La plume assassine de Julie Couillard
C'est parce qu'elle a été approchée pour devenir une candidate du Parti conservateur, à la mi-avril 2007, que la sulfureuse Julie Couillard a fini par rencontrer Maxime Bernier, alors ministre de l'Industrie dans le cabinet Harper, qui allait devenir son conjoint et son malheur. L'anecdote ne manque pas de piquant: si le sort en avait décidé autrement, au lieu de publier une autobiographie assassine pour son ex, elle ferait peut-être campagne aujourd'hui pour le rejoindre à la Chambre des communes...
Dans Mon histoire, lancé cette semaine aux Éditions de l'Homme, Julie Couillard raconte avoir été interviewée comme candidate potentielle par l'organisateur conservateur de la région de Montréal Nelson Bouffard, toujours considéré comme le numéro deux du PC au Québec. Il lui faisait miroiter deux circonscriptions, l'une sur l'île de Laval, où elle habite toujours, l'autre dans la couronne nord, à Deux-Montagnes.
Cette «perspective assez excitante» ne s'est jamais développée, «par manque d'intérêt» de la part de la recrue. Hier, joint à ses bureaux, M. Bouffard a prétexté qu'il était déjà occupé en ligne et il a raccroché le téléphone au lieu d'accorder au Devoir une entrevue sur le sujet.
De fil en aiguille, ses nouvelles relations politiques ont tout de même permis à Julie Couillard de troquer la politique contre le politicien avec lequel elle règle maintenant ses comptes. Elle trace le portrait dévastateur d'un Maxime Bernier sans envergure, un fat, imbu de lui-même, sans convictions profondes, méprisant pour ses électeurs comme pour son chef, Stephen Harper, vulgaire «buveur de Pepsi». Elle ridiculise la maîtrise de l'anglais du ministre des Affaires étrangères et met en doute sa défense de la présence canadienne en Afghanistan.
Le venin coule à flot. «Ce n'est pas un livre de vengeance, avertit-elle pourtant en entrevue. Par son inaction, par son silence, Maxime Bernier a donné comme message à la population qu'il endossait tout ce qui se disait sur moi. J'ai donc écrit pour rétablir les faits et ma crédibilité.»
Un chapitre s'attarde à ses tentatives désespérées et infructueuses de rejoindre son conjoint d'infortune pendant que les journalistes faisaient le pied de grue durant devant chez elle. «Quand il m'a rappelée, au bout de plusieurs mois, c'était pour me demander de mentir au sujet des documents qu'il avait oubliés chez moi», ajoute-t-elle en entrevue.
Cet oubli a entraîné la déchéance du ministre. Mme Couillard explique que Maxime Bernier lui a laissé les dossiers officiels en lui demandant de les mettre «aux vidanges». Elle les a plutôt oubliés pendant des semaines sous une pile de journaux.
Les journalistes
Du même coup, son pamphlet-confidence se lit comme un long plaidoyer contre le travail dévastateur de la meute journalistique. «Les médias n'y sont pas allés de main morte, résume Julie Couillard, âgée de 39 ans. Tout a été dit sur mon compte. On m'a traité de Mata Hari, de croqueuse de diamants, d'escorte, d'ancienne danseuse, de pute et de tenancière de bordel. Dans ma naïveté, jamais je n'aurais pensé possible qu'on publie de telles faussetés sur quelqu'un. J'ai été dévastée, blessée à un point tel que j'ai failli être détruite. Ça m'a demandé une force incroyable pour passer par-dessus et pour continuer à vivre.»
Julie Couillard trouve même que les médias ont trop mis l'accent sur ses fautes réelles, qu'elle ne renie pas et sur lesquelles elle s'explique longuement dans son autobiographie: son court et pénible passage comme serveuse dans un club de danseuses; sa longue relation (heureuse) avec Gilles Giguère, un proche des Hells Angels assassiné en 1996; son mariage (raté) avec Stéphane Sirois, rockeur repenti qui finira délateur. «Ces épisodes remontent à une décennie et les médias les ont collés à ma vie présente. Ces deux temps n'ont aucun rapport. D'ailleurs, les policiers m'avait examinée il y a une décennie et avaient déjà conclu que je n'avais rien à voir avec le crime organisé.»
Julie Couillard s'attaque aussi à Radio-vipère, qui alimentait les autres médias, les vrais. Elle répète que les employées féminines de son ministre se sont révélées ses pires ennemies, jalouses, intrigantes, menteuses et comploteuses. «Il n'y a pas une femme sur la terre qui n'a pas été victime de sexisme et de misogynie. Alors pourquoi les pires attaques envers moi sont-elles venues des femmes, y compris des journalistes?»
