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La Fédération des femmes contre le PC

Alec Castonguay   24 septembre 2008  Canada
La Fédération des femmes du Québec (FFQ) sort de sa réserve. Pour la première fois depuis sa création, en 1966, l'organisme prend position dans la campagne électorale fédérale et appelle la population à barrer la route aux conservateurs. La FFQ n'encourage toutefois pas les gens à voter pour un parti en particulier.

«Nous n'avons pas les moyens de reculer. Pas question de laisser les conservateurs freiner la trop lente progression des femmes vers l'égalité», a déclaré hier la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, dans un communiqué de presse. La FFQ juge que le bilan du gouvernement Harper est «extrêmement négatif» en matière de droit des femmes et que la réélection d'un gouvernement conservateur, peut-être majoritaire, «est une menace» pour l'égalité des femmes.

En entrevue avec Le Devoir, Michèle Asselin explique qu'un vote unanime des membres de la FFQ tenu dimanche dernier lui a donné le mandat «très clair» de prendre position dans la présente campagne électorale. «On a toujours été critiques et impliqués dans les débats pour faire avancer la cause des femmes et de l'égalité, mais là, c'est vraiment un précédent», dit-elle.

La Fédération des femmes entend utiliser son réseau de 160 organismes pour faire entendre sa voix le plus fort possible. «Le gouvernement conservateur n'est pas seulement à droite économiquement, il est aussi à droite socialement et moralement. On sait que les groupes religieux ont l'oreille des conservateurs. Pour nous, c'est clair que si Stephen Harper reprend le pouvoir, le recul pour les femmes va se poursuivre», soutient Michèle Asselin.

Une marche pancanadienne se tiendra dimanche pour protester contre le «recul» qui menacerait les femmes si Stephen Harper revenait au pouvoir. Sur le thème «Pas d'autres C-484», du nom de ce projet de loi privé qui aurait pu donner une personnalité juridique au foetus, la manifestation aura lieu à Montréal au coin des boulevards Saint-Joseph et Saint-Laurent à 13h30.

Plusieurs griefs

La présidente de la FFQ a dressé une liste de griefs contre le gouvernement Harper. Elle cite d'abord la réduction des budgets de Condition féminine Canada, qui a entraîné la fermeture de 12 des 16 bureaux au pays.

Ensuite, l'abolition du Programme de contestation judiciaire (PCJ) ne permet plus aux groupes de femmes de recevoir de l'argent pour combattre des lois discriminatoires. Une version édulcorée du PCJ a été remise sur pied par le gouvernement pour aider les groupes linguistiques minoritaires, mais pas pour les groupes de défense des droits des femmes, des gais ou des handicapés.

La mise hors fonction du registre des armes à feu est également décriée par Michèle Asselin. «Les statistiques le prouvent, le contrôle des armes à feu sauve des vies, des vies de femmes», dit-elle, ajoutant que le récent engagement de Stephen Harper de juger comme des adultes les jeunes délinquants de 14 ans qui commettent des crimes graves — incluant la prison à vie en cas de meurtre — est de nature à «bouleverser les femmes». «Les conservateurs ont remonté l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans parce que les jeunes n'ont pas la maturité pour faire l'amour, selon eux. Mais à 14 ans, ils auraient le jugement nécessaire pour comprendre les conséquences réelles d'un crime. On voit que c'est idéologique.»

Sans surprise, la FFQ ajoute à cette liste le projet de loi privé C-484, mort au feuilleton avec le déclenchement des élections. Ce projet de loi, présenté par un député conservateur qui ne se représente pas durant cette élection, a passé plusieurs étapes aux Communes, notamment grâce à l'appui de 118 des 122 députés conservateurs, y compris le premier ministre. Ce projet de loi visait à condamner pour deux meurtres une personne qui tue une femme enceinte. Les médecins spécialistes, l'Assemblée nationale du Québec, le Bloc québécois et le NPD s'opposaient à la mesure, estimant que ce projet de loi donnerait une personnalité juridique au foetus et pourrait donc criminaliser l'avortement par des voies détournées. Plusieurs libéraux avaient voté avec les conservateurs.

«Ce projet de loi est mort pour l'instant, mais on sait que plusieurs candidats et députés conservateurs veulent le remettre à l'ordre du jour dans le prochain Parlement», dit Michèle Asselin.

Un porte-parole du Parti conservateur a soutenu hier qu'il n'était pas question de rouvrir le débat sur l'avortement. «Le premier ministre a été clair sur le sujet, il n'est nullement question d'ouvrir le débat sur l'avortement», a dit Frédéric Baril. Invité à commenter plus précisément C-484 et les autres griefs de la Fédération des femmes, le Parti conservateur a préféré ne pas entrer dans le débat. Aucun autre commentaire n'a été formulé.

