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Bloc québécois - La victoire historique n'est pas venue

Mais Gilles Duceppe rappelle que «pour les Québécois, c'est clair: le Bloc est pertinent»

Guillaume Bourgault-Côté   15 octobre 2008  Canada
Gilles Duceppe photographié hier au quartier général du Bloc québécois.
Photo : Jacques Nadeau
Gilles Duceppe photographié hier au quartier général du Bloc québécois.
Entamée dans l'enthousiasme, la soirée électorale des bloquistes réunis hier au Medley s'est terminée sur un constat mi-figue mi-raisin: le Parti a certes eu une bonne performance par rapport aux prévisions du début de la campagne, mais la remontée du Bloc dans les deux dernières semaines faisait espérer à plusieurs un résultat historique qui ne semblait pas à portée de main en fin de soirée.

Au moment de mettre sous presse, le Bloc avait 50 circonscriptions dans la poche ou en voie de l'être, et quelque 38 % des voix exprimées au Québec. En 2006, le parti avait réussi à conserver 51 comtés malgré la percée des conservateurs, pour 43 % des voix. En fait, si le pourcentage des suffrages récoltés par le Bloc demeure au même niveau, il faudra parler d'une performance historiquement mauvaise en matière d'appui populaire, frôlant celles de 1997 (38 % et 44 députés) et de 2000 (39 % et 38 députés).

Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait son entrée devant ses partisans vers 23h45 et a été accueilli chaleureusement. «Nous avons fait une belle campagne, vraiment», a-t-il dit avant de féliciter tous ses adversaires. «Le Québec nous a donné une sixième majorité consécutive. C'est cinq fois plus de circonscriptions que le parti de M. Harper. Nous avons atteint notre objectif: sans le Bloc ce soir, Stephen Harper formerait un gouvernement majoritaire. Pour les Québécois, c'est clair: le Bloc est pertinent. La nation s'est exprimée: il est clair qu'elle ne saurait se contenter d'une reconnaissance purement symbolique», a-t-il ajouté.

Selon M. Duceppe, le vote d'hier indique que le Québec rejette le modèle de répression des conservateurs envers les jeunes contrevenants, de même de «la politique de mépris envers les artistes». Il a sinon profité de son discours pour rappeler au premier ministre les demandes du Québec, notamment en matière économique, avant de lancer que le «Bloc est au service de tout le Québec», fédéraliste comme souverainiste.

Espoirs

La publication partielle des résultats avait toutefois refroidi les ardeurs des militants bloquistes avant l'arrivée de M. Duceppe au Medley. Pour un Michael Fortier joyeusement ovationné pour sa défaite contre Meili Faille, il y a eu des silences embarrassés pour des défaites dans Québec — où on souhaitait reprendre les comtés perdus en 2006 —, à Roberval (contre Jean-Pierre Blackburn) ou encore devant la victoire anticipée du libéral Justin Trudeau dans Papineau. L'inquiétude se devinait aussi chez les militants à mesure que l'ampleur de la victoire générale des conservateurs se dessinait. Mi-figue mi-raisin, donc.

Pourtant, en début de soirée, tout un chacun disait croire que le Bloc pouvait anticiper un résultat de l'ordre des 54 députés obtenus en 1993 et en 2004. «C'est vraiment l'inverse par rapport à 2006, indiquait Mario Laframboise, organisateur en chef et député élu dans Argenteuil-Papineau-Mirabel. Nous avions fini à la traîne, alors que nous sommes en pleine ascension. C'est forcément plus motivant.»

Mais n'eut été des gaffes des conservateurs, la situation aurait vraisemblablement été plus difficile. Entamée dans le doute des questionnements quant à la pertinence du Bloc à Ottawa — on parlait alors autant d'essoufflement du chef que du parti —, la campagne bloquiste a pris son envol au tournant de la troisième semaine de campagne, notait Réal Ménard, réélu dans Hochelaga pour un sixième mandat.

Il identifiait notamment un événement important expliquant le revirement de situation. «Michael Fortier a clairement été l'entrepreneur de pompe funèbre de la campagne du PC au Québec [avec la caravane dénonçant les «coûts» du Bloc à Ottawa]. Je pense que les gens ont alors pris conscience qu'on attaquait la légitimité de leur vote. Un point de non-retour a été franchi à ce moment.»






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  • Guy Lemieux
    Inscrit
    mercredi 15 octobre 2008 06h23
    Le bloc fédéralisant et fédéralisé
    Mais que feront ils de plus que de supporter le pouvoir en place .Est-ce à dire qu il ne reste que 38%de séparatistes au Québec , alors la défaite se situe au provincial .Le Québec est encore isolé et le restera avec si peu de politiciens d envergure .

  • lise jacques
    Abonnée
    mercredi 15 octobre 2008 09h33
    Très décevant par rapport à la région de Québec!
    Si les régions de Québec et de la Beauce votaient autrement le Bloc aurait une victoire éclatante au Québec.

    Seul Louis Hébert et Québec même, ont fait élire des bloquistes! Ce sont des quartiers plus politisés et plus conscientisés aussi.

    Difficile de comprendre comment une majorité de citoyens dans la région de Québec; Limoilou, Charlesbourg, Lévis peuvent voter majoritairement pour les politiques de Stephen Harper; pour l'engagement du Canada dans la guerre qui n'avance à absolument rien et qui ont coûté 31 milliards, contre Kyoto et tout ce qui touche l'environnement, pour les coupures chez nos artistes (ça coûte cher la guerre), pour des politiques de recul par rapport aux droits et au soutien des femmes, pour des politiques arriérées concernant les jeunes délinquants, et j'en passe...

    Le Bloc a quand même la majorité au Québec! Encourageant de savoir qu'une majorité de québécois sont renseignés sur ce qui se passe au sein du règne Harper et qui manifestent leur désaccord en votant pour le Bloc qui lui défend nos intentions.

