Plus de femmes, moins de poids au Québec
Photo : Agence Reuters
La nouvelle ministre des Affaires intergouvernementales, Josée Verner
Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper a chambardé hier son conseil des ministres en misant sur les femmes, dont trois nouvelles venues obtiennent des postes importants. Dans le cas du Québec, la province perd de l'influence au cabinet. Le Québec conserve cinq ministres, mais uniquement deux ministères majeurs. De plus, la province est peu représentée au sein des importants comités du cabinet.
Le nouveau conseil des ministres renferme 27 ministres en titre (Stephen Harper y compris) et 11 ministres d'État, qui sont des ministres juniors appelés à siéger au cabinet seulement sur demande. Ce conseil des ministres à 38 membres est plus imposant que le précédent, qui comptait 32 personnes.
Le premier ministre Harper a soutenu que son équipe est «expérimentée» et «axée sur l'économie», sa grande priorité en ce début de mandat. «Choisir un cabinet est toujours un défi. Mais je suis confiant que c'est la bonne équipe en ces temps difficiles», a-t-il dit hier lors d'un point de presse. Il y a dix nouveaux venus en tout, ce qui apportera un «renouveau», a-t-il ajouté. C'est le cinquième cabinet formé par Stephen Harper depuis février 2006, en incluant tous les remaniements.
Stephen Harper, tout comme Jean Charest au Québec, a décidé de faire davantage confiance aux femmes dans le cercle du pouvoir. Seulement 23 femmes ont été élues sous la bannière conservatrice le 14 octobre dernier (sur 143 députés), mais plusieurs avaient de l'expérience dans des gouvernements provinciaux ou dans l'industrie. Résultat, huit femmes deviennent ministre en titre (sur 27) et trois héritent d'un poste de ministre d'État.
Avec 11 femmes sur 38, il s'agit de la plus importante proportion de femmes au conseil des ministres. Le gouvernement de Paul Martin, en 2003-04, avait également nommé 11 femmes, mais sur 39 ministres.
Plusieurs nouvelles élues entrent d'ailleurs au cabinet. Leona Aglukkaq, du Nunavut, obtient le ministère de la Santé, un poste qu'elle avait déjà occupé dans son territoire. Lisa Raitt, l'ancienne présidente du Port de Toronto, a été nommée aux Ressources naturelles. Gail Shea, qui a réussi à arracher une circonscription à la très rouge Île-du-Prince-Édouard, obtient le ministère des Pêches et Océans. Des anciennes ministres demeurent au cabinet, comme Rona Ambrose (Travail), Diane Finley (Ressources humaines), Bev Oda (Coopération internationale) et Marjory LeBreton (leader au Sénat).
Le poids du Québec diminue
Le choix des membres du conseil des ministres est toujours un casse-tête pour un premier ministre, qui doit équilibrer les compétences de chacun avec la représentation régionale. C'est la délicate tâche à laquelle Stephen Harper a dû s'atteler au Québec, où aucun nouveau talent n'a été élu.
Tel que prévu, il n'a pas rappelé Maxime Bernier, mais il a confié un nouveau poste à Denis Lebel, le député de Roberval-Lac-Saint-Jean, qui devient ministre d'État au Développement économique pour les régions du Québec. Il remplace à cette fonction Jean-Pierre Blackburn, qui avait eu maille à partir avec le gouvernement Charest dans la foulée des compressions dans les organismes de développement économique. Jean-Pierre Blackburn est rétrogradé au discret ministère du Revenu et devient également ministre d'État à l'Agriculture.
L'autre démotion au Québec concerne Josée Verner, qui quitte le Patrimoine pour les Affaires intergouvernementales canadiennes, un poste invisible depuis le début du règne de Stephen Harper. Le premier ministre s'occupe lui-même de ses relations avec les provinces. C'est le jeune député James Moore, 32 ans, de la Colombie-Britannique, qui prend les rênes du Patrimoine. Il aura la délicate tâche de rebâtir les ponts avec l'industrie culturelle du pays.
Les deux ministres qui montent en grade au Québec sont Christian Paradis et Lawrence Cannon. Ce dernier devient ministre des Affaires étrangères en remplacement de David Emerson qui a pris sa retraite. «J'amène de l'expérience et une capacité d'écoute dans ce poste, a-t-il dit hier, à sa sortie de Rideau Hall. Je suis fier de représenter notre pays à l'étranger.» Avec Peter MacKay (Défense) et Bev Oda (ACDI), il forme le trio responsable du dossier de l'Afghanistan.
Dans le cas de Christian Paradis, celui-ci conserve le poste de ministre des Travaux publics qu'il avait obtenu en juin dernier, mais il reçoit également l'important titre de lieutenant politique de Stephen Harper au Québec. Il devient donc l'élu en charge de l'organisation du Parti conservateur dans la province, en lieu et place de Lawrence Cannon. Stephen Harper a expliqué que le ministre des Affaires étrangères est souvent à l'extérieur du pays, ce qui l'empêche de jouer le rôle de lieutenant au Québec. La contre-performance du PC dans la province aux dernières élections y est certainement aussi pour quelque chose.
