Afghanistan - Martin s'explique à propos de la mission à Kandahar
6 octobre 2008
Canada
Ottawa — Dans son autobiographie Contre vents et marées, l'ex-premier ministre Paul Martin prend le temps de répondre aux reproches formulés à son endroit par Jean Chrétien et, pourquoi pas, de décocher quelques flèches de son cru.
Dans cette autobiographie à paraître chez Fides dans quelques semaines, et dont Le Devoir a obtenu une copie non corrigée, Paul Martin s'en prend à son prédécesseur pour avoir laissé entendre que c'est à cause de son indécision chronique que le Canada s'est retrouvé dans la région si dangereuse de Kandahar, en Afghanistan.
M. Martin rappelle que les troupes canadiennes revenaient de Kaboul. «Il aurait été impossible de déployer nos troupes plus tôt, car nos soldats épuisés avaient besoin d'une "pause opérationnelle" pour récupérer et se recycler. De plus, il y avait des avantages logistiques à Kandahar en raison de sa proximité par rapport à Kaboul, ce qui nous permettait de tirer profit de la chaîne d'approvisionnement que nous avions déjà installée sur les lieux», écrit-il.
Bref, si retard il y a eu, ce n'est pas sa faute. «Il est possible, comme certains l'ont soutenu par la suite, que le projet d'intervention à Kandahar ait été retardé par des disputes entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Mais, lorsque le dossier arriva sur mon bureau, à la fin de l'hiver 2005, la décision fut sans détour et prise au bout de quelques semaines seulement.»
M. Martin estime d'ailleurs à ce chapitre que si la mission est devenue si dangereuse, et mortelle pour les troupes canadiennes, c'est parce que le nouveau gouvernement conservateur a voulu aller trop vite. Il a voulu «défricher» par les armes trop de territoire avant d'en avoir vraiment conquis «les coeurs et les esprits».
Paul Martin écrit dans ses mémoires que la mission en Afghanistan est également devenue plus dangereuse pour tout le monde à cause de la décision américaine d'envahir l'Irak. «Si le passage d'un régime taliban à un gouvernement élu par les Afghans fut décevant, ce doit être, en partie, parce que l'administration Bush s'est engagée dans une aventure plus large et plus douteuse en Irak, dont le lien avec les attentats du 11-Septembre a été évoqué à de nombreuses reprises sans jamais recevoir d'explications appropriées.»
Paul Martin reproche aussi à l'équipe de Jean Chrétien de s'être trop engagée au sujet de la lutte contre les changements climatiques sans proposer de moyens pour y parvenir. «Jean Chrétien tenta de ratifier l'entente de Kyoto sans avoir aucun plan de mise en oeuvre. [...] À la Chambre, je fus contraint de choisir entre le traité, que j'appuyais, et les promesses vides du gouvernement, qui me semblaient un tour de passe-passe. Je finis par décider que le principe était trop important pour que je lui refuse mon appui, même si je devais attendre d'avoir les rênes du pouvoir pour élaborer un plan à cet égard.»
Dans cette autobiographie à paraître chez Fides dans quelques semaines, et dont Le Devoir a obtenu une copie non corrigée, Paul Martin s'en prend à son prédécesseur pour avoir laissé entendre que c'est à cause de son indécision chronique que le Canada s'est retrouvé dans la région si dangereuse de Kandahar, en Afghanistan.
M. Martin rappelle que les troupes canadiennes revenaient de Kaboul. «Il aurait été impossible de déployer nos troupes plus tôt, car nos soldats épuisés avaient besoin d'une "pause opérationnelle" pour récupérer et se recycler. De plus, il y avait des avantages logistiques à Kandahar en raison de sa proximité par rapport à Kaboul, ce qui nous permettait de tirer profit de la chaîne d'approvisionnement que nous avions déjà installée sur les lieux», écrit-il.
Bref, si retard il y a eu, ce n'est pas sa faute. «Il est possible, comme certains l'ont soutenu par la suite, que le projet d'intervention à Kandahar ait été retardé par des disputes entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Mais, lorsque le dossier arriva sur mon bureau, à la fin de l'hiver 2005, la décision fut sans détour et prise au bout de quelques semaines seulement.»
M. Martin estime d'ailleurs à ce chapitre que si la mission est devenue si dangereuse, et mortelle pour les troupes canadiennes, c'est parce que le nouveau gouvernement conservateur a voulu aller trop vite. Il a voulu «défricher» par les armes trop de territoire avant d'en avoir vraiment conquis «les coeurs et les esprits».
Paul Martin écrit dans ses mémoires que la mission en Afghanistan est également devenue plus dangereuse pour tout le monde à cause de la décision américaine d'envahir l'Irak. «Si le passage d'un régime taliban à un gouvernement élu par les Afghans fut décevant, ce doit être, en partie, parce que l'administration Bush s'est engagée dans une aventure plus large et plus douteuse en Irak, dont le lien avec les attentats du 11-Septembre a été évoqué à de nombreuses reprises sans jamais recevoir d'explications appropriées.»
Paul Martin reproche aussi à l'équipe de Jean Chrétien de s'être trop engagée au sujet de la lutte contre les changements climatiques sans proposer de moyens pour y parvenir. «Jean Chrétien tenta de ratifier l'entente de Kyoto sans avoir aucun plan de mise en oeuvre. [...] À la Chambre, je fus contraint de choisir entre le traité, que j'appuyais, et les promesses vides du gouvernement, qui me semblaient un tour de passe-passe. Je finis par décider que le principe était trop important pour que je lui refuse mon appui, même si je devais attendre d'avoir les rênes du pouvoir pour élaborer un plan à cet égard.»
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