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Un appel en faveur de Khadr

Neuf organisations réclament des leaders politiques qu'ils s'engagent à exiger le rapatriement du jeune Canadien détenu à Guantánamo

Alexandre Shields   1 octobre 2008  Canada
Le directeur général d’Avocats sans frontières, Pascal Paradis, que l’on voit ici à gauche, a appelé hier les partis fédéraux à se prononcer pour le rapatriement d’Omar Khadr.
Photo : Jacques Nadeau
Le directeur général d’Avocats sans frontières, Pascal Paradis, que l’on voit ici à gauche, a appelé hier les partis fédéraux à se prononcer pour le rapatriement d’Omar Khadr.
Avocats sans frontières et huit autres organisations de défense des droits profitent de la présente campagne électorale fédérale pour réclamer le rapatriement au Canada du jeune Omar Khadr, détenu depuis maintenant six ans à la prison militaire de Guantánamo Bay, à Cuba. Ils pressent par la même occasion tous les partis politiques qui sont dans la course de se prononcer sur le sujet.

«Nous demandons aujourd'hui à tous les partis politiques fédéraux de se prononcer sans réserve en faveur du rapatriement au Canada d'Omar Khadr et de préciser quelles démarches ils entreprendront afin que tel rapatriement se réalise dans les meilleurs délais», a ainsi demandé hier le directeur général d'Avocats sans frontières (ASF), Pascal Paradis, au cours d'un point de presse organisé à la Place du Canada, à Montréal.

Les porte-parole de l'association ont du même coup rappelé les allégations de mauvais traitements dont aurait été victime le jeune canadien, capturé en Afghanistan alors qu'il n'avait que 15 ans. «Il a vraisemblablement été victime de traitements cruels, inhumains et dégradants, y compris des allégations de torture, mais aussi des menaces et des périodes d'isolation ou d'exposition à des températures extrêmes», a fait valoir Fannie Lafontaine, professeure de droit à l'Université Laval et membre du Conseil d'administration d'ASF.

Qui plus est, a-t-elle ajouté, les autorités américaines ne respectent pas les normes juridiques les plus élémentaires. «La commission militaire qui est appelée à le juger n'est pas un tribunal indépendant et impartial. Elle applique un système fondé sur la présomption de culpabilité qui est une parodie de justice et qui contrevient aux normes minimales du droit international et du droit national du Canada et des États-Unis», a souligné Mme Lafontaine, devant une rangée de figurants vêtus chacun d'une salopette orange comme celle que portent les prisonniers à Guantánamo.

Et s'il est rapatrié au pays, M. Khadr ne se retrouvera pas dans une situation d'impunité, a-t-elle précisé. Un «véritable» tribunal judiciaire pourra, le cas échéant, juger de son innocence ou de sa culpabilité au terme d'un procès juste et équitable respectant la règle de droit.

Chose certaine, on ne peut se permettre de maintenir le statu quo. «Il est inacceptable que le Canada ait participé aux graves violations des droits humains dont il a été victime et qu'il continue à s'en faire complice», a soutenu Fannie Lafontaine. «Si les Canadiens ne demandent pas au gouvernement de mettre fin à cette situation, on accepte tous qu'un précédent soit crée et Omar Khadr pourrait ne pas être le seul à en payer le prix», a renchéri son collègue, Pascal Dufour. Ce dernier a aussi dit souhaiter que la question soit abordée lors des débats des chefs de ce soir et demain soir.

La demande d'ASF est appuyée par le Barreau du Québec. Dans un communiqué diffusé hier, le Barreau a d'ailleurs soutenu que le Canada doit offrir protection et assistance à tous les citoyens canadiens aux prises avec un système judiciaire étranger, quels que puissent être les crimes dont ils sont accusés, et notamment faire en sorte que les normes minimales du droit international soient respectées. On demande en outre qu'il ne soit pas jugé comme un adulte, puisqu'il était mineur au moment des faits qui lui sont reprochés. Le Barreau est déjà intervenu le 1er février dernier auprès du gouvernement canadien et a pris position en faveur du rapatriement de Omar Khadr.

L'Association du Barreau canadien, l'Association du jeune Barreau de Montréal, le Réseau des juristes d'Amnistie internationale Canada francophone, Amnesty International Canada Legal Network, Lawyers Rights Watch Canada, la Ligue des droits et libertés et Canadian Lawyers Abroad appuient aussi la démarche d'ASF. Ensemble, ces organisations représentent 50 000 membres de la communauté juridique.

Omar Khadr est le seul citoyen d'un pays du monde occidental détenu à Guantánamo dont le rapatriement n'a pas été demandé. Il a été capturé par les forces armées des États-Unis au cours d'un combat en Afghanistan alors qu'il avait 15 ans. Il était donc un enfant en vertu du droit international. Transféré en octobre 2002 à la base navale de Guantánamo Bay, il est privé de sa liberté depuis six ans. Khadr n'a pu voir un avocat que 27 mois après le début de sa détention et n'a appris les chefs d'accusation pesant contre lui qu'au bout de trois ans et demi.
 
