Le Québec doit être présent à la table des décideurs
Photo : Agence Reuters
Toronto — À trois jours du scrutin, Stephen Harper lance un cri du coeur aux Québécois. En cette période d'instabilité économique, la province doit avoir des représentants autour de la table des décideurs et ne pas se contenter d'élire des «critiques» du Bloc québécois. Lors d'une entrevue avec Le Devoir hier à Toronto, le chef conservateur a demandé aux Québécois de s'aider eux-mêmes en envoyant à Ottawa des députés conservateurs.
Il reconnaît toutefois que «convaincre» la population du Québec en cette fin de campagne électorale n'est pas facile.
Stephen Harper a pris quelques minutes pour rencontrer Le Devoir dans une petite salle du Centre des congrès de Toronto, quelques minutes avant de monter sur scène pour s'adresser à près de 1000 militants.
À la veille d'entreprendre un blitz de deux jours au Québec qui le mènera à Montréal aujourd'hui et à Québec demain, Stephen Harper semblait calme malgré les sondages qui prédisent des lendemains difficiles au Parti conservateur dans la province après le scrutin de mardi. Il pourrait se retrouver avec moins de députés qu'en 2006, alors que dix élus de la province avaient pris la direction d'Ottawa sous la bannière conservatrice. Des ministres comme Jean-Pierre Blackburn et Michael Fortier pourraient mordre la poussière mardi.
Pourrait-il nommer un non-élu au cabinet si une région comme Montréal lui tournait le dos de nouveau? Il a refusé de s'avancer hier. «Je suis dans une élection et je n'ai pas l'intention de former mon cabinet avant d'avoir été élu et d'avoir un mandat. On demande à tous les Canadiens d'avoir une bonne représentation dans leur province. Il est important que toutes les régions aient un représentant au gouvernement en ces temps économiques difficiles», dit-il.
Stephen Harper lance un appel aux Québécois à quelques jours du scrutin. «J'ai besoin des Québécois autour de la table pour m'exprimer leurs positions. Et franchement, je pense que les Québécois ont aussi besoin, surtout dans les régions, d'avoir des représentants autour de la table pour protéger et exprimer leurs intérêts.»
Le Bloc veut isoler le Québec
Stephen Harper estime que l'économie doit être au centre du choix des électeurs. Selon lui, la province ne peut pas se permettre de s'isoler avec le Bloc québécois. «Le Bloc cherche un mandat de grève. Le Bloc veut s'assurer que les Québécois ne seront pas autour de la table quand les décisions seront prises. Dans une telle période d'instabilité économique mondiale, alors que les gens s'inquiètent de leur épargne, de leur job, de leur économie, comment un tel parti peut-il protéger les intérêts des Québécois? Quand on a des problèmes économiques, on a besoin de plus que seulement des bons critiques», lance Stephen Harper.
Ce message ne semble pas avoir atteint la cible pour l'instant et le chef conservateur le reconnaît à demi-mots. «J'ai beaucoup de travail à faire pour convaincre la population du Québec», a-t-il dit hier matin, lors d'un point de presse à Brantford, en Ontario.
En entrevue au Devoir, il a dit espérer que la fin de semaine portera conseil. «Les familles vont souper ensemble pendant la fin de semaine de l'Action de grâce et vont débattre des enjeux, de leurs options et de leurs intérêts», dit-il.
Gilles Duceppe, qui passe toute la campagne dans la province, a un avantage sur lui, affirme Stephen Harper, qui accuse son adversaire de le «diaboliser». «C'est facile pour le Bloc de faire de la démagogie et de dire que le chef conservateur est comme Bush et qu'il est un homme du pétrole... comme si tous les Québécois étaient des producteurs de sirop d'érable! Sérieusement, les Québécois sont plus tolérants que ça. Ils vont examiner les vraies politiques des partis et décider dans leurs propres intérêts.»
Le chef conservateur affirme avoir «démontré une ouverture envers le Québec» depuis 2006. Il cite le règlement du déséquilibre fiscal, le droit de parole à l'Unesco et la reconnaissance de la nation québécoise au sein d'un Canada uni. «Ce sont des étapes importantes», dit-il.
