jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 22h56


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Élections fédérales - Retour au bercail

Bernard Descôteaux   27 septembre 2008  Canada
Mis sur la défensive par des adversaires qui avaient soulevé la question de sa pertinence, le Bloc québécois a répliqué cette semaine avec l'idée que lui seul pouvait barrer la voie à un gouvernement Harper majoritaire. Apparemment, cette réponse a été jugée convaincante par plusieurs électeurs.

Les résultats d'un sondage Harris/Decima donnaient ainsi le Bloc à nouveau en tête au Québec ce jeudi, après avoir été pendant plusieurs jours au coude à coude avec le Parti conservateur. Si ce sondage est représentatif de la réalité, ces deux partis seraient revenus à leur position de départ, soit près de 38 % pour le Bloc et environ 23 % pour le PC.

Au cours des derniers jours, les électeurs bloquistes désillusionnés tentés de voter libéral, néo-démocrate ou vert auraient donc entrepris de rentrer à la maison. En martelant que seul le Bloc était en mesure de priver les conservateurs de la majorité qu'ils pourraient obtenir par une percée au Québec, celui-ci se redonnait une pertinence. Une pertinence certes différente de celle incarnée par l'idée de souveraineté, mais voter Bloc québécois retrouvait un sens.

Canaliser vers lui le mouvement «Anybody but Harper» fut d'autant plus aisé pour le Bloc que la perspective d'un gouvernement conservateur majoritaire apparaissait au fil des jours de plus en plus possible. Et se sont ajoutées des déclarations de la part de conservateurs venant conforter dans leur opinion ceux qui craignent que, majoritaire, Stephen Harper ne mette en oeuvre un programme de droite.

L'engagement annoncé mardi par le premier ministre d'ouvrir les prisons aux adolescents de 14 ans et plus, avec une perspective de prison à vie dans le cas de meurtre, a ainsi été mal reçu au Québec, y compris par les syndicats de policiers. Ce fut une occasion supplémentaire pour le chef du Bloc, Gilles Duceppe, de diaboliser ses adversaires. Une déclaration peu subtile d'un candidat conservateur faisant un lien entre la criminalité juvénile et l'immigration ne pouvait que servir les partis d'opposition. Cela s'ajoutait aux déclarations provocantes de Stephen Harper sur les artistes qui se plaignent la bouche pleine.

On pourrait croire que les conservateurs manquent de sensibilité à l'égard du caractère distinct du Québec en mettant ainsi de l'avant des politiques qui ne collent pas à la réalité québécoise. Ce serait présumer qu'ils n'ont pas sondé attentivement les reins et les coeurs des Québécois avant de se lancer en campagne. La réalité est tout autre, sauf que cette spécificité québécoise représente un dilemme pour eux. Ils ne peuvent tenir un double discours, un pour le Québec et un autre pour le reste du Canada. Or, sur la criminalité juvénile, le Parti conservateur avait plus à gagner au Canada anglais, suffisamment plus pour prendre le risque de perdre quelques points au Québec.

La première partie de la campagne électorale se termine sur une bonne note pour le Bloc, dont le chef pourra se présenter en bonne position au débat des chefs en français, mercredi. La difficulté sera pour lui de tenir le rythme. Les compressions en culture et la prison pour les adolescents sont des sujets qui sont presque épuisés. Dans le cas de la culture, les conservateurs pourraient même corriger le tir en annonçant de nouveaux programmes. Stephen Harper voudra l'amener pour sa part sur d'autres terrains, comme celui de l'économie, qui demeure la préoccupation la plus importante des électeurs. Un sujet où il pourrait revenir à la charge pour mettre en cause la capacité du Bloc, comme parti d'opposition, à influencer le cours des choses. En fait, il ne faut pas croire clos le débat sur la pertinence du Bloc.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Lawrence Roseberry
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 06h31
    C'est logique!
    « Aussi longtemps que nous n'aurons pas vraiment remis en question notre place dans ce Canada, s'il faut qu'il en soit ainsi, il me semble tout à fait logique et essentiel de conserver des atouts politiques (députés) en grand nombre, des gens représentant la majorité des Québécois. Et ce ne sont sûrement pas des faire-valoir opportunistes qui nous aideront à faire avancer les choses. Le Bloc a plus que jamais sa place dans la digne colline sur la rive d'Ottawa, n'en déplaise aux scriboulleurs de Power Corporation! »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 07h35
    Coincé sur la défensive
    « Une bonne note? Disons que Gilles Duceppe aura sauvé les meubles. Ce qui est tout à son honneur avec un fond de commerce aussi défraîchi. Vivement la retraite hein Gilles, le Canada a été bon pour toi. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 08h58
    Le prochain sujet: l'Afghanistan
    « Je ne sais pas ce que Duceppe attend pour frapper sur l'Afghanistan. On est à 7 ans de guerre, plus longtemps que le temps qu'on a mis pour libérer l'Europe des Nazis
    On en est aux pires pertes depuis la Corée de 50-53.
    On en est à 7 milliards mais certains parlent de 22 milliards une fois qu'on aura tout compté
    12 Québécois sont morts pour rien, soit 6 fois plus que les bombes du FLQ dans les années 60
    Et l`'an prochain, on s'apprete à renvoyer nos boys de Valcartier: 2500 vies en danger, 2500 familles sur les nerfs pendant 9 mois. Tout ca pour défendre un régime corrompu, comme dirait Maxime.
    Bref, quand est-ce que Duceppe va commencer à frapper sur l'Afghanistan, là où les deux vieux partis sont vulnérables. »