    Pour les autres qui ont voté conservateur j'espère que vous prendrez du recul face aux politiques de ce parti et réaliserez que le Canada recule au lieu d'avancer.

  • Michel Savard
    Inscrit
    mercredi 15 octobre 2008 11h47
    L'art de tout confondre!
    Vous confondez tout , madame Jacques . Le Bloc a une majorité de sièges, d'accord ! Mais il n'y a pas une majorité de Québécois qui appuie le Bloc ; le Bloc a eu 38 % d'appuis, ce qui est bien inférieur à 50% !

    De plus, si l'on voulait fendre les cheveux en quatre, on pourrait se demander pourquoi , avec seulement 38% des suffrages exprimés , le Bloc occupe les 2/3, soit plus de 66% des sièges, mais passons !

    Quant à votre dernière phrase où vous dites : "...le Canada recule au lieu d'avancer" ( ce dont je doute !) c'est peut être parce qu'il y a une grosse gang de députés du Québec qui ne veulent rien savoir du Canada et qui ont continuellement le pied sur le "brake" !

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 15 octobre 2008 13h07
    M. Harper devra-il réelement composer avec le Bloc?
    Oui le Québec a voté en Bloc 50 députés sur 75. M. Harper ne pourra pas passer à coté du Québec Il devra nous écouter. Oui c'est ce que le bloc voudrait bien nous faire croire, c'est ce que les partisans disent en se pétant les bretelles.

    Mais la réalité c'est quoi ?

    C'est que même avec 50 députés le Bloc représente près de deux fois moins de gens que le NPD (10% vs 18.2% - 50 vs 37)
    Quel devrait être l'attitude de Harper vis à vis le Bloc?
    Premièrement il devrait lui rappeler qu'il est le premier ministre de TOUT le Canada, et qu'aucune région en particulier ne mérite plus d'attention qu'une autre, et surtout pas une qui est surreprésentée. M. Harper devrait rappeler à toutes les occasions que Duceppe ne parle que pour seulement 38.1 % des québécois et que clairement plus de 60% ne veulent absolument rien savoir du Bloc et qu'il se fout éperdument de duceppe et sa gang de bum.

    Le Québec se retrouve aujourd'hui représenté par une gang de castrat, qui déchireront leur chemises, lâcheront de haut cris mais qui seront IMPUISSANT.

    M. Harper devrait diriger tout comme s'il était majoritaire et ne pas tenir compte des demandes spéciales de l'opposition qui s'est bloqué.

    M. Harper voulait bloquer Harper, et en faisant cela bloquer le Québec, alors que Dion nous offrait de nous Libérer de Harper une fois pour toute. Les aléas de la distribution des votes et la division des votes on permit au bloque pas de bloquer Harper mais plutôt d'empêcher Dion de nous libérer.

  • lise jacques
    Abonnée
    mercredi 15 octobre 2008 18h04
    @ Michel Savard
    C'est clair mon message...il n'y a rien à confondre, la population au Québec n'approuve pas que le gouvernement Harper dépense des milliards pour faire tuer des gens, d'autant plus que cette aide canadienne ne sert pas la paix mais encore plus la guerre. Nous sommes au 21 siècle pourtant. Les québécois n'en veulent pas de ces tueries qui existent encore et qui n'est pas justifiable sauf pour faire enrichir les mêmes compagnies comme toujours.

    Le peupple québécois veut un plan pour lutter contre les gaz à effet de serre et les changemnts climatiques. La population canadienne n'est pas dupe, On sait que Stephen Harper a muselé les scientifiques il y a quelques mois et qu'aucun d'eux n'a le droit de dire ce qui en est de cette situation sans que çà passe par son bureau pour approbation.

    Sous un gouvernement Harper, le Canada risque d'être de plus en plus isolé au niveau international notamment lors des négociations sur l'application du protocole de Kyoto, l'après Kyoto, la biosécurité ou la protection de la biodiversité. Les changements de gouvernement en Australie, et peut-être bientôt aux États-Unis, feront du Canada le seulmouton noir de la politique verte au plan international.

    Ne me dites pas que vous n'êtes pas au courant...monsieur Savard...

    Dites-moi ou est la confusion?

    La majorité des québécois a voté pour le Bloc et la majorité a raison. Nous ne sommes pas en accord avec les mauvais plans de Stephen harper.

    C'est pourtant facile à comprendre! et les libéraux nous ont montré ce dont ils étaient capables de faire il n'y a pas si longtemps. On s'en souvient encore! Facile à comprendre...

    Ces trois

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 15 octobre 2008 21h37
    mi-figue mi-raisin
    Comment pourrait-il en être autrement avec un hurluberlu de la sorte à la tête du Bloc...

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 15 octobre 2008 21h47
    Défendre de simples intentions....
    "Encourageant de savoir qu'une majorité de québécois sont renseignés sur ce qui se passe au sein du règne Harper et qui manifestent leur désaccord en votant pour le Bloc qui lui défend nos intentions." (Lise Jacques)

    Faut croire que défendre seulement des intentions, ça ne suffit pas. Et, quelles sont-elles ces supposées intentions.

    Moi, j'opterais plutôt pour des convictions; ce qui ne semble pas le cas ici!

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    jeudi 16 octobre 2008 11h59
    Le peuple québécois...
    A qui Lise Jacques fait-elle référence lorsqu'elle écrit "le peuple québécois" désire ceci ou celà, d'où détient-elle ces affirmations; ce n'est pas parce qu'un petit pourcentage de citoyens québécois ont voté Bloc qu'il faille en déduire que l'ensemble des citoyens du Québec partagent leurs opinions et leurs aspirations souverainistes.

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