Course au leadership du PLC - Coderre passe son tour
12 novembre 2008
Canada
Photo : Agence Reuters
Denis Coderre
Ottawa — Il y a longuement et sérieusement réfléchi, mais Denis Coderre a finalement pris une décision. Le député de Bourassa ne se portera pas candidat à la direction du Parti libéral du Canada (PLC). Son heure, croit-il, n'est pas venue, et il est en outre déçu que sa formation n'ait pas osé moderniser la formule de sélection du leader.
«Je ne serai pas candidat à la prochaine course au leadership», a annoncé Denis Coderre en entrevue avec Le Devoir hier. «J'ai le goût d'être chef du parti et je pense avoir les capacités pour être chef du parti, mais, comme dit la chanson, "I have the right love at the wrong moment".»
M. Coderre entend donc appuyer un autre candidat en temps et lieu, mais sa décision n'est pas encore prise. Martha Hall Findlay, qui avait été la seule femme de la course de 2006, a aussi annoncé hier qu'elle ne serait pas candidate de nouveau.
Le député montréalais a pris sa décision après que l'exécutif du PLC eut annoncé les règles du jeu pour la prochaine course à la direction, règles qu'il juge dépassées. Le congrès se déroulera à Vancouver en utilisant la bonne vieille formule des délégués. Ces délégués sont élus par les militants libéraux dans chaque circonscription en fonction du candidat qu'ils disent appuyer. Ils doivent obligatoirement voter pour ce candidat lors du premier tour au congrès, mais sont libres de voter comme bon leur semble aux tours subséquents.
Denis Coderre rappelle qu'envoyer un délégué à Vancouver coûte environ 2000 $ (avion, hôtel, repas, prix d'inscription au congrès, etc.). Avec 22 délégués par circonscription, le coût devient vite prohibitif. Or, fait-il remarquer, «plusieurs associations de comtés vivent sur le respirateur artificiel». Leurs finances ont été grevées par les élections à répétition, les courses à la direction et la baisse de popularité du parti. «Disons que je suis capable de faire élire 20 délégués dans Bourassa. Si je n'ai pas les moyens de les envoyer à Vancouver, ça me donne quoi? La seule façon de se donner une chance de solidifier, voire même de rebâtir, notre base est de changer notre culture.»
Le coloré député avait proposé d'organiser dix minicongrès provinciaux tous reliés entre eux par satellite. Les délégués n'auraient pas eu besoin de se déplacer autant, réduisant leurs coûts personnels. «Mon alternative du XXIe siècle n'était pas basée sur la capacité de payer, mais sur la capacité de participer», rappelle-t-il.
Faut-il rappeler, ajoute-t-il, le pays traverse une crise économique importante. «On vit dans une bulle où il n'y a pas de place ni pour l'audace ni pour le respect de la base qui n'a pas les moyens des ambitions de la tour d'ivoire... Respectueusement, on a le sentiment que certains de nos dirigeants vivent sur une autre planète.»
Dur, dur d'être québécois
Denis Coderre estime par ailleurs qu'en sa qualité de Québécois francophone, il partait avec un handicap dans cette course. Il dit que plusieurs personnes lui ont, avec respect, fait remarquer que les militants du parti voudraient peut-être cette fois se donner un chef provenant d'une autre région du pays. Après tout, Jean Chrétien, Paul Martin et Stéphane Dion se faisaient tous élire au Québec...
«Tous les candidats du Québec ont cette réalité à regarder en face», dit-il. Un tel constat pourrait faire mal à Martin Cauchon, un ancien ministre de Jean Chrétien qui jongle encore avec la possibilité de se lancer dans la course.
Quant à M. Coderre, il se montre lucide. Il rappelle qu'après 25 ans au PLC, il n'a pas besoin de se lancer dans une course à la direction pour se faire connaître ou se «positionner», comme on dit dans le jargon politique. Du coup, «quand les planètes ne sont pas toutes alignées, il faut faire preuve de réalisme. Je n'irai pas vivre une expérience de vie juste pour nous endetter encore plus.»
M. Coderre est le quatrième candidat potentiel à cette course à se désister. Hier, Martha Hall Findlay, qui avait été candidate en 2006, a annoncé publiquement qu'elle ne tenterait pas l'expérience de nouveau. Elle traîne encore une dette de près de 200 000 $. Elle aurait probablement été la seule femme de la cuvée 2008.
«Ma carrière, mon engagement personnel envers le Parti libéral du Canada, de même que mon engagement envers notre beau pays seraient mieux servis si je m'applique à donner le meilleur de moi-même en tant que députée de Willowdale [à Toronto]», écrit-elle dans un communiqué de presse.
