Le PLC aura un nouveau chef en janvier
Ottawa — Tout indique que le Parti libéral du Canada aura un nouveau chef permanent avant la rentrée parlementaire, prévue le 26 janvier prochain. Les deux principaux candidats à la succession de Stéphane Dion, Michael Ignatieff et Bob Rae, ont affirmé hier que le temps était venu de passer aux choses sérieuses et de trouver un remplaçant à Stéphane Dion dans les prochaines semaines.
Vendredi, Le Devoir révélait que les représentants des trois prétendants au trône libéral — Michael Ignatieff, Bob Rae et Dominic LeBlanc — devaient se rencontrer dans les plus brefs délais pour déterminer si le parti pouvait continuer avec Stéphane Dion comme chef lors de la rentrée parlementaire de janvier. «La coalition est là et solide. C'est Stéphane qui ne passe pas. Le statu quo n'est plus possible», disait alors une source libérale influente.
Il semble que le départ de Stéphane Dion ait rapidement fait l'unanimité. Hier, les deux gros canons de la course libérale ont planté les derniers clous dans le cercueil politique de M. Dion. Michael Ignatieff et Bob Rae, avec leurs supporters respectifs, représentent 90 % du caucus libéral.
«Je pense qu'il y a un sentiment de plus en plus fort au sein du caucus qu'il serait plus approprié d'avoir en place un chef, un chef permanent, lors des importants votes de confiance prévus à la fin de janvier [aux Communes], a dit Michael Ignatieff hier sur les ondes de CTV. Je pense que je peux dire que le caucus considère plusieurs options pour accélérer la course au leadership.»
Le gouvernement Harper doit présenter un discours du Trône et un budget dès la rentrée parlementaire. Deux exercices qui engagent la confiance de la Chambre des communes et qui pourraient être utilisés pour renverser le gouvernement conservateur.
Quelques minutes plus tard, Bob Rae entonnait le même refrain. «On a besoin que le choix du leadership soit devancé, et il faut être certain d'avoir une large consultation au sein du parti avant la fin du mois de janvier», a-t-il dit. M. Rae suggère que les candidats au leadership fassent un ou deux débats télévisés et que les membres du Parti libéral votent ensuite par téléphone ou par la poste avant la troisième semaine de janvier.
Bob Rae, qui jouit d'un appui moins élevé que Michael Ignatieff au sein du caucus, s'oppose à l'idée que les députés et sénateurs libéraux choisissent le nouveau chef. «Je pense qu'il y aurait une très forte réaction au sein du parti si on utilisait cette approche», a-t-il soutenu. M. Rae préfère que les membres en règle du PLC, partout au pays, se prononcent.
La méthode qui sera utilisée pour élire le nouveau chef plus rapidement n'est donc pas encore arrêtée, mais la détermination des libéraux à remplacer Stéphane Dion sans tarder ne fait plus de doute. «Stéphane doit considérer ses options», a poliment dit Michael Ignatieff hier.
À l'origine, la course au leadership libéral devait se conclure au début du mois de mai, à Vancouver.
Mais les députés du PLC affirment que le parti doit être prêt à toutes les éventualités dès la fin du mois de janvier. Michael Ignatieff a soutenu hier que les libéraux attendraient de voir le budget du gouvernement conservateur avant de prendre une décision, mais que si celui-ci ne convient pas aux partis d'opposition, Stephen Harper, «sera renversé», a-t-il dit.
Si cela se produit, la gouverneure générale, Michaëlle Jean, aura le choix entre replonger le pays en élections, trois mois et demi après le dernier scrutin, ou alors confier les rênes du pays à la coalition PLC-NPD, qui a reçu l'appui du Bloc québécois. Michael Ignatieff a soutenu hier que le coalition était toujours bien vivante et offrait une «alternative» en cas de chute du gouvernement Harper.
Court intérim?
Plusieurs sources libérales estiment que Stéphane Dion pourrait devoir démissionner dès mercredi prochain — ou même avant — puisque son leadership ne survivra pas à la réunion du caucus.
Si Stéphane Dion démissionne dans les prochains jours, un leader par intérim pourrait diriger les libéraux jusqu'à l'arrivée du nouveau chef, en janvier. Les noms de John McCallum, Ken Dryden et Ralph Goodale circulent actuellement. M. Dion pourrait aussi rester chef jusqu'à la mi-janvier, le temps que son successeur soit nommé.
Un sondage publié vendredi par la firme Ekos indiquait que 60 % des Canadiens croient que Stéphane Dion devrait démissionner. Samedi, dans le Globe and Mail, l'ancien ministre des Finances et vice-premier ministre John Manley écrivait que le départ de Stéphane Dion est la tâche la plus urgente du Parti libéral. «En tant que libéral, je crois que la première étape consiste à remplacer Stéphane Dion par quelqu'un qui aura comme tâche principale de rebâtir le Parti libéral, et non pas de diriger une coalition avec le NPD», a-t-il affirmé.
