Pas de pouvoir pour les libéraux sans unité
Céline Hervieux-Payette demande aux «mémères» de se retrousser les manches plutôt que de critiquer
25 octobre 2008
Canada
Ottawa — Elle est peut-être contestée, mais elle n'a pas l'intention de démissionner. La sénatrice Céline Hervieux-Payette, la lieutenant de Stéphane Dion au Québec, demande aux «mémères» de se retrousser les manches plutôt que de la critiquer et de déstabiliser encore plus le parti. En dépit des reproches, elle rappelle qu'elle a réussi à améliorer les scores électoraux du Parti libéral dans la province.
Dans une entrevue exclusive accordée au Devoir hier, la lieutenant de Stéphane Dion au Québec a décidé de répondre à ses adversaires qui la critiquent en coulisses depuis sa nomination il y a moins d'un an. Une rencontre du Conseil de direction du PLC doit avoir lieu lundi et compte blâmer la sénatrice. Céline Hervieux-Payette annonce qu'elle reste en poste tant que le chef n'en décidera pas autrement.
«J'ai le poste, je n'ai pas l'intention de démissionner. Tous ceux qui me connaissent savent que le mot démission n'existe pas dans mon vocabulaire.»
Le personnage, réputé pour son caractère cassant et abrasif, a détourné certains organisateurs qui ont préféré rester chez eux ou participer à la campagne de leur candidat local plutôt que d'aller donner un coup de main à la campagne nationale du PLC pendant les élections. «J'avais mis une condition à ma présence, c'était qu'elle ne soit pas là. Cette condition n'a pas été remplie, alors je ne suis pas allé au war room», expliquait récemment au Devoir un organisateur québécois d'expérience.
Ce genre de commentaires est souvent entendu dans les coulisses libérales du Québec. Ils sont souvent le lot, il est vrai, de partisans de Michael Ignatieff ou à tout le moins de gens appartenant à la frange plus nationaliste du PLC. Ceux-là n'ont jamais digéré que le père de la Loi sur la clarté devienne leur chef et qu'il choisisse comme lieutenant au Québec une ancienne député de l'ère Trudeau qui avait avalisé à la Chambre des communes le rapatriement unilatéral de la Constitution.
Mme Hervieux-Payette estime que les critiques qui lui sont adressées sont l'expression d'un manque d'unité déplorable. «Est-ce que tout le monde se ralliera le lendemain du prochain leadership? Je pense que c'est une condition sine qua non.» Sans viser personne en particulier, la sénatrice juge «inacceptable que quelqu'un fasse une course, respecte tout le processus démocratique et que, lorsqu'il y a un gagnant, ceux qui n'ont pas gagné s'emploient à déstabiliser le gagnant. C'est inacceptable.»
Mme Hervieux-Payette estime que, tant que le PLC n'arrivera pas à faire l'unité à la suite de ses courses à la chefferie, il lui sera impossible de reconquérir le pouvoir. Elle raille les sources anonymes qui alimentent les quotidiens et se font passer pour d'influents organisateurs. «Ce sont souvent des gens qui n'ont pas travaillé deux heures pour le Parti libéral.» Pour elle, un libéral influent est quelqu'un qui recrute des membres, fait du financement et met la main à la pâte pendant la campagne. «Les autres, c'est tout simplement des mémères. J'espère qu'on aura moins de mémères après le prochain mandat.»
Un bilan positif
Au-delà de ces guerres intestines, Céline Hervieux-Payette désire rappeler à ses adversaires qu'elle a fait un travail respectable pendant la campagne qui vient de se terminer. «En Colombie-Britannique, le Parti libéral a perdu 8 % de son vote. En Ontario, il en a perdu 6,9 %. Au Québec, on en a gagné 2,9 %. Là encore, il faut que je me compare», dit-elle.
