Bloc québécois - La victoire historique n'est pas venue
Mais Gilles Duceppe rappelle que «pour les Québécois, c'est clair: le Bloc est pertinent»
Photo : Jacques Nadeau
Gilles Duceppe photographié hier au quartier général du Bloc québécois.
Entamée dans l'enthousiasme, la soirée électorale des bloquistes réunis hier au Medley s'est terminée sur un constat mi-figue mi-raisin: le Parti a certes eu une bonne performance par rapport aux prévisions du début de la campagne, mais la remontée du Bloc dans les deux dernières semaines faisait espérer à plusieurs un résultat historique qui ne semblait pas à portée de main en fin de soirée.
Au moment de mettre sous presse, le Bloc avait 50 circonscriptions dans la poche ou en voie de l'être, et quelque 38 % des voix exprimées au Québec. En 2006, le parti avait réussi à conserver 51 comtés malgré la percée des conservateurs, pour 43 % des voix. En fait, si le pourcentage des suffrages récoltés par le Bloc demeure au même niveau, il faudra parler d'une performance historiquement mauvaise en matière d'appui populaire, frôlant celles de 1997 (38 % et 44 députés) et de 2000 (39 % et 38 députés).
Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait son entrée devant ses partisans vers 23h45 et a été accueilli chaleureusement. «Nous avons fait une belle campagne, vraiment», a-t-il dit avant de féliciter tous ses adversaires. «Le Québec nous a donné une sixième majorité consécutive. C'est cinq fois plus de circonscriptions que le parti de M. Harper. Nous avons atteint notre objectif: sans le Bloc ce soir, Stephen Harper formerait un gouvernement majoritaire. Pour les Québécois, c'est clair: le Bloc est pertinent. La nation s'est exprimée: il est clair qu'elle ne saurait se contenter d'une reconnaissance purement symbolique», a-t-il ajouté.
Selon M. Duceppe, le vote d'hier indique que le Québec rejette le modèle de répression des conservateurs envers les jeunes contrevenants, de même de «la politique de mépris envers les artistes». Il a sinon profité de son discours pour rappeler au premier ministre les demandes du Québec, notamment en matière économique, avant de lancer que le «Bloc est au service de tout le Québec», fédéraliste comme souverainiste.
Espoirs
La publication partielle des résultats avait toutefois refroidi les ardeurs des militants bloquistes avant l'arrivée de M. Duceppe au Medley. Pour un Michael Fortier joyeusement ovationné pour sa défaite contre Meili Faille, il y a eu des silences embarrassés pour des défaites dans Québec — où on souhaitait reprendre les comtés perdus en 2006 —, à Roberval (contre Jean-Pierre Blackburn) ou encore devant la victoire anticipée du libéral Justin Trudeau dans Papineau. L'inquiétude se devinait aussi chez les militants à mesure que l'ampleur de la victoire générale des conservateurs se dessinait. Mi-figue mi-raisin, donc.
Pourtant, en début de soirée, tout un chacun disait croire que le Bloc pouvait anticiper un résultat de l'ordre des 54 députés obtenus en 1993 et en 2004. «C'est vraiment l'inverse par rapport à 2006, indiquait Mario Laframboise, organisateur en chef et député élu dans Argenteuil-Papineau-Mirabel. Nous avions fini à la traîne, alors que nous sommes en pleine ascension. C'est forcément plus motivant.»
Mais n'eut été des gaffes des conservateurs, la situation aurait vraisemblablement été plus difficile. Entamée dans le doute des questionnements quant à la pertinence du Bloc à Ottawa — on parlait alors autant d'essoufflement du chef que du parti —, la campagne bloquiste a pris son envol au tournant de la troisième semaine de campagne, notait Réal Ménard, réélu dans Hochelaga pour un sixième mandat.
Il identifiait notamment un événement important expliquant le revirement de situation. «Michael Fortier a clairement été l'entrepreneur de pompe funèbre de la campagne du PC au Québec [avec la caravane dénonçant les «coûts» du Bloc à Ottawa]. Je pense que les gens ont alors pris conscience qu'on attaquait la légitimité de leur vote. Un point de non-retour a été franchi à ce moment.»
Au moment de mettre sous presse, le Bloc avait 50 circonscriptions dans la poche ou en voie de l'être, et quelque 38 % des voix exprimées au Québec. En 2006, le parti avait réussi à conserver 51 comtés malgré la percée des conservateurs, pour 43 % des voix. En fait, si le pourcentage des suffrages récoltés par le Bloc demeure au même niveau, il faudra parler d'une performance historiquement mauvaise en matière d'appui populaire, frôlant celles de 1997 (38 % et 44 députés) et de 2000 (39 % et 38 députés).
Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait son entrée devant ses partisans vers 23h45 et a été accueilli chaleureusement. «Nous avons fait une belle campagne, vraiment», a-t-il dit avant de féliciter tous ses adversaires. «Le Québec nous a donné une sixième majorité consécutive. C'est cinq fois plus de circonscriptions que le parti de M. Harper. Nous avons atteint notre objectif: sans le Bloc ce soir, Stephen Harper formerait un gouvernement majoritaire. Pour les Québécois, c'est clair: le Bloc est pertinent. La nation s'est exprimée: il est clair qu'elle ne saurait se contenter d'une reconnaissance purement symbolique», a-t-il ajouté.
Selon M. Duceppe, le vote d'hier indique que le Québec rejette le modèle de répression des conservateurs envers les jeunes contrevenants, de même de «la politique de mépris envers les artistes». Il a sinon profité de son discours pour rappeler au premier ministre les demandes du Québec, notamment en matière économique, avant de lancer que le «Bloc est au service de tout le Québec», fédéraliste comme souverainiste.
Espoirs
La publication partielle des résultats avait toutefois refroidi les ardeurs des militants bloquistes avant l'arrivée de M. Duceppe au Medley. Pour un Michael Fortier joyeusement ovationné pour sa défaite contre Meili Faille, il y a eu des silences embarrassés pour des défaites dans Québec — où on souhaitait reprendre les comtés perdus en 2006 —, à Roberval (contre Jean-Pierre Blackburn) ou encore devant la victoire anticipée du libéral Justin Trudeau dans Papineau. L'inquiétude se devinait aussi chez les militants à mesure que l'ampleur de la victoire générale des conservateurs se dessinait. Mi-figue mi-raisin, donc.
Pourtant, en début de soirée, tout un chacun disait croire que le Bloc pouvait anticiper un résultat de l'ordre des 54 députés obtenus en 1993 et en 2004. «C'est vraiment l'inverse par rapport à 2006, indiquait Mario Laframboise, organisateur en chef et député élu dans Argenteuil-Papineau-Mirabel. Nous avions fini à la traîne, alors que nous sommes en pleine ascension. C'est forcément plus motivant.»
Mais n'eut été des gaffes des conservateurs, la situation aurait vraisemblablement été plus difficile. Entamée dans le doute des questionnements quant à la pertinence du Bloc à Ottawa — on parlait alors autant d'essoufflement du chef que du parti —, la campagne bloquiste a pris son envol au tournant de la troisième semaine de campagne, notait Réal Ménard, réélu dans Hochelaga pour un sixième mandat.
Il identifiait notamment un événement important expliquant le revirement de situation. «Michael Fortier a clairement été l'entrepreneur de pompe funèbre de la campagne du PC au Québec [avec la caravane dénonçant les «coûts» du Bloc à Ottawa]. Je pense que les gens ont alors pris conscience qu'on attaquait la légitimité de leur vote. Un point de non-retour a été franchi à ce moment.»
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