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Bolduc affronte «Madame implication»

Robert Dutrisac   27 septembre 2008  Canada
Alexandre Cloutier (à gauche), député du Lac-Saint-Jean et la candidate péquiste Françoise Mercier rencontrent des électeurs du comté de Jean-Talon.
Alexandre Cloutier (à gauche), député du Lac-Saint-Jean et la candidate péquiste Françoise Mercier rencontrent des électeurs du comté de Jean-Talon.
Québec — C'est lundi qu'on saura si le Dr Yves Bolduc réussira à se faire élire député de la circonscription de Jean-Talon et ainsi rester titulaire du ministère de la Santé et des Services sociaux. Le ministre affronte la péquiste Françoise Mercure, la femme de bien des causes à Québec, «la meilleure candidate à se présenter dans la région de Québec depuis 1994», selon Agnès Maltais. Quant à l'Action démocratique du Québec, le parti présente un candidat qui rehausserait la qualité moyenne de la députation adéquiste si d'aventure il était élu, Martin Briand, un jeune chercheur en médecine qui est actuellement conseiller du parti en matière de santé.

Yves Bolduc respire la confiance. «Je trouve que ça va très, très bien», confie au Devoir le ministre qui a remplacé Philippe Couillard à la tête du ministère de la Santé et des Services sociaux le 25 juin dernier. On se rappellera qu'en 2007, Yves Bolduc s'est présenté dans Lac-Saint-Jean sous la bannière libérale pour perdre de façon nette, par 5500 voix.

Yves Bolduc a tout de même fait campagne assez intensivement et de façon classique, en faisant du porte-à-porte et en se pointant dans les centres commerciaux et les restaurants sans oublier de nombreuses visites dans les foyers de personnes âgées.

Jean-Talon est une circonscription huppée de Québec qui englobe Sillery, une partie de Sainte-Foy et l'Université Laval ainsi que le quartier bourgeois de Montcalm. Le revenu médian de sa population dépasse largement la moyenne au Québec (31 200 $ contre

24 400 $) et près de 20 % de ses habitants gagnent

60 000 $ et plus par année, contre 11,4 % pour le Québec.

Non sans une certaine délectation, Yves Bolduc souligne le grand nombre de personnes âgées qui habitent

Voir page A 12: Bolduc

Jean-Talon, soit 23 % de sa population selon le recensement 2006, contre 13,5 % pour l'ensemble du Québec. Les personnes âgées ont tendance à voter libéral et ils se rendent voter en grand nombre, même lors des élections partielles.

Depuis que la circonscription a sa configuration actuelle, soit les années 60, Jean-Talon a toujours été libéral. À deux reprises toutefois, en 1994 et en 1998, le PQ est passé à un cheveu de remporter la victoire. En 2007, Philippe Couillard a été élu avec 42 % des votes tandis que le PQ en récoltait 30 %, et l'ADQ, près de 19 %. On le voit: c'est un comté qui s'est montré imperméable à la vague adéquiste qui a déferlé sur la région de Québec.

Françoise Mercure représente la candidate idéale au PQ. «Madame implication» l'appelle-t-on à Québec. Avocate de 51 ans, Mme Mercure est devenue en 2001 la première femme à occuper la présidence de la Chambre de commerce de Québec. De 2005 à mai 2008, elle présidait l'Office du tourisme du Québec. Elle a multiplié les présences à divers conseils d'administration (Parc technologique du Québec métropolitain, YMCA, Maison Michel-Sarrazin, etc). En janvier dernier, le maire de Québec, Régis Labeaume, a fait appel à elle pour présider le groupe de travail sur la gouvernance municipale qui a conduit à la diminution du nombre de conseillers municipaux.

La fausse modestie, ce n'est pas dans la manière de Françoise Mercure. «J'ai montré beaucoup de leadership. C'est ma force dans la région», affirme-t-elle au Devoir. Elle se fait forte d'avoir mis sur pied le Groupe pour l'amélioration des liaisons aériennes à Québec. «On a maintenant des vols Paris-Québec à l'année longue. C'est beaucoup grâce à moi.»

Le slogan de sa campagne est laconique: «Ici», lit-on sur ses pancartes. Elle croit que si Yves Bolduc, comme le parachuté qu'il est, s'était présenté candidat dans Jean-Talon sans être ministre, il n'aurait pas fait le poids. Ses réalisations dans la région ne se comparent en rien aux siennes, soutient la protagoniste.