Pas d'appui

La Fédération des femmes du Québec demande aux gens de ne pas voter pour les conservateurs, mais se garde bien d'appuyer un parti politique en particulier. «Peu importe pour qui les gens votent, ils doivent se demander qui est le mieux placé pour battre Harper dans leur comté», dit Michèle Asselin.

Comment la FFQ explique-t-elle la popularité du Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec, lui qui est à égalité avec le Bloc québécois? «Je ne veux pas juger le choix des gens. Je veux seulement mettre en lumière des faits qui sont peut-être moins connus. Voter pour le Parti conservateur, c'est risqué. Ça va à l'encontre des valeurs profondes du Québec», dit Mme Asselin.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    24 septembre 2008 07 h 27
    Les valeurs religieuses fondementalistes de l'ouest ne sont pas pour le Québec
    Ça ne va pas aider le Parti Conservateur fondamentaliste religieux. Tant mieux parce qu'un parti, rapide sur la répression, qui laisse polluer, économise des millions sur le dos des artistes pour en dépenser des milliards dans une guerre inutile et meurtrière en Afghanistan, ne mérite pas d'être réélu...point, selon les valeurs des Québécois.
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  • Lfa - Abonné
    24 septembre 2008 07 h 42
    Dormir au gas
    Soyez vigilants.

    Depuis son élection en 2006, le parti de Harper a aussi proposé et adopté une loi pour instaurer des élections à date fixe et ensuite renié l'esprit de la loi par opportunisme, en déclenchant des élections hâtives.








    la bafoue.
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  • Lucie Lamarche - Abonnée
    24 septembre 2008 08 h 52
    Il y a des moments où la prise de parole s'impose
    La Fédération des femmes du Québec est une organisation démocratique et féministe qui a su au fil du temps faire preuve de sagesse et de réserve. Cela nous change de l'attitude d'autres regroupements issus de la société civile ou du milieu universitaire, et où on travaille parfois à l'emporte pièce au sujet du moindre foulard qui dépasse.
    Je félicite la FFQ pour cette courageuse sortie de sa réserve légendaire. Le politique n'est jamais neutre et le moment est important.
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  • Serge Manzhos - Inscrit
    24 septembre 2008 09 h 53
    qu'est-ce qui est menace au juste et par qui?
    ''La FFQ juge que le bilan du gouvernement Harper est «extrêmement négatif» en matière de droit des femmes et que la réélection d'un gouvernement conservateur, peut-être majoritaire, «est une menace» pour l'égalité des femmes.''
    Vraiment?
    - quels droits des femmes ont étés enlevés par le gouv.? (on parlait ici du bilan, pas des prétendues intentions)
    Le gouv. a aboli certains programmes de discrimination positive, ce qui n'est pas du tout la même chose qu'enlever des droits. Si cela pose un si grand problème, alors effectivement on a pas autant progresse en la matière qu'on le prétends depuis un certain temps et il faut que la population se regarde dans le miroir au lieu de tout jeter sur le gouv.
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  • Jacques Lafond - Abonné
    24 septembre 2008 10 h 49
    La droite
    Je pense qu'un certain retour à la droite est nécessaire au Québec, et je pense aussi que le Québec le souhaite, et en a surtout beaucoup besoin.

    Je ne suis pas d'accord avec les gens qui parlent des ''valeurs des québécois'', comme s'il s'agissait de quelque chose d'uniforme.

    Je pense qu'il est grand temps qu'au Québec on commence à réfléchir, en autre, sur des sujets comme:

    - Devoir des citoyens, au lieu de toujours parler des droits et libertés des citoyens.

    - 30 000 ou 40 000 avortements au Québec par année. Est-ce trop ? Combien de ces avortements aurait pu être évités ; et ce au grand bonheur de la future maman, des familles, etc., Et de l'enfant évidemment ...

    - Retour aux valeurs familiales. Les enfants ont une place dans notre société, dans nos familles. Les enfants c'est important. Les enfants c'est beau ...

    - Importance de travailler. L'importance d'être riche. Ne pas toujours se fier au gouvernements pour nous aider. ''Aide toi et le ciel t'aidera''.

    Etc., Etc...

    Je ne pense pas qu'un retour aux valeurs dites de droite soit une menace pour les droits et les acquis des femmes, dans notre société québécoise. Au contraire, je pense que les femmes peuvent bâtir encore plus en se sortant de la gauche ; gauche usée, démodée, paralysante ...
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  •  
  • Guy Ouellette - Abonné
    24 septembre 2008 12 h 01
    Ferons-nous la même erreur que les Américains?
    Ils ont réélu G. W. Bush en 2004.
    Malheureusement, il nous arrive trop souvent de refaire leurs mêmes erreurs.