M. Paradis devient aussi le tuteur de Montréal, qui n'a pas élu de conservateur le 14 octobre dernier. Sa circonscription, à la limite du centre du Québec et de l'Estrie, près de la frontière américaine, est toutefois assez éloignée de la métropole.
Les comités du cabinet
Le Québec sera aussi moins présent autour de la table des importants comités du cabinet. C'est dans ces huit comités que se prennent les décisions névralgiques du gouvernement, ce qui en fait des lieux de pouvoir incontournables.
Le comité le plus important, celui des priorités et de la planification, est présidé par Stephen Harper. Il y a trois Québécois sur 13 membres. Le vice-président est Lawrence Cannon, mais il sera souvent à l'étranger. Les deux autres ministres de la province sont Josée Verner et Christian Paradis.
Le deuxième comité en importance est celui des opérations, qui gère la coordination quotidienne du programme gouvernemental. Il y a un seul Québécois sur un total de dix membres. Il s'agit du nouveau et inexpérimenté Denis Lebel, qui dirige un ministère junior.
Le comité du Conseil du trésor, chargé de l'imputabilité, de l'éthique, des finances et de la gestion du personnel, ne compte aucun ministre du Québec sur les neuf présents à la table.
Le Comité du cabinet sur les affaires étrangères et la sécurité mettra à l'oeuvre un ministre du Québec (Lawrence Cannon) sur les 10 titulaires présents, alors que le Comité sur l'environnement et la sécurité énergétique aura un seul représentant du Québec (Jean-Pierre Blackburn) sur huit ministres.
Le Comité sur l'Afghanistan sera présidé par le ministre du Commerce international, Stockwell Day, alors que Bev Oda (ACDI) en sera la vice-présidente. Lawrence Cannon sera l'un des cinq membres du comité.
Les autres ministres
Tel que prévu, plusieurs ministres importants ne changent pas de portefeuille. Jim Flaherty (Finances), Peter MacKay (Défense), Rob Nicholson (Justice), Chuck Strahl (Affaires indiennes) et Vic Toews (Conseil du trésor) ne bougent pas.
Par contre, une surprise, Jim Prentice quitte l'Industrie pour aller à l'Environnement. John Baird, qui s'était brûlé les doigts avec une approche très partisane dans ce ministère sensible, cède sa place. Il va aux Transports. «Je suis emballé par le ministère de l'Environnement. Il faut trouver un équilibre entre l'économie et l'environnement, c'est un grand défi», a dit Jim Prentice hier. C'est Tony Clement qui le remplace à l'Industrie.
Parmi les démotions, on note Gary Lunn, qui passe des Ressources naturelles à un poste de simple ministre d'État aux Sports. Gordon O'Connor passe quant à lui du Revenu au poste de Whip du gouvernement.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Le nouveau conseil des ministres renferme 27 ministres en titre (Stephen Harper y compris) et 11 ministres d'État, qui sont des ministres juniors appelés à siéger au cabinet seulement sur demande. Ce conseil des ministres à 38 membres est plus imposant que le précédent, qui comptait 32 personnes.
Le premier ministre Harper a soutenu que son équipe est «expérimentée» et «axée sur l'économie», sa grande priorité en ce début de mandat. «Choisir un cabinet est toujours un défi. Mais je suis confiant que c'est la bonne équipe en ces temps difficiles», a-t-il dit hier lors d'un point de presse. Il y a dix nouveaux venus en tout, ce qui apportera un «renouveau», a-t-il ajouté. C'est le cinquième cabinet formé par Stephen Harper depuis février 2006, en incluant tous les remaniements.
Stephen Harper, tout comme Jean Charest au Québec, a décidé de faire davantage confiance aux femmes dans le cercle du pouvoir. Seulement 23 femmes ont été élues sous la bannière conservatrice le 14 octobre dernier (sur 143 députés), mais plusieurs avaient de l'expérience dans des gouvernements provinciaux ou dans l'industrie. Résultat, huit femmes deviennent ministre en titre (sur 27) et trois héritent d'un poste de ministre d'État.
Avec 11 femmes sur 38, il s'agit de la plus importante proportion de femmes au conseil des ministres. Le gouvernement de Paul Martin, en 2003-04, avait également nommé 11 femmes, mais sur 39 ministres.
Plusieurs nouvelles élues entrent d'ailleurs au cabinet. Leona Aglukkaq, du Nunavut, obtient le ministère de la Santé, un poste qu'elle avait déjà occupé dans son territoire. Lisa Raitt, l'ancienne présidente du Port de Toronto, a été nommée aux Ressources naturelles. Gail Shea, qui a réussi à arracher une circonscription à la très rouge Île-du-Prince-Édouard, obtient le ministère des Pêches et Océans. Des anciennes ministres demeurent au cabinet, comme Rona Ambrose (Travail), Diane Finley (Ressources humaines), Bev Oda (Coopération internationale) et Marjory LeBreton (leader au Sénat).