La stratégie du PQ consiste à s'appuyer sur un bloc d'irréductibles d'environ 30 % de l'électorat et de les inciter à se présenter aux urnes en grand nombre lundi. Mais le défi est de taille: les libéraux jouissent aussi d'une excellente organisation. De même, un sondage interne du PQ, réalisé la semaine dernière, montre qu'Yves Bolduc recueille près de 50 % des intentions de vote, contre 30 % pour Mme Mercure et 20 % pour le candidat adéquiste, Martin Briand.

Martin Briand est un parangon de partisan adéquiste. Âgé de 36 ans, ce père de quatre jeunes enfants termine son doctorat en médecine expérimentale tout en étant conseiller de l'opposition officielle depuis 2007. Il est voté adéquiste pour la première fois en 1998, galvanisé par le discours de Mario Dumont sur le lourd héritage que le Québec laissera aux générations futures. Il s'est engagé activement dans le parti en 2004 avec Sylvain Légaré, le député de Vanier. Martin Briand ne se fait guère d'illusions sur l'issue du vote de lundi. «Si ce n'est pas cette fois-ci, ce sera une autre fois», prédit-il. Novice, le candidat montre de belles aptitudes pour la politique à laquelle il entend se consacrer. Martin Briand peut être cinglant, surtout quand il est question de Mme Mercure, qui semble sa cible favorite. «Le lien Québec-Paris, allez dire que c'est important à quelqu'un qui est dans un lit à l'urgence. Ce n'est pas ça, la politique.»

Comme dans toutes élections partielles, les enjeux locaux ou régionaux ont monopolisé la campagne. Si Yves Bolduc a parlé de santé, c'est pour promettre aux personnes âgées des soins à domicile. Françoise Mercure n'a guère pérorer sur l'enjeu de la souveraineté. De fait, tous les candidats cernent les mêmes enjeux locaux, à quelques nuances près, qui sont ceux d'une circonscription bien nantie. On veut des infrastructures sportives, comme le PEPS de l'Université Laval, qui a déjà été annoncé à trois reprises, comme l'anneau de glace Gaétan-Boucher, qu'on souhaite voir doté d'un toit, ou encore un gazon synthétique pour le collège Garneau. On envisage de faire un parc linéaire à Sillery avec les terrains qui appartiennent aux communautés religieuses, sans toutefois compromettre le développement immobilier. Inaugurée pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec, la promenade Samuel-de-Champlain pourrait être prolongée vers l'ouest pour rejoindre la plage Jacques-Cartier à Sainte-Foy. Les candidats ont aussi parlé d'économie du savoir, un «branding» dont Québec s'affuble.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 27 septembre 2008 08h18
    M. Bolduc, peinturé dans le coin de la démolition ?
    « M. Bolduc avait annoncé dès sa nomination comme ministre de la santé que le CHUM ne déménagerait pas du Centre-ville de Montréal "même si ailleurs serait mieux". Maintenant qu'il s'est peinturé dans le coin et que la construction sur du vieux, à cet endroit, est problématique, faudrait maintenant démolir l'hôpital "rien que ça". Allô en haut ! »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 08h31
    La madame ne veut pas parler de souveraineté
    « Jean-Talon a voté NON à 52% au référendum. Allez écouter l'entrevue que la candidate du PQ dans Jean-Talon aux prochaines partielles a donné au FM93 le 22 aout à l'émission de Sylvain Bouchard (morningman numéro un ou deux de Québec, souverainiste et très très à droite, partisan avoué mais déçu de l'ADQ et des Conservateurs à Harper).

    Bouchard lui pose la question que tout le monde se pose: c'est quoi votre gros projet pour la ville Québec? Je vous laisse écouter sa réponse.... (à partir de 7h27 jusqu'à 7h35) http://www.le933.com/bouchard_en_parle_pod_1.html

    Voici la candidate du Parti Québécois, parti souverainiste depuis 40 ans cette année, parti dont le but est de faire enfin du Québec un pays et de Québec SA capitale nationale et qui est IN-CA-PA-BLE non seulement de vendre la souveraineté aux 50,000 auditeurs à l'écoute, mais qui est incapable de seulement en parler!!!!

