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Une opposition «d'un océan à l'autre»

Antoine Robitaille   27 septembre 2008  Canada
Québec — Les ministres de la Culture de 11 provinces et territoires ont ajouté leur voix aux nombreuses autres qui ont récemment critiqué les compressions du gouvernement Harper en matière de culture. Seules l'Alberta et la Colombie-Britannique ne sont pas signataires de la résolution adoptée hier par les responsables des dossiers culturels. Malgré ces absences, la ministre québécoise Christine St-Pierre a soutenu que le mouvement d'opposition aux coupures conservatrices est «vraiment d'un océan à l'autre».

Dans leur résolution, les ministres expriment leur «profonde déception» à l'égard des «annonces récentes du gouvernement fédéral» et exigent que le fédéral revienne sur sa décision. Ils ont du reste demandé que le prochain ministre du Patrimoine convoque «une réunion fédérale-provinciale-territoriale spéciale pour discuter de ce sujet le plus rapidement possible» après les élections.

C'est Mme St-Pierre qui avait choisi d'inviter ses homologues à cette réunion «provinciale-territoriale» au lieu de celle qui était prévue, à laquelle le fédéral devait participer. La ministre fédérale Josée Verner avait dû déclarer forfait puisqu'elle entrait en campagne électorale.

Les ministres réunis à Québec ont fait valoir plusieurs arguments économiques pour étayer leur position. À leurs yeux, «l'ensemble du secteur culturel contribue par son travail au dynamisme et au développement culturel, social, économique et politique de notre société». Reprenant les chiffres du Conference Board, ils ont soutenu que «le secteur culturel emploi [sic] plus de 1,1 million de personnes et génère des profits annuels directs et indirects de 84,6 millions de dollars ou 7,4 % du PIB réel du Canada». La ministre de la Culture Aileen Carroll, de l'Ontario, a insisté à plusieurs reprises sur les «effets multiplicateurs» des arts et de la culture sur l'économie. Cette dernière a aussi rappelé que l'Ontario réclamait une correction d'un déséquilibre fiscal de 20 milliards de dollars et que la principale province ne peut donc pas compenser les coupes du fédéral en ce domaine. Mme Carroll s'est toutefois refusée à suggérer aux électeurs de voter contre les conservateurs.

Latourelle marginal

Mme St-Pierre a du reste décrit comme marginale la position du fondateur du spectacle Cavalia, Normand Latourelle. Dans nos pages hier, ce dernier estimait que les coupures conservatrices venaient mettre de l'ordre dans un fouillis administratifs. Il enjoignait aussi les artistes à «créer» plutôt qu'à «chialer». À ce propos, Mme St-Pierre a eu ces mots: «Empilez les déclarations, je pense que vous allez voir une pile très, très importante de déclarations des gens du milieu artistique, du milieu politique également, qui considèrent que ces coupures sont inquiétantes.» Elle a répété que la révision de programme était un exercice normal pour une administration, «ça fait partie de la gestion»; ce qui ne l'est pas, c'est d'«effectuer des compressions sans explications, dans des programmes qui, selon certaines informations, sont assez performants».

Au reste, les ministres ont aussi convenu de faire parvenir une résolution conjointe au sujet d'une autre compression fédérale: l'abolition, prévue pour 2010, de «Initiative des endroits historiques» (IEH). La résolution est adressée au ministre fédéral de l'Environnement puisque ce dernier est responsable de l'IEH, dont l'objectif est de financer un répertoire de lieux et de bâtiments historiques, qui avait été mis sur pied en 1999 et devait être permanent. Le fédéral le finançait et les provinces effectuaient les travaux, fournissaient l'expertise. Mais l'an dernier, le gouvernement Harper a programmé sa fin pour 2010. Le Québec sera peu touché puisqu'il est «bien avancé» dans ce domaine, a expliqué la ministre : «Ça va nous faire un manque à gagner de 700 000 $.» D'autres provinces ou territoires n'avaient pratiquement rien de fait et ne pourront pas terminer les travaux d'inventaire avant 2010. La résolution soutient que le gouvernement fédéral doit «continuer à contribuer au maintien d'un cadre pancanadien pour la conservation du patrimoine national» et que pour protéger les endroits historiques, «il devra prendre d'importantes mesures financières incitatives» et «mettre en place un cadre législatif fédéral efficace».

