Harper résiste et montre les dents
Stephen Harper
Ottawa — Le chef conservateur, Stephen Harper, a été le premier à se lancer à l'attaque hier, s'en prenant au chef libéral en matière d'économie, le thème central du deuxième débat des chefs en anglais. Il a accusé Stéphane Dion de «paniquer» en proposant à la dernière minute un plan comme il l'a fait la veille au débat en français, geste qu'il a répété hier soir. «Il faut garder notre calme. Il faut une approche qui baisse les impôts et non pas qui augmente les taxes», a-t-il dit en référence à la taxe sur le carbone des libéraux.
Plus énergique que la veille, plus à l'aise dans sa langue maternelle, M. Harper semblait ne pas vouloir laisser ses adversaires prendre le dessus. Contrairement à mercredi, ses adversaires n'ont pas véritablement été capables de l'écorcher. Il a répété que l'économie canadienne va mieux qu'aux États-Unis. «Le Canada continue de créer des emplois», a-t-il soutenu.
Le chef conservateur a toutefois trébuché en disant que les citoyens canadiens «n'ont pas peur de perdre leur emploi, de perdre leur maison comme aux États-Unis». «C'est une crise des marchés financiers» et pas de l'emploi au Canada, a-t-il dit. Quand l'animateur a demandé si les chefs croyaient que les emplois perdus dans le secteur manufacturier étaient perdus pour de bon, M. Harper a répondu par l'affirmative. «La réalité, c'est que l'économie change. Quand des emplois sont perdus, ils sont très peu susceptibles de revenir.»
Immédiatement, les autres chefs ont sauté sur l'occasion, bien conscients que l'industrie manufacturière saigne et que le Québec et l'Ontario ont perdu des milliers d'emplois. «L'économie ne va pas bien, M. Harper. Demandez aux Canadiens, ils vous le diront», a lancé Jack Layton.
«Vous avez tort de dire que les gens n'ont pas peur de perdre leur emploi ou leur maison. Vous avez perdu contact avec la réalité. Dans mon comté, les gens parlent d'économie», a poursuivi la chef des verts, Elizabeth May. Cette dernière était beaucoup plus à l'aise hier dans sa langue. Elle a lancé plusieurs bonnes attaques, particulièrement contre Stephen Harper.
Tous les chefs ont reproché à Stephen Harper un «laisser-faire économique» à l'américaine, qui serait nuisible en ces temps d'incertitude. «Ne rien faire n'est pas une option, a dit Stéphane Dion. Les gens sont inquiets pour leur REER, pour leur épargne. [...] Le gouvernement doit agir.» Le chef libéral a répété son plan dévoilé la veille pour les 30 premiers jours d'un futur mandat libéral.
Stephen Harper s'est défendu de suivre la voie de George W. Bush. «Nous ne suivons pas la politique américaine, qui est un désastre. On n'est pas dans la même situation ici.»
Contrairement à la veille, Jack Layton a décoché plusieurs flèches en direction du chef libéral et non pas uniquement vers le chef conservateur, bien conscient que plusieurs batailles se déroulent à trois en Colombie-Britannique et en Ontario. Après un long échange entre MM. Dion et Harper, Jack Layton a répliqué: «M. Dion, pourquoi avoir aidé Stephen Harper à rester au pouvoir aussi longtemps si vous êtes autant en désaccord?»
Gilles Duceppe, qui avait peu à gagner en anglais, a tout de même attaqué durement le chef conservateur, comme la veille. «Je pense que M. Harper ne prend pas les choses au sérieux. Il croit à la philosophie de la main invisible, du laisser-faire.»
Environnement
Lorsque le sujet de l'environnement a été amené sur la table, les quatre chefs de l'opposition s'en sont pris à Stephen Harper et à ce qu'ils considèrent comme son absence de plan pour réduire les gaz à effet de serre. Jack Layton a soutenu que le plan conservateur venait «directement des livres d'Exxon et de Bush».
M. Harper a pourtant défendu son bilan, rappelant notamment qu'il interdirait l'exportation de pétrole brut vers des pays où les normes environnementales sont moins sévères qu'au Canada. Il a aussi rappelé qu'il avait élargi les parcs nationaux canadiens. Ce à quoi Elizabeth May a répondu: «Vous avez fait du bon travail en ce qui concerne les parcs, mais tout le reste, c'est de l'imposture!»
M. Harper a vivement critiqué le plan vert de Stéphane Dion, indiquant qu'à son avis, il n'était pas neutre sur le plan fiscal. Le chef libéral s'est défendu, accusant carrément M. Harper de mentir. Il a eu droit plus tard dans la soirée à l'appui de Mme May, qui a indiqué qu'elle appuyait l'idée d'un tournant vert. Quant à Gilles Duceppe, il s'est fait le défenseur de l'approche territoriale en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, répétant la chose tel un mantra, à un point tel que l'animateur, perdu, a dû lui demander d'expliquer ce que cela signifiait.
