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Leadership libéral - Le vulnérable

Marie-Andrée Chouinard   21 octobre 2008  Canada
Jusque dans sa manière de tirer à demi sa révérence après la défaite crève-coeur de son parti, le libéral Stéphane Dion affiche la maladresse qui, souventes fois, marqua son parcours de chef incapable de rallier troupes libérales et population.

M. Dion a annoncé hier qu'il quittera son poste de chef du PLC, mais une fois seulement qu'un successeur lui sera désigné. Au nom d'une «transition ordonnée et réussie», il garde un pied dans la ronde, et s'improvise gardien de l'ordre jusqu'à ce qu'un meneur plus solide tente à son tour d'influer sur le cours des choses.

Hier déjà, au sein du caucus libéral, on grognait contre cet élan d'opiniâtreté: le clan libéral a besoin de calme pour désigner celui ou celle qui permettra au PLC de refaire une unité malmenée, mais la seule présence de M. Dion jusqu'au printemps encore est contraire à cette tranquillité politique. Pendant qu'à Ottawa un nouveau gouvernement minoritaire s'apprête à diriger sur fond de crise financière, il affirme qu'il restera porte-voix d'un parti désenchanté. Dans le contexte, on doute de ses capacités à devenir soudainement un interlocuteur crédible.

Comme le disait hier le sénateur libéral Francis Fox, cette «autoproclamation» de M. Dion comme chef intérimaire n'annonce rien qui vaille. Lorsqu'un chef déchu a l'humilité de reconnaître son inefficacité à la tête d'un parti, mieux vaut qu'il s'efface entièrement pour permettre une réfection ordonnée.

La politique n'est pas généreuse avec les leaders qui n'auraient pas suffisamment d'étoffe. Quand le pointage n'est pas assez élevé pour mener à la victoire, des voix s'élèvent: au suivant! Avec 26 % du vote populaire le 14 octobre dernier, la pression était devenue insoutenable. M. Dion ne pouvait pas demeurer en poste.

Pour expliquer son départ, il invoque sa «vulnérabilité», qu'il impute essentiellement à la campagne de dénigrement des conservateurs et au manque de moyens financiers des libéraux. Il n'a pas tort. Mais de cette vulnérabilité, qui est aussi intimement sienne, que ne savait-on pas au congrès qui le consacra en 2006?

L'être cérébral parfois maladroit qui n'a pas démontré le plus vibrant des instincts politiques a été fidèle à lui-même. Certes, il incarnait une intégrité nécessaire, après un scandale lourd de conséquences, mais sa crédibilité politique a parfois vacillé. Oui, il symbolisait le studieux aux bonnes idées, mais il fut souvent impuissant à les vulgariser. Bien sûr, il représentait le champion de l'unité canadienne, mais son reflet de M. Canada lui valut des airs sceptiques du côté du Québec.

Pour une opération de renouveau telle que les libéraux en avaient besoin, Stéphane Dion s'apparentait davantage à un accident de parcours qu'à une solution porteuse. Les libéraux se trompent s'ils croient qu'en troquant le chef, ils auront effacé tous les problèmes. L'échec de M. Dion ne tient pas qu'à son impuissance comme leader, mais aussi à l'état démembré du parti qu'il a récolté.






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  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 04h56
    Les amis...
    « Je ne serais pas surpris de découvrir que l'une des raisons pour lesquelle M. Dion veut demeurer chef du Parti libéral, pour un certain temps encore, serait qu'il voudrait remettre la "politesse" à ceux de ses rivaux qui ont récolté de l'argent pour leur propres causes plutôt que pour le parti, et qui ont refusé de faire une campagne active lors de cette dernière élection dans l'espoir de devenir ainsi plus rapidement chef sur les décombres de ce qui fut un grand parti. »

  • Michel Magnant
    Inscrit
    mardi 21 octobre 2008 08h09
    Dion: un intellectuel copieur
    « Dion n'est pas un penseur original. Il est plutôt un emprunteur original, qui a repris à son compte des idées mises au point ailleurs ou par d'autres.

    La question claire censée être posée au prochain référendum? il n'en est pas le vrai père comme on pense. Ill'a reprise de Stephen Harper qui l'avait conçue après le référendum de 1995.

    La défense du Canada? Il a simplement repris les articles écrits par Pierre-Eliott Trudeau sur la question. Il s'est approprié un argumentaire tout fait, partiellement tombé en désuétude, mais encore utilisable.

    Son tournant vert? Un concept déjà appliqué dans différentes juridictions des pays de l'OCDE.

