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Le gala des «momies»

Lise Payette   3 octobre 2008  Canada
Ils avaient tous l'air d'être embaumés dans leur costume du dimanche. J'ai attendu pendant deux heures que l'un d'entre eux se lève, histoire de faire quelques pas pour se dégourdir les jambes, que l'un d'entre eux enlève son veston et retrousse ses manches ou qu'il demande simplement la permission d'aller faire pipi, mais ça n'a pas eu lieu. Ils sont tous restés là, comme de bons élèves qui ont peur de la colère du professeur. Et comme prévu, il ne s'est rien passé.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 04h54
    Malgré nos différences ÉNORMES...
    « Qu'est-ce qui peut donc tuer la démocratie?

    Le politicaly correct? Sans doute.
    Tous ces mots et ces allures interdites qui pourraient servir à bien exprimer nos convictions.

    La faute des médias?
    Sûrement un peu, probablement beaucoup.

    La peur d'être, tout simplement. Les politiciens ont peur d'être et je les comprends. Toujours traqué par les journalistes jouisseurs de niaiseries.
    La faute aux journalistes?
    Bah! Je dirais la faute de tout le monde. Le monde aime la niaiserie, ils adorent la niaiserie. Plus on nous en fait bouffer, plus on aime ça! Et plus on aime ça, plus on nous en fait bouffer!

    Le goût de se rendre au fond des choses, là c'est une autre histoire. On aime le simple, je dirais: on aime le simpliste. Quand ça nous oblige de penser, on décroche, on préfère la niaiserie, le cliché, le préjugé.
    On nous modèle, on nous façonne simpliste. 24 heures par jour, on nous offre de l'information frivole, superficielle, clinquante. On butine de sourire en sourire, d'image en image. On nous parle de couleur de cravate avec le même sérieux que si on nous parlait des enjeux de la gauche et de la droite.

    Le ton supplante le fond. Et hop! La démocratie en prend pour son rhume. On vote pour le ton parce qu'on ne nous offre plus de points d'ancrage pour mettre en perspective les valeurs fondamentales des enjeux de la société.

    Ouais, c'est vrai que le débat (sic) nous laissait sur notre faim. Ce n'est pas un débat, c'est le cirque de l'image.
    La première question après le cirque: Qui a gagné?
    Oh la la! LA question!
    On ne dit pas trop ce qui s'est dit, on parle plus facilement de comment cela a été dit.

    Il faut reconnaître le grand effort de sérieux de Radio Canada qui nous vérifie si les données lancées lors du débat (sic) étaient vraies, réelles ou exagérées. Ça nous fait des petits points intéressants, mais ça reste du cirque, rien qui bouscule nos valeurs, rien qui pousse notre réflexion, rien qui nous surprend, rien qui nous indigne.

    Bah! Il y a bien eu la question-accident qui a surpris un peu tout le monde.
    Dites du bien de votre chéri à votre gauche.

    Qu'aurais-je fait à la place d'Élisabeth??
    Aurais-je eu le culot de dire: " Mon cher Stephen, je ne trouve rien de bon à dire sur vous! Je ne vous connais pas, d'ailleurs personne ne vous connaît vraiment. Vous paradez votre sourire et votre image et vous me donnez l'impression de mentir sans aucune retenue. Stephen, à mes yeux, vous n'avez rien de bon et j'aurais envie de vous traiter des pires noms!"

    Dites la qualité de votre adversaire à votre gauche!
    Elle est imbécile cette question?

    Non, ce sont les réponses qui ont manqué de courage.
    Depuis quand un politicien répond exactement à la question???
    C'était la première fois que je voyais les politiciens répondre exactement à une question sans déborder, sans glisser ailleurs.

    Si j'avais été journaliste ou analyste, moi, le clou du débat (sic) aurait été lorsque Jack a dit clairement le mot: "ÉNORME", pendant que le sage Stephen lui disait malgré nos différences... nous avons travaillé ensemble.
    Il fallait voir le visage de Jack lorsque Stephen lui faisait son boniment!
    Le "ÉNORME" était bien senti et le sourire l'accompagnant était très significatif. Ça voulait dire: Oh non! Mon Stephen, nous n'avons jamais bien travaillé ensemble! N'essaye pas de dire des faussetés sur moi, nous n'avons pas de points communs!
    Et M. Bureau, juste avant de passer la parole à M. Dion, de remarquer que M. Layton a souligné des différences ÉNORMES.