Aux yeux du Parti québécois, la rencontre a démontré «l'incapacité de la ministre Christine St-Pierre de convaincre ses homologues provinciaux de la nécessité de rapatrier tous les crédits et les pouvoirs en matière de culture». Ils ont rappelé que récemment, le premier ministre réclamait «rien de moins que la souveraineté culturelle pour le Québec». Mais hier, la ministre s'est contentée de bien peu, soit de réclamer «le renversement de la décision fédérale». Interrogé au sujet de la demande de Québec d'obtenir la maîtrise d'oeuvre en matière culturelle, le ministre terre-neuvien Clyde Jackman a refusé d'appuyer son hôte. Il a soutenu que le fédéral avait sa place en culture et que le slogan du premier ministre Dany Williams «Maître chez nous», inspiré de Jean Lesage, ne signifie pas que la province ne veut plus faire partie du Canada.






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  • Serge Manzhos
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 07h42
    arguments économiques boiteux
    « Il faudrait qualifier les arguments économiques avancés ces derniers jours pour défendre les programmes abolis (je ne touche pas ici a la question de la valeur artistique de ce qui a été produit avec cet argent-la).
    On nous dit:
    «le secteur culturel emploi [sic] plus de 1,1 million de personnes et génère des profits annuels directs et indirects de 84,6 millions de dollars ou 7,4 % du PIB réel du Canada».

    Excuser, si on instaure un programme a la hauteur de 1 milliard de $ qui financerait le genre de travail que Sisyphus faisait, c'est sur que cela va employer pas mal du monde. On aura ensuite les statistiques qui nous apprendront que "le secteur de Sisyphie emploie 30,000 personnes directement, 200,000 indirectement, est une activité de 1 milliard de dollar, généré des retombés économiques de 3 milliards de $ et constitue xx % du PIB réel du Canada"
    C'est exactement ce genre d'argument qu'on nous sert. »

  • Yves Lanthier
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 08h40
    Bitume
    « Le PC, un parti « bitumineux » :) »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 08h47
    Unanimite de la natio canadienne.
    « Au moins la Nation canadienne d'un point de vue culturel est solidaire (moins 2 autres provinces), c'est tres encourageant que la culture fasse l'unanimite d'un peuple d'un ocean a l'autre. Bravo pour la creation artistique de ce grand pays et aussi pour sa jeunesse. L'art sait rassembler. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 27 septembre 2008 08h47
    Réclamer une chose et son contraire en même temps
    « Réclamer la souveraineté culturelle pour le Québec tout en exigeant du fédéral qu'il continue à financer la culture au Québec devient une contradiction totale québécoise.

    Que le Québec augmente la TVQ de seulement 1 % du 2 % de TPS réduit par le fédéral et il y aura plein d'argent pour financer nos artistes, boucher les trous et construire notre CHUM "ailleurs qu'au Centre-ville de Montréal" s.v.p. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 08h59
    La ministre Saint-Pierre
    « Elle a beau nous parler de son club de soutien et parler de façon ferme. Tout ce qu`elle a réalisé jusqu`à présent est un constat de faits. Quelles sont ses réalisations? Je vous dirai que ça ressemble étrangement à la contribution des Pelletier, Gagnon-Tremblay, Blais et Normandeau. Un gros zéro. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 18h33
    Blah-blah-blah...
    « C't à peu près comme les manifestations étudiantes contre le dégel des frais de scolarités c't affaire là. En dehors d'une petite coterie de cultureux subventionnés, tout le monde s'en contre-St-ciboirise. Ça passera comme le café. »

  • Guy Deschenes
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 22h14
    Normand Latourelle a tout à fait vu juste
    « L'opinion de Normand Latourelle sur la situation générée par les décisions conservatrices sur les budgets en culture et la réaction des zartistes est certes marginale, telle que qualifiée par Christine St-Pierre. En effet, cette opinion est marginale parce que la grande majorité des zartistes ne savent même pas de quoi ils parlent dans la présente polémique sur les budgets en culture. Il est heureux que cette «marginalité» se manifeste dans ce tintamarre ridicule de la «colonie» artistique et je tiens à dire que j'endosse la position de Latourelle.

