Une opposition «d'un océan à l'autre»
Québec — Les ministres de la Culture de 11 provinces et territoires ont ajouté leur voix aux nombreuses autres qui ont récemment critiqué les compressions du gouvernement Harper en matière de culture. Seules l'Alberta et la Colombie-Britannique ne sont pas signataires de la résolution adoptée hier par les responsables des dossiers culturels. Malgré ces absences, la ministre québécoise Christine St-Pierre a soutenu que le mouvement d'opposition aux coupures conservatrices est «vraiment d'un océan à l'autre».
Dans leur résolution, les ministres expriment leur «profonde déception» à l'égard des «annonces récentes du gouvernement fédéral» et exigent que le fédéral revienne sur sa décision. Ils ont du reste demandé que le prochain ministre du Patrimoine convoque «une réunion fédérale-provinciale-territoriale spéciale pour discuter de ce sujet le plus rapidement possible» après les élections.
C'est Mme St-Pierre qui avait choisi d'inviter ses homologues à cette réunion «provinciale-territoriale» au lieu de celle qui était prévue, à laquelle le fédéral devait participer. La ministre fédérale Josée Verner avait dû déclarer forfait puisqu'elle entrait en campagne électorale.
Les ministres réunis à Québec ont fait valoir plusieurs arguments économiques pour étayer leur position. À leurs yeux, «l'ensemble du secteur culturel contribue par son travail au dynamisme et au développement culturel, social, économique et politique de notre société». Reprenant les chiffres du Conference Board, ils ont soutenu que «le secteur culturel emploi [sic] plus de 1,1 million de personnes et génère des profits annuels directs et indirects de 84,6 millions de dollars ou 7,4 % du PIB réel du Canada». La ministre de la Culture Aileen Carroll, de l'Ontario, a insisté à plusieurs reprises sur les «effets multiplicateurs» des arts et de la culture sur l'économie. Cette dernière a aussi rappelé que l'Ontario réclamait une correction d'un déséquilibre fiscal de 20 milliards de dollars et que la principale province ne peut donc pas compenser les coupes du fédéral en ce domaine. Mme Carroll s'est toutefois refusée à suggérer aux électeurs de voter contre les conservateurs.
Latourelle marginal
Mme St-Pierre a du reste décrit comme marginale la position du fondateur du spectacle Cavalia, Normand Latourelle. Dans nos pages hier, ce dernier estimait que les coupures conservatrices venaient mettre de l'ordre dans un fouillis administratifs. Il enjoignait aussi les artistes à «créer» plutôt qu'à «chialer». À ce propos, Mme St-Pierre a eu ces mots: «Empilez les déclarations, je pense que vous allez voir une pile très, très importante de déclarations des gens du milieu artistique, du milieu politique également, qui considèrent que ces coupures sont inquiétantes.» Elle a répété que la révision de programme était un exercice normal pour une administration, «ça fait partie de la gestion»; ce qui ne l'est pas, c'est d'«effectuer des compressions sans explications, dans des programmes qui, selon certaines informations, sont assez performants».
Au reste, les ministres ont aussi convenu de faire parvenir une résolution conjointe au sujet d'une autre compression fédérale: l'abolition, prévue pour 2010, de «Initiative des endroits historiques» (IEH). La résolution est adressée au ministre fédéral de l'Environnement puisque ce dernier est responsable de l'IEH, dont l'objectif est de financer un répertoire de lieux et de bâtiments historiques, qui avait été mis sur pied en 1999 et devait être permanent. Le fédéral le finançait et les provinces effectuaient les travaux, fournissaient l'expertise. Mais l'an dernier, le gouvernement Harper a programmé sa fin pour 2010. Le Québec sera peu touché puisqu'il est «bien avancé» dans ce domaine, a expliqué la ministre : «Ça va nous faire un manque à gagner de 700 000 $.» D'autres provinces ou territoires n'avaient pratiquement rien de fait et ne pourront pas terminer les travaux d'inventaire avant 2010. La résolution soutient que le gouvernement fédéral doit «continuer à contribuer au maintien d'un cadre pancanadien pour la conservation du patrimoine national» et que pour protéger les endroits historiques, «il devra prendre d'importantes mesures financières incitatives» et «mettre en place un cadre législatif fédéral efficace».
Aux yeux du Parti québécois, la rencontre a démontré «l'incapacité de la ministre Christine St-Pierre de convaincre ses homologues provinciaux de la nécessité de rapatrier tous les crédits et les pouvoirs en matière de culture». Ils ont rappelé que récemment, le premier ministre réclamait «rien de moins que la souveraineté culturelle pour le Québec». Mais hier, la ministre s'est contentée de bien peu, soit de réclamer «le renversement de la décision fédérale». Interrogé au sujet de la demande de Québec d'obtenir la maîtrise d'oeuvre en matière culturelle, le ministre terre-neuvien Clyde Jackman a refusé d'appuyer son hôte. Il a soutenu que le fédéral avait sa place en culture et que le slogan du premier ministre Dany Williams «Maître chez nous», inspiré de Jean Lesage, ne signifie pas que la province ne veut plus faire partie du Canada.