    Si vous l'avez manqué, revisionnez la réponse de M. Harper à la question consistant à dire du bien de l'autre, c'est le meilleur bout!
    ( http://elections.radio-canada.ca/elections/federales2008/debat/debat_plus.shtml ).


    Comme dit Mme Payette:
    «La vie politique se meurt dans ce beau grand Canada. La démocratie aussi. L'enquête démontrerait sans doute que c'est la télévision qui les a tuées. Le nivellement se fait par l'image.»
    Le nivellement par le bas, par le très bas.
    La démocratie??? C'est quoi au juste ???


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Diane Jeannotte Tremblay
    Abonnée
    vendredi 3 octobre 2008 05h26
    Tout un gala
    « Vous avec compris comme moi, Madame Payette, que de nos jours l'affrontement est un signe de faiblesse. Et la télévision et la radio y sont pour beaucoup. Si quelqu'un fait valoir ses idées avec un peu trop de véhémence, il est tout de suite *chicané* par l'animateur et surtout l'animatrice (ref :C.Charette). Et la journaliste Francine Pelletier de résumé :*Je ne sais pas si c'est parce-que je suis une FEMME mais je trouve que c'était bien de demander aux candidats de dire un petit mot gentil*. De nos jours, il faut que tout soit convivial, même un débat politique dont l'enjeu est un pays à gouverner.
    Diane Tremblay
    fntil. »

  • Richard Piché
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 07h49
    Le nivellement par l'image...
    « Vous avez tout à fait raison Mme Payette et le même phénomène se produit dans l'industrie du livre; les textes des livres académiques perdent en substance et on compense par de belles images. Pour vous en convaincre, vous n'avez qu'à comparer un vieux livre de mathématiques du secondaire avec un de ces tout nouveau bouquins écris par de soit disant pédagogques. Dans le cas du second, vous aurai l'impression de consulter le dernier numéro d'un magazine populaire qu'on retrouve dans un kiosque à journaux. Je suis enseignant. »

  • Claude Lacaille
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 09h53
    Quelle momie habitera le mausolée du parlement?
    « Dans son éditorial, monsieur Descôteaux parle d'"échanges aussi animés que civilisés" à propos des débats de nos chefs de partis. Je suis plutôt de l'avis de Mme Payette. Nous sommes victimes d'une entreprise d'aliénation et nous nous éloignons toujours davantage de ce qui est un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le capitalisme est en crise, ça c'est un signe de santé pour l'humanité. Les chefs auront beau débattre de la crise financière et nous faire peur, il reste que depuis 30 ans on nous endort avec le tout au marché et l'on détruit la réputation de l'État comme gardien du bien commun. Défendre le rôle de l'État est devenu une sorte de péché originel. Je suis outré et révolté d'entendre les remarques des Bernard Derome et autres chantres de notre système qui frémissent devant les fluctuations de la bourse. Comme si la spéculation des marchés n'était pas la loterie la plus absurde qui soit et que sans celle-ci l'humanité ne pourrait survivre. Franchement, les momies devraient rester là où elles appartiennent, dans les mausolées et non dans les parlements ou à la télévision. Claude Lacaille, Trois-Rivières »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 11h02
    Les mots pour le dire
    « Cette fois-ci, ce n'est pas Madame Payette qui a eu «les mots pour dire» ce que je pense. Non, c'est plutôt un lecteur du Devoir, M. Serge Charbonneau. Il semble appuyer les propos de Madame Payette, mais en fait il va beaucoup plus loin, jusqu'au coeur même du vrai problème. Car le vrai problème ne tient pas au manque d'élans lyriques, ce qui serait encore mettre l'accent sur la forme. Non, le vrai problème tient au manque de fond. Les politiciens ne savent plus aller au fond des choses ; ils sont pris dans un carcan non pas surtout à cause de la formule de la table ronde et des règles imposées, mais précisément parce qu'ils manquent d'idées de fond pour rendre notre société meilleure. Nous allons tous vers de la téléréalité. Et cette «réalité», cette constatation lucide, c'est vraiment M. Charbonneau qui a eu les mots pour l'exprimer. Chapeau donc à lui. »