Le poids du Québec diminue
Le choix des membres du conseil des ministres est toujours un casse-tête pour un premier ministre, qui doit équilibrer les compétences de chacun avec la représentation régionale. C'est la délicate tâche à laquelle Stephen Harper a dû s'atteler au Québec, où aucun nouveau talent n'a été élu.
Tel que prévu, il n'a pas rappelé Maxime Bernier, mais il a confié un nouveau poste à Denis Lebel, le député de Roberval-Lac-Saint-Jean, qui devient ministre d'État au Développement économique pour les régions du Québec. Il remplace à cette fonction Jean-Pierre Blackburn, qui avait eu maille à partir avec le gouvernement Charest dans la foulée des compressions dans les organismes de développement économique. Jean-Pierre Blackburn est rétrogradé au discret ministère du Revenu et devient également ministre d'État à l'Agriculture.
L'autre démotion au Québec concerne Josée Verner, qui quitte le Patrimoine pour les Affaires intergouvernementales canadiennes, un poste invisible depuis le début du règne de Stephen Harper. Le premier ministre s'occupe lui-même de ses relations avec les provinces. C'est le jeune député James Moore, 32 ans, de la Colombie-Britannique, qui prend les rênes du Patrimoine. Il aura la délicate tâche de rebâtir les ponts avec l'industrie culturelle du pays.
Les deux ministres qui montent en grade au Québec sont Christian Paradis et Lawrence Cannon. Ce dernier devient ministre des Affaires étrangères en remplacement de David Emerson qui a pris sa retraite. «J'amène de l'expérience et une capacité d'écoute dans ce poste, a-t-il dit hier, à sa sortie de Rideau Hall. Je suis fier de représenter notre pays à l'étranger.» Avec Peter MacKay (Défense) et Bev Oda (ACDI), il forme le trio responsable du dossier de l'Afghanistan.
Dans le cas de Christian Paradis, celui-ci conserve le poste de ministre des Travaux publics qu'il avait obtenu en juin dernier, mais il reçoit également l'important titre de lieutenant politique de Stephen Harper au Québec. Il devient donc l'élu en charge de l'organisation du Parti conservateur dans la province, en lieu et place de Lawrence Cannon. Stephen Harper a expliqué que le ministre des Affaires étrangères est souvent à l'extérieur du pays, ce qui l'empêche de jouer le rôle de lieutenant au Québec. La contre-performance du PC dans la province aux dernières élections y est certainement aussi pour quelque chose.
M. Paradis devient aussi le tuteur de Montréal, qui n'a pas élu de conservateur le 14 octobre dernier. Sa circonscription, à la limite du centre du Québec et de l'Estrie, près de la frontière américaine, est toutefois assez éloignée de la métropole.
Les comités du cabinet
Le Québec sera aussi moins présent autour de la table des importants comités du cabinet. C'est dans ces huit comités que se prennent les décisions névralgiques du gouvernement, ce qui en fait des lieux de pouvoir incontournables.
Le comité le plus important, celui des priorités et de la planification, est présidé par Stephen Harper. Il y a trois Québécois sur 13 membres. Le vice-président est Lawrence Cannon, mais il sera souvent à l'étranger. Les deux autres ministres de la province sont Josée Verner et Christian Paradis.
Le deuxième comité en importance est celui des opérations, qui gère la coordination quotidienne du programme gouvernemental. Il y a un seul Québécois sur un total de dix membres. Il s'agit du nouveau et inexpérimenté Denis Lebel, qui dirige un ministère junior.
Le comité du Conseil du trésor, chargé de l'imputabilité, de l'éthique, des finances et de la gestion du personnel, ne compte aucun ministre du Québec sur les neuf présents à la table.
Le Comité du cabinet sur les affaires étrangères et la sécurité mettra à l'oeuvre un ministre du Québec (Lawrence Cannon) sur les 10 titulaires présents, alors que le Comité sur l'environnement et la sécurité énergétique aura un seul représentant du Québec (Jean-Pierre Blackburn) sur huit ministres.
Le Comité sur l'Afghanistan sera présidé par le ministre du Commerce international, Stockwell Day, alors que Bev Oda (ACDI) en sera la vice-présidente. Lawrence Cannon sera l'un des cinq membres du comité.
Les autres ministres
Tel que prévu, plusieurs ministres importants ne changent pas de portefeuille. Jim Flaherty (Finances), Peter MacKay (Défense), Rob Nicholson (Justice), Chuck Strahl (Affaires indiennes) et Vic Toews (Conseil du trésor) ne bougent pas.
Par contre, une surprise, Jim Prentice quitte l'Industrie pour aller à l'Environnement. John Baird, qui s'était brûlé les doigts avec une approche très partisane dans ce ministère sensible, cède sa place. Il va aux Transports. «Je suis emballé par le ministère de l'Environnement. Il faut trouver un équilibre entre l'économie et l'environnement, c'est un grand défi», a dit Jim Prentice hier. C'est Tony Clement qui le remplace à l'Industrie.
Parmi les démotions, on note Gary Lunn, qui passe des Ressources naturelles à un poste de simple ministre d'État aux Sports. Gordon O'Connor passe quant à lui du Revenu au poste de Whip du gouvernement.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Haut de la page

