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Course à la direction du PLC - Rae s'accroche, LeBlanc se rallie à Ignatieff

9 décembre 2008  Canada
Stéphane Dion ayant démissionné hier, il revient à l’exécutif du PLC de choisir un chef intérimaire.
Photo : Agence Reuters
Stéphane Dion ayant démissionné hier, il revient à l’exécutif du PLC de choisir un chef intérimaire.
Ottawa — Le choix d'un successeur à Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada n'en est plus qu'à une démission près. Reste à savoir laquelle. Le candidat Bob Rae a refusé hier de jeter l'éponge, même si la pression pour qu'il se désiste, et laisse toute la place à Michael Ignatieff, se fait de plus en plus intense. Le sort de la coalition avec le NPD pourrait bien dépendre de sa décision.

C'était peut-être journée électorale au Québec hier, mais, une fois de plus, la politique fédérale semblait voler la vedette. Stéphane Dion a accepté de rentrer dans ses terres. Dominic LeBlanc, lui, a retiré sa candidature à la direction et s'est rallié à Michael Ignatieff. Les deux hommes disent partir pour qu'un nouveau chef permanent soit choisi avant le retour de la Chambre des communes le 26 janvier.

«Il existe un sentiment au sein du parti, et très certainement au sein du caucus, que compte tenu des nouvelles circonstances, le nouveau chef doit être en place avant la reprise des travaux de la Chambre. Je suis d'accord», a déclaré M. Dion par voie de communiqué de presse. Ses adjoints ont précisé par téléphone que M. Dion parlait d'un chef «permanent». «J'ai décidé que je quitterais mes fonctions de chef du Parti libéral dès que mon successeur aura été dûment choisi», a ajouté M. Dion, ce qui pourrait survenir aussi tôt que demain.

Il y a une semaine à peine, les trois prétendants à sa succession se disaient d'accord avec sa décision de rester en poste jusqu'au congrès d'investiture en mai. Le report en janvier du vote de confiance envers le gouvernement de Stephen Harper, tout comme la piètre qualité vidéo du message de Stéphane Dion mercredi dernier, a changé la donne.

«Les circonstances font en sorte qu'il est maintenant intenable pour le PLC d'entretenir de l'incertitude à propos de son leadership», a expliqué Dominic LeBlanc en conférence de presse, faisant référence à la possibilité que le Parti libéral se retrouve au pouvoir cet hiver — et que son chef devienne premier ministre — grâce à l'entente de coalition signée avec le NPD et le Bloc québécois. «En choisissant un nouveau chef permanent, la coalition serait renforcée.»

M. LeBlanc n'a pas voulu dire s'il avait invité Bob Rae à l'imiter. «Je ne parle pas au nom de M. Rae», a-t-il répété à de nombreuses reprises. Ses sous-entendus étaient toutefois lourds lorsqu'il disait agir dans l'intérêt supérieur du PLC. «J'ai pris une décision personnelle difficile dans l'intérêt du parti et du pays. J'ai mis de côté les outils partisans pour me rallier derrière Michael Ignatieff et j'invite le parti à finaliser sa candidature aussi rapidement que possible.»

À 40 ans, M. LeBlanc a toutefois le luxe du temps que Bob Rae n'a pas. À 60 ans, M. Rae n'aura peut-être plus la chance d'aspirer à prendre la tête du pays et devenir un jour premier ministre du Canada.

Consultation électronique

Avec la démission de M. Dion, il revient à l'exécutif du PLC, sur recommandation du caucus de députés et de sénateurs, de choisir un chef intérimaire. Michael Ignatieff remportera très certainement ce premier test, lui dont les appuis sont très importants au sein du caucus. C'est la sélection d'un chef permanent qui est plus complexe. Autant M. Rae que Michael Ignatieff sont d'avis qu'elle doit être accélérée. Comment? Là est toute la question.

M. Ignatieff s'engage à faire entériner son leadership intérimaire au congrès de Vancouver. Bob Rae, lui, propose que les militants du PLC choisissent à la mi-janvier leur chef définitif par téléphone ou par Internet. Il s'oppose à ce que ce soit seulement le caucus des 76 députés qui choisisse, une idée «tellement démodée».

«Des portions importantes du pays n'ayant pas élu un député libéral ne pourront pas participer. Qu'en est-il des libéraux ruraux, de presque tout l'Ouest canadien, des Québécois hors Montréal? Tous ces gens n'auraient pas le droit de parole», fait-il valoir dans une lettre qu'il a fait parvenir à ses sympathisants.

Le hic, c'est qu'il n'existe aucun moyen dans la constitution du PLC pour choisir un chef permanent autrement qu'en tenant un congrès à l'investiture auquel participeraient des milliers de délégués. La méthode moderne préconisée par M. Rae a été rejetée par les militants en décembre 2006.

Dominic LeBlanc propose de tenir un tel vote quand même, mais à titre «consultatif», afin de forcer la main à celui qui obtiendra un résultat décevant. «Si le processus consultatif produit un résultat et qu'un des deux candidats se retire, alors nous aurions l'acclamation d'un chef permanent.» La constitution serait respectée techniquement!