 
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  • Jacques Lafond
    Abonné
    mercredi 1 octobre 2008 02h36
    Omar Khadr
    Quand la nouvelle est sortie, il y a quelques années de ça, que Maher Arar était finalement compensé par le gouvernement du Canada de quelques 11 million de dollars pour des supposés injustices, et des supposés tortures dans son pays, j'étais dans ma voiture avec un client et ami en visite ici à Montréal depuis la côte Atlantique de Casablanca au Maroc.

    On était, comme je disais en voiture, quand on a entendu à la radio cette nouvelle. Mon client et ami, s'est mis a rire si fort, et à tousser si fort, que j'étais vraiment, mais vraiment, inquiet qu'il en fasse une crise cardiaque dans mon auto.

    Tous les gens des pays Arabes pensent vraiment qu'on est une bande d'imbéciles ici au Canada de mettre autant d'énergie, et de dépenser autant d'argent sur des ''causes'' comme Arar, Charkaoui, Khadr, etc.

    Omar Khadr, sera bientôt multimillionaire. Et, il le sait très bien ...

    PS. Je me demande bien combien Maher Arar a déclaré comme revenue imposable pour l'année qu'il a reçu son $11 million. Bonne question ; non ?

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 1 octobre 2008 10h26
    C'est en afghanistan qu'il faut le rapatrier
    Omar Khadr a commis des actes guerriers au coté de son père en afghanistan. C'est là qu'il devrait subir l'opprobe de ses crimes.

    Il ne faut pas oublier qu'on se marie à 11 ans en Afghanistan et qu'on apprends à manipuler une AK47 avant de connaître son alphabet...

    Faut pas se leurrer on est moumoune et prêt à écouiter tous ceux qui pleurent même des larmes de crocodile.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mercredi 1 octobre 2008 11h10
    Tartufferie!
    N'est-il pas intéressant de voir nos augustes associations de juristes monter aux barricades à cause du système judiciaire du principal allié du Canada, les États-Unis! Les USA, ce parangon de démocratie, veut «étendre» la démocratie américaine aux pays dits non-démocratiques, comme l'Afghanistan et l'Irak et le Canada a sauté dans le bateau et s'est embarqué dans la mission en Afghanistan. Peu s'en fallut qu'il ne s'embarque dans l'aventure irakienne, si Harper avait formé un gouvernement majoritaire à l'époque!

    Par contre, nos éminents juristes se foutent éperdument du sort collectif des autochtones au Canada et au Québec, qui est beaucoup plus pénible que celle de Khadr. Même en matière de justice les autochtones sont traités comme des colonisés par le système judiciaire colonial dominant et ils se retrouvent de manière disproportionnée dans nos prisons. Une douzaine de rapports de commissions d'enquête ont souligné le fait que le système judiciaire pénal ne fonctionne pas pour les autochtones et qu'il faut qu'il soit changé ou simplement remplacé. Or, nos augustes juristes sont plus préoccupés par le système judiciaire américain et un soit-disant terroriste, aussi mineur soit-il. C'est plus facile de critiquer le voisin que de regarder dans sa cour, n'est-ce pas? Que de tartufferie!

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    mercredi 1 octobre 2008 11h23
    Ils ont raison
    Il faut rapatrier Omar Khadr. Mieux vaut tard que jamais.

    Jocelyne Brunet
    Gatineau

  • Jacques Lafond
    Abonné
    mercredi 1 octobre 2008 13h29
    Les avocats sentent la manne ...
    Il est très intéressant de noter que des neuf organisations qui réclament le rapatriment immédiat de Omar Khadr, huit sont des associations d'avocats et de juristes.

    Basé sur le fait que Maher Arar a récolté quelques $11 millions en compensation du gouvernement du Canada, en plus des frais d'avocats de plusieurs $ millions payés par l'État; il est tout à fait évident que les avocats sentent la manne $$$ qui s'en vient avec Khadr.

    Quelle merdier. Quelle bandes d'imbéciles ont est ici au Canada, et au Québec en particulier ...

  • Michel Savard
    Inscrit
    mercredi 1 octobre 2008 17h38
    Entièrement d'accord avec vous, M. Jacques Lafond !
    Oui, quelle belle bande d'imbéciles nous avons ici au Québec
    pour se laisser embarquer, d'une part, par plusieurs groupes d'avocats qui salivent déjà en pensant aux millions qu'ils pourront en retirer et, d'autre part, par la go-gauche Québécoise qui se range toujours du côté des terroristes tout en continuant de nous abreuver, à la fois, de leur anti-américanisme larvé et de la démonisation de Stephen Harper.

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