En effet, au Québec, le PLC a obtenu 23,7 % des voix, contre 20,8 % en 2006. Il a remporté 14 sièges, à la suite du recomptage dans Brossard-La Prairie. À l'aune de l'un ou l'autre de ces deux critères, le Parti libéral a ravi la seconde place au Parti conservateur. «Toutes les autres provinces ont perdu des sièges, sauf le Québec et Terre-Neuve», ajoute-t-elle. En fait, le Parti libéral a conservé son seul siège en Saskatchewan.
Elle indique que 60 de ses candidats ont augmenté leur score par rapport à celui de 2006. «Et j'exclus les députés de ce calcul», se vante-t-elle. Si, en 2006, 16 candidats du Québec avaient obtenu si peu de voix que leur dépôt de 1000 $ ne leur avait pas été remboursé, un seul se trouve dans cette fâcheuse position en 2008.
«J'ai fini la campagne électorale, au niveau du quartier général, sans déficit. Je n'ai pas beaucoup de prédécesseurs qui peuvent se vanter de cela», dit-elle au Devoir. «Je n'ai pas dépensé l'argent que je n'avais pas. Je n'ai pas appauvri et mis en danger, dans un contexte de gouvernement minoritaire, le parti.»
Mais la sénatrice aurait-elle trop peu dépensé? Par exemple, les pancartes libérales ont été rares en dehors de Montréal et sont arrivées bien tard pendant la campagne. Les locaux électoraux ont ouvert presque deux semaines après le début de la campagne dans la région de Québec. Sans compter que les candidats-vedettes n'ont pas été au rendez-vous dans des circonscriptions prenables comme Jeanne-LeBer ou encore Outremont.
Mme Hervieux-Payette indique que, dans les deux cas, elle avait attendu en vain des candidats de haut calibre. Dans l'ancien fief de Liza Frulla, elle comptait sur une fonctionnaire fédérale haut placée, mais il lui est arrivé un incident personnel et elle n'a pas pu être de la course. Pour ce qui est d'Outremont, «jusqu'à la dernière minute, les militants de la circonscription attendaient le retour de Martin Cauchon. Il a décidé très tardivement de ne pas se présenter...»
Céline Hervieux-Payette rappelle aussi qu'elle ne pouvait pas faire de miracle en 10 mois, période qui s'est écoulée depuis sa nomination. «J'ai hérité d'un parti sans le sou, désorganisé, avec des circonscriptions où l'association était absente, où le nombre de bénévoles étaient rares.»
Dans une entrevue exclusive accordée au Devoir hier, la lieutenant de Stéphane Dion au Québec a décidé de répondre à ses adversaires qui la critiquent en coulisses depuis sa nomination il y a moins d'un an. Une rencontre du Conseil de direction du PLC doit avoir lieu lundi et compte blâmer la sénatrice. Céline Hervieux-Payette annonce qu'elle reste en poste tant que le chef n'en décidera pas autrement.
«J'ai le poste, je n'ai pas l'intention de démissionner. Tous ceux qui me connaissent savent que le mot démission n'existe pas dans mon vocabulaire.»
Le personnage, réputé pour son caractère cassant et abrasif, a détourné certains organisateurs qui ont préféré rester chez eux ou participer à la campagne de leur candidat local plutôt que d'aller donner un coup de main à la campagne nationale du PLC pendant les élections. «J'avais mis une condition à ma présence, c'était qu'elle ne soit pas là. Cette condition n'a pas été remplie, alors je ne suis pas allé au war room», expliquait récemment au Devoir un organisateur québécois d'expérience.
Ce genre de commentaires est souvent entendu dans les coulisses libérales du Québec. Ils sont souvent le lot, il est vrai, de partisans de Michael Ignatieff ou à tout le moins de gens appartenant à la frange plus nationaliste du PLC. Ceux-là n'ont jamais digéré que le père de la Loi sur la clarté devienne leur chef et qu'il choisisse comme lieutenant au Québec une ancienne député de l'ère Trudeau qui avait avalisé à la Chambre des communes le rapatriement unilatéral de la Constitution.