    On envoie 47 milliards à Ottawa. En rapatriant ces 47 milliards, on rapatrierait en même temps les 20,000 fonctionnaires québécois qui administrent ces sommes. On remènerait les fonctionnaires québécois des Affaires extérieures, de la Défense, de Stats Can, de la GRC, etc... et on les amènerait sur Grande-Allée. Vingt mille fontionnaires à 40k,50k,60k par année débarqueraient à Québec avec leur job garantie. C'est plus d'un milliard de dollars qui seraient transverser dès la première année dans l'économie de Québec, soit 1,400$ par Québécois!!!!!! Et c'est sans compter le corps diplomatique. Une mine d'or pour Québec. Les grands pays qui comptent pour nous comme les États-Unis, le Canada, la France, la Grande-Bretagne construiraient leurs ambassades autour de la Colline parlementaire. Faut voir l'immense ambassade américaine en face du Parlement à Ottawa et l'immense ambassade canadienne près du Capitole à Washington. Big. Les pays les plus petits achètent habituellement de grosses maisons dans un quartier chic qu'ils transforment en ambassde. Sillery (situé en plein Jean-Talon), serait leur quartier de choix évidemment. Les luxeuses mansions de 400-500k doubleraient de valeur, enrichissant d'autant ses propriétaires. Or la gougoune du PQ a été incapable de parler de tout ça, incapable de profiter du primetime du morningman numéro un à Québec pour vendre son projet de pays et de capitale nationale à SES électeurs! Elle s'est mis à trébucher sur le transport en commun et les centres de recherhe. C'est ce genre de gougounes que le PQ a trouvée pour relancer le parti à Québec. Désolé mais ça ne lèvera pas. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 27 septembre 2008 10h55
    @ M. Noel
    « M. Jacques Noel, toujours très intéressant, écrit : «C'est ce genre de gougounes que le PQ a trouvée pour relancer le parti à Québec. Désolé mais ça ne lèvera pas.»

    Vous avez raison de poser la question mais...ce que vous suggérez " souligner le transfert de 20 000 fonctionnaires d'Ottawa à Québec", c'est justement ce que nos fonctionnaires québécois de Québec ont peur. Faut pas parler de ça vu qu'ils ont voté moins OUI en 1995 parce qu'ils voyaient arriver ces "compétiteurs" full-bilingues avec leur ancienneté syndicale plus une augmentation du prix des maisons et du traffic-automobiles à Québec. Ayoye ! Faut trouver autre chose de moins "apeurant" pour eux...me semble comme «on va les laisser à Gatineau et ils ne passeront pas devant vous».

    Tant qu'aux embassades, faudrait aussi y aller molo... »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 14h50
    @M. Bousquet
    « La tiédeur des fonfons de Québec à l'égard du OUI, bien que réelle, a été grandement exagérée. Anyway, c'est le passé, faut regarder devant.

    L'arrivée massive de 15 à 20,000 fonctionnaires à Québec apporterait un incroyable tonus à une ville qui connait déjà le plein emploi.

    La construction d'un ministère des Affaires extérieures et de la Défense, en plein centre-ville, en plus de quelques grandes ambassades, créerait un boom dans le centre de Québec. Un boom aussi pour les restos et hotels du centre.
    Sans parler de Sillery. quartier diplomatique. Valcartier deviendrait le haut-lieu de l'armée du Québec. D'autres milliers de jobs à Québec. Des jobs bien payées.

    Bref, l'indépendance du Québec apporterait le klondyke à Québec. Or, 40 ans après la fondation du PQ, ce parti d'abrutis et d'endormis, est incapable de trouver UN SEUL politicien capable de vendre l'idée aux Québécois. On nous parle cuisine, genre transport en commun et développement durable, la mode du temps. Mais rien sur le projet qu'on est les seuls à porter, puisque les deux autres partis sont pour le statu quo, c'est-à-dire la minorisation de notre peuple, tant au Canada qu'au Québec. La mort quoi.

    Après on s'étonnera que Québec vote ADQ et PC. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 27 septembre 2008 21h32
    @ M. Noel
    « M. Noel, la justesse et la force de vos arguments et leur importance, devraient être soulignées dans les grands journaux en plus de Vigile même si ça peut faire un peu peur aux fonctionnaires de la ville de Québec.

    Faudrait faire parvenir une copie de votre message aux chefs du PQ et du Bloc. S'ils ne donnent pas suite, pourquoi ne pas vous présenter à la prochaine élection provinciale comme souverainiste indépendant pour avoir une meilleure tribune. »

  • Hélène Paulette
    Inscrite
    lundi 29 septembre 2008 14h51
    @M. Noel
    « Si "la madame" etait un "ti-monsieur" vous seriez certainement moins cinglant! Personne au PQ ne va aller faire la promotion de la souverainete aupres de la petite bourgeoisie quebecoise qui n'y trouve plus son petit interet et a peur que ses actions ne baissent.
    Pourquoi vous ne vous presentez pas, tiens? On rirait un peu.... »

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