grande-Bretagne et aux États-Unis de très nombreuses années où il a été philosophe, conseiller politique et journaliste. «Je sais que Michael Ignatieff est un homme sage et généreux qui sera un grand premier ministre.»

Une coalition menacée?

M. Ignatieff s'est montré jusqu'à présent tiède à l'idée d'une coalition avec le NPD et appuyée par le Bloc québécois pour remplacer le gouvernement conservateur. «Une coalition si nécessaire, mais pas nécessairement une coalition», a-t-il dit. M. Rae a rappelé qu'il s'agissait d'un calque d'une remarque faite par William Lyon Mackenzie King à propos de la conscription. «Comme vous le savez, on a fini par avoir la conscription», a-t-il fait remarquer. Il entend continuer à militer fermement en faveur de cette coalition, car M. Harper ne mérite plus de gouverner le Canada selon lui.






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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 07h33
    Imaginez un Québec libre
    Imaginez un Québec libre depuis quelques années.
    Imaginez un gouvernement fraichement élu.
    Imaginez un pm qui présente un premier budget, assez mean, assez cochon pour l'Opposition
    Imaginez une coalition formée des deux partis de l'Opposition (qui avaient juré pendant la campagne électorale que jamais ils ne formeraient une coalition ensemble) et du parti fédéraliste (qui rêve de ramener le Québec libre dans le jiron du Canada), qui essaieraient de renverser le gouvernement avec un chef extrêmement impopulaire, qui vient tout juste de démissionner.

    Imaginez que pour sauver son gouvernement, le PM demanderait au président -un titre honorifique occupé par un Haitien marié à une Française pédante- de suspendre le Parlement pendant 2 mois, le temps que la coalition s'effondre.

    Finalement, on force le chef de la coalition à démissionner et on le remplace par un autre intello qui lui a vécu pendant 30 ans à l'extérieur du pays.

    Bienvenue dans le Canada réel, l'Haiti du Nord...

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 10 décembre 2008 08h52
    danse
    Pas de quoi danser la kazatcha sur les tables, mais mon petit doigt me dit que le nouveau chef va préférer temporiser jusqu'à l'été afin de mieux reprendre les choses en mains. Ce qui devrait nous donner un répit jusqu'à l'automne pour de nouvelles élections. Santé!

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 08h53
    C'est bien...
    un bon moment. Khadir qui a de grande qualité intellectuelle avec un Parti intéressant portant l'avenir du Québec dans ses mains. Avec Ignatieff, ça va faire du bien dans les débats publics où on s'ennuyait de tant de bêtises. Enfin, ça change. Un petit peu mais ça change. Ignatieff 1er ministre du canada et Khadir, 1er Ministre du Québec (comme le disait hier un commentateur à juste titre). C'est la beauté du futur.
    M Noël, je vois que vous commencez à paniquer de plus en plus. Non seulement on a gagné mais aussi on gagne. L'intelligence et l'imagination au pouvoir comme en France en 1968. Il y a un même vent de possibles depuis les élections de notre Obama adoré partout dans le monde. Y a qu'à voir Miss France, splendide métis. On ne fait pas mieux dans le genre beauté.

  • Pascal Barrette
    Abonné
    mercredi 10 décembre 2008 08h59
    Bon mix
    Chapeau Bob Rae. Beau geste. Une gars de bonne étoffe.

    Bravo Michaël Ignatief! Il tient sa légitimité d'une majorité du caucus, dont le Québec. C'est pas rien. Le pays a besoin d'un homme de vision. Il saura sûrement se laisser conseiller par Rae qui possède une valeur ajoutée, la connaissance du terrain.

    Bon mix. Tout est bien qui finit bien.

    Pascal Barrette
    Ottawa

  • Joseph Berbery
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 09h12
    Seigneur, ouvrez les yeux d'Ignatieff
    Je prie le ciel pour que le nouveau chef du PLC s'ouvre grands les yeux, et qu'il réalise que l'urgence des urgences est de débarrasser le Canada de la peste fascisante incarnée dans Harper.

