Dans le fief de Stephen Harper - Ambiance de fête à Calgary
Photo : Agence Reuters
Des supporters en liesse au quartier général du chef conservateur Stephen Harper, à Calgary.
Calgary — L'ambiance était à la fête hier soir dans le fief de Stephen Harper, alors que le Parti conservateur a réussi à augmenter substantiellement le nombre de sièges qu'il détient aux Communes, ce qui lui permet de former de nouveau le gouvernement du Canada. Seule ombre au tableau: Stephen Harper a perdu son pari de former un gouvernement majoritaire et n'a pas réussi à convaincre les Québécois de lui faire davantage confiance.
Les 1500 supporters conservateurs réunis au Centre des congrès de Calgary avaient les yeux rivés aux écrans géants de la salle, bien conscients que l'ampleur de la victoire a une importance pour l'avenir du Parti conservateur, particulièrement au Québec et en Ontario. Cette dernière province a bien répondu hier aux élans du PC, alors que le Québec a plutôt choisi le statu quo.
Au moment de mettre sous presse, tard hier soir, Stephen Harper n'était toujours pas monté sur la tribune pour s'adresser aux militants réunis au Centre de congrès. Il attendait que les autres chefs politiques aient pris la parole.
Le fondateur du Parti réformiste et ami de Stephen Harper, Preston Manning, se disait «heureux» du résultat. «Je suis persuadé que Harper sera lui aussi très heureux de cette forte minorité», a-t-il dit. Selon lui, la droite a progressé hier, particulièrement en Ontario, où une dizaine de gains ont permis aux conservateurs de s'approcher d'une majorité.
Malgré l'euphorie générale, une certaine déception se lisait sur le visage de plusieurs militants, qui croyaient à la possibilité d'une victoire totale. «On progresse, mais pas assez vite à mon goût», affirmait Patrick, un militant de Calgary. «J'aurais aimé une majorité. Mais bon, c'est quand même bien de gouverner.»
Un autre militant était triste d'avoir laissé échapper la majorité, mais heureux de voir perdre le Parti libéral. «Les libéraux vont avoir de la difficulté à s'en remettre», a dit Steve, originaire d'Edmonton.
Les résultats mitigés en Atlantique pour les conservateurs, avec des pertes à Terre-Neuve et quelques gains au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, n'avaient pas permis de dégager une tendance claire en début de soirée, de sorte que les militants étaient restés discrets dans leur démonstration de joie. «Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve, nous a fait la vie dure dans cette région», a dit la sénatrice conservatrice Marjorie LeBreton, qui était à Calgary hier.
Mais l'Ontario a fait sourire les militants conservateurs 30 minutes plus tard. Les applaudissements les plus intenses ont été réservés à la victoire de Stephen Harper dans son comté de Calgary et à la défaite de Garth Turner en Ontario, un ancien député du PC passé aux libéraux il y a 18 mois.
La défaite du ministre Michael Fortier, dans la région de Montréal, a visiblement déçu les militants de l'Ouest. Mais chaque victoire des autres ministres a suscité des cris de joie bien sentis.
En 2006, après 13 ans d'une longue traversée du désert, il suffisait de gagner pour rendre les militants conservateurs heureux. Mais près de trois ans plus tard, plusieurs militants attendaient de voir si leur parti avait progressé avant de se réjouir.
L'objectif de Stephen Harper est de faire du Parti conservateur la formation politique naturelle du Canada, le parti du gouvernement, et donc de remplacer le Parti libéral à ce titre. Selon son entourage, il a fait un pas dans cette direction hier.
Le Québec et l'Ontario
L'Ouest canadien et les Prairies étant dominés par leur parti depuis plusieurs années, les supporters conservateurs avaient surtout les yeux rivés sur le Québec et l'Ontario, clé de voûte d'une victoire de Stephen Harper et passage obligé vers une possible majorité aux Communes.
Les résultats au Québec, qui retenaient l'attention dans le camp conservateur en raison des pertes de sièges possibles du parti, semblaient moins décevants que prévu pour le PC. Le Parti conservateur a arrêté de faire des sondages internes dans la province jeudi dernier, de sorte qu'il naviguait à vue depuis quelques jours. Est-ce que le passage de Stephen Harper au Québec en fin de semaine aura permis un rebond de dernière minute?
Dans l'entourage de Stephen Harper, on se disait heureux de garder 10 sièges, une situation presque identique qu'à la dissolution de la Chambre des communes (11). Le PC aura perdu le siège de Luc Harvey, Louis-Hébert, à Québec. Au moment du déclenchement des élections, le PC visait pourtant 20 à 25 sièges au Québec.
Mais dans le camp, on se voulait philosophe, avant les remises en question qui vont inévitablement suivre. «On bâtit une fondation au Québec et ça prend du temps», a soutenu Dimitri Soudas, porte-parole du premier ministre Harper. «Certains sondages prédisaient une chute de nos appuis et plusieurs défaites, mais c'est l'appui au Bloc qui a diminué depuis la dernière élection.» Selon lui, ce mandat «renforcé» permettra au PC d'appliquer son programme. «On a toujours pensé qu'on aurait une minorité. C'est une belle victoire», a-t-il dit.
Le ministre et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Lawrence Cannon — qui a été réélu dans l'Outaouais — a soutenu qu'il faut «prendre acte des résultats» avant de les analyser pour les comprendre.
