Succession de Stéphane Dion - Lutte en coulisse des candidats pressentis
1 novembre 2008
Canada
Ottawa — La course au leadership du Parti libéral n'est pas encore officiellement commencée que les divers candidats pressentis se font la lutte en coulisse. Chaque camp tente d'influencer l'exécutif du PLC pour que les règles du jeu devant être adoptées dans une semaine soient à leur avantage.
Les dirigeants du PLC ont rencontré hier après-midi des représentants de chaque candidat potentiel. Le but était de connaître leurs attentes par rapport à la course qui s'annonce, a appris Le Devoir. Pour l'heure, six noms circulent: ceux de Michael Ignatieff, de Bob Rae et de John Manley de l'Ontario; ceux de Martin Cauchon et de Denis Coderre du Québec; et celui de Dominic LeBlanc du Nouveau-Brunswick. Leurs avis divergent considérablement sur au moins deux aspects: le «prix d'entrée» dans la course et le plafond des dépenses devant être imposé.
Dans le clan de Martin Cauchon, on craint que le montant exigé du parti pour qu'un candidat ait le droit de faire campagne soit trop élevé. Selon nos informations, M. Cauchon serait prêt à accepter un montant de 100 000 $, souvent évoqué, mais aimerait bien une formule qui prenne en compte la capacité de recueillir des fonds de chaque candidat.
Selon nos informations, il suggère par exemple que les candidats versent 10 % de tous les fonds collectés pendant la campagne, jusqu'à concurrence de 100 000 $. Une telle formule ne défavoriserait pas les candidats plus obscurs. Contrairement à d'autres membres du PLC, Martin Cauchon croit que la venue de plusieurs candidats, même ceux sans réelle chance de l'emporter, contribuerait au renouvellement du parti.
Selon le clan de Martin Cauchon, un autre clan non identifié aurait proposé un prix d'entrée de 250 000 $, jugé exorbitant. «Si le parti devait aller dans ce sens, cela serait interprété comme un signal que le PLC ne veut pas de Martin Cauchon ou de Dominic LeBlanc. M. Cauchon ne laisserait pas passer cela sans réagir vivement», confie une source au Devoir.
Dans le clan de Denis Coderre, on préférerait un montant situé entre 50 000 et 100 000 $ non remboursable, question justement d'écarter les petits candidats. Lors de la dernière course, le montant exigé était de 50 000 $, mais il a été remboursé à chaque candidat puisque le congrès à l'investiture, tenu à Montréal, a généré des profits.
Dépenser un peu, beaucoup ou énormément?
Quant au montant de dépenses permis, encore là les avis divergent beaucoup. Selon le porte-parole du PLC, Joseph Mayer, certains ont évoqué un montant inférieur à un million de dollars, d'autres entre un et deux millions, et d'autres un montant «supérieur à deux millions». Denis Coderre a avancé le montant de 750 000 $, Martin Cauchon, d'un million. Encore là, les plus petits candidats craignent un montant trop élevé, qui conférerait un avantage indu aux titans que sont les Michael Ignatieff et Bob Rae.
Ce dernier, par ailleurs, aurait exprimé des réticences à se lancer dans la course, révélait hier le quotidien The Globe and Mail. Il a été impossible de joindre le clan de M. Rae hier. Dans l'équipe de Martin Cauchon, on estime que cette hésitation s'explique par le fait que son poulain est presque assuré de sauter dans la course. M. Cauchon avait fourni à Bob Rae son organisation au Québec en 2006. «Là, c'est sûr que ces gens-là vont cette fois-ci rester avec Martin [Cauchon]», évalue notre source.
D'autres éléments ont aussi été discutés lors de la rencontre hier après-midi, notamment la tenue de débats. Le clan de Dominic LeBlanc ne veut pas que ceux-ci soient trop nombreux. Il y en avait eu cinq en 2006. «Il faut que ça reste pertinent», explique un de ses organisateurs.
Encore des délégués
Notons que la formule d'élection du chef, quant à elle, ne sera pas changée. Chaque candidat devra encore faire élire des délégués dans chaque circonscription du pays et s'assurer de leur fidélité au moment du congrès. Certains candidats désiraient que chaque membre du PLC ait un droit de vote direct, par Internet ou par téléphone, comme cela est devenu la norme dans les autres partis politiques. «La constitution de 2006 dit qu'il faut utiliser le mode de sélection par délégué, explique Joseph Mayer. Lors du dernier congrès, une résolution sur la formule dite du "un membre, un vote" a été défaite par les militants.»
Denis Coderre milite quand même pour que le congrès, prévu en mai à Vancouver, soit adapté à la réalité du XXIe siècle. Il propose que le PLC organise cinq minicongrès au lieu d'un seul: en Atlantique, au Québec, en Ontario, dans l'Ouest et en Colombie-Britannique. Le tout sera relié par téléconférence et les votes se feraient par Intranet. Dans le clan de Coderre, on estime qu'une telle façon de procéder garantirait une plus grande participation des délégués. Ces délégués se désistent parfois à la dernière minute faute de moyens pour voyager aussi loin. Un congrès plus près de la maison leur faciliterait la vie.
