Comparaison - La famille
27 septembre 2008
Canada
Le Devoir publie d'ici mercredi une comparaison par thèmes des programmes électoraux des principaux partis. Aujourd'hui: la famille.
Bloc Québécois
Est-ce parce qu'il réalise que plusieurs des initiatives en matière d'aide directe à la famille relèvent des compétences des provinces que le Bloc québécois, contrairement à ses adversaires, ne s'aventure pas beaucoup sur ce terrain?
Le parti du Gilles Duceppe n'a qu'une seule revendication en matière de garderies: qu'Ottawa verse à Québec les 250 millions de dollars qu'il économise chaque année en crédit d'impôt pour frais de garde non réclamés. Les parents québécois ayant déniché des places de garderie à 7 $ réclament au fisc fédéral un rabais d'impôt bien moins substantiel que les parents du reste du pays qui eux, versent 25 $, 35 $, voire 50 $ par jour.
Le Bloc milite pour rendre automatique le versement du Supplément du revenu garanti et pour obtenir la pleine rétroactivité des prestations que certaines personnes âgées ont oublié de réclamer. Le Bloc voudrait aussi augmenter de 1320 $ par année ce supplément (le double de la proposition libérale). Enfin, le Bloc prône l'octroi de prêts de 10 000 $ sans intérêt aux personnes achetant leur première maison.
Parti Conservateur du Canada
Le Parti conservateur aime se présenter comme le parti du monde «ordinaire». Aussi, plusieurs de ses promesses sont-elles concoctées en gardant à l'esprit les besoins et les aspirations d'une famille type de classe moyenne vivant en banlieue.
Le Parti conservateur promet d'encourager l'achat d'une première maison, ce qui est souvent, mais pas exclusivement, affaire de jeunes familles. Les conservateurs se donnent quatre ans pour rendre déductibles d'impôt, jusqu'à concurrence de 5000 $, les frais de signature lors de cet heureux achat. Les frais admissibles ne sont pas encore connus mais pourraient inclure les frais de notaire, d'inspection, les taxes de transfert foncier, etc. Ce crédit se traduira par une économie d'impôt maximale de 750 $.
Les couples dont un des deux conjoints réduit sa cadence de travail pour s'occuper d'un proche atteint d'une déficience pourront fragmenter leurs revenus aux fins du calcul d'impôt. Les personnes âgées ne sont pas en reste: le crédit d'impôt en raison de l'âge sera augmenté de 1000 $, permettant une économie annuelle d'au plus 150 $.
Le PC s'engage à permettre, sur une base volontaire, aux travailleurs autonomes de cotiser au programme d'assurance-parental et ainsi de jouir eux aussi d'un congé de maternité-paternité. Cette promesse ne s'adresse pas au Québec, où un régime distinct a été mis en place.
Enfin, notons que la formation de Stephen Harper a instauré des prestations mensuelles de 100 $ pour les familles de jeunes enfants, prestations devant défrayer en partie les coûts de garde. Le parti a privilégié cette approche afin de ne pas pénaliser les couples dont l'un des conjoints s'occupe de la marmaille à la maison. Ce programme se poursuivra.
Le parti a aussi transféré 250 millions de dollars par année aux provinces pour financer leur propre réseau de garderies. Ce montant devait au départ stimuler la création de places en milieu de travail, mais aucun employeur ne s'en est prévalu. Ce programme se poursuit.
Parti Libéral du Canada
L'engagement familial du Parti libéral se traduit par une formule simple: 30-50, c'est-à-dire réduire de 30 % la pauvreté au pays, et de moitié celle des enfants. Pour ce faire, le parti de Stéphane Dion propose d'activer une multitude de mécanismes fiscaux pour augmenter le revenu disponible des familles.
Ainsi, s'il est élu, le PLC mettra en place une nouvelle prestation fiscale pour enfant annuelle de 350 $ remboursable. Pour les 500 000 familles les plus pauvres du pays, les libéraux ont en tête un supplément garanti qui leur accordera 1225 $ de plus par année.
