Le PC mène une campagne «négative, à l'américaine», déplore Duceppe
Les conservateurs dépassent les bornes en méprisant la démocratie, estime Gilles Duceppe, outré que le vote bloquiste des 18 dernières années soit associé à du gaspillage de fonds publics et du pouvoir politique du Québec.
Le Bloc québécois a été mis sur la défensive par une campagne d'affichage dévoilée hier devant son siège social par le sénateur conservateur Michael Fortier. On peut y lire que les députés du Bloc ont coûté plus de 350 millions de dollars aux contribuables sans rapporter quelque bénéfice que ce soit au Québec.
«Avec un sénateur non élu, il faut quand même le faire!, a laissé tomber Gilles Duceppe, qui faisait campagne dans la circonscription de Papineau, à Montréal. Lui qui a refusé de se présenter dans une série d'élections partielles et qui vient donner des leçons de légitimité, il faut être effronté.»
Depuis le déclenchement électoral, les troupes de Stephen Harper ont remis en question la pertinence du Bloc et mené une opération charme auprès des nationalistes tentés par l'aventure conservatrice. Hier, le Parti conservateur est allé un cran plus loin dans ses attaques en touchant le coeur de la démocratie, c'est-à-dire le droit des électeurs de choisir. Sourire aux lèvres, Michael Fortier a expliqué que souligner l'ampleur de «la facture» que représente le caucus bloquiste à Ottawa «fait aussi partie de la démocratie».
«Le rendement sur l'investissement pour les Québécois et Québécoises a été nul», a lancé M. Fortier qui avait délaissé sa circonscription de Vaudreuil-Soulanges pendant que son chef prenait une journée de congé.
Piqué au vif, le chef du Bloc québécois y a vu une atteinte à l'intelligence des Québécois puisqu'un député coûte le même prix peu importe son allégeance politique. Selon M. Duceppe, le chef conservateur aurait le profil d'un homme qui voudrait bien régner «dans un régime sans opposition».
L'immense affiche montée sur un camion sera vue dans toute la province puisque les conservateurs ont confié à leur député Jacques Gourde, de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, le soin de mener une tournée intitulée Les coûts du Bloc. Selon M. Gourde, le problème est moins la facture de 350 millions que le gaspillage du pouvoir politique du Québec. Un site Web a été ouvert pour exposer les promesses et les échecs du Bloc (www.coutsdubloc.com).
«C'est une campagne négative à l'américaine», s'est indigné Gilles Duceppe.
La situation du Bloc québécois pourrait s'apparenter à celle du défunt Reform Party, un parti d'abord régional. Or, dans l'entourage du premier ministre Harper, on rejette catégoriquement cette interprétation. «La situation était complètement différente avec le Parti réformiste. Le PR n'existe plus. La raison d'être du Bloc n'est pas de diriger le pays, c'est de détruire le pays», soutenait-on hier.
La campagne publicitaire conservatrice a soulevé des critiques sur le plan environnemental. Chez Équiterre, on désapprouvait hier le fait que le PC utilise des camions pour transporter des panneaux publicitaires dans tout le Québec, ce qui va à l'encontre du discours que tentent de prôner les conservateurs. «C'est un manque total de cohérence. Les conservateurs disent une chose, mais, dans les faits, ils ne font rien pour l'environnement. S'il est normal en campagne électorale de se déplacer, il faut aussi faire un effort pour contrer la pollution atmosphérique comme tous les autres partis le font. La symbolique est là», a commenté le porte-parole de l'organisme, Steven Guilbeault.
Même les libéraux ont ajouté leur voix pour condamner leurs adversaires conservateurs. Selon les troupes de Stéphane Dion, qui, par ailleurs, a pris un temps d'arrêt hier malgré ses piètres résultats dans les sondages, le Parti conservateur démontre qu'il n'a jamais été attaché à la lutte contre les changements climatiques au pays contrairement à la population du Québec.
Le Bloc québécois entend riposter aujourd'hui à la campagne conservatrice par le lancement d'une série de publicités radio, a appris Le Devoir. Les impacts des politiques du gouvernement de Stephen Harper sont au coeur du message du Bloc.