Mme Hervieux-Payette estime que les critiques qui lui sont adressées sont l'expression d'un manque d'unité déplorable. «Est-ce que tout le monde se ralliera le lendemain du prochain leadership? Je pense que c'est une condition sine qua non.» Sans viser personne en particulier, la sénatrice juge «inacceptable que quelqu'un fasse une course, respecte tout le processus démocratique et que, lorsqu'il y a un gagnant, ceux qui n'ont pas gagné s'emploient à déstabiliser le gagnant. C'est inacceptable.»
Mme Hervieux-Payette estime que, tant que le PLC n'arrivera pas à faire l'unité à la suite de ses courses à la chefferie, il lui sera impossible de reconquérir le pouvoir. Elle raille les sources anonymes qui alimentent les quotidiens et se font passer pour d'influents organisateurs. «Ce sont souvent des gens qui n'ont pas travaillé deux heures pour le Parti libéral.» Pour elle, un libéral influent est quelqu'un qui recrute des membres, fait du financement et met la main à la pâte pendant la campagne. «Les autres, c'est tout simplement des mémères. J'espère qu'on aura moins de mémères après le prochain mandat.»
Un bilan positif
Au-delà de ces guerres intestines, Céline Hervieux-Payette désire rappeler à ses adversaires qu'elle a fait un travail respectable pendant la campagne qui vient de se terminer. «En Colombie-Britannique, le Parti libéral a perdu 8 % de son vote. En Ontario, il en a perdu 6,9 %. Au Québec, on en a gagné 2,9 %. Là encore, il faut que je me compare», dit-elle.
En effet, au Québec, le PLC a obtenu 23,7 % des voix, contre 20,8 % en 2006. Il a remporté 14 sièges, à la suite du recomptage dans Brossard-La Prairie. À l'aune de l'un ou l'autre de ces deux critères, le Parti libéral a ravi la seconde place au Parti conservateur. «Toutes les autres provinces ont perdu des sièges, sauf le Québec et Terre-Neuve», ajoute-t-elle. En fait, le Parti libéral a conservé son seul siège en Saskatchewan.
Elle indique que 60 de ses candidats ont augmenté leur score par rapport à celui de 2006. «Et j'exclus les députés de ce calcul», se vante-t-elle. Si, en 2006, 16 candidats du Québec avaient obtenu si peu de voix que leur dépôt de 1000 $ ne leur avait pas été remboursé, un seul se trouve dans cette fâcheuse position en 2008.
«J'ai fini la campagne électorale, au niveau du quartier général, sans déficit. Je n'ai pas beaucoup de prédécesseurs qui peuvent se vanter de cela», dit-elle au Devoir. «Je n'ai pas dépensé l'argent que je n'avais pas. Je n'ai pas appauvri et mis en danger, dans un contexte de gouvernement minoritaire, le parti.»
Mais la sénatrice aurait-elle trop peu dépensé? Par exemple, les pancartes libérales ont été rares en dehors de Montréal et sont arrivées bien tard pendant la campagne. Les locaux électoraux ont ouvert presque deux semaines après le début de la campagne dans la région de Québec. Sans compter que les candidats-vedettes n'ont pas été au rendez-vous dans des circonscriptions prenables comme Jeanne-LeBer ou encore Outremont.
Mme Hervieux-Payette indique que, dans les deux cas, elle avait attendu en vain des candidats de haut calibre. Dans l'ancien fief de Liza Frulla, elle comptait sur une fonctionnaire fédérale haut placée, mais il lui est arrivé un incident personnel et elle n'a pas pu être de la course. Pour ce qui est d'Outremont, «jusqu'à la dernière minute, les militants de la circonscription attendaient le retour de Martin Cauchon. Il a décidé très tardivement de ne pas se présenter...»
Céline Hervieux-Payette rappelle aussi qu'elle ne pouvait pas faire de miracle en 10 mois, période qui s'est écoulée depuis sa nomination. «J'ai hérité d'un parti sans le sou, désorganisé, avec des circonscriptions où l'association était absente, où le nombre de bénévoles étaient rares.»
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