Les gagne-petit seront également soulagés. Le PLC remplacera l'actuel crédit d'impôt de 1000 $ pour les travailleurs (que les conservateurs ont accordé à tout le monde) par un crédit plus généreux (1850 $), mais réservé aux travailleurs gagnant 50 000 $ ou moins. Quant à la nouvelle Prestation fiscale pour le revenu gagné, elle sera accordée à tous les travailleurs dès qu'ils gagnent un seul dollar et ne sera plus réservée à ceux ayant une rémunération de 3000 $ ou plus. Enfin, les libéraux bonifieront de 600 $ par an le Supplément du revenu garanti pour les personnes âgées peu fortunées, ou de 800 $ pour les couples.
Comme c'était à prévoir, ils reviennent à la charge avec leur programme national de places en garderie, plan négocié par Paul Martin avec les provinces, mais aboli par Stephen Harper. Stéphane Dion entend y consacrer 1,25 milliard$ par an avec l'ambition de créer des places partout au pays. C'est moins que ce que le Québec à lui seul consacre (environ 2 milliards $) pour son réseau de 200 000 places. Les prestations mensuelles de 100 $ ne seront pas abolies.
Le programme de congés parentaux sera quant à lui plus flexible: les parents pourront étaler leurs prestations sur 18 mois s'ils le désirent tandis qu'un parent retournant vite sur le marché du travail ne sera plus pénalisé. Les libéraux s'engagent aussi à investir 620 millions de dollars dans le logement social afin de créer
30 000 nouvelles places et d'en rénover 30 000 autres.
NPD
Le parti de Jack Layton a lui aussi à coeur la santé du porte-feuille des familles de la classe moyenne. Mais au lieu de privilégier les outils fiscaux comme le font ses deux principaux adversaires, le NPD fait le pari de dompter les entreprises avec lesquelles les familles doivent faire affaire quotidiennement. Dans sa mire: les pétrolières, les banques, les entreprises de télécommunications et les entreprises pharmaceutiques, pour ne nommer qu'elles.
Jack Layton décide de partir en guerre contre les banques en promettant de leur interdire d'imposer des frais d'utilisation aux guichets automatiques et de plafonner les taux d'intérêt applicables aux cartes de crédit. Il veut aussi les obliger à plus de transparence en rendant obligatoire la divulgation de tous les frais cachés. Dans cette quête, les fournisseurs de services de téléphonie sans fil ne sont pas en reste. Ils devront eux aussi rendre des comptes sur tous les frais imposés. M. Layton veut également interdire l'augmentation récente du coût d'envoi et de réception de messages texte. Sans préciser comment, Jack Layton entend aussi «mettre un terme aux prix abusifs aux pompes à essence».
C'est avec cette même logique en tête que M. Layton a annoncé une révision de la Loi sur les brevets afin de permettre l'arrivée plus rapide sur le marché de médicaments génériques moins coûteux.
Le NPD a lui aussi l'ambition d'instaurer un programme universel et pancanadien de garderies pour les enfants. C'est 1,45 milliard $ par année qui a été promis pour créer 150 000 places dites «abordables». Le NPD s'engage à travailler avec les provinces pour mettre son plan en oeuvre. Selon le parti, «l'objectif du plan est de garantir une place en garderie pour tous les enfants qui en ont besoin», mais on ne propose pas d'échéancier ferme ni de budget.
Enfin, le NPD rêve de créer un programme permettant aux personnes âgées de finir leurs jours à domicile. Son objectif est de permettre à 100 000 familles de plus d'y avoir accès.
Parti Vert du Canada
Malgré ce que son nom indique, le Parti vert fait plus que dans l'environnement. Dans son programme de 119 pages, le parti d'Elizabeth May a beaucoup de déclarations d'intention à propos de la famille, même si plusieurs d'entre elles ne sont pas chiffrées.
Ainsi, Mme May souhaite mettre en place un programme pour encourager les parents à passer plus d'heures avec leurs enfants. Elle entend lutter contre la pauvreté en éliminant complètement tous les impôts pour les personnes se trouvant sous le seuil de la pauvreté. Elle entend aussi augmenter de 25 % le Supplément de revenu garanti aux personnes âgées.
Le Parti vert s'engage à raviver le plan libéral de Paul Martin pour la création de places en garderie. Il s'engage aussi à fournir un crédit d'impôt annuel de 1500 $ par enfant aux employeurs qui aménagent des places de garderie en milieu de travail. Notons enfin que le Parti vert est le seul à écrire noir sur blanc vouloir légaliser la marijuana, en favoriser la culture locale... et la taxer lourdement.