Dans leur résolution, les ministres expriment leur «profonde déception» à l'égard des «annonces récentes du gouvernement fédéral» et exigent que le fédéral revienne sur sa décision. Ils ont du reste demandé que le prochain ministre du Patrimoine convoque «une réunion fédérale-provinciale-territoriale spéciale pour discuter de ce sujet le plus rapidement possible» après les élections.
C'est Mme St-Pierre qui avait choisi d'inviter ses homologues à cette réunion «provinciale-territoriale» au lieu de celle qui était prévue, à laquelle le fédéral devait participer. La ministre fédérale Josée Verner avait dû déclarer forfait puisqu'elle entrait en campagne électorale.
Les ministres réunis à Québec ont fait valoir plusieurs arguments économiques pour étayer leur position. À leurs yeux, «l'ensemble du secteur culturel contribue par son travail au dynamisme et au développement culturel, social, économique et politique de notre société». Reprenant les chiffres du Conference Board, ils ont soutenu que «le secteur culturel emploi [sic] plus de 1,1 million de personnes et génère des profits annuels directs et indirects de 84,6 millions de dollars ou 7,4 % du PIB réel du Canada». La ministre de la Culture Aileen Carroll, de l'Ontario, a insisté à plusieurs reprises sur les «effets multiplicateurs» des arts et de la culture sur l'économie. Cette dernière a aussi rappelé que l'Ontario réclamait une correction d'un déséquilibre fiscal de 20 milliards de dollars et que la principale province ne peut donc pas compenser les coupes du fédéral en ce domaine. Mme Carroll s'est toutefois refusée à suggérer aux électeurs de voter contre les conservateurs.
Latourelle marginal
Mme St-Pierre a du reste décrit comme marginale la position du fondateur du spectacle Cavalia, Normand Latourelle. Dans nos pages hier, ce dernier estimait que les coupures conservatrices venaient mettre de l'ordre dans un fouillis administratifs. Il enjoignait aussi les artistes à «créer» plutôt qu'à «chialer». À ce propos, Mme St-Pierre a eu ces mots: «Empilez les déclarations, je pense que vous allez voir une pile très, très importante de déclarations des gens du milieu artistique, du milieu politique également, qui considèrent que ces coupures sont inquiétantes.» Elle a répété que la révision de programme était un exercice normal pour une administration, «ça fait partie de la gestion»; ce qui ne l'est pas, c'est d'«effectuer des compressions sans explications, dans des programmes qui, selon certaines informations, sont assez performants».
Au reste, les ministres ont aussi convenu de faire parvenir une résolution conjointe au sujet d'une autre compression fédérale: l'abolition, prévue pour 2010, de «Initiative des endroits historiques» (IEH). La résolution est adressée au ministre fédéral de l'Environnement puisque ce dernier est responsable de l'IEH, dont l'objectif est de financer un répertoire de lieux et de bâtiments historiques, qui avait été mis sur pied en 1999 et devait être permanent. Le fédéral le finançait et les provinces effectuaient les travaux, fournissaient l'expertise. Mais l'an dernier, le gouvernement Harper a programmé sa fin pour 2010. Le Québec sera peu touché puisqu'il est «bien avancé» dans ce domaine, a expliqué la ministre : «Ça va nous faire un manque à gagner de 700 000 $.» D'autres provinces ou territoires n'avaient pratiquement rien de fait et ne pourront pas terminer les travaux d'inventaire avant 2010. La résolution soutient que le gouvernement fédéral doit «continuer à contribuer au maintien d'un cadre pancanadien pour la conservation du patrimoine national» et que pour protéger les endroits historiques, «il devra prendre d'importantes mesures financières incitatives» et «mettre en place un cadre législatif fédéral efficace».
Aux yeux du Parti québécois, la rencontre a démontré «l'incapacité de la ministre Christine St-Pierre de convaincre ses homologues provinciaux de la nécessité de rapatrier tous les crédits et les pouvoirs en matière de culture». Ils ont rappelé que récemment, le premier ministre réclamait «rien de moins que la souveraineté culturelle pour le Québec». Mais hier, la ministre s'est contentée de bien peu, soit de réclamer «le renversement de la décision fédérale». Interrogé au sujet de la demande de Québec d'obtenir la maîtrise d'oeuvre en matière culturelle, le ministre terre-neuvien Clyde Jackman a refusé d'appuyer son hôte. Il a soutenu que le fédéral avait sa place en culture et que le slogan du premier ministre Dany Williams «Maître chez nous», inspiré de Jean Lesage, ne signifie pas que la province ne veut plus faire partie du Canada.
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