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Discours du trône - Toujours conservateur

Bernard Descôteaux   20 novembre 2008  Canada
Le discours du Trône lu hier à la reprise des travaux parlementaires à Ottawa par la gouverneure générale Michaëlle Jean ne laisse entrevoir aucun changement de fond dans les politiques du gouvernement conservateur. Si, sur le plan économique, le premier ministre Harper se montre un peu plus interventionniste, ce n'est que sur le bout des pieds qu'il s'avance sur ce terrain.

Les rumeurs pré-discours du Trône alimentées par l'entourage du premier ministre nous annonçaient un gouvernement davantage ouvert à la coopération avec les partis d'opposition et les provinces et, par voie de conséquence, plus consensuel. Oublions cela tout de suite.

Au Québec tout particulièrement, les intentions contenues dans ce discours du Trône ne peuvent globalement être accueillies positivement. Cela est d'autant plus décevant que le Parti conservateur disait tout juste la semaine dernière, à son congrès de Winnipeg, avoir pris acte du désenchantement des Québécois à son endroit et vouloir les reconquérir. Pourtant, dans ce discours, rien n'est de nature à les inciter à revoir le jugement porté le 14 octobre dernier.

À la base du rejet de la vision conservatrice par les Québécois, il y avait cet engagement à accentuer la lutte contre le crime que le gouvernement Harper aujourd'hui maintient fermement. Ces prochains mois, il révisera la Loi sur le contrôle des armes à feu et renforcera la Loi sur les jeunes contrevenants pour les soumettre à des peines pouvant aller jusqu'à la prison à vie. Même chose en ce qui a trait à ses politiques environnementales, qu'il maintient pour ce qui est de la réduction des gaz à effet de serre. Et en matière culturelle, il est hors de question de revenir sur la mise au rancart des programmes de soutien aux arts.

Sur le plan politique, ce discours du Trône prend aussi la voie inverse à celle du rapprochement. Ses intentions laissent plutôt poindre de nouveaux affrontements avec le gouvernement du Québec. Ainsi, le gouvernement Harper va de l'avant avec la création d'une commission des valeurs mobilières commune aux provinces et à Ottawa. Le Québec est unanimement contre un tel projet. On revient aussi à la charge avec l'idée de limiter le pouvoir fédéral de dépenser. L'intention est de n'accorder un «opting out» aux provinces que dans les cas de programmes à frais partagés. Comme ce type de programme n'est plus appliqué, il s'agirait d'un changement factice rejeté par le gouvernement du Québec. La volonté du gouvernement Harper de rendre électifs les postes de sénateur sera aussi mal reçue par le Québec.

On pourrait par contre voir un changement de cap dans le ralliement du gouvernement Harper pour l'utilisation de l'outil des déficits budgétaires pour contrer une probable récession. Lui qui était tout à fait opposé à cette idée en campagne électorale mise en avant par le libéral Stéphane Dion fait volte-face à la manière du premier ministre Trudeau qui, à l'élection de 1972, avait combattu l'idée d'un contrôle des prix et des salaires pour l'adopter le lendemain.

Stephen Harper ne s'avance toutefois sur ce terrain qu'à contre-coeur. Il n'a pas le choix de suivre le mouvement mondial de soutien à l'économie arrêté lors de la réunion du G20 à Washington samedi dernier. Il accepte l'idée d'aider l'industrie automobile et aérospatiale qui est fragilisée. Le gouvernement fédéral investira aussi dans la réfection des infrastructures avec les provinces pour alimenter l'activité économique. Mais en même temps, il annonce un resserrement des dépenses gouvernementales. Surtout, il exclut de son plan économique le recours à des mesures sociales, par exemple un assouplissement du programme d'assurance-emploi pour en faciliter l'accès aux travailleurs mis au chômage. Le message est clair. Il n'y aura pas de véritable changement. L'interventionnisme économique que pratiquera le gouvernement Harper n'annonce aucun virage idéologique. Il n'est que ponctuel. Ce gouvernement ne dévie pas de sa course. Il est conservateur et il entend le rester.






