La Fédération des femmes contre le PC
La Fédération des femmes du Québec (FFQ) sort de sa réserve. Pour la première fois depuis sa création, en 1966, l'organisme prend position dans la campagne électorale fédérale et appelle la population à barrer la route aux conservateurs. La FFQ n'encourage toutefois pas les gens à voter pour un parti en particulier.
«Nous n'avons pas les moyens de reculer. Pas question de laisser les conservateurs freiner la trop lente progression des femmes vers l'égalité», a déclaré hier la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, dans un communiqué de presse. La FFQ juge que le bilan du gouvernement Harper est «extrêmement négatif» en matière de droit des femmes et que la réélection d'un gouvernement conservateur, peut-être majoritaire, «est une menace» pour l'égalité des femmes.
En entrevue avec Le Devoir, Michèle Asselin explique qu'un vote unanime des membres de la FFQ tenu dimanche dernier lui a donné le mandat «très clair» de prendre position dans la présente campagne électorale. «On a toujours été critiques et impliqués dans les débats pour faire avancer la cause des femmes et de l'égalité, mais là, c'est vraiment un précédent», dit-elle.
La Fédération des femmes entend utiliser son réseau de 160 organismes pour faire entendre sa voix le plus fort possible. «Le gouvernement conservateur n'est pas seulement à droite économiquement, il est aussi à droite socialement et moralement. On sait que les groupes religieux ont l'oreille des conservateurs. Pour nous, c'est clair que si Stephen Harper reprend le pouvoir, le recul pour les femmes va se poursuivre», soutient Michèle Asselin.
Une marche pancanadienne se tiendra dimanche pour protester contre le «recul» qui menacerait les femmes si Stephen Harper revenait au pouvoir. Sur le thème «Pas d'autres C-484», du nom de ce projet de loi privé qui aurait pu donner une personnalité juridique au foetus, la manifestation aura lieu à Montréal au coin des boulevards Saint-Joseph et Saint-Laurent à 13h30.
Plusieurs griefs
La présidente de la FFQ a dressé une liste de griefs contre le gouvernement Harper. Elle cite d'abord la réduction des budgets de Condition féminine Canada, qui a entraîné la fermeture de 12 des 16 bureaux au pays.
Ensuite, l'abolition du Programme de contestation judiciaire (PCJ) ne permet plus aux groupes de femmes de recevoir de l'argent pour combattre des lois discriminatoires. Une version édulcorée du PCJ a été remise sur pied par le gouvernement pour aider les groupes linguistiques minoritaires, mais pas pour les groupes de défense des droits des femmes, des gais ou des handicapés.
La mise hors fonction du registre des armes à feu est également décriée par Michèle Asselin. «Les statistiques le prouvent, le contrôle des armes à feu sauve des vies, des vies de femmes», dit-elle, ajoutant que le récent engagement de Stephen Harper de juger comme des adultes les jeunes délinquants de 14 ans qui commettent des crimes graves — incluant la prison à vie en cas de meurtre — est de nature à «bouleverser les femmes». «Les conservateurs ont remonté l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans parce que les jeunes n'ont pas la maturité pour faire l'amour, selon eux. Mais à 14 ans, ils auraient le jugement nécessaire pour comprendre les conséquences réelles d'un crime. On voit que c'est idéologique.»
Sans surprise, la FFQ ajoute à cette liste le projet de loi privé C-484, mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Ce projet de loi, présenté par un député conservateur qui ne se représente pas durant cette élection, a passé plusieurs étapes aux Communes, notamment grâce à l'appui de 118 des 122 députés conservateurs, y compris le premier ministre. Ce projet de loi visait à condamner pour deux meurtres une personne qui tue une femme enceinte. Les médecins spécialistes, l'Assemblée nationale du Québec, le Bloc québécois et le NPD s'opposaient à la mesure, estimant que ce projet de loi donnerait une personnalité juridique au foetus et pourrait donc criminaliser l'avortement par des voies détournées. Plusieurs libéraux avaient voté avec les conservateurs.
«Ce projet de loi est mort pour l'instant, mais on sait que plusieurs candidats et députés conservateurs veulent le remettre à l'ordre du jour dans le prochain Parlement», dit Michèle Asselin.
Un porte-parole du Parti conservateur a soutenu hier qu'il n'était pas question de rouvrir le débat sur l'avortement. «Le premier ministre a été clair sur le sujet, il n'est nullement question d'ouvrir le débat sur l'avortement», a dit Frédéric Baril. Invité à commenter plus précisément C-484 et les autres griefs de la Fédération des femmes, le Parti conservateur a préféré ne pas entrer dans le débat. Aucun autre commentaire n'a été formulé.
Pas d'appui
La Fédération des femmes du Québec demande aux gens de ne pas voter pour les conservateurs, mais se garde bien d'appuyer un parti politique en particulier. «Peu importe pour qui les gens votent, ils doivent se demander qui est le mieux placé pour battre Harper dans leur comté», dit Michèle Asselin.
Comment la FFQ explique-t-elle la popularité du Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec, lui qui est à égalité avec le Bloc québécois? «Je ne veux pas juger le choix des gens. Je veux seulement mettre en lumière des faits qui sont peut-être moins connus. Voter pour le Parti conservateur, c'est risqué. Ça va à l'encontre des valeurs profondes du Québec», dit Mme Asselin.