    Le mérite de Dion est d'avoir repris et d'avoir défendu des concepts d'une certaine portée. Des concepts choquants aussi qui pouvaient le démarquer des autres. Mais en bout de ligne il s'agit d'idées empruntées qui ne remplacent pas la pensée personnelle. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 21 octobre 2008 08h10
    Petit homme berné
    « Dion aura réussi à se berner tout au long de sa carrière politique. A diminuer ses compatriotes il aura hérité d`un poste beaucoup trop exigeant pour ses capacités de mésadapté, narcissiste et nerd. Ce petit homme aura réussi à prétendre être la réincarnation de Napoléon et il aura rencontré son Waterloo en fin de course. »

  • Michel Coron
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 09h13
    Dion sur son erre d'aller !
    « Un pareil bolide propulsé de lui-même dans les dernières journées de la campagne pouvait-il vraiment de lui-même achever sa course en douceur? Il y avait chez cet homme une effervescence qu'on ne lui connaissait pas et qui frôlait l'exaltation mystique.
    Fatale erreur! Tôt ou tard et plutôt tôt que tard, il s'écrasera dans le mur dressé par ses faux-frères ou plus simplement dans les effets de sa propre désillusion.
    La clarté est folle d'octobre, disait pierre-Jean Jouve. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 09h45
    L'enfer est pavé de bonnes intentions...
    « Dion a toujours été un fonceur genre bouledogue, mais sans rouge a lèvre.

    la droite l'a toujours aimé, pour ses prises de position qui étaient inspirée par son maitre, Jean le Chrétien. La foule le déteste parce qu'il veut imposer son point de vue sans en tenir compte, comme la plupart des faibles quand ils ont le pouvoir.
    Mais la politique est une histoire de de foule, pas de l'élite.

    Sa loi sur la clarté est tellement croche qu'elle donne au fédéral le pouvoir de décider quelle est le pourcentage de oui qu'il faut, pour qu'il soit valable, APRÈS LE VOTE.

    En fait même dans sa défaite, il est le porte parole de Jean, qui lui parle tout croche et à besoin d'un intellectuel avec beaucoup de loyauté pour étoffer ses entourloupettes.

    Si il reste le maitre des lieux durant la campagne des futurs chefs, il continuera a miner le PLC avec les idée de Chrétien qui continue l'aire de Trudeau, tant mieux pour le Bloc... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 21 octobre 2008 10h22
    @ M. Claude Stordeur
    « M. Stordeurécrit : «Dion a toujours été un fonceur genre bouledogue, mais sans rouge a lèvre.»

    C'est vrai mais avec une sacoche...quand même. »

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 11h57
    Il fut tout un chef !
    « Tout politicien ambitieux tend à s'élever jusqu'à son niveau d'incompétence.Il fut élu à la direction du PLC à la surprise générale,grâce à l'alliance qu'il avait concoctée avec Kennedy et ses partisans ontariens.On pensait sans doute que le Chef Dion mettrait le Québec dans sa main, comme Trudeau l'avait fait avant lui. Mais il n'avait ni l'intelligence de Trudeau, ni son charisme, ni son habileté politique.On se souviendra de lui comme du faux brave qui parraina bien inutilement la loi sur la clarté afin de river le clou aux indépendantistes québécois. »

  • Religieux Saint-Vincent-De-Paul Maison Provinciale
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 13h08
    Transfer of blame
    « Dion obéit à un mécanisme de comportement classique : transfer of blame. Il est littéralementinconscient que le problêmne, c'est lui, non les autres. C'est un homme insupportable que les électeurs ne veulent pas comme leader. Point à la ligne. Stéphaane Dion manque d'insight, la capacité de se juger, de s'auto critiquer. Étudiant à l'université Laval, il était déjà insupportable. Comment ne pkas souhaiter que le parti libéral se débarrasse de cet homme. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 21 octobre 2008 14h32
    Efficacité de M. Dion ! ?
    « Est-ce que la polution a diminué au Canada pendant que M. Dion était ministre de l'environnement ?

    Je ne pense pas. Est-ce qu'il y a une personne qui peut me répondre sur son Da Fa là ? »

  • Bernard Morin
    Abonné
    mardi 21 octobre 2008 19h14
    Une coquille...
    « Un mot pour vous signaler, madame Chouinard, les derniers mots de votre texte par ailleurs fort petinent.
    "...l'état démembré du parti QU'IL A HÉRITÉ." Oups! »

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