Histoire de culture
Le débat sur la culture a donné lieu encore une fois à une attaque groupée des quatre chefs contre M. Harper, accusé qu'il est d'avoir aboli une quinzaine de programmes culturels pour des raisons purement idéologiques. Le chef conservateur s'en est bien défendu, rappelant que certains groupes culturels, comme Cavalia, avaient eux-mêmes reconnu que ces programmes étaient inefficaces.
Les critiques les plus acérées sont venues de Mme May, qui a rappelé que le Parti conservateur avait mis sur pied une base de données extrêmement élaborée sur le profil des électeurs susceptibles de l'appuyer. «Vous avez déterminé que ces compressions vous apporteraient des votes.» M. Dion, lui, a conclu sur un ton jovialiste, disant qu'avec un gouvernement libéral, «il y aura plus de films, plus de romans, plus de cinémas, plus de plaisir au Canada».
Stephen Harper a pris le dessus dans la défense du prolongement de la mission canadienne en Afghanistan. «Je suis en désaccord avec d'autres leaders étrangers qui disent que nous devrions rester indéfiniment. Il faut former l'armée afghane.» Jack Layton s'est présenté comme le seul chef de parti ayant toujours demandé le retrait des troupes, mais Gilles Duceppe l'a rabroué. «En mai 2007, a lancé le chef du Bloc, si vous aviez voté avec nous et les libéraux, la mission se serait terminée en 2009.» Quant à M. Dion, il a répété qu'«on ne quitte pas l'Afghanistan comme on quitte un camping». «Si j'ai accepté la prolongation jusqu'en 2011, c'est que M. Harper n'avait rien prévu! [...] En tant que premier ministre, la première chose que je ferai, c'est de dire à nos alliés que nous allons partir.»
Les chefs ont affirmé que le Canada serait en Irak si M. Harper avait été premier ministre en 2003. M. Harper a alors reconnu que c'était «une erreur» puisque les armes de destruction massive n'avaient pas été trouvées en Irak. Après le débat, il a refusé de dire ce qui constituait l'erreur au juste: la guerre ou son discours l'appuyant.
M. Harper s'est d'ailleurs fait reprocher par ses adversaires d'être le seul à ne pas avoir présenté un programme électoral. «Que proposez-vous? Où est votre plateforme? Vous êtes le seul parti qui ne l'a pas rendu publique. C'est irresponsable», a lancé Mme May.
Plus énergique que la veille, plus à l'aise dans sa langue maternelle, M. Harper semblait ne pas vouloir laisser ses adversaires prendre le dessus. Contrairement à mercredi, ses adversaires n'ont pas véritablement été capables de l'écorcher. Il a répété que l'économie canadienne va mieux qu'aux États-Unis. «Le Canada continue de créer des emplois», a-t-il soutenu.
Le chef conservateur a toutefois trébuché en disant que les citoyens canadiens «n'ont pas peur de perdre leur emploi, de perdre leur maison comme aux États-Unis». «C'est une crise des marchés financiers» et pas de l'emploi au Canada, a-t-il dit. Quand l'animateur a demandé si les chefs croyaient que les emplois perdus dans le secteur manufacturier étaient perdus pour de bon, M. Harper a répondu par l'affirmative. «La réalité, c'est que l'économie change. Quand des emplois sont perdus, ils sont très peu susceptibles de revenir.»
Immédiatement, les autres chefs ont sauté sur l'occasion, bien conscients que l'industrie manufacturière saigne et que le Québec et l'Ontario ont perdu des milliers d'emplois. «L'économie ne va pas bien, M. Harper. Demandez aux Canadiens, ils vous le diront», a lancé Jack Layton.
«Vous avez tort de dire que les gens n'ont pas peur de perdre leur emploi ou leur maison. Vous avez perdu contact avec la réalité. Dans mon comté, les gens parlent d'économie», a poursuivi la chef des verts, Elizabeth May. Cette dernière était beaucoup plus à l'aise hier dans sa langue. Elle a lancé plusieurs bonnes attaques, particulièrement contre Stephen Harper.
Tous les chefs ont reproché à Stephen Harper un «laisser-faire économique» à l'américaine, qui serait nuisible en ces temps d'incertitude. «Ne rien faire n'est pas une option, a dit Stéphane Dion. Les gens sont inquiets pour leur REER, pour leur épargne. [...] Le gouvernement doit agir.» Le chef libéral a répété son plan dévoilé la veille pour les 30 premiers jours d'un futur mandat libéral.