Est-il déçu des intentions des Québécois à quelques jours du scrutin? «On doit attendre d'avoir les résultats des élections avant d'être déçu ou surpris. J'ai eu une surprise la dernière fois, alors on va voir», a-t-il dit.
Stephen Harper affirme qu'en démocratie, un parti politique ne peut rien tenir pour acquis. «Les électeurs du Québec et d'ailleurs peuvent changer de parti à n'importe quel moment. J'ai faits des choses pour le Québec, mais les électeurs ont le droit de faire leur choix. Il n'y a pas d'obligation des Québécois envers moi.»
Aurait-il eu besoin d'un nouveau «discours de Québec» comme en 2006 pour séduire de nouveau la province? «Les choses sont différentes cette fois. Je ne peux pas annoncer une nouvelle vision. Ma vision est claire, c'est une nation québécoise forte au sein d'un Canada uni. C'est difficile d'offrir plus en cette période d'instabilité économique», affirme-t-il.
Un gouvernement libéral ou conservateur?
Fortement en tête dans les sondages nationaux au début de la campagne, le Parti conservateur a vu les libéraux reprendre de la vigueur depuis quelques jours. Stephen Harper affirme que la victoire n'est pas acquise et il invite ses militants à se serrer les coudes et à aller voter mardi.
«On est dans des élections très serrées, dit-il. Ces élections peuvent donner n'importe quel résultat. Il ne faut pas assumer que nous allons gagner. Nous devons travailler fort et convaincre la population de voter pour leurs intérêts. Ça veut dire un gouvernement qui peut protéger l'économie et qui a des gens autour de la table.»
Si les électeurs veulent voter pour un parti qui peut prendre le pouvoir, il n'y a que le Parti conservateur et le Parti libéral dans la course, estime-t-il. «La question de ces élections est: qui va gérer l'économie canadienne dans cette période d'instabilité? Est-ce qu'on veut un Parti conservateur qui veut garder les dépenses ciblées sur les résultats, des budgets équilibrés et un fardeau fiscal moins lourd? Ou des augmentations de taxes, comme la taxe sur le carbone proposée par le Parti libéral? La différence est énorme.»
Il reconnaît toutefois que «convaincre» la population du Québec en cette fin de campagne électorale n'est pas facile.
Stephen Harper a pris quelques minutes pour rencontrer Le Devoir dans une petite salle du Centre des congrès de Toronto, quelques minutes avant de monter sur scène pour s'adresser à près de 1000 militants.
À la veille d'entreprendre un blitz de deux jours au Québec qui le mènera à Montréal aujourd'hui et à Québec demain, Stephen Harper semblait calme malgré les sondages qui prédisent des lendemains difficiles au Parti conservateur dans la province après le scrutin de mardi. Il pourrait se retrouver avec moins de députés qu'en 2006, alors que dix élus de la province avaient pris la direction d'Ottawa sous la bannière conservatrice. Des ministres comme Jean-Pierre Blackburn et Michael Fortier pourraient mordre la poussière mardi.
Pourrait-il nommer un non-élu au cabinet si une région comme Montréal lui tournait le dos de nouveau? Il a refusé de s'avancer hier. «Je suis dans une élection et je n'ai pas l'intention de former mon cabinet avant d'avoir été élu et d'avoir un mandat. On demande à tous les Canadiens d'avoir une bonne représentation dans leur province. Il est important que toutes les régions aient un représentant au gouvernement en ces temps économiques difficiles», dit-il.
Stephen Harper lance un appel aux Québécois à quelques jours du scrutin. «J'ai besoin des Québécois autour de la table pour m'exprimer leurs positions. Et franchement, je pense que les Québécois ont aussi besoin, surtout dans les régions, d'avoir des représentants autour de la table pour protéger et exprimer leurs intérêts.»