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 15h43
    La démocratie se meurt en effet
    « Bravo Mme Payette, un article qui vise juste...qui met le doigt sur le bobo comme on dit ! L'horreur dans tout cela c'est le déficit démocratique qui grandit et grandit encore à chaque campagne électorale. On traite les gens comme des demeurés afin de les maintenir dans l'ignorance ...de la sorte, il est plus simple de «règner» sur eux....Il faut se mettre en tête que la démocratie n'est pas un état stable de «béatitude» à laquelle nous serions parvenus mais bien un projet fragile à reconstruire sans cesse, un horizon jamais totalement atteint mais toujours à viser ! »

  • yves archambault
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 17h17
    palin maligne
    « moi aussi j'ai écouté palin la maligne et je pense qu'elle a gagné puisqu'elle à tenu tête à l'un des hommes politiques américain les plus compétent et rusé. et c'était divertissant contrairement au déb(g)at canadian. pourquoi duceppe ménage-t-il ses ennemis... impuissant ou trop poli. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 3 octobre 2008 18h15
    Le plus ridicule
    « Le moment le plus ridicule du débat a été l'obligation faite aux débatteurs de dire des mots gentils à leur voisin de gauche, alors que les quatre chefs de l'opposition auraient partiellement satisfaits de « crisser » une volée à Stephen Harper. On se serait crû à un show de fin d'année dans une école primaire. Stéphane Bureau a-t-il donné son aval à cette ridicule situation ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 02h21
    La Fausse Nation : L'art de diviser pour régner ; donc, Manipulation!
    « Bonjour,

    Excellente analyse Mme Payette!

    Excellent texte, aussi, de Serge Charbonneau ; en tous les cas, meilleure analyse que celle de la semaine dernière.

    J'appuie plutôt le point de vue de Roland Berger, qui de son Ontario a les deux pieds dans le ROC ; ce qui le rend plus crédible, sans vouloir vous froisser M.Charbonneau.

    Rappelons ici que le NPD a appuyé le « cadenas de DION » (clarté) tout en étant aussi centralisateur que le PLC.

    Si le Bloc était à 16% et le NPD à 35%, je me boucherais nez et je voterais stratégiquement.

    Mais ce n'est pas le cas, donc...

    ***

    Tant qu'à la Nation -- ce n'est pas le Québec qui est une Nation mais seulement les québécois(es) de souche -- elle n'est donc pas inclusive, puisqu'elle exclue les allophones!!!
    Comment voulez-vous qu'ils se sentent eux?
    Oui, vous avez raison : ils se voient des "EUX".

    Qui est raciste Messieurs Harper-Dion?

    C'est digne de Machiavel et Tsan Tsu : L'art de diviser pour régner!

    ***

    Je me rappellerai toujours de 1980 et la déclaration de Trudeau : "Nous mettons nos sièges en jeu pour du changement...". Wouah, quel changement ce fut!
    Suite à 1982(rapatriement) je suis devenu souverainiste à l'instar plus tard, de tous mes enfants.

    Pour l'indépendance il faudra que Tsan Tsu (Charest) la fasse, sinon oubliez cela! Nous sommes coincés comme le dit si bien M.Berger.
    Pourquoi? Tout simplement parce, aussi bien au Québec qu'au Canada l'opposition est divisée au profit du PLQ et du PC. À moins évidemment que le Canada éclate et la fasse pour nous!
    Haha!

    À Québec, à chaque lever du lit de Jean Charest, 100 nouvelles voix l'attendent pour son déjeuner!
    46 milles immigrant(e)s X .80% / 365 X = 100 votes par jour. C'est le bonheur total...

    Il n'y aura plus rien pour l'arrêter de déconstruire le Québec au profit du Canada -- et cela dans tous les sens (voulez-vous 12 exemples) -- à moins que l'opposition s'unisse! Aussi bien rêver!

    Rappelez-vous les 4 premières années au pouvoir du PLQ (2003 - 2007) et sa fameuse "ingénérie" ; il a coupé dans tous les ministères.
    Ce laisser-faire, c'est à dire laisser le marché réguler le tout -- à l'image du désastre américain -- nous l'avons vécu lors des 4 premières années au pouvoir du PLQ!

    Une chance qu'il est devenu minoritaire et qu'en faisant « la mouche du coche », il ne peut plus contribuer aussi bien à la "désorganisation civile", la "déconstruction" et à la Canadiennisation du Québec ; du moins pour le moment.