    De plus, si je comprends bien, il vaut mieux une majorité de voix ignorantes qu'une minorité de voix éclairées quand on est ministre et qu'on veut se faire du capital politique, même teinté de médiocrité.

    Nous sommes un pays, le Canada, où tant de choses sont possibles et où un artiste peut créer et contribuer à la qualité de notre identité (individuelle et collective). Je suis d'accord comme citoyen avec le fait que nos artistes et la culture, trop souvent laissés pour compte, puissent bénéficier de ressources publiques pour complémenter et soutenir leurs efforts et leurs projets de création.

    Le problème actuel vient du fait que la révision des programmes de subventions, que je crois saine en principe, est mal articulée et mal gérée. Et comme on a les politiciens qu'on mérite, on a aussi les zartistes qu'on mérite également. Ces deux mondes jouent au même jeu, et cela m'apparaît comme bien futile et loin de l'idéal artistique.

    Pour conclure ce bref message, je crois bien qu'il faudra mettre à la barre de notre vaisseau culturel canadien un meilleur capitaine, tout en demandant aux bénéficiaires des programmes culturels d'être plus responsables et dignes des arts et disciplines qu'ils pratiquent et diffusent.

    Bravo Normand Latourelle et vive les arts et les artistes.

    Guy Deschênes
    Montréal »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 28 septembre 2008 10h11
    Monsieur Bousquet je suis d'accord
    « La table est mise pour obtenir la souveraineté culturelle. Harper a cette ouverture d'esprit pour le faire que Dion et sa loi de la clarté référendaire n'a pas.

    C'est paradoxal que des artistes souverainistes veulent rester attachés aux mamelles fédérales. Voilà que Monsieur Bousquet me rejoint. Comment être contre l'intervention fédérale et vouloir garder le joug fédéral sans être masochiste.

    Harper a reconnu le peuple québécois et lui a donné droit de cité à l'UNESCO. Il a reconnu le déséquilibre fiscal et même si Charest trouve que c'est pas assez, le premier pas a été énorme : 2,3 milliards transférés au Québec qui n'a pas pu trouver dans cette grosse somme l'espace pour prendre la relève du fédéral et amorcer la souveraineté culturelle.

    Ce que je comprends des enjeux, C'est quand ce sont les libéraux qui sont au pouvoir, ils veulent centraliser et même passer par dessus la tête des provinces ce qui fait l'affaire des bloqueux comme Monsieur Bousquet qui recherchent la confrontation pour mousser leur thèse référendaire morte-née.

    Par contre, les conservateurs donnent plus de pouvoirs aux provinces et transfèrent les fonds en conséquence. Voilà que ca enlève de l'espace pour les bloqueux qui n'ont plus de raison de chialer. Voilà le fond du «anyone but conservatives» lancé par l'opposition bloquiste qui veut relancer la confrontation avec Dion comme premier ministre. Est-ce ca que vous souhaitez ? 16 ans de sur place n'a pas suffit...