Stephen Harper a regardé la soirée électorale à partir d'une suite de l'hôtel Hyatt, tout juste à côté du Centre des congrès. Sa famille était avec lui, y compris sa femme, ses enfants et sa mère. Ses conseillers immédiats étaient également avec lui. Il aurait préparé un discours de victoire et quelques lignes en cas de défaite, signe qu'il était relativement confiant.
Les 1500 supporters conservateurs réunis au Centre des congrès de Calgary avaient les yeux rivés aux écrans géants de la salle, bien conscients que l'ampleur de la victoire a une importance pour l'avenir du Parti conservateur, particulièrement au Québec et en Ontario. Cette dernière province a bien répondu hier aux élans du PC, alors que le Québec a plutôt choisi le statu quo.
Au moment de mettre sous presse, tard hier soir, Stephen Harper n'était toujours pas monté sur la tribune pour s'adresser aux militants réunis au Centre de congrès. Il attendait que les autres chefs politiques aient pris la parole.
Le fondateur du Parti réformiste et ami de Stephen Harper, Preston Manning, se disait «heureux» du résultat. «Je suis persuadé que Harper sera lui aussi très heureux de cette forte minorité», a-t-il dit. Selon lui, la droite a progressé hier, particulièrement en Ontario, où une dizaine de gains ont permis aux conservateurs de s'approcher d'une majorité.
Malgré l'euphorie générale, une certaine déception se lisait sur le visage de plusieurs militants, qui croyaient à la possibilité d'une victoire totale. «On progresse, mais pas assez vite à mon goût», affirmait Patrick, un militant de Calgary. «J'aurais aimé une majorité. Mais bon, c'est quand même bien de gouverner.»
Un autre militant était triste d'avoir laissé échapper la majorité, mais heureux de voir perdre le Parti libéral. «Les libéraux vont avoir de la difficulté à s'en remettre», a dit Steve, originaire d'Edmonton.
Les résultats mitigés en Atlantique pour les conservateurs, avec des pertes à Terre-Neuve et quelques gains au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, n'avaient pas permis de dégager une tendance claire en début de soirée, de sorte que les militants étaient restés discrets dans leur démonstration de joie. «Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve, nous a fait la vie dure dans cette région», a dit la sénatrice conservatrice Marjorie LeBreton, qui était à Calgary hier.
Mais l'Ontario a fait sourire les militants conservateurs 30 minutes plus tard. Les applaudissements les plus intenses ont été réservés à la victoire de Stephen Harper dans son comté de Calgary et à la défaite de Garth Turner en Ontario, un ancien député du PC passé aux libéraux il y a 18 mois.
La défaite du ministre Michael Fortier, dans la région de Montréal, a visiblement déçu les militants de l'Ouest. Mais chaque victoire des autres ministres a suscité des cris de joie bien sentis.
En 2006, après 13 ans d'une longue traversée du désert, il suffisait de gagner pour rendre les militants conservateurs heureux. Mais près de trois ans plus tard, plusieurs militants attendaient de voir si leur parti avait progressé avant de se réjouir.
L'objectif de Stephen Harper est de faire du Parti conservateur la formation politique naturelle du Canada, le parti du gouvernement, et donc de remplacer le Parti libéral à ce titre. Selon son entourage, il a fait un pas dans cette direction hier.
Le Québec et l'Ontario
L'Ouest canadien et les Prairies étant dominés par leur parti depuis plusieurs années, les supporters conservateurs avaient surtout les yeux rivés sur le Québec et l'Ontario, clé de voûte d'une victoire de Stephen Harper et passage obligé vers une possible majorité aux Communes.
Les résultats au Québec, qui retenaient l'attention dans le camp conservateur en raison des pertes de sièges possibles du parti, semblaient moins décevants que prévu pour le PC. Le Parti conservateur a arrêté de faire des sondages internes dans la province jeudi dernier, de sorte qu'il naviguait à vue depuis quelques jours. Est-ce que le passage de Stephen Harper au Québec en fin de semaine aura permis un rebond de dernière minute?
Dans l'entourage de Stephen Harper, on se disait heureux de garder 10 sièges, une situation presque identique qu'à la dissolution de la Chambre des communes (11). Le PC aura perdu le siège de Luc Harvey, Louis-Hébert, à Québec. Au moment du déclenchement des élections, le PC visait pourtant 20 à 25 sièges au Québec.
Mais dans le camp, on se voulait philosophe, avant les remises en question qui vont inévitablement suivre. «On bâtit une fondation au Québec et ça prend du temps», a soutenu Dimitri Soudas, porte-parole du premier ministre Harper. «Certains sondages prédisaient une chute de nos appuis et plusieurs défaites, mais c'est l'appui au Bloc qui a diminué depuis la dernière élection.» Selon lui, ce mandat «renforcé» permettra au PC d'appliquer son programme. «On a toujours pensé qu'on aurait une minorité. C'est une belle victoire», a-t-il dit.
Le ministre et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Lawrence Cannon — qui a été réélu dans l'Outaouais — a soutenu qu'il faut «prendre acte des résultats» avant de les analyser pour les comprendre.
Stephen Harper a regardé la soirée électorale à partir d'une suite de l'hôtel Hyatt, tout juste à côté du Centre des congrès. Sa famille était avec lui, y compris sa femme, ses enfants et sa mère. Ses conseillers immédiats étaient également avec lui. Il aurait préparé un discours de victoire et quelques lignes en cas de défaite, signe qu'il était relativement confiant.
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