  • Jasette
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 09h18
    Le Bloc québécois a sa place à Ottawa, pour le Québec et dans l'intérêt des électeurs de d'autres provinces.
    « Un parti comme le Bloc québécois qui ne peut pas aspirer vraiment au pouvoir est, malgré cela, à l'avantage des électeurs. En ce sens que la meilleure façon d'être à Ottawa, étant donné que le Bloc ne peut aspirer vraiment au pouvoir, est de revendiquer tout ce qu'ils peuvent à l'avantage des électeurs québécois, et parfois même de d'autres provinces. Donc, tout bien considéré, le Bloc québécois, une fois élue, obtient une certaine forme de pouvoir à Ottawa. Son pouvoir s'accroît aussi de façon quasi proportionnellement au nombre de ses députés élus.

    Tandis que pour un parti qui peut aspirer au pouvoir à Ottawa, les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes. Pour avoir le pouvoir dans le sens étroit du terme, effectivement, un parti politique peut parfois tirer les ficelles à l'échelle nationale pour obtenir la sacro-sainte majorité des députés élus, et cela peut se faire parfois au détriment des électeurs d'une province ou d'une autre. Bref, les québécois ont la chance de tirer eux-mêmes les ficelles de la démocratie avec le Bloc québécois, et même parfois les électeurs de d'autres provinces.

    JM »

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 09h29
    Il faut arrêter Harper!
    « Le Bloc le dit, madame May se sacrifie pour cette cause en incitant les électeurs à voter pour le candidat capable de battre les conservateurs. Faut le faire !
    Quant à la pertinence du Bloc, pourquoi pas ? le Bloc est un parti régional qui défend très bien les intérêts des Québécois.
    Il ne sera jamais au pouvoir ? so what ! le NPD ne l'a jamais été, le Parti Vert non plus et pourtant personne ne met en doute leur légitimité...
    Vive le Bloc Québécois ! »

  • Gérard-A. Lévesque
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 11h02
    Analyse ou simple chronique ?
    « Le vendredi 26 septembre à l'émission de télé de Radio-Canada animée par Patrice Roy, la journaliste du Devoir, Hélène Buzzetti, faisait avec courage et lucidité un constat voisin de celui-ci. Dans la couverture de la présente campagne électorale, la gent journalistique gaspille son temps et le nôtre en se délectant les babines dans ce qui constitue le lot de ce qu'une campagne électorale contient de prosaïque: résultats des sondages à répétition, revirements de situation, soubresauts dans l'électorat, non pas au niveau de la pensée politique mais dans la faveur populaire, accidents de parcours, bons coups et faux pas des candidats, et plus particulièrement des chefs de partis.

    Or l'électorat a bien davantage besoin de regards critiques sur les programmes des partis que de simples chroniques. Et sans doute que le lectorat du Devoir en est davantage friand. Aussi, quelle belle initiative que celle de Mme Buzzetti de nous présenter une analyse comparative des principaux thèmes des programmes électoraux des divers partis ! Par là, Mme Buzzetti joint le geste à la parole; elle peut ainsi contribuer à faire de son constat critique une critique constructive. Ce serait le cas si son analyse des programmes pouvait inspirer ceux qui n'ont guère le temps ou la capacité de la faire par eux-mêmes. Souhaitons que les éditoriaux du Devoir eux-mêmes finissent par se servir de cette hauteur de vues comme d'un tremplin pour exprimer des positions de moins en moins teintées de parti pris politique.

    Gérard Lévesque
    levesquegerard@hotmail.com »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 11h22
    22 milliards une fois qu'on aura tout compté!
    « C'est l'argent dont aurait tant besoin entre autres pour s'attaquer enfin à la problématique des enfants dans la pauvreté (évidemment, on ne parle jamais des parents, car les pauvres ont toujours tort, surtout de mettre des enfants au monde...) »