Le Bloc veut isoler le Québec
Stephen Harper estime que l'économie doit être au centre du choix des électeurs. Selon lui, la province ne peut pas se permettre de s'isoler avec le Bloc québécois. «Le Bloc cherche un mandat de grève. Le Bloc veut s'assurer que les Québécois ne seront pas autour de la table quand les décisions seront prises. Dans une telle période d'instabilité économique mondiale, alors que les gens s'inquiètent de leur épargne, de leur job, de leur économie, comment un tel parti peut-il protéger les intérêts des Québécois? Quand on a des problèmes économiques, on a besoin de plus que seulement des bons critiques», lance Stephen Harper.
Ce message ne semble pas avoir atteint la cible pour l'instant et le chef conservateur le reconnaît à demi-mots. «J'ai beaucoup de travail à faire pour convaincre la population du Québec», a-t-il dit hier matin, lors d'un point de presse à Brantford, en Ontario.
En entrevue au Devoir, il a dit espérer que la fin de semaine portera conseil. «Les familles vont souper ensemble pendant la fin de semaine de l'Action de grâce et vont débattre des enjeux, de leurs options et de leurs intérêts», dit-il.
Gilles Duceppe, qui passe toute la campagne dans la province, a un avantage sur lui, affirme Stephen Harper, qui accuse son adversaire de le «diaboliser». «C'est facile pour le Bloc de faire de la démagogie et de dire que le chef conservateur est comme Bush et qu'il est un homme du pétrole... comme si tous les Québécois étaient des producteurs de sirop d'érable! Sérieusement, les Québécois sont plus tolérants que ça. Ils vont examiner les vraies politiques des partis et décider dans leurs propres intérêts.»
Le chef conservateur affirme avoir «démontré une ouverture envers le Québec» depuis 2006. Il cite le règlement du déséquilibre fiscal, le droit de parole à l'Unesco et la reconnaissance de la nation québécoise au sein d'un Canada uni. «Ce sont des étapes importantes», dit-il.
Est-il déçu des intentions des Québécois à quelques jours du scrutin? «On doit attendre d'avoir les résultats des élections avant d'être déçu ou surpris. J'ai eu une surprise la dernière fois, alors on va voir», a-t-il dit.
Stephen Harper affirme qu'en démocratie, un parti politique ne peut rien tenir pour acquis. «Les électeurs du Québec et d'ailleurs peuvent changer de parti à n'importe quel moment. J'ai faits des choses pour le Québec, mais les électeurs ont le droit de faire leur choix. Il n'y a pas d'obligation des Québécois envers moi.»
Aurait-il eu besoin d'un nouveau «discours de Québec» comme en 2006 pour séduire de nouveau la province? «Les choses sont différentes cette fois. Je ne peux pas annoncer une nouvelle vision. Ma vision est claire, c'est une nation québécoise forte au sein d'un Canada uni. C'est difficile d'offrir plus en cette période d'instabilité économique», affirme-t-il.
Un gouvernement libéral ou conservateur?
Fortement en tête dans les sondages nationaux au début de la campagne, le Parti conservateur a vu les libéraux reprendre de la vigueur depuis quelques jours. Stephen Harper affirme que la victoire n'est pas acquise et il invite ses militants à se serrer les coudes et à aller voter mardi.
«On est dans des élections très serrées, dit-il. Ces élections peuvent donner n'importe quel résultat. Il ne faut pas assumer que nous allons gagner. Nous devons travailler fort et convaincre la population de voter pour leurs intérêts. Ça veut dire un gouvernement qui peut protéger l'économie et qui a des gens autour de la table.»
Si les électeurs veulent voter pour un parti qui peut prendre le pouvoir, il n'y a que le Parti conservateur et le Parti libéral dans la course, estime-t-il. «La question de ces élections est: qui va gérer l'économie canadienne dans cette période d'instabilité? Est-ce qu'on veut un Parti conservateur qui veut garder les dépenses ciblées sur les résultats, des budgets équilibrés et un fardeau fiscal moins lourd? Ou des augmentations de taxes, comme la taxe sur le carbone proposée par le Parti libéral? La différence est énorme.»
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