John Manley et Franck McKenna ont aussi annoncé qu'ils ne seraient pas candidats. Pour l'instant, seuls Bob Rae et Dominic LeBlanc se sont officiellement lancés. On attend encore de connaître les intentions de Michael Ignatieff et de Martin Cauchon.
«Je ne serai pas candidat à la prochaine course au leadership», a annoncé Denis Coderre en entrevue avec Le Devoir hier. «J'ai le goût d'être chef du parti et je pense avoir les capacités pour être chef du parti, mais, comme dit la chanson, "I have the right love at the wrong moment".»
M. Coderre entend donc appuyer un autre candidat en temps et lieu, mais sa décision n'est pas encore prise. Martha Hall Findlay, qui avait été la seule femme de la course de 2006, a aussi annoncé hier qu'elle ne serait pas candidate de nouveau.
Le député montréalais a pris sa décision après que l'exécutif du PLC eut annoncé les règles du jeu pour la prochaine course à la direction, règles qu'il juge dépassées. Le congrès se déroulera à Vancouver en utilisant la bonne vieille formule des délégués. Ces délégués sont élus par les militants libéraux dans chaque circonscription en fonction du candidat qu'ils disent appuyer. Ils doivent obligatoirement voter pour ce candidat lors du premier tour au congrès, mais sont libres de voter comme bon leur semble aux tours subséquents.
Denis Coderre rappelle qu'envoyer un délégué à Vancouver coûte environ 2000 $ (avion, hôtel, repas, prix d'inscription au congrès, etc.). Avec 22 délégués par circonscription, le coût devient vite prohibitif. Or, fait-il remarquer, «plusieurs associations de comtés vivent sur le respirateur artificiel». Leurs finances ont été grevées par les élections à répétition, les courses à la direction et la baisse de popularité du parti. «Disons que je suis capable de faire élire 20 délégués dans Bourassa. Si je n'ai pas les moyens de les envoyer à Vancouver, ça me donne quoi? La seule façon de se donner une chance de solidifier, voire même de rebâtir, notre base est de changer notre culture.»
Le coloré député avait proposé d'organiser dix minicongrès provinciaux tous reliés entre eux par satellite. Les délégués n'auraient pas eu besoin de se déplacer autant, réduisant leurs coûts personnels. «Mon alternative du XXIe siècle n'était pas basée sur la capacité de payer, mais sur la capacité de participer», rappelle-t-il.
Faut-il rappeler, ajoute-t-il, le pays traverse une crise économique importante. «On vit dans une bulle où il n'y a pas de place ni pour l'audace ni pour le respect de la base qui n'a pas les moyens des ambitions de la tour d'ivoire... Respectueusement, on a le sentiment que certains de nos dirigeants vivent sur une autre planète.»
Dur, dur d'être québécois
Denis Coderre estime par ailleurs qu'en sa qualité de Québécois francophone, il partait avec un handicap dans cette course. Il dit que plusieurs personnes lui ont, avec respect, fait remarquer que les militants du parti voudraient peut-être cette fois se donner un chef provenant d'une autre région du pays. Après tout, Jean Chrétien, Paul Martin et Stéphane Dion se faisaient tous élire au Québec...
«Tous les candidats du Québec ont cette réalité à regarder en face», dit-il. Un tel constat pourrait faire mal à Martin Cauchon, un ancien ministre de Jean Chrétien qui jongle encore avec la possibilité de se lancer dans la course.
Quant à M. Coderre, il se montre lucide. Il rappelle qu'après 25 ans au PLC, il n'a pas besoin de se lancer dans une course à la direction pour se faire connaître ou se «positionner», comme on dit dans le jargon politique. Du coup, «quand les planètes ne sont pas toutes alignées, il faut faire preuve de réalisme. Je n'irai pas vivre une expérience de vie juste pour nous endetter encore plus.»
M. Coderre est le quatrième candidat potentiel à cette course à se désister. Hier, Martha Hall Findlay, qui avait été candidate en 2006, a annoncé publiquement qu'elle ne tenterait pas l'expérience de nouveau. Elle traîne encore une dette de près de 200 000 $. Elle aurait probablement été la seule femme de la cuvée 2008.
«Ma carrière, mon engagement personnel envers le Parti libéral du Canada, de même que mon engagement envers notre beau pays seraient mieux servis si je m'applique à donner le meilleur de moi-même en tant que députée de Willowdale [à Toronto]», écrit-elle dans un communiqué de presse.
John Manley et Franck McKenna ont aussi annoncé qu'ils ne seraient pas candidats. Pour l'instant, seuls Bob Rae et Dominic LeBlanc se sont officiellement lancés. On attend encore de connaître les intentions de Michael Ignatieff et de Martin Cauchon.
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