Toutes et tous la regardent autrement maintenant. Elle termine sa longue confidence écrite en se désolant à l'idée qu'aucun homme ne voudra se lier amoureusement avec la Julie Couillard décrite par les médias. «J'aurais pu "pogner" la lèpre qu'on ne me jugerait pas autrement, dit-elle finalement. Je n'ai pas de revenu d'emploi depuis cinq mois. Maintenant, je souhaite que mon livre se vende...»
Dans Mon histoire, lancé cette semaine aux Éditions de l'Homme, Julie Couillard raconte avoir été interviewée comme candidate potentielle par l'organisateur conservateur de la région de Montréal Nelson Bouffard, toujours considéré comme le numéro deux du PC au Québec. Il lui faisait miroiter deux circonscriptions, l'une sur l'île de Laval, où elle habite toujours, l'autre dans la couronne nord, à Deux-Montagnes.
Cette «perspective assez excitante» ne s'est jamais développée, «par manque d'intérêt» de la part de la recrue. Hier, joint à ses bureaux, M. Bouffard a prétexté qu'il était déjà occupé en ligne et il a raccroché le téléphone au lieu d'accorder au Devoir une entrevue sur le sujet.
De fil en aiguille, ses nouvelles relations politiques ont tout de même permis à Julie Couillard de troquer la politique contre le politicien avec lequel elle règle maintenant ses comptes. Elle trace le portrait dévastateur d'un Maxime Bernier sans envergure, un fat, imbu de lui-même, sans convictions profondes, méprisant pour ses électeurs comme pour son chef, Stephen Harper, vulgaire «buveur de Pepsi». Elle ridiculise la maîtrise de l'anglais du ministre des Affaires étrangères et met en doute sa défense de la présence canadienne en Afghanistan.
Le venin coule à flot. «Ce n'est pas un livre de vengeance, avertit-elle pourtant en entrevue. Par son inaction, par son silence, Maxime Bernier a donné comme message à la population qu'il endossait tout ce qui se disait sur moi. J'ai donc écrit pour rétablir les faits et ma crédibilité.»
Un chapitre s'attarde à ses tentatives désespérées et infructueuses de rejoindre son conjoint d'infortune pendant que les journalistes faisaient le pied de grue durant devant chez elle. «Quand il m'a rappelée, au bout de plusieurs mois, c'était pour me demander de mentir au sujet des documents qu'il avait oubliés chez moi», ajoute-t-elle en entrevue.
Cet oubli a entraîné la déchéance du ministre. Mme Couillard explique que Maxime Bernier lui a laissé les dossiers officiels en lui demandant de les mettre «aux vidanges». Elle les a plutôt oubliés pendant des semaines sous une pile de journaux.
Les journalistes
Du même coup, son pamphlet-confidence se lit comme un long plaidoyer contre le travail dévastateur de la meute journalistique. «Les médias n'y sont pas allés de main morte, résume Julie Couillard, âgée de 39 ans. Tout a été dit sur mon compte. On m'a traité de Mata Hari, de croqueuse de diamants, d'escorte, d'ancienne danseuse, de pute et de tenancière de bordel. Dans ma naïveté, jamais je n'aurais pensé possible qu'on publie de telles faussetés sur quelqu'un. J'ai été dévastée, blessée à un point tel que j'ai failli être détruite. Ça m'a demandé une force incroyable pour passer par-dessus et pour continuer à vivre.»
Julie Couillard trouve même que les médias ont trop mis l'accent sur ses fautes réelles, qu'elle ne renie pas et sur lesquelles elle s'explique longuement dans son autobiographie: son court et pénible passage comme serveuse dans un club de danseuses; sa longue relation (heureuse) avec Gilles Giguère, un proche des Hells Angels assassiné en 1996; son mariage (raté) avec Stéphane Sirois, rockeur repenti qui finira délateur. «Ces épisodes remontent à une décennie et les médias les ont collés à ma vie présente. Ces deux temps n'ont aucun rapport. D'ailleurs, les policiers m'avait examinée il y a une décennie et avaient déjà conclu que je n'avais rien à voir avec le crime organisé.»
Julie Couillard s'attaque aussi à Radio-vipère, qui alimentait les autres médias, les vrais. Elle répète que les employées féminines de son ministre se sont révélées ses pires ennemies, jalouses, intrigantes, menteuses et comploteuses. «Il n'y a pas une femme sur la terre qui n'a pas été victime de sexisme et de misogynie. Alors pourquoi les pires attaques envers moi sont-elles venues des femmes, y compris des journalistes?»
Toutes et tous la regardent autrement maintenant. Elle termine sa longue confidence écrite en se désolant à l'idée qu'aucun homme ne voudra se lier amoureusement avec la Julie Couillard décrite par les médias. «J'aurais pu "pogner" la lèpre qu'on ne me jugerait pas autrement, dit-elle finalement. Je n'ai pas de revenu d'emploi depuis cinq mois. Maintenant, je souhaite que mon livre se vende...»
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