Stephen Harper s'est défendu de suivre la voie de George W. Bush. «Nous ne suivons pas la politique américaine, qui est un désastre. On n'est pas dans la même situation ici.»
Contrairement à la veille, Jack Layton a décoché plusieurs flèches en direction du chef libéral et non pas uniquement vers le chef conservateur, bien conscient que plusieurs batailles se déroulent à trois en Colombie-Britannique et en Ontario. Après un long échange entre MM. Dion et Harper, Jack Layton a répliqué: «M. Dion, pourquoi avoir aidé Stephen Harper à rester au pouvoir aussi longtemps si vous êtes autant en désaccord?»
Gilles Duceppe, qui avait peu à gagner en anglais, a tout de même attaqué durement le chef conservateur, comme la veille. «Je pense que M. Harper ne prend pas les choses au sérieux. Il croit à la philosophie de la main invisible, du laisser-faire.»
Environnement
Lorsque le sujet de l'environnement a été amené sur la table, les quatre chefs de l'opposition s'en sont pris à Stephen Harper et à ce qu'ils considèrent comme son absence de plan pour réduire les gaz à effet de serre. Jack Layton a soutenu que le plan conservateur venait «directement des livres d'Exxon et de Bush».
M. Harper a pourtant défendu son bilan, rappelant notamment qu'il interdirait l'exportation de pétrole brut vers des pays où les normes environnementales sont moins sévères qu'au Canada. Il a aussi rappelé qu'il avait élargi les parcs nationaux canadiens. Ce à quoi Elizabeth May a répondu: «Vous avez fait du bon travail en ce qui concerne les parcs, mais tout le reste, c'est de l'imposture!»
M. Harper a vivement critiqué le plan vert de Stéphane Dion, indiquant qu'à son avis, il n'était pas neutre sur le plan fiscal. Le chef libéral s'est défendu, accusant carrément M. Harper de mentir. Il a eu droit plus tard dans la soirée à l'appui de Mme May, qui a indiqué qu'elle appuyait l'idée d'un tournant vert. Quant à Gilles Duceppe, il s'est fait le défenseur de l'approche territoriale en matière de lutte contre les gaz à effet de serre, répétant la chose tel un mantra, à un point tel que l'animateur, perdu, a dû lui demander d'expliquer ce que cela signifiait.
Histoire de culture
Le débat sur la culture a donné lieu encore une fois à une attaque groupée des quatre chefs contre M. Harper, accusé qu'il est d'avoir aboli une quinzaine de programmes culturels pour des raisons purement idéologiques. Le chef conservateur s'en est bien défendu, rappelant que certains groupes culturels, comme Cavalia, avaient eux-mêmes reconnu que ces programmes étaient inefficaces.
Les critiques les plus acérées sont venues de Mme May, qui a rappelé que le Parti conservateur avait mis sur pied une base de données extrêmement élaborée sur le profil des électeurs susceptibles de l'appuyer. «Vous avez déterminé que ces compressions vous apporteraient des votes.» M. Dion, lui, a conclu sur un ton jovialiste, disant qu'avec un gouvernement libéral, «il y aura plus de films, plus de romans, plus de cinémas, plus de plaisir au Canada».
Stephen Harper a pris le dessus dans la défense du prolongement de la mission canadienne en Afghanistan. «Je suis en désaccord avec d'autres leaders étrangers qui disent que nous devrions rester indéfiniment. Il faut former l'armée afghane.» Jack Layton s'est présenté comme le seul chef de parti ayant toujours demandé le retrait des troupes, mais Gilles Duceppe l'a rabroué. «En mai 2007, a lancé le chef du Bloc, si vous aviez voté avec nous et les libéraux, la mission se serait terminée en 2009.» Quant à M. Dion, il a répété qu'«on ne quitte pas l'Afghanistan comme on quitte un camping». «Si j'ai accepté la prolongation jusqu'en 2011, c'est que M. Harper n'avait rien prévu! [...] En tant que premier ministre, la première chose que je ferai, c'est de dire à nos alliés que nous allons partir.»
Les chefs ont affirmé que le Canada serait en Irak si M. Harper avait été premier ministre en 2003. M. Harper a alors reconnu que c'était «une erreur» puisque les armes de destruction massive n'avaient pas été trouvées en Irak. Après le débat, il a refusé de dire ce qui constituait l'erreur au juste: la guerre ou son discours l'appuyant.
M. Harper s'est d'ailleurs fait reprocher par ses adversaires d'être le seul à ne pas avoir présenté un programme électoral. «Que proposez-vous? Où est votre plateforme? Vous êtes le seul parti qui ne l'a pas rendu publique. C'est irresponsable», a lancé Mme May.
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