Notons enfin que l'aile québécoise du PLC se rencontrera cette semaine pour concocter une proposition commune sur les modalités de la course, question de défendre un «consensus québécois» lors de la réunion décisive du week-end prochain.
Les dirigeants du PLC ont rencontré hier après-midi des représentants de chaque candidat potentiel. Le but était de connaître leurs attentes par rapport à la course qui s'annonce, a appris Le Devoir. Pour l'heure, six noms circulent: ceux de Michael Ignatieff, de Bob Rae et de John Manley de l'Ontario; ceux de Martin Cauchon et de Denis Coderre du Québec; et celui de Dominic LeBlanc du Nouveau-Brunswick. Leurs avis divergent considérablement sur au moins deux aspects: le «prix d'entrée» dans la course et le plafond des dépenses devant être imposé.
Dans le clan de Martin Cauchon, on craint que le montant exigé du parti pour qu'un candidat ait le droit de faire campagne soit trop élevé. Selon nos informations, M. Cauchon serait prêt à accepter un montant de 100 000 $, souvent évoqué, mais aimerait bien une formule qui prenne en compte la capacité de recueillir des fonds de chaque candidat.
Selon nos informations, il suggère par exemple que les candidats versent 10 % de tous les fonds collectés pendant la campagne, jusqu'à concurrence de 100 000 $. Une telle formule ne défavoriserait pas les candidats plus obscurs. Contrairement à d'autres membres du PLC, Martin Cauchon croit que la venue de plusieurs candidats, même ceux sans réelle chance de l'emporter, contribuerait au renouvellement du parti.
Selon le clan de Martin Cauchon, un autre clan non identifié aurait proposé un prix d'entrée de 250 000 $, jugé exorbitant. «Si le parti devait aller dans ce sens, cela serait interprété comme un signal que le PLC ne veut pas de Martin Cauchon ou de Dominic LeBlanc. M. Cauchon ne laisserait pas passer cela sans réagir vivement», confie une source au Devoir.
Dans le clan de Denis Coderre, on préférerait un montant situé entre 50 000 et 100 000 $ non remboursable, question justement d'écarter les petits candidats. Lors de la dernière course, le montant exigé était de 50 000 $, mais il a été remboursé à chaque candidat puisque le congrès à l'investiture, tenu à Montréal, a généré des profits.
Dépenser un peu, beaucoup ou énormément?
Quant au montant de dépenses permis, encore là les avis divergent beaucoup. Selon le porte-parole du PLC, Joseph Mayer, certains ont évoqué un montant inférieur à un million de dollars, d'autres entre un et deux millions, et d'autres un montant «supérieur à deux millions». Denis Coderre a avancé le montant de 750 000 $, Martin Cauchon, d'un million. Encore là, les plus petits candidats craignent un montant trop élevé, qui conférerait un avantage indu aux titans que sont les Michael Ignatieff et Bob Rae.
Ce dernier, par ailleurs, aurait exprimé des réticences à se lancer dans la course, révélait hier le quotidien The Globe and Mail. Il a été impossible de joindre le clan de M. Rae hier. Dans l'équipe de Martin Cauchon, on estime que cette hésitation s'explique par le fait que son poulain est presque assuré de sauter dans la course. M. Cauchon avait fourni à Bob Rae son organisation au Québec en 2006. «Là, c'est sûr que ces gens-là vont cette fois-ci rester avec Martin [Cauchon]», évalue notre source.
D'autres éléments ont aussi été discutés lors de la rencontre hier après-midi, notamment la tenue de débats. Le clan de Dominic LeBlanc ne veut pas que ceux-ci soient trop nombreux. Il y en avait eu cinq en 2006. «Il faut que ça reste pertinent», explique un de ses organisateurs.
Encore des délégués
Notons que la formule d'élection du chef, quant à elle, ne sera pas changée. Chaque candidat devra encore faire élire des délégués dans chaque circonscription du pays et s'assurer de leur fidélité au moment du congrès. Certains candidats désiraient que chaque membre du PLC ait un droit de vote direct, par Internet ou par téléphone, comme cela est devenu la norme dans les autres partis politiques. «La constitution de 2006 dit qu'il faut utiliser le mode de sélection par délégué, explique Joseph Mayer. Lors du dernier congrès, une résolution sur la formule dite du "un membre, un vote" a été défaite par les militants.»
Denis Coderre milite quand même pour que le congrès, prévu en mai à Vancouver, soit adapté à la réalité du XXIe siècle. Il propose que le PLC organise cinq minicongrès au lieu d'un seul: en Atlantique, au Québec, en Ontario, dans l'Ouest et en Colombie-Britannique. Le tout sera relié par téléconférence et les votes se feraient par Intranet. Dans le clan de Coderre, on estime qu'une telle façon de procéder garantirait une plus grande participation des délégués. Ces délégués se désistent parfois à la dernière minute faute de moyens pour voyager aussi loin. Un congrès plus près de la maison leur faciliterait la vie.
Notons enfin que l'aile québécoise du PLC se rencontrera cette semaine pour concocter une proposition commune sur les modalités de la course, question de défendre un «consensus québécois» lors de la réunion décisive du week-end prochain.
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