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 06h14
    Trop tard!
    « Le gouvernement élu est conservateur. Donc il dirige selon sa ligne de pensée ou idéologie. Rien de surprenant. La population n'avait qu'à choisir un autre parti pour gouverner.Trop tard! »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 07h01
    Le Québec est sous-représenté aux Communes
    « A la dernière élection, le Canada comptait 23,401,604 électeurs et le Québec 5,924,244. Les électeurs québécois, qui font 25,33% de l'électorat canadien, n'ont droit qu'à 24,3% des sièges au Parlement canadien (75/308).

    Il y a un comté au Québec pour 78,989 électeurs contre un comté pour 75,010 électeurs dans le ROC. Un vote dans le ROC vaut donc 5,3% de plus qu'un vote au Québec.
    Une représentation équitable donnerait plutot 78 députés au Québec et 230 au Roc plutot que les 233 actuels

    C'est d'autant plus insultant que le Québec, qui est reconnu comme une nation, devrait être au contraire surreprésenté aux Communes plutot que sous-représenté (l'entente de Charlottetown prévoyait que le Québec aurait une garantie de 25% des sièges)

    La Nouvelle-Écosse (717,783 électeurs, 11 députés) a un député pour 65,253 électeurs. Le Manitoba (822,006; 14) a un député pour 58,714 électeurs, le N-B (585,798; 10 députés) un pour 58,579, Terre-Neuve (406,246, 7 députés) un par 58,035, la Saskatchewan (704,783; 14 députés) un pour 50,332 et l'IPE (106,787, 4 députés) un pour 26,696 électeurs. Le Yukon (22,789 électeurs) a un député, tout comme les TNO (28,162) et le Nanuvut (16,330).

    Un vote en Nouvelle-Écosse vaut donc 21% de plus qu'au Québec, au Manitoba c'est 34%, au NB 35%, à TN 36% et en Saskatchewan 57%. Ca grimpe à 280% dans les TNO, 294% à l'IPE, 329% au Yukon et au Nanuvut 483%. Vs avez bien lu: un vote au Nanuvut vaut presque 5 fois un vote au Québec. D'ailleurs Leona Aglukkaq y a été élue pour les Conservateurs avec 2806 votes, alors que son collègue Maxime Bernier obtenait 31,883 dans la Beauce. On est dans la république de bananes où le un homme, un vote n'a plus aucun sens.

    Or cette sous-représentation québécoise va s'accentuer à la prochaine élection puisqu'on va ajouter des sièges en Alberta, en CB et en Ontario, mais aucun au Québec.Vs devez faire quelque chose pour arrêter cette hémorragie politique faisant valoir le sous-représentation des électeurs québécois (Ottawa nous la joue par la population. Comme ces 3 provinces recoivent plus d'immigrants leur population grossit plus rapidement que la notre. Ce qu'il faut plaider c'est le nombre d'électeurs, de "Canadiens" donc, et non la population)
    http://enr.elections.ca/National_f.aspx »

  • Michel Samson
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 08h44
    Schizophrénie politique...
    « Quel premier bel example d'un gouvernement conservateur qui n'a pas vraiment tiré les bonnes leçons de la récente élection : 63% des Canadiens ont voté pour d'autres partis que celui de Mystère Harper en fonction d'agendas qui avaient peu à voir avec le conservatisme.

    Cela n'empêche pas Mystère Harper et sa suite de ne pas en tenir compte dans la formulation de ses intentions tout en s'entêtant à proposer un agenda politique désespérément bleu drabe ! Cette schizophrénie politique est désolante et inacceptable. Et dans son prolongement loufoque, Stéphane Dion appuiera le Discours du Trône après l'avoir fustigé. Logique, non ? On dirait un sketch des Pieds dans la Marge... »