  • Hubert Larocque
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 15h37
    Le Québec à Ottawa après le 14 octobre.
    « Les élections et la question nationale
    Tout le monde convient de l' « insignifiance » de la campagne électorale. Mis à part Alain Dubuc qui s'évertue à y trouver de l'intérêt, le débat est privé de centre et d'élévation. On en fait une lecture au premier degré qui témoigne de l'inconscience à l'endroit des enjeux de l'arrière-plan. Ce sont pourtant ces enjeux qui commandent les ficelles et qui se manifestent à travers nombre de thèmes et d'obsessions récurrents.
    La question nationale ne peut évidemment disparaître. Aurions-nous cessé d'exister ou serions-nous en train de devenir autre chose sans qu'il se trouve un seul penseur pour le percevoir et nous en avertir? C'est peut-être la vraie conclusion du Rapport Bouchard-Taylor, ce second Rapport Durham. Nous y apparaissons comme un peuple chassé par l'interculturalisme dont la prétendue richesse nous relègue dans la préhistoire.
    Nos « artistes » se préoccupent au premier chef de mendier des subventions fédérales. L'art lui-même nous a désertés dans une sorte de sociologie de la collaboration. N'y-a-il pas un abîme entre le grand art et le divertissement subventionné? Surtout quand il exclut toute conscience et toute dignité politiques.
    Le principal vecteur de la question nationale passe par l'interrogation sur la pertinence du Bloc québécois. Les « fédéralistes » feindront de le tenir pour inutile, coûteux. Un peu comme le renard de la fable, ils tournent autour de l'arbre où le corbeau tient le fromage dans son bec. Laissez tomber le fromage, c'est-à-dire le Bloc. La suite se devine. Elle a déjà été jouée nombre de fois. Quand le Québec détenait à Ottawa une majorité de députés pancanadiens, les Trudeau, les Chrétien n'ont servi qu'à imposer au Québec la loi du Canada anglais. Pourquoi en serait-il autrement » après les élections d'octobre 2008?
    Hubert Larocque, Gatineau. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 18h34
    L'enjeu
    « Des députés fédéraux du Québec élus sous le grand chapiteau de partis canadiens qui tentent de représenter leurs électeurs dans le vaste cadre canadien. Cela donne comme résultat des députés conservateurs de la capitale qui votent pour tous les crédits et pour tous les moyens militaires afin d'engager les Québécois dans une guerre afghane qu'ils refusent majoritairement. Cela donne comme résultat autre exemple que ces députés votent bien davantage en bloc que le Bloc pour des coupures sur l'expression culturelle décidé en haut lieu par des idéologues de Calgary. Des députés qui éventuellement libéraux, néo démocrates, conservateurs ou verts du Québec appuieront des décisions gouvernementales qui vont renforcer des provinces entières comme l'Alberta ou l'Ontario au détriment du Québec. Ce qui s'est déjà largement fait dans le passé. Des députés fédéraux d'ici qui très souvent se considéreront comme plus représentatifs que les députés élus à l'assemblée nationale du Québec: seul parlement véritablement représentatif du peuple québécois.

    Le Bloc à Ottawa, c'est plus qu'un parti c'est un outil pour rappeler au Canada que le Québec est bien plus qu'un province. »

  • Georges Allaire
    Inscrit
    dimanche 28 septembre 2008 22h06
    La CSN à Ottawa
    « Quand j'écoute Duceppe, je me souviens du temps où il me fallait endurer les organisateurs des réunions syndicales pérorer contre les «boss» toujours méchants et exploiteurs de nous les pauvres salariés de l'État, qui avions la sécurité d'emploi et les salaires indexés alors que le commun des mortels devait payer les taxes qui nous assuraient ces privilèges. Les orateurs, dans une salle fermée, servaient habilement des absurdités qui viraient le monde à l'envers et parvenaient à nous faire sacrifier année après année nos étudiants réels du jour en faveur des «étudiants [hypothétiques[ de demain».

    Le Bloc souffre beaucoup plus d'un gouvernement ouvert aux Québécois que d'un gouvernement franchement hostile, parce qu'il doit le défigurer pour en faire un ennemi juré qu'il nous faut abattre. Ah, le bon vieux temps d'un Jean Chrétien...

    Si Harper n'obtient pas sa majorité, qu'est-ce que le Bloc aura obtenu? Un statu quo qui lui laisse ses salaires et ses plans de retraite et son impuissance de participer à la gérance de la fédération canadienne. Si Harper obtient sa majorité sans le Québec, le Bloc entraînera le Québec dans sa propre insignifiance.

    En sortant des réunions syndicales, les troupes se persuadaient qu'en criant fort et en défaisant leur travail, elles étaient maîtres de l'univers. Bonnes à défaire... Et quand le temps des mugissements était passé, que le troupeau était rentré au travail, à part quelques bénéfices marginaux acquis, c'était la gestion des patrons qui faisait quelque chose de bon pour les gens. »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    lundi 29 septembre 2008 08h07
    Honte Canadian
    « Le Réformiste-Religieux-Intégriste Harper, qui scande les mots démocratie et justice, démontre par ses actes qu'il n'en sait pas leur signification. Le Canada est le seul pays occidental qui laisse croupir un de ses sujets, un enfant- soldat, à Guantanamo, malgré la Convention de Genève que le Canada a signée et il veut emprisonner des enfants ici. Sa volonté de censurer et de contrôler les médias et les Arts est très inquiétante pour la démocratie. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
11 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009