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Les coupes en culture sont là pour rester, dit James Moore

Le ministre du Patrimoine veut tout de même rétablir les ponts avec les artistes

La Presse canadienne   7 novembre 2008  Canada
Ottawa — Ceux qui espéraient convaincre Ottawa de revenir sur sa décision de sabrer la culture seront déçus. Le nouveau ministre du Patrimoine, James Moore, a en effet déclaré à La Presse canadienne qu'il n'était pas question d'annuler les compressions de 45 millions de dollars annoncées à la veille des élections fédérales d'octobre dernier.

En entrevue dans ses nouveaux bureaux de Gatineau, M. Moore a répété que ce qui était fait était fait et qu'il fallait désormais se concentrer sur l'avenir. «Ces décisions sont déjà faites, sont dans le passé. Mais dans le futur, il y aura certainement des occasions pour examiner nos dépenses», a-t-il fait valoir.

Le ministre de 32 ans se dit prêt à rencontrer les organismes culturels, dont l'Union des artistes, pour «bâtir des ponts» et discuter avec eux du genre «de dépenses et d'investissements qui vont être d'un grand bénéfice» pour les créateurs et les communautés.

L'un de ses objectifs est d'ailleurs de rétablir le dialogue avec le milieu des arts et aussi avec les électeurs — particulièrement ceux du Québec — que les compressions dans la culture ont pris à rebrousse-poil.

«Je ne suis pas dans une position pour faire des annonces, des promesses maintenant, mais je peux assurer ces groupes que je suis certainement prêt à travailler avec eux pour voir ce qu'on peut faire. On verra ce qui viendra.»

À l'instar de son patron, Stephen Harper, le jeune politicien insiste toutefois pour dire que les fonds devront être utilisés de manière «efficace».

M. Moore refuse de critiquer le travail de Bev Oda et de Josée Verner, qui l'ont précédé au ministère du Patrimoine. Il se défend bien d'avoir reçu le mandat de réparer les pots cassés. La seule chose qu'il est prêt à concéder, c'est qu'il lui faudra trouver le moyen de mieux faire comprendre les politiques de son gouvernement.

Il soutient ainsi qu'il y a un écart entre la «réalité» des dépenses conservatrices en culture et la perception que le public en a.

Selon lui, le gouvernement Harper a investi plus d'argent dans la culture que tout autre gouvernement fédéral depuis les années 1970. «J'ai 32 ans, alors ça fait longtemps qu'on a vu un gouvernement qui fait cette sorte d'investissement sur le terrain pour voir des vrais résultats pour les arts et la culture et les langues officielles», a-t-il insisté.

L'analyse des budgets de Patrimoine canadien démontre cependant une réallocation des fonds des arts vers d'autres programmes du ministère, dont ceux consacrés à la promotion des sports, dont les Jeux olympiques de Vancouver-Whistler 2010.

Même s'il dit se sentir plus à l'aise au Parlement que sur un tapis rouge, le politicien promet qu'on le verra dans les festivals et les galas qui rythment la vie culturelle. «J'aime décider. J'aime faire des études et faire des débats dans mon bureau et en Chambre ou en comité. Ça, c'est ce qui m'inspire. Ce n'est pas le glamour», a-t-il expliqué.
 
 
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