    Réélirons-nous notre «mini-Bush» une 2ème fois nous aussi?

    Guy Ouellette
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  •  
  • Jean-Philippe Champagne - Inscrit
    24 septembre 2008 12 h 32
    La gauche
    Pour ces raisons et pour d'autres, comme la guerre et l'environement, je crois aussi que réélir le partie conservateur est une mauvaise idée. Il serait meme grand temps "d'aller vers la gauche" et de passer à autre chose que seulement l'argent toujours l'argent encore plus d'argent, laisser tomber une bonne fois pour toute ce qui prend trop de pouvoir en brimant une certaine liberté, la vraie liberté (je ne parle pas bien sur pas d'argent, mais je vise bien ici la religion qui essaie tant bien que mal a reprendre une place.)

    Pour ce qui est de l'avortement, encore une fois sa ervient a une question de croyance... mais soyons réaliste, un enfant qui n'est pas voulu a beaucoup moins de chance d'être heureux, et sa risque de toucher les parents, et la famille entiere. Bien entendu ce n'est pas non plus un moyen souhaité si on peut l'éviter...
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  •  
  • Sophie Morin - Inscrite
    24 septembre 2008 13 h 53
    En réponse à Monsieur Manzhos
    Vous savez, faire reculer le droit des femmes ne se fait pas uniquement par l'abolition de lois ou par l'adoption de lois à ce sujet.

    C'est chouette une loi, mais si personne ne les fais respecter, à quoi bon?

    Je vous invite à lire "Pour que l'égalité de droit devienne une égalité de fait"; qui explique justement ce principe. Ces bureau aide les femmes à faire respecter leurs droits en donnant de l'information aux femmes, entre autre chose et en les épaulant sur toute sorte de sujets.

    Il faut arrêter de croire que parce qu'on a des lois écrites, tout va pour le mieux. Il faut encore se battre pour les faire appliquer bien souvent.

    Vous savez, il est interdit de faire de la discrimination par rapport à l'origine ethnique, notamment, pour l'embauche. Vous voulez que je vous présente combien de personnes qui ont été victimes de discrimination par rapport à leur origine ethnique ou la couleur de leur peau?

    C'est la même chose; il ne faut pas uniquement s'appuyer sur les textes de lois pour dire que toute la job a été faite. Et croyez moi, en matière de condition féminine, il en reste beaucoup à faire...
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  •  
  • Guy Fafard - Inscrit
    24 septembre 2008 15 h 20
    Tien tien tien
    La fédération des femmes sort enfin de sa torpeur.
    Il était temps après que le voile musulman leur eut obstrué la vue suffisemment longtems pour qu'elle ne voit pas l'obscurantisme causé pas ces tissus inféodants.

    Félicitations mes dames.
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  •  
  • Dominic Pageau - Abonné
    24 septembre 2008 20 h 13
    l'égalité de fait? Ça c'est un fantasme nuisible
    Je partage les appréhensions du FFQ, mais je ne supporte pas l'organisme. Et surtout, je moppose à ce principe communisant de l'égalité de fait. Car dans les faits, les gens ne sont pas égaux. Donc, si entre eux, les hommes ne sont pas égaux, comment peut-on demander une égalité de FAIT entre les hommes et les femmes?

    Selon ce principe, tout dans la société devrait être 50/50, et, un homme et une femme serait interchangeable. Ce principe ne prend pas en considération les goûts et les aspirations des individus, au contraire, on s'oppose à certains roles (comme celui de mère) et on en valorise d'autres, avec des programmes comme chapeau les filles ou de la discrimination positive.

    Il est évident que pour les féministes qui veulent l'égalité de fait, il reste beaucoup de travail, mais ce qui n'est pas évident, c'est les bienfaits que peuvent apporter cette idéologie. Je dirais qu'il y en a juste pas. Aucun bienfait, que des contraites.

    Ce groupe est à abollir, il n'a plus d'utilité autre que promouvoir une idéologie néfaste et siphonné des fonds publics afin qu'on nous nettoie bien le cerveau avec des fausses stats sur la violence conjugale, les écarts de salaires entre les hommes et les femmes, etc.
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  •  
  • Frédéric Lord - Inscrit
    10 décembre 2009 10 h 07
    Rien de mieux à faire ???
    Les féministes n'ont rien de mieux à faire que de faire de la petite politique de fond cours ??? Comme par exemple militer contre la violence faite aux femmes, les victimes de crimes violents et de viols ???
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