Discours du trône - Toujours conservateur
Le discours du Trône lu hier à la reprise des travaux parlementaires à Ottawa par la gouverneure générale Michaëlle Jean ne laisse entrevoir aucun changement de fond dans les politiques du gouvernement conservateur. Si, sur le plan économique, le premier ministre Harper se montre un peu plus interventionniste, ce n'est que sur le bout des pieds qu'il s'avance sur ce terrain.
Les rumeurs pré-discours du Trône alimentées par l'entourage du premier ministre nous annonçaient un gouvernement davantage ouvert à la coopération avec les partis d'opposition et les provinces et, par voie de conséquence, plus consensuel. Oublions cela tout de suite.
Au Québec tout particulièrement, les intentions contenues dans ce discours du Trône ne peuvent globalement être accueillies positivement. Cela est d'autant plus décevant que le Parti conservateur disait tout juste la semaine dernière, à son congrès de Winnipeg, avoir pris acte du désenchantement des Québécois à son endroit et vouloir les reconquérir. Pourtant, dans ce discours, rien n'est de nature à les inciter à revoir le jugement porté le 14 octobre dernier.
À la base du rejet de la vision conservatrice par les Québécois, il y avait cet engagement à accentuer la lutte contre le crime que le gouvernement Harper aujourd'hui maintient fermement. Ces prochains mois, il révisera la Loi sur le contrôle des armes à feu et renforcera la Loi sur les jeunes contrevenants pour les soumettre à des peines pouvant aller jusqu'à la prison à vie. Même chose en ce qui a trait à ses politiques environnementales, qu'il maintient pour ce qui est de la réduction des gaz à effet de serre. Et en matière culturelle, il est hors de question de revenir sur la mise au rancart des programmes de soutien aux arts.
Sur le plan politique, ce discours du Trône prend aussi la voie inverse à celle du rapprochement. Ses intentions laissent plutôt poindre de nouveaux affrontements avec le gouvernement du Québec. Ainsi, le gouvernement Harper va de l'avant avec la création d'une commission des valeurs mobilières commune aux provinces et à Ottawa. Le Québec est unanimement contre un tel projet. On revient aussi à la charge avec l'idée de limiter le pouvoir fédéral de dépenser. L'intention est de n'accorder un «opting out» aux provinces que dans les cas de programmes à frais partagés. Comme ce type de programme n'est plus appliqué, il s'agirait d'un changement factice rejeté par le gouvernement du Québec. La volonté du gouvernement Harper de rendre électifs les postes de sénateur sera aussi mal reçue par le Québec.
On pourrait par contre voir un changement de cap dans le ralliement du gouvernement Harper pour l'utilisation de l'outil des déficits budgétaires pour contrer une probable récession. Lui qui était tout à fait opposé à cette idée en campagne électorale mise en avant par le libéral Stéphane Dion fait volte-face à la manière du premier ministre Trudeau qui, à l'élection de 1972, avait combattu l'idée d'un contrôle des prix et des salaires pour l'adopter le lendemain.
Stephen Harper ne s'avance toutefois sur ce terrain qu'à contre-coeur. Il n'a pas le choix de suivre le mouvement mondial de soutien à l'économie arrêté lors de la réunion du G20 à Washington samedi dernier. Il accepte l'idée d'aider l'industrie automobile et aérospatiale qui est fragilisée. Le gouvernement fédéral investira aussi dans la réfection des infrastructures avec les provinces pour alimenter l'activité économique. Mais en même temps, il annonce un resserrement des dépenses gouvernementales. Surtout, il exclut de son plan économique le recours à des mesures sociales, par exemple un assouplissement du programme d'assurance-emploi pour en faciliter l'accès aux travailleurs mis au chômage. Le message est clair. Il n'y aura pas de véritable changement. L'interventionnisme économique que pratiquera le gouvernement Harper n'annonce aucun virage idéologique. Il n'est que ponctuel. Ce gouvernement ne dévie pas de sa course. Il est conservateur et il entend le rester.
Les rumeurs pré-discours du Trône alimentées par l'entourage du premier ministre nous annonçaient un gouvernement davantage ouvert à la coopération avec les partis d'opposition et les provinces et, par voie de conséquence, plus consensuel. Oublions cela tout de suite.
Au Québec tout particulièrement, les intentions contenues dans ce discours du Trône ne peuvent globalement être accueillies positivement. Cela est d'autant plus décevant que le Parti conservateur disait tout juste la semaine dernière, à son congrès de Winnipeg, avoir pris acte du désenchantement des Québécois à son endroit et vouloir les reconquérir. Pourtant, dans ce discours, rien n'est de nature à les inciter à revoir le jugement porté le 14 octobre dernier.
À la base du rejet de la vision conservatrice par les Québécois, il y avait cet engagement à accentuer la lutte contre le crime que le gouvernement Harper aujourd'hui maintient fermement. Ces prochains mois, il révisera la Loi sur le contrôle des armes à feu et renforcera la Loi sur les jeunes contrevenants pour les soumettre à des peines pouvant aller jusqu'à la prison à vie. Même chose en ce qui a trait à ses politiques environnementales, qu'il maintient pour ce qui est de la réduction des gaz à effet de serre. Et en matière culturelle, il est hors de question de revenir sur la mise au rancart des programmes de soutien aux arts.
Sur le plan politique, ce discours du Trône prend aussi la voie inverse à celle du rapprochement. Ses intentions laissent plutôt poindre de nouveaux affrontements avec le gouvernement du Québec. Ainsi, le gouvernement Harper va de l'avant avec la création d'une commission des valeurs mobilières commune aux provinces et à Ottawa. Le Québec est unanimement contre un tel projet. On revient aussi à la charge avec l'idée de limiter le pouvoir fédéral de dépenser. L'intention est de n'accorder un «opting out» aux provinces que dans les cas de programmes à frais partagés. Comme ce type de programme n'est plus appliqué, il s'agirait d'un changement factice rejeté par le gouvernement du Québec. La volonté du gouvernement Harper de rendre électifs les postes de sénateur sera aussi mal reçue par le Québec.
On pourrait par contre voir un changement de cap dans le ralliement du gouvernement Harper pour l'utilisation de l'outil des déficits budgétaires pour contrer une probable récession. Lui qui était tout à fait opposé à cette idée en campagne électorale mise en avant par le libéral Stéphane Dion fait volte-face à la manière du premier ministre Trudeau qui, à l'élection de 1972, avait combattu l'idée d'un contrôle des prix et des salaires pour l'adopter le lendemain.
Stephen Harper ne s'avance toutefois sur ce terrain qu'à contre-coeur. Il n'a pas le choix de suivre le mouvement mondial de soutien à l'économie arrêté lors de la réunion du G20 à Washington samedi dernier. Il accepte l'idée d'aider l'industrie automobile et aérospatiale qui est fragilisée. Le gouvernement fédéral investira aussi dans la réfection des infrastructures avec les provinces pour alimenter l'activité économique. Mais en même temps, il annonce un resserrement des dépenses gouvernementales. Surtout, il exclut de son plan économique le recours à des mesures sociales, par exemple un assouplissement du programme d'assurance-emploi pour en faciliter l'accès aux travailleurs mis au chômage. Le message est clair. Il n'y aura pas de véritable changement. L'interventionnisme économique que pratiquera le gouvernement Harper n'annonce aucun virage idéologique. Il n'est que ponctuel. Ce gouvernement ne dévie pas de sa course. Il est conservateur et il entend le rester.
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