    La coalition est une nécessité vitale pour sauver ce qui reste de notre démocratie déjà mise à mal par ce gouvernement hors normes.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 10h12
    La fin de Harper
    La fin du régime despotique de Harper tire à sa fin. Elle pourrait se présenter dès le 27 janvier prochain. Bien que le Québec sera toujours mieux servi par les siens soit le Bloc Québécois.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 11h11
    Coalition = désobéissance civile?
    Reste à savoir le sort qu'Ignatieff réserve à la coalition. Il est évident que les conservateurs paniquent à une telle éventualité si on en croit Scott Pearce qui prêche la désobéissance civile en cessant de payer ses impôts fédéraux si la démocratie est rétablie au Canada... Son raisonnement pourrait très bien s'appliquer aux Québécois qui ont voté pour le Bloc et qui devraient peut-être cesser de payer leurs impôts à Ottawa puisque ce gouvernement a refusé de reconnaître leur légitimité... Pas de taxes sans représentation, n'est-ce pas?

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 10 décembre 2008 15h01
    Noël
    Avec Ignatieff comme Père Noël, Harper n'aura plus qu'a souhaiter de Joyeuses Fêtes à la coalition assurément. HO! OH ! HO! OH!
    Les choeurs s.v.p.... Mon beau Sapin....

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 15h41
    Les cartes de Harper
    Jouer au poker avec de mauvaises cartes s`appelle un bluff. Ignatieff a appelé le bluff de Harper et le gagnant se trouve hors gouvernement. Ignatieff a une prestance qui force à réévaluer l`équipe au pouvoir. Il me semble que nous allons vivre une partie d`échecs dans les semaines à venir et le four tout de Harper se dévoilera dans toute sa plénitude. Harper ne fera pas le poids devant l`électorat. Le roi fera échec au chevalier avec un plan d`attaque facile à imaginer. Les Tours auront été inutiles.

  • Joseph Berbery
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 16h31
    Exhortation (suite)
    J'aimerais ajouter à mon exhortation que le R.O.C. (surtout les vrais démocrates qui s'y trouvent) devrait comprendre que le Bloc Québécois fait partie du paysage démocratique en usage jusqu'ici au Canada avec plus ou moins de bonheur. Harper est autrement plus menaçant. Qu'est-ce qui est plus dangereux? Une redéfinition des relations Canada/Québec? Ou la remise en cause de nos libertés fondamentales?

    Quant aux souverainistes (séparatistes!) québécois, il leur faut prendre conscience que le PLQ ou le NPD sont des adversaires familiers. Harper et les néo-cons, c'est tout à fait autre chose.

    Peut-être les démocrates des deux bords finiront-ils par prendre conscience du danger qui nous menace tous. Et en viendront-ils à des «accommodements raisonnables».

    J'ai l'air de dramatiser. Mais ça urge. Parce que la crise économique qui s'en vient a tout l'air de devoir se transformer en crise politique à l'échelle continentale. Avec des prolongements qu'on n'attend peut-être pas en ce moment mais qui pointent déjà. L'horizon est sombre.

  • Guillaume Baillargeon
    Inscrit
    mercredi 10 décembre 2008 17h39
    J'imagine un Québec
    Un Québec où la justice sociale existe.

    Un Québec responsable fiscalement.

    Un Québec francophone, mais ouvert sur le monde où la maitrise de l'anglais et même d'une troisième langue sont encouragées.

    Un Québec où la culture entrepreneuriale et l'engagement civique sont valorisés.

    Un Québec où le développement durable est réel parce que économiquement et socialement rentable.

    Un Québec où il existe un équilibre entre le pouvoir de l'État et celui des citoyens.

    Un Québec où l'initiative individuelle responsable est encouragée sans pour autant entraîner un désengagement de l'État.

    Un Québec où les autochtones seront considérés comme des Québécois avec des conditions de vie équivalentes.

    Un Québec où des personnes issues de différentes communautés se mélangeront pour former de nouvelles familles. Ce qui est à mon sens la meilleure solution pour l'intégration de tous.

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