    Les plaies sont béantes mais le patient n'est pas encore mort!
    On doit donc le réélire d'une façon majoritaire pour le remercier d'un si bon travail.

    Et le peuple en redemande, voyez sa cote de popularité qui ne cesse de monter.

    Incroyable!

    Jean-Renaud Dubois, Sainte-Adèle »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 11h34
    Bravo et merci à M. Jean-Renaud Dubois
    « Merci M. Dubois pour votre excellente critique et excellente analyse.

    «Rappelons ici que le NPD a appuyé le « cadenas de DION » (clarté) tout en étant aussi centralisateur que le PLC.»

    C'est incontestable, le NPD est un parti fédéraliste.
    C'est aussi incontestable que le NPD est le parti le plus à gauche.
    C'est aussi incontestable que pour le NPD, le Québec est une quantité négligeable.
    C'est aussi incontestable (mais, bien sûr, aussi incertain) qu'avec plus de députés NPD au Québec, nous deviendrions moins "négligés".
    C'est incontestable que le NPD n'est pas le meilleur parti pour le Québec.
    C'est incontestable que Bloc est LE parti qui se bat pour les intérêts du Québec.
    Mais...

    L'enjeu actuel est la réélection ou non de ce régime réformiste.
    L'enjeu actuel est bien loin des considérations indépendantistes.
    L'élection d'un gouvernement Harper signifie que nos impôts serviront à aller tuer des gens en Afghanistan, serviront à aller faire tuer nos jeunes gens, serviront à enrichir les pétrolières et le complexe militaro-industriel, serviront à polluer et serviront à nous contrôler. L'élection du régime Harper signifie la perte de libertés durement acquises, comme, le droit à l'avortement. Cela signifie aussi le retour de l'ingérence religieuse, rétrograde et moralisatrice et la mise en place de moyens de répression au détriment de moyens plus efficace et humain.

    L'enjeu actuel est bien différent des enjeux des élections fédérales précédentes. Nous sommes à des lieues des considérations Québec-Canada.

    Nous aurons un régime réformiste Haper.
    En partie grâce à la présence du Bloc.
    La gauche stagnera, la droite jouira.

    Bloc présent signifie aussi Harper élu.

    Bien sûr, ce point de vue est fort discutable, mais force est de constater que désunis, nous avons moins de poids.
    Probable que l'union Bloc-NPD ne serait pas suffisante, mais certain que la désunion est désastreuse.

    Bien sûr, comme le Bloc demeure présent malgré la triste conséquence que cela entraîne, « je voterai Bloc ».
    Il faut rester uni entre Québécois et couler avec le reste du Canada.

    Pour ce qui est à venir du côté québécois, le même problème de division servira Tsan Tsu (Charest). Nous avions le PQ (centre droit), Québec solidaire (vers la gauche) et maintenant pour nous assurer que la droite fédéraliste va régner, nous avons le parti Indépendantiste.
    Vive la division!
    C'est, sans doute, ce qu'ils se disent!


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    samedi 4 octobre 2008 13h23
    tout pour gagner les votes des musulmans après la presque instauration de la charia en Ontario?
    « Bonjour,

    Voici un petit texte pour ceux qui veulent appuyer le NPD ; ça fait réfléchir sur l'aveuglement de Monsieur Layton.
    Est-il prêt à tout pour gagner les votes des musulmans après la presque instauration de la charia en Ontario?

    ...........« Un groupe anti-islamiste s'en prend au NPD.»

    Le courageux Salim Mansur et son groupe "Point de bascule" dénoncent le NPD.
    «Aujourd'hui, le NPD présente des candidats islamistes», a dit Tarek Fatah, journaliste et auteur de Chasing a Mirage.

    "Le NPD et sa recrue Samira Laouni, une femme voilée qui se présente dans la circonscription de Bourassa, ont subi le tir nourri de critiques de l'islamisme lors d'une conférence publique organisée hier matin dans un hôtel du centre-ville de Montréal", par Stéphane Baillargeon.
    Lien :
    http://www.ledevoir.com/2008/10/03/208854.html?fe=5046&fp=67211&fr=108622

    ***
    DE LA DYNAMITE:

    À lire, un texte de James Bisset » ancien directeur général de Citoyenneté et Immigration Canada, et ancien ambassadeur en Yougoslavie ; c'est de la dynamite
    Lien : /2008/10/02/trop_d_immigrants »

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