    Duceppe n'a t'il pas voté POUR la reconnaissance du Québec avec Harper? Maintenant il crache dessus, lui qui ne sait même pas s'il sera encore là le 15 octobre prochain car son but est de revenir au PQOUI à la place de Pauline la Châtelaine humble. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    dimanche 28 septembre 2008 11h03
    La tempête continue dans le verre d'eau
    « Je ne m'étendrai pas sur ce qui a déjà été dit sur la contradiction flagrante de certains Québécois qui veulent leur indépendance culturelle tout en chialant pour recevoir des fonds du fédéral et en vomissant sur ce dernier. Soit on est indépendant, soit on ne l'est pas. Et si ces zigotos veulent des fonds du fédéral, ils doivent éviter de vomir sur lui. Même les chiens savent qu'ils ne doivent pas mordre la main qui les nourrit. Par ailleurs, j'aimerais bien qu'on nous donne les résultats de cette fameuse soirée au Club Soda. Où sont passées les recettes, quel a été le cachet des « pauvres » artistes qui s'y sont produits. De plus, où étaient les artistes qui en bavent? Si un forumiste a ces réponses, svp, qu'il me les donne.
    Le jappeux Duceppe, qui a pour ainsi dire lancé cette tempête, se trompe de cible. La culture relève de la compétence provinciale. La province a reçu 2,3 milliards du fédéral il n'y a pas longtemps. Et qu'à fait Charest? Il s'est empressé de nous donner des réductions d'impôt de 700 millions. Et combien a-t-il affecté à la culture? Grande question qui reste sans réponse. Or donc, Duceppe n'a qu'à s'en prendre à Charest qui n'a pas affecté les fonds là où il fallait. Harper n'y est franchement pour rien.
    Seulement, Duceppe, qui n'est pas tout à fait bête des fois, voyant que sa campagne reculait plus qu'elle avancait (d'où l'arrivée des chevaliers blancs Marois et Landry à son secours) parce qu'il n'a rien à offrir aux Québécois, car il n'aura jamais la moindre influence dans les affaires du Canada, a profité de cette coupure de 45 millions pour tout monter en épingle, d'où le mouvement que l'on constate. Ce n'est qu'un épais écran de fumée qui sert à cacher le vide sidéral du Bloc. Mais, ne vous en faites pas, la fumée finit toujours pas se dissiper...
    Le plus chagrinant dans tout ça, c'est que des milliers de Québécois n'y voient que du feu. Une fois de plus, Duceppe « couillonne » les masses, qui le suivent comme un vaste troupeau de moutons.... Pas flatteur, ça! »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 28 septembre 2008 18h16
    La culture du hennissement opportun.
    « Quel plaisir peut éprouver un journaliste à «OCÉANanalyser» ce qui ne fut qu'un flot de jactance et quelques gouttelettes de parlotte de ménestrels en manque de visibilité et accros de tout micro ? Ça ne fait pas très sérieux d'accorder manchette à la parlure de la reporter Christine Saint-Pierre, l'incolore moniale de la rouge patrie du bleu transfuge Charest ...

    Très cavalière à l'égard des propos de l'auteur de Cavalia, cette réussite incontestable, s'il en est une, qui illustre éloquemment qu'il n'est surtout pas nécessaire de téter des subventions en support à des dépenses somptuaires auxquelles se livrent les Bob «Elvis» Gratton de la Florida montréalaise (genre Falardeau) et qui fait la démonstration intelligente d'une véritable indépendance fondée sur un projet sérieux, sur un talent certain et une douance qui apportent des un PLUS À LA CULTURE, la chevaleresque de l'écurie libérale des commissionnaires d'occasion, Christine Saint-Pierre, n'a que joué de l'éperon, suivant ainsi la tendance altière et hautaine, méprisante et arrogante des insolences dont son chef fait la culture.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • roy jocelyn
    Inscrit
    lundi 29 septembre 2008 12h29
    Mauvais cheval, M. Pagé!
    « Il est faux d'attribuer à M. Latourelle les propos que vous lui faites dire. En entrevue radio, trèes tôt un matin de l asemaine dernière, il s'est borné à dire que l'élimination de certains de ces programmes étaient souhaitables car ils étaient inutilement complexes à gérer pour les organismes subventionnés.

    Il s'est bien gardé de dire, au contraire, que les sommes qui leur était jadis consacrées devaient être diverties vers d'autres secteurs.

    Désolé de désarçonner votre jockey... »

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