John Manley soutient toutefois que «l'arrogance» et «l'entêtement» de Stephen Harper lors de son énoncé économique n'ont pas laissé beaucoup de choix aux partis d'opposition, sauf celui de créer cette coalition. Choisir un nouveau leader «avant Noël» permettrait au Parti libéral d'avoir en main toutes les options possibles en janvier, a-t-il écrit.
Manifestations pro et anti-coalition
La guerre de relations publiques entre le gouvernement conservateur et les partis d'opposition s'est poursuivie toute la fin de semaine. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté un peu partout au pays, samedi, pour appuyer ou dénoncer la coalition des partis d'opposition.
Au centre-ville de Montréal, des sympathisants à la coalition ont répondu à l'appel des trois principales organisations syndicales du Québec: la FTQ, la CSN et la CSQ. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le député libéral Denis Coderre, le député néodémocrate Thomas Mulcair, de même que les chefs syndicaux et des représentants des artistes et des étudiants, ont tour à tour dénoncé ce qu'ils considèrent comme une stratégie du premier ministre Stephen Harper visant à dénigrer le Québec pour sauver son gouvernement.
M. Duceppe a déclaré que le premier ministre conservateur s'était comporté comme un «incendiaire», tandis que M. Coderre soutenait que M. Harper ne voulait que «sauver ses limousines». Les intervenants ont insisté sur la solidité de la coalition, en dépit de la prorogation du Parlement qui met en suspens, jusqu'au 26 janvier, le projet de renversement du gouvernement conservateur.
Ailleurs au Canada, les chefs de l'opposition Jack Layton et Stéphane Dion ont participé à une manifestation devant l'hôtel de ville de Toronto. Devant une foule de près de 3000 personnes, ils ont vanté la coalition NPD-Parti libéral et ont dénoncé l'attitude de Stephen Harper.
D'autres rassemblements en faveur du maintien du gouvernement conservateur se sont tenus. À Ottawa, 3000 personnes se sont massées devant la Tour de la Paix sur la colline parlementaire. Et à Calgary, 2000 personnes ont appuyé le premier ministre conservateur lors d'un rassemblement au cours duquel le député Jason Kenney a pris la parole.
Dans les villes de Vancouver, Halifax et Frédéricton, des manifestations d'environ 200 personnes ont également eu lieu pour appuyer le Parti conservateur et son maintien au pouvoir.
***
Avec La Presse canadienne
Vendredi, Le Devoir révélait que les représentants des trois prétendants au trône libéral — Michael Ignatieff, Bob Rae et Dominic LeBlanc — devaient se rencontrer dans les plus brefs délais pour déterminer si le parti pouvait continuer avec Stéphane Dion comme chef lors de la rentrée parlementaire de janvier. «La coalition est là et solide. C'est Stéphane qui ne passe pas. Le statu quo n'est plus possible», disait alors une source libérale influente.
Il semble que le départ de Stéphane Dion ait rapidement fait l'unanimité. Hier, les deux gros canons de la course libérale ont planté les derniers clous dans le cercueil politique de M. Dion. Michael Ignatieff et Bob Rae, avec leurs supporters respectifs, représentent 90 % du caucus libéral.
«Je pense qu'il y a un sentiment de plus en plus fort au sein du caucus qu'il serait plus approprié d'avoir en place un chef, un chef permanent, lors des importants votes de confiance prévus à la fin de janvier [aux Communes], a dit Michael Ignatieff hier sur les ondes de CTV. Je pense que je peux dire que le caucus considère plusieurs options pour accélérer la course au leadership.»
Le gouvernement Harper doit présenter un discours du Trône et un budget dès la rentrée parlementaire. Deux exercices qui engagent la confiance de la Chambre des communes et qui pourraient être utilisés pour renverser le gouvernement conservateur.
Quelques minutes plus tard, Bob Rae entonnait le même refrain. «On a besoin que le choix du leadership soit devancé, et il faut être certain d'avoir une large consultation au sein du parti avant la fin du mois de janvier», a-t-il dit. M. Rae suggère que les candidats au leadership fassent un ou deux débats télévisés et que les membres du Parti libéral votent ensuite par téléphone ou par la poste avant la troisième semaine de janvier.
Bob Rae, qui jouit d'un appui moins élevé que Michael Ignatieff au sein du caucus, s'oppose à l'idée que les députés et sénateurs libéraux choisissent le nouveau chef. «Je pense qu'il y aurait une très forte réaction au sein du parti si on utilisait cette approche», a-t-il soutenu. M. Rae préfère que les membres en règle du PLC, partout au pays, se prononcent.