Bloc Québécois
Est-ce parce qu'il réalise que plusieurs des initiatives en matière d'aide directe à la famille relèvent des compétences des provinces que le Bloc québécois, contrairement à ses adversaires, ne s'aventure pas beaucoup sur ce terrain?
Le parti du Gilles Duceppe n'a qu'une seule revendication en matière de garderies: qu'Ottawa verse à Québec les 250 millions de dollars qu'il économise chaque année en crédit d'impôt pour frais de garde non réclamés. Les parents québécois ayant déniché des places de garderie à 7 $ réclament au fisc fédéral un rabais d'impôt bien moins substantiel que les parents du reste du pays qui eux, versent 25 $, 35 $, voire 50 $ par jour.
Le Bloc milite pour rendre automatique le versement du Supplément du revenu garanti et pour obtenir la pleine rétroactivité des prestations que certaines personnes âgées ont oublié de réclamer. Le Bloc voudrait aussi augmenter de 1320 $ par année ce supplément (le double de la proposition libérale). Enfin, le Bloc prône l'octroi de prêts de 10 000 $ sans intérêt aux personnes achetant leur première maison.
Parti Conservateur du Canada
Le Parti conservateur aime se présenter comme le parti du monde «ordinaire». Aussi, plusieurs de ses promesses sont-elles concoctées en gardant à l'esprit les besoins et les aspirations d'une famille type de classe moyenne vivant en banlieue.
Le Parti conservateur promet d'encourager l'achat d'une première maison, ce qui est souvent, mais pas exclusivement, affaire de jeunes familles. Les conservateurs se donnent quatre ans pour rendre déductibles d'impôt, jusqu'à concurrence de 5000 $, les frais de signature lors de cet heureux achat. Les frais admissibles ne sont pas encore connus mais pourraient inclure les frais de notaire, d'inspection, les taxes de transfert foncier, etc. Ce crédit se traduira par une économie d'impôt maximale de 750 $.
Les couples dont un des deux conjoints réduit sa cadence de travail pour s'occuper d'un proche atteint d'une déficience pourront fragmenter leurs revenus aux fins du calcul d'impôt. Les personnes âgées ne sont pas en reste: le crédit d'impôt en raison de l'âge sera augmenté de 1000 $, permettant une économie annuelle d'au plus 150 $.
Le PC s'engage à permettre, sur une base volontaire, aux travailleurs autonomes de cotiser au programme d'assurance-parental et ainsi de jouir eux aussi d'un congé de maternité-paternité. Cette promesse ne s'adresse pas au Québec, où un régime distinct a été mis en place.
Enfin, notons que la formation de Stephen Harper a instauré des prestations mensuelles de 100 $ pour les familles de jeunes enfants, prestations devant défrayer en partie les coûts de garde. Le parti a privilégié cette approche afin de ne pas pénaliser les couples dont l'un des conjoints s'occupe de la marmaille à la maison. Ce programme se poursuivra.
Le parti a aussi transféré 250 millions de dollars par année aux provinces pour financer leur propre réseau de garderies. Ce montant devait au départ stimuler la création de places en milieu de travail, mais aucun employeur ne s'en est prévalu. Ce programme se poursuit.
Parti Libéral du Canada
L'engagement familial du Parti libéral se traduit par une formule simple: 30-50, c'est-à-dire réduire de 30 % la pauvreté au pays, et de moitié celle des enfants. Pour ce faire, le parti de Stéphane Dion propose d'activer une multitude de mécanismes fiscaux pour augmenter le revenu disponible des familles.
Ainsi, s'il est élu, le PLC mettra en place une nouvelle prestation fiscale pour enfant annuelle de 350 $ remboursable. Pour les 500 000 familles les plus pauvres du pays, les libéraux ont en tête un supplément garanti qui leur accordera 1225 $ de plus par année.
