L'économie et le Sénat au menu de Stephen Harper
16 octobre 2008
Canada
Satisfait de sa minorité renforcée, le premier ministre conservateur Stephen Harper a dévoilé hier le plan qu'il suivra pour l'amorce de son nouveau mandat. S'il promet de se placer sous le signe de la conciliation avec ses adversaires de l'opposition pour passer à travers la crise économique mondiale, il n'entend pas fléchir sur les enjeux qui lui tiennent à coeur, nommément sa réforme du Sénat.
C'est un Stephen Harper souriant qui s'est adressé aux journalistes hier matin dans son fief de Calgary. Il a dévoilé un plan en six points pour gérer la crise économique actuelle, un plan presque identique à celui qu'avait proposé Stéphane Dion pendant les débats télévisés et que M. Harper s'était empressé d'interpréter comme un signe de panique.
Ainsi, M. Harper s'engage à faire siéger la Chambre des communes dès cet automne et à présenter un énoncé économique actualisé. Il discutera de la situation avec son homologue français Nicolas Sarkozy lors du sommet Canada-Union européenne demain et il convoquera une rencontre des premiers ministres provinciaux et territoriaux pour synchroniser les actions de tous. À cet égard, il se dit prêt à travailler avec les chefs des trois autres partis représentés au Parlement. «C'est encore un gouvernement minoritaire. Nous voulons entendre ce que les autres chefs ont à dire. Nous prendrons leur point de vue en considération.»
Mais là s'arrêtent les élans conciliateurs du premier ministre. Stephen Harper veut faire avancer sa réforme du Sénat, justement bloquée au Sénat, où le Parti libéral détient une majorité de sièges, quitte à y multiplier les nominations pour renverser l'équilibre des forces. Stephen Harper souhaite instaurer des élections sénatoriales, ce à quoi s'oppose Québec, qui y voit une rupture du contrat constitutif canadien.
«Nous ne croyons pas qu'une entité non élue devrait avoir le droit de bloquer une initiative provenant d'une chambre élue», a déclaré M. Harper de son propre chef, alors que personne ne lui avait posé de question à ce sujet hier. «Je me suis abstenu très longtemps de nommer des sénateurs, mais je ne crois pas que le Sénat devrait continuer à être dominé par un parti qui a perdu deux élections consécutives.» M. Harper prévient donc que si sa réforme électorale n'aboutit pas, «je nommerai des sénateurs pour m'assurer que la volonté de la Chambre des communes élue et du peuple est reflétée au Sénat».
Le Parti libéral détient 59 sièges au Sénat, contre 21 pour le Parti conservateur et quelques indépendants. Il y a toutefois 16 vacances que Stephen Harper pourrait combler immédiatement. De plus, d'ici la fin de 2009, 11 autres sénateurs qui ne sont pas des conservateurs devront prendre leur retraite. Même s'il remplaçait tous ces gens, cela ne conférerait pas la majorité à M. Harper. Il existe toujours une exception constitutionnelle permettant de nommer plus de sénateurs que les 105 prévus. Brian Mulroney l'avait fait en 1990 pour faire adopter sa TPS, elle aussi bloquée au Sénat.
Si M. Harper se dit prêt à nommer beaucoup de sénateurs, il ne répétera pas son coup d'éclat de 2006 en nommant un autre non-élu à son cabinet pour compenser l'absence de représentation de Montréal et, dans une moindre mesure, Toronto et Vancouver. «Nous reviendrons à la tradition de ne nommer au cabinet que des élus», a-t-il prévenu. Michael Fortier, qui a démissionné de la Chambre haute, n'a pas réussi à se faire élire dans Vaudreuil-Soulanges, mardi soir.
Stephen Harper s'est réjoui des résultats de son parti à l'élection. Il a obtenu 36,7 % du vote national contre 26,2 % pour le Parti libéral de Stéphane Dion et 18,2 % pour le NPD de Jack Layton. «Notre parti est en voie de s'établir partout au pays. Nous avons fait une percée auprès des femmes, des communautés ethniques et dans quelques grandes villes», a-t-il dit.
La performance du PC est particulièrement réjouissante en Ontario, où il a détrôné les libéraux, et en Colombie-Britannique, où il a obtenu 44 % du vote, en hausse de sept points. Il n'empêche qu'avec ses 143 sièges, la majorité lui échappe alors qu'il faisait face au chef, selon ses propres dires et ceux de son parti, le plus faible que le Parti libéral ait eu en une génération. Est-il encore l'homme de la situation?
«Je suis jeune, et le premier ministre doit toujours vouloir être premier ministre. C'est ce qui fait, dans notre système, que vous êtes premier ministre», a-t-il répondu de manière sibylline.
Le portrait n'est par ailleurs pas parfait pour Stephen Harper. Sa formation a été balayée de Terre-Neuve et a vu ses appuis baisser au Québec, passant de 25 % à 22 %, ce qui s'est traduit par la perte d'un joueur. Le chef conservateur ne se sent pas responsable de la situation, au contraire. «Il y a beaucoup de facteurs» expliquant cet état de fait, a-t-il commencé par dire. Puis il a ajouté: «Selon nos informations internes, nous avons gagné du terrain chaque fois que j'étais au Québec et nous avons perdu du terrain chaque jour où je n'étais pas au Québec pendant la campagne électorale. Contrairement au [chef du] Bloc québécois, un chef de formation fédéraliste peut seulement être là un jour sur quatre pendant l'élection.»