«Nous n'avons pas les moyens de reculer. Pas question de laisser les conservateurs freiner la trop lente progression des femmes vers l'égalité», a déclaré hier la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, dans un communiqué de presse. La FFQ juge que le bilan du gouvernement Harper est «extrêmement négatif» en matière de droit des femmes et que la réélection d'un gouvernement conservateur, peut-être majoritaire, «est une menace» pour l'égalité des femmes.
En entrevue avec Le Devoir, Michèle Asselin explique qu'un vote unanime des membres de la FFQ tenu dimanche dernier lui a donné le mandat «très clair» de prendre position dans la présente campagne électorale. «On a toujours été critiques et impliqués dans les débats pour faire avancer la cause des femmes et de l'égalité, mais là, c'est vraiment un précédent», dit-elle.
La Fédération des femmes entend utiliser son réseau de 160 organismes pour faire entendre sa voix le plus fort possible. «Le gouvernement conservateur n'est pas seulement à droite économiquement, il est aussi à droite socialement et moralement. On sait que les groupes religieux ont l'oreille des conservateurs. Pour nous, c'est clair que si Stephen Harper reprend le pouvoir, le recul pour les femmes va se poursuivre», soutient Michèle Asselin.
Une marche pancanadienne se tiendra dimanche pour protester contre le «recul» qui menacerait les femmes si Stephen Harper revenait au pouvoir. Sur le thème «Pas d'autres C-484», du nom de ce projet de loi privé qui aurait pu donner une personnalité juridique au foetus, la manifestation aura lieu à Montréal au coin des boulevards Saint-Joseph et Saint-Laurent à 13h30.
Plusieurs griefs
La présidente de la FFQ a dressé une liste de griefs contre le gouvernement Harper. Elle cite d'abord la réduction des budgets de Condition féminine Canada, qui a entraîné la fermeture de 12 des 16 bureaux au pays.
Ensuite, l'abolition du Programme de contestation judiciaire (PCJ) ne permet plus aux groupes de femmes de recevoir de l'argent pour combattre des lois discriminatoires. Une version édulcorée du PCJ a été remise sur pied par le gouvernement pour aider les groupes linguistiques minoritaires, mais pas pour les groupes de défense des droits des femmes, des gais ou des handicapés.
La mise hors fonction du registre des armes à feu est également décriée par Michèle Asselin. «Les statistiques le prouvent, le contrôle des armes à feu sauve des vies, des vies de femmes», dit-elle, ajoutant que le récent engagement de Stephen Harper de juger comme des adultes les jeunes délinquants de 14 ans qui commettent des crimes graves — incluant la prison à vie en cas de meurtre — est de nature à «bouleverser les femmes». «Les conservateurs ont remonté l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans parce que les jeunes n'ont pas la maturité pour faire l'amour, selon eux. Mais à 14 ans, ils auraient le jugement nécessaire pour comprendre les conséquences réelles d'un crime. On voit que c'est idéologique.»
Sans surprise, la FFQ ajoute à cette liste le projet de loi privé C-484, mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Ce projet de loi, présenté par un député conservateur qui ne se représente pas durant cette élection, a passé plusieurs étapes aux Communes, notamment grâce à l'appui de 118 des 122 députés conservateurs, y compris le premier ministre. Ce projet de loi visait à condamner pour deux meurtres une personne qui tue une femme enceinte. Les médecins spécialistes, l'Assemblée nationale du Québec, le Bloc québécois et le NPD s'opposaient à la mesure, estimant que ce projet de loi donnerait une personnalité juridique au foetus et pourrait donc criminaliser l'avortement par des voies détournées. Plusieurs libéraux avaient voté avec les conservateurs.
«Ce projet de loi est mort pour l'instant, mais on sait que plusieurs candidats et députés conservateurs veulent le remettre à l'ordre du jour dans le prochain Parlement», dit Michèle Asselin.
Un porte-parole du Parti conservateur a soutenu hier qu'il n'était pas question de rouvrir le débat sur l'avortement. «Le premier ministre a été clair sur le sujet, il n'est nullement question d'ouvrir le débat sur l'avortement», a dit Frédéric Baril. Invité à commenter plus précisément C-484 et les autres griefs de la Fédération des femmes, le Parti conservateur a préféré ne pas entrer dans le débat. Aucun autre commentaire n'a été formulé.
Pas d'appui
La Fédération des femmes du Québec demande aux gens de ne pas voter pour les conservateurs, mais se garde bien d'appuyer un parti politique en particulier. «Peu importe pour qui les gens votent, ils doivent se demander qui est le mieux placé pour battre Harper dans leur comté», dit Michèle Asselin.
Comment la FFQ explique-t-elle la popularité du Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec, lui qui est à égalité avec le Bloc québécois? «Je ne veux pas juger le choix des gens. Je veux seulement mettre en lumière des faits qui sont peut-être moins connus. Voter pour le Parti conservateur, c'est risqué. Ça va à l'encontre des valeurs profondes du Québec», dit Mme Asselin.
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