Un taux de participation anémique et étonnant
Sur les quelque 23 millions de Canadiens appelés aux urnes mardi, moins de 59,1 % ont accompli leur devoir de citoyen, selon Élections Canada. Il s'agit d'une chute de près de 10 % par rapport à 1997.
Pourtant, une course serrée est habituellement un indice pour un taux de participation élevé, indique Thierry Giasson, chercheur en communication politique à l'Université Laval. «Ça donne l'impression à l'électeur que son vote peut avoir un plus grand impact», ajoute-t-il. Or, depuis 1989, indique le professeur de science politique Raymond Hudon, le taux de participation baisse — sauf de petites exceptions ponctuelles — malgré les luttes parfois chaudes des partis.
Selon M. Giasson, le cynisme des électeurs mine leur motivation à se rendre aux urnes. «Une hypothèse veut que les campagnes négatives soutiennent le cynisme et fassent chuter la participation», explique celui qui croit que la dernière campagne canadienne est la plus négative de l'histoire du pays.
L'offre des partis n'est pas assez alléchante pour se déplacer, veut une autre hypothèse. Le décalage entre l'offre des partis et les préoccupations des électeurs les freine sur le chemin du vote. «Ce n'est qu'en fin de campagne que les partis ont abordé les mêmes préoccupations que les électeurs, comme l'économie», remarque Thierry Giasson. Pour lui, les médias ont un peu joué le jeu des conservateurs en axant leur couverture sur le leadership et les anecdotes plutôt que sur les enjeux. «L'image d'un processus imparfait peut créer une démobilisation», précise-t-il.
De son côté, Raymond Hudon croit que deux facteurs convergents et complémentaires ont joué sur le faible taux de participation de mardi. Selon lui, les citoyens ont envie d'un autre mode de représentation, d'une démocratie plus participative que consultative. À ce titre, il cite l'exemple de la mobilisation citoyenne autour du dossier du mont Orford. Il pointe également la nouvelle Loi sur le financement des partis, qui «est venue limiter [leur] action. Je ne veux pas en détruire la pertinence, mais la loi qui voulait assurer l'équité a en quelque sorte affaibli la force de frappe et l'impact des partis en campagne».
Les deux spécialistes soulignent que la pente descendante de la participation se dessine dans toutes les démocraties occidentales. «Le député est moins important qu'avant, ajoute Raymond Hudon. La dépersonnalisation n'aide pas à faire en sorte que les gens aillent voter.»
Pourtant, une course serrée est habituellement un indice pour un taux de participation élevé, indique Thierry Giasson, chercheur en communication politique à l'Université Laval. «Ça donne l'impression à l'électeur que son vote peut avoir un plus grand impact», ajoute-t-il. Or, depuis 1989, indique le professeur de science politique Raymond Hudon, le taux de participation baisse — sauf de petites exceptions ponctuelles — malgré les luttes parfois chaudes des partis.
Selon M. Giasson, le cynisme des électeurs mine leur motivation à se rendre aux urnes. «Une hypothèse veut que les campagnes négatives soutiennent le cynisme et fassent chuter la participation», explique celui qui croit que la dernière campagne canadienne est la plus négative de l'histoire du pays.
L'offre des partis n'est pas assez alléchante pour se déplacer, veut une autre hypothèse. Le décalage entre l'offre des partis et les préoccupations des électeurs les freine sur le chemin du vote. «Ce n'est qu'en fin de campagne que les partis ont abordé les mêmes préoccupations que les électeurs, comme l'économie», remarque Thierry Giasson. Pour lui, les médias ont un peu joué le jeu des conservateurs en axant leur couverture sur le leadership et les anecdotes plutôt que sur les enjeux. «L'image d'un processus imparfait peut créer une démobilisation», précise-t-il.
De son côté, Raymond Hudon croit que deux facteurs convergents et complémentaires ont joué sur le faible taux de participation de mardi. Selon lui, les citoyens ont envie d'un autre mode de représentation, d'une démocratie plus participative que consultative. À ce titre, il cite l'exemple de la mobilisation citoyenne autour du dossier du mont Orford. Il pointe également la nouvelle Loi sur le financement des partis, qui «est venue limiter [leur] action. Je ne veux pas en détruire la pertinence, mais la loi qui voulait assurer l'équité a en quelque sorte affaibli la force de frappe et l'impact des partis en campagne».
Les deux spécialistes soulignent que la pente descendante de la participation se dessine dans toutes les démocraties occidentales. «Le député est moins important qu'avant, ajoute Raymond Hudon. La dépersonnalisation n'aide pas à faire en sorte que les gens aillent voter.»
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