C'est un Stephen Harper souriant qui s'est adressé aux journalistes hier matin dans son fief de Calgary. Il a dévoilé un plan en six points pour gérer la crise économique actuelle, un plan presque identique à celui qu'avait proposé Stéphane Dion pendant les débats télévisés et que M. Harper s'était empressé d'interpréter comme un signe de panique.
Ainsi, M. Harper s'engage à faire siéger la Chambre des communes dès cet automne et à présenter un énoncé économique actualisé. Il discutera de la situation avec son homologue français Nicolas Sarkozy lors du sommet Canada-Union européenne demain et il convoquera une rencontre des premiers ministres provinciaux et territoriaux pour synchroniser les actions de tous. À cet égard, il se dit prêt à travailler avec les chefs des trois autres partis représentés au Parlement. «C'est encore un gouvernement minoritaire. Nous voulons entendre ce que les autres chefs ont à dire. Nous prendrons leur point de vue en considération.»
Mais là s'arrêtent les élans conciliateurs du premier ministre. Stephen Harper veut faire avancer sa réforme du Sénat, justement bloquée au Sénat, où le Parti libéral détient une majorité de sièges, quitte à y multiplier les nominations pour renverser l'équilibre des forces. Stephen Harper souhaite instaurer des élections sénatoriales, ce à quoi s'oppose Québec, qui y voit une rupture du contrat constitutif canadien.
«Nous ne croyons pas qu'une entité non élue devrait avoir le droit de bloquer une initiative provenant d'une chambre élue», a déclaré M. Harper de son propre chef, alors que personne ne lui avait posé de question à ce sujet hier. «Je me suis abstenu très longtemps de nommer des sénateurs, mais je ne crois pas que le Sénat devrait continuer à être dominé par un parti qui a perdu deux élections consécutives.» M. Harper prévient donc que si sa réforme électorale n'aboutit pas, «je nommerai des sénateurs pour m'assurer que la volonté de la Chambre des communes élue et du peuple est reflétée au Sénat».
Le Parti libéral détient 59 sièges au Sénat, contre 21 pour le Parti conservateur et quelques indépendants. Il y a toutefois 16 vacances que Stephen Harper pourrait combler immédiatement. De plus, d'ici la fin de 2009, 11 autres sénateurs qui ne sont pas des conservateurs devront prendre leur retraite. Même s'il remplaçait tous ces gens, cela ne conférerait pas la majorité à M. Harper. Il existe toujours une exception constitutionnelle permettant de nommer plus de sénateurs que les 105 prévus. Brian Mulroney l'avait fait en 1990 pour faire adopter sa TPS, elle aussi bloquée au Sénat.
Si M. Harper se dit prêt à nommer beaucoup de sénateurs, il ne répétera pas son coup d'éclat de 2006 en nommant un autre non-élu à son cabinet pour compenser l'absence de représentation de Montréal et, dans une moindre mesure, Toronto et Vancouver. «Nous reviendrons à la tradition de ne nommer au cabinet que des élus», a-t-il prévenu. Michael Fortier, qui a démissionné de la Chambre haute, n'a pas réussi à se faire élire dans Vaudreuil-Soulanges, mardi soir.
Stephen Harper s'est réjoui des résultats de son parti à l'élection. Il a obtenu 36,7 % du vote national contre 26,2 % pour le Parti libéral de Stéphane Dion et 18,2 % pour le NPD de Jack Layton. «Notre parti est en voie de s'établir partout au pays. Nous avons fait une percée auprès des femmes, des communautés ethniques et dans quelques grandes villes», a-t-il dit.
La performance du PC est particulièrement réjouissante en Ontario, où il a détrôné les libéraux, et en Colombie-Britannique, où il a obtenu 44 % du vote, en hausse de sept points. Il n'empêche qu'avec ses 143 sièges, la majorité lui échappe alors qu'il faisait face au chef, selon ses propres dires et ceux de son parti, le plus faible que le Parti libéral ait eu en une génération. Est-il encore l'homme de la situation?
«Je suis jeune, et le premier ministre doit toujours vouloir être premier ministre. C'est ce qui fait, dans notre système, que vous êtes premier ministre», a-t-il répondu de manière sibylline.
Le portrait n'est par ailleurs pas parfait pour Stephen Harper. Sa formation a été balayée de Terre-Neuve et a vu ses appuis baisser au Québec, passant de 25 % à 22 %, ce qui s'est traduit par la perte d'un joueur. Le chef conservateur ne se sent pas responsable de la situation, au contraire. «Il y a beaucoup de facteurs» expliquant cet état de fait, a-t-il commencé par dire. Puis il a ajouté: «Selon nos informations internes, nous avons gagné du terrain chaque fois que j'étais au Québec et nous avons perdu du terrain chaque jour où je n'étais pas au Québec pendant la campagne électorale. Contrairement au [chef du] Bloc québécois, un chef de formation fédéraliste peut seulement être là un jour sur quatre pendant l'élection.»
Haut de la page