Les gagne-petit seront également soulagés. Le PLC remplacera l'actuel crédit d'impôt de 1000 $ pour les travailleurs (que les conservateurs ont accordé à tout le monde) par un crédit plus généreux (1850 $), mais réservé aux travailleurs gagnant 50 000 $ ou moins. Quant à la nouvelle Prestation fiscale pour le revenu gagné, elle sera accordée à tous les travailleurs dès qu'ils gagnent un seul dollar et ne sera plus réservée à ceux ayant une rémunération de 3000 $ ou plus. Enfin, les libéraux bonifieront de 600 $ par an le Supplément du revenu garanti pour les personnes âgées peu fortunées, ou de 800 $ pour les couples.
Comme c'était à prévoir, ils reviennent à la charge avec leur programme national de places en garderie, plan négocié par Paul Martin avec les provinces, mais aboli par Stephen Harper. Stéphane Dion entend y consacrer 1,25 milliard$ par an avec l'ambition de créer des places partout au pays. C'est moins que ce que le Québec à lui seul consacre (environ 2 milliards $) pour son réseau de 200 000 places. Les prestations mensuelles de 100 $ ne seront pas abolies.
Le programme de congés parentaux sera quant à lui plus flexible: les parents pourront étaler leurs prestations sur 18 mois s'ils le désirent tandis qu'un parent retournant vite sur le marché du travail ne sera plus pénalisé. Les libéraux s'engagent aussi à investir 620 millions de dollars dans le logement social afin de créer
30 000 nouvelles places et d'en rénover 30 000 autres.
NPD
Le parti de Jack Layton a lui aussi à coeur la santé du porte-feuille des familles de la classe moyenne. Mais au lieu de privilégier les outils fiscaux comme le font ses deux principaux adversaires, le NPD fait le pari de dompter les entreprises avec lesquelles les familles doivent faire affaire quotidiennement. Dans sa mire: les pétrolières, les banques, les entreprises de télécommunications et les entreprises pharmaceutiques, pour ne nommer qu'elles.
Jack Layton décide de partir en guerre contre les banques en promettant de leur interdire d'imposer des frais d'utilisation aux guichets automatiques et de plafonner les taux d'intérêt applicables aux cartes de crédit. Il veut aussi les obliger à plus de transparence en rendant obligatoire la divulgation de tous les frais cachés. Dans cette quête, les fournisseurs de services de téléphonie sans fil ne sont pas en reste. Ils devront eux aussi rendre des comptes sur tous les frais imposés. M. Layton veut également interdire l'augmentation récente du coût d'envoi et de réception de messages texte. Sans préciser comment, Jack Layton entend aussi «mettre un terme aux prix abusifs aux pompes à essence».
C'est avec cette même logique en tête que M. Layton a annoncé une révision de la Loi sur les brevets afin de permettre l'arrivée plus rapide sur le marché de médicaments génériques moins coûteux.
Le NPD a lui aussi l'ambition d'instaurer un programme universel et pancanadien de garderies pour les enfants. C'est 1,45 milliard $ par année qui a été promis pour créer 150 000 places dites «abordables». Le NPD s'engage à travailler avec les provinces pour mettre son plan en oeuvre. Selon le parti, «l'objectif du plan est de garantir une place en garderie pour tous les enfants qui en ont besoin», mais on ne propose pas d'échéancier ferme ni de budget.
Enfin, le NPD rêve de créer un programme permettant aux personnes âgées de finir leurs jours à domicile. Son objectif est de permettre à 100 000 familles de plus d'y avoir accès.
Parti Vert du Canada
Malgré ce que son nom indique, le Parti vert fait plus que dans l'environnement. Dans son programme de 119 pages, le parti d'Elizabeth May a beaucoup de déclarations d'intention à propos de la famille, même si plusieurs d'entre elles ne sont pas chiffrées.
Ainsi, Mme May souhaite mettre en place un programme pour encourager les parents à passer plus d'heures avec leurs enfants. Elle entend lutter contre la pauvreté en éliminant complètement tous les impôts pour les personnes se trouvant sous le seuil de la pauvreté. Elle entend aussi augmenter de 25 % le Supplément de revenu garanti aux personnes âgées.
Le Parti vert s'engage à raviver le plan libéral de Paul Martin pour la création de places en garderie. Il s'engage aussi à fournir un crédit d'impôt annuel de 1500 $ par enfant aux employeurs qui aménagent des places de garderie en milieu de travail. Notons enfin que le Parti vert est le seul à écrire noir sur blanc vouloir légaliser la marijuana, en favoriser la culture locale... et la taxer lourdement.
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