Bref, les responsables libéraux ne semblent pas voir d'autre solution que la démission d'un des deux candidats pour s'éviter une course à la direction en mai. Si tous les regards sont tournés vers Bob Rae, c'est qu'il traîne dans la course, au dire des libéraux. Hier, il a toutefois obtenu l'appui de Gerard Kennedy, celui qui, en 2006, a permis l'élection de Stéphane Dion en se ralliant à lui au second tour.

«C'est sûr que c'est un appui que j'aurais aimé avoir en 2006», a blagué M. Rae hier. Les députés, qui sont en très grande majorité derrière M. Ignatieff, continuent de se rallier. C'est le cas de Denis Coderre, de Maurizio Bevilacqua (un ancien pro-Rae) ou encore de Judy Sgro.

L'avenir de la coalition

Le sort de la coalition entre le PLC et le NPD, appuyée par le Bloc québécois, dépend en grande partie du vainqueur de la course. M. Rae, qui a déjà participé à un tel gouvernement de coalition en 1985 sur la scène provinciale ontarienne en tant que chef du NPD, en est un fervent défenseur. M. Ignatieff est plus tiède à l'idée, lui dont la devise est «une coalition si nécessaire, mais pas nécessairement une coalition».

M. LeBlanc estime que la coalition est encore une bonne chose, mais que sa survie dépend justement de la sélection d'un nouveau chef permanent. M. Dion a aussi maintenu son appui pour la coalition dans sa lettre de démission hier.






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  • Daniel Beaudry
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 06h26
    Étonnants ces libéraux
    « Les membres de l'establishment des libéraux veulent un autre professeur d'université à leur tête sans consulter la base. En plus ils veulent une coalition que ce professeur ne veut pas vraiment. Ce professeur est à peine canadien: il est né ailleurs et l'essentiel de son expérience adulte est américaine. Ses idées sont conservatrices et peu enlignées sur la tradition libérale.
    Comment veulent-ils que le peuple qui a du gros bons sens avale cela ?
    Daniel Beaudry »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 07h41
    Pas de presse!
    « C'est une situation fort compliquée. Mais la première et déterminante question que les libéraux doivent se poser est de savoir s'ils veulent aller en élections en février-mars. Si la réponse est négative, qu'ils tiennent alors leur congrès en mai à Vancouver, comme prévu. Entre-temps, ils choisissent un leader intérimaire autre que Rae ou Ignatieff. Maintenant s'ils veulent aller en élections en février-mars, qu'ils laissent alors la décision au caucus et à leur exécutif national, quitte à ce qu'elle soit confirmée ou rejetée à ce congrès de Vancouver. Selon cette deuxième hypothèse, Ignatieff serait vraisemblablement ce chef désigné en premier lieu par les instances. Bref, tout dépend si les libéraux veulent aller rapiment en élections. À mon avis, il ne devrait pas y avoir de presse. On a déjà vu les résultats et les effets d'une Coalition trop rapidement décidée. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 9 décembre 2008 12h04
    Dion paie pour son parti
    « Il faut toujours un coupable, comme je l'écrit dans mes derniers livres publiés en 2008. Le parti, le pays ou l'organisation sauve la face en sacrifiant le plus faible, celui dont la communauté connaît quelques-unes de ses lacunes. N'est-ce pas ce parti qui est sur la voie de la disparition ? »

  • Jacques_Morissette
    Abonné
    mardi 9 décembre 2008 12h20
    Monsieur Ignatieff versus monsieur Rae
    « M Rae semble insister pour placer les pièces de son échiquier comme il l'entend. Je peux comprendre qu'il aimerait bien devenir Premier ministre, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Tout bien considéré, c'est parce qu'il n'a pas le vent dans les voiles que M Rae cherche à louvoyer pour atteindre son but.

    Je ne connais et ne prends pour ni l'un ni l'autre. Sauf qu'à observer comment les choses se passent en ce moment au parti Libéral, M. Ignatieff semble avoir la cote chez les Libéraux et cela, indépendamment de l'attitude de M. Rae qui s'agrippe becs et ongles à ce qui semble lui glisser entre les doigts. M Rae devrait cesser de mordre dans l'os de ses intentions.

    Ce serait un geste noble de a part de M Rae qui ne passerait pas inaperçu aux yeux des partisans Libéraux, pour son avenir. Il devrait pourtant savoir que c'est de cette façon qu'on se gagne des partisans. Somme toute, M Rae est comme un courtisan devant sa dulcinée qui, pour le moment, ne semble vouloir rien savoir de lui. Ce n'est pas d'insister qu'il va la convaincre. Elle a légitimement droit à sa liberté de choix!

    M Rae devrait donc convenir que les partisans Libéraux ne le choisiront pas nécessairement parce qu'il insiste. Tout au contraire, s'il insiste trop aux yeux inconscients des partisans qui veulent subjectivement le meilleur pour le parti, il risque de se mettre à dos certains membres influents du parti. Pour conclure, rien de pire qu'une femme qui déciderait péremptoirement que c'en est assez de son prétendant.

    Je souhaite tout de même bonne chance à monsieur RAE et que le meilleur l'emporte. Monsieur Harper comme Premier ministre, à la langue fourchue, sème la controverse presque partout où il passe. Lui qui fait passer son appétit du pouvoir pour le vrai sens de ses responsabilités. Je voterais pour n'importe qui, à l'exception de monsieur Harper et le parti Conservateur.

    JM »

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