  • maurice carle
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 08h59
    commentaires sur le discour du trône
    « on peut prévoir une montée du nationalisme québecois dans les prochains mois et lòn se demande si m. charest ne deviendra pas le défenseur des valeurs du québec tout cela me semble bien louche ce sont deux habiles politiciens
    on verra bien »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 10h47
    Normal...
    « ...ce sont des conservateurs. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 10h58
    Aider les multinationales???
    « C'est une aberration de voir les Conservateurs jongler avec l'idée d'utiliser l'argent des contribuables pour «aider» les multinationales de l'automobile comme GM, Ford et Chrysler! On coupe dans les arts et les services aux plus pauvres et aux sans-abri mais on va donner notre argent aux multinationales... Hier les représentants de ces compagnies sont allés dire devant le Congrès des USA qu'ils savaient que construire des grosses voitures posait un risque mais qu'ils voulaient «plaire» aux consommateurs! Quelle farce! Les consommateurs se tournaient déjà vers les constructeurs étrangers qui offraient des véhicules plus économiques et plus verts. Ils ont même poussé l'audace jusqu'à se rendre à Washington à bord de leur jets privés au lieu de prendre un vol commercial alors qu'ils quêtaient l'argent du public...

    Ces Conservateurs sont vraiment déphasés mais ils sont très astucieux. Ils vous font peur avec leur programme de loi et ordre en vous faisant croire que votre sécurité était beaucoup plus menacé maintenant et qu'il fallait plus de policiers, plus de juges, plus d'avocats et plus de prisons alors que les taux de criminalité de cessent de baisser depuis plusieurs années. Ils veulent nous faire peur pour qu'on oublie les vraies questions, comme celle des subventions aux multinationales qui sont leurs amies. Dire qu'ils nous entraînent dans cette aventure avec seulement 37% des votes des Canadiens... c'est pathétique et, surtout, antidémocratique. »

  • loiselet
    Abonné
    jeudi 20 novembre 2008 10h59
    Deux pour un
    « On voit bien ici la scission du vote très anti-Harper québécois contre celui pro-Harper canadien. Pourquoi devrait-il changer? La majorité canadienne, hors Québec, l'accepte. Nous vivons à l'intérieur de deux pays dans un.
    En tant que peuple, nous ne voulons rien savoir des fantasmes réactionnaires de ces nouveaux conservateurs. »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 14h06
    Vrai visage
    « Harper vient de montrer son vrai visage de Réformiste-Conservateur de Calgary, car il sait qu'aucun parti ne le renversera. Mais il vient aussi d'acculer au pied du mur les Canadians du Québec qui n'ont plus aucune marge de manoeuvre pour les demandes du Québec, ils se heurteront au "Non!" des autres Canadians. Quelle option restera-t-il aux Québécois? »

  • Roger Bédard
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 16h01
    @jacques noël
    « Sur l'expression « un homme, un vote », ces deux références :
    http://en.wikipedia.org/wiki/One_man,_one_vote
    http://en.wikipedia.org/wiki/One_Member_One_Vote »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 20 novembre 2008 18h56
    Mais quel con...
    « ce Descôteaux...
    À quoi d'autre vous attendiez-vous?
    Ne pensez-vous pas qu'il est un peu tard pour venir chialer? »

  • Linda Hart
    Inscrite
    jeudi 20 novembre 2008 21h04
    M. Merven se surpasse ou la connerie à son meilleur
    « C'est quoi le sens de ce message ? Trop tard pour venir chialer cela veut dire que celui qui n'a pas voté pour Harper ne peut rien dire ? Sur quelle planète vivez-vous ? Croyez-vous, ne serait-ce qu'une seconde, que si les Québécois avaient voté reform cela changerait quoi que ce soit aux décisions idiotes de ces hommes des cavernes ? Le Québec n'avait pas l'obligation d'entériner ces gens-là et s'il l'avait fait, le reform serait majoritaire et cela serait encore pire. Nous sommes en démocratie M. Merven, nous ne sommes pas en Russie et nous pouvons très bien dénoncer les politiques reformistes, c'est même un devoir moral pour n'importe quel citoyen qui se respecte. En parlant de con, vous devriez vous regardez dans un miroir. Vous êtes la preuve indéniable que le ridicule ne tue pas. »

  • Michel Samson
    Abonné
    vendredi 21 novembre 2008 16h42
    @ Mme Hart.
    « Merci pour la mise au poingt (sic). Vous me marchez sur la langue. »

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