La méthode qui sera utilisée pour élire le nouveau chef plus rapidement n'est donc pas encore arrêtée, mais la détermination des libéraux à remplacer Stéphane Dion sans tarder ne fait plus de doute. «Stéphane doit considérer ses options», a poliment dit Michael Ignatieff hier.
À l'origine, la course au leadership libéral devait se conclure au début du mois de mai, à Vancouver.
Mais les députés du PLC affirment que le parti doit être prêt à toutes les éventualités dès la fin du mois de janvier. Michael Ignatieff a soutenu hier que les libéraux attendraient de voir le budget du gouvernement conservateur avant de prendre une décision, mais que si celui-ci ne convient pas aux partis d'opposition, Stephen Harper, «sera renversé», a-t-il dit.
Si cela se produit, la gouverneure générale, Michaëlle Jean, aura le choix entre replonger le pays en élections, trois mois et demi après le dernier scrutin, ou alors confier les rênes du pays à la coalition PLC-NPD, qui a reçu l'appui du Bloc québécois. Michael Ignatieff a soutenu hier que le coalition était toujours bien vivante et offrait une «alternative» en cas de chute du gouvernement Harper.
Court intérim?
Plusieurs sources libérales estiment que Stéphane Dion pourrait devoir démissionner dès mercredi prochain — ou même avant — puisque son leadership ne survivra pas à la réunion du caucus.
Si Stéphane Dion démissionne dans les prochains jours, un leader par intérim pourrait diriger les libéraux jusqu'à l'arrivée du nouveau chef, en janvier. Les noms de John McCallum, Ken Dryden et Ralph Goodale circulent actuellement. M. Dion pourrait aussi rester chef jusqu'à la mi-janvier, le temps que son successeur soit nommé.
Un sondage publié vendredi par la firme Ekos indiquait que 60 % des Canadiens croient que Stéphane Dion devrait démissionner. Samedi, dans le Globe and Mail, l'ancien ministre des Finances et vice-premier ministre John Manley écrivait que le départ de Stéphane Dion est la tâche la plus urgente du Parti libéral. «En tant que libéral, je crois que la première étape consiste à remplacer Stéphane Dion par quelqu'un qui aura comme tâche principale de rebâtir le Parti libéral, et non pas de diriger une coalition avec le NPD», a-t-il affirmé.
John Manley soutient toutefois que «l'arrogance» et «l'entêtement» de Stephen Harper lors de son énoncé économique n'ont pas laissé beaucoup de choix aux partis d'opposition, sauf celui de créer cette coalition. Choisir un nouveau leader «avant Noël» permettrait au Parti libéral d'avoir en main toutes les options possibles en janvier, a-t-il écrit.
Manifestations pro et anti-coalition
La guerre de relations publiques entre le gouvernement conservateur et les partis d'opposition s'est poursuivie toute la fin de semaine. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté un peu partout au pays, samedi, pour appuyer ou dénoncer la coalition des partis d'opposition.
Au centre-ville de Montréal, des sympathisants à la coalition ont répondu à l'appel des trois principales organisations syndicales du Québec: la FTQ, la CSN et la CSQ. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le député libéral Denis Coderre, le député néodémocrate Thomas Mulcair, de même que les chefs syndicaux et des représentants des artistes et des étudiants, ont tour à tour dénoncé ce qu'ils considèrent comme une stratégie du premier ministre Stephen Harper visant à dénigrer le Québec pour sauver son gouvernement.
M. Duceppe a déclaré que le premier ministre conservateur s'était comporté comme un «incendiaire», tandis que M. Coderre soutenait que M. Harper ne voulait que «sauver ses limousines». Les intervenants ont insisté sur la solidité de la coalition, en dépit de la prorogation du Parlement qui met en suspens, jusqu'au 26 janvier, le projet de renversement du gouvernement conservateur.
Ailleurs au Canada, les chefs de l'opposition Jack Layton et Stéphane Dion ont participé à une manifestation devant l'hôtel de ville de Toronto. Devant une foule de près de 3000 personnes, ils ont vanté la coalition NPD-Parti libéral et ont dénoncé l'attitude de Stephen Harper.
D'autres rassemblements en faveur du maintien du gouvernement conservateur se sont tenus. À Ottawa, 3000 personnes se sont massées devant la Tour de la Paix sur la colline parlementaire. Et à Calgary, 2000 personnes ont appuyé le premier ministre conservateur lors d'un rassemblement au cours duquel le député Jason Kenney a pris la parole.
Dans les villes de Vancouver, Halifax et Frédéricton, des manifestations d'environ 200 personnes ont également eu lieu pour appuyer le Parti conservateur et son maintien au pouvoir.
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Avec La Presse canadienne
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