Dans de courts clips diffusés dès aujourd'hui, le Bloc québécois aborde l'enjeu de l'emploi en région, celui des droits des femmes ainsi que celui du respect de l'environnement et du protocole de Kyoto. Dans cette dernière publicité, un citoyen s'inquiète que Stephen Harper favorise les grandes pétrolières au détriment de l'environnement. «C'est inquiétant. Ceux qui vont voter conservateur, comment allez-vous expliquer ça à vos enfants plus tard?», s'interroge le citoyen.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Avec La Presse canadienne
Le Bloc québécois a été mis sur la défensive par une campagne d'affichage dévoilée hier devant son siège social par le sénateur conservateur Michael Fortier. On peut y lire que les députés du Bloc ont coûté plus de 350 millions de dollars aux contribuables sans rapporter quelque bénéfice que ce soit au Québec.
«Avec un sénateur non élu, il faut quand même le faire!, a laissé tomber Gilles Duceppe, qui faisait campagne dans la circonscription de Papineau, à Montréal. Lui qui a refusé de se présenter dans une série d'élections partielles et qui vient donner des leçons de légitimité, il faut être effronté.»
Depuis le déclenchement électoral, les troupes de Stephen Harper ont remis en question la pertinence du Bloc et mené une opération charme auprès des nationalistes tentés par l'aventure conservatrice. Hier, le Parti conservateur est allé un cran plus loin dans ses attaques en touchant le coeur de la démocratie, c'est-à-dire le droit des électeurs de choisir. Sourire aux lèvres, Michael Fortier a expliqué que souligner l'ampleur de «la facture» que représente le caucus bloquiste à Ottawa «fait aussi partie de la démocratie».
«Le rendement sur l'investissement pour les Québécois et Québécoises a été nul», a lancé M. Fortier qui avait délaissé sa circonscription de Vaudreuil-Soulanges pendant que son chef prenait une journée de congé.
Piqué au vif, le chef du Bloc québécois y a vu une atteinte à l'intelligence des Québécois puisqu'un député coûte le même prix peu importe son allégeance politique. Selon M. Duceppe, le chef conservateur aurait le profil d'un homme qui voudrait bien régner «dans un régime sans opposition».
L'immense affiche montée sur un camion sera vue dans toute la province puisque les conservateurs ont confié à leur député Jacques Gourde, de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, le soin de mener une tournée intitulée Les coûts du Bloc. Selon M. Gourde, le problème est moins la facture de 350 millions que le gaspillage du pouvoir politique du Québec. Un site Web a été ouvert pour exposer les promesses et les échecs du Bloc (www.coutsdubloc.com).
«C'est une campagne négative à l'américaine», s'est indigné Gilles Duceppe.
La situation du Bloc québécois pourrait s'apparenter à celle du défunt Reform Party, un parti d'abord régional. Or, dans l'entourage du premier ministre Harper, on rejette catégoriquement cette interprétation. «La situation était complètement différente avec le Parti réformiste. Le PR n'existe plus. La raison d'être du Bloc n'est pas de diriger le pays, c'est de détruire le pays», soutenait-on hier.
La campagne publicitaire conservatrice a soulevé des critiques sur le plan environnemental. Chez Équiterre, on désapprouvait hier le fait que le PC utilise des camions pour transporter des panneaux publicitaires dans tout le Québec, ce qui va à l'encontre du discours que tentent de prôner les conservateurs. «C'est un manque total de cohérence. Les conservateurs disent une chose, mais, dans les faits, ils ne font rien pour l'environnement. S'il est normal en campagne électorale de se déplacer, il faut aussi faire un effort pour contrer la pollution atmosphérique comme tous les autres partis le font. La symbolique est là», a commenté le porte-parole de l'organisme, Steven Guilbeault.
Même les libéraux ont ajouté leur voix pour condamner leurs adversaires conservateurs. Selon les troupes de Stéphane Dion, qui, par ailleurs, a pris un temps d'arrêt hier malgré ses piètres résultats dans les sondages, le Parti conservateur démontre qu'il n'a jamais été attaché à la lutte contre les changements climatiques au pays contrairement à la population du Québec.
Le Bloc québécois entend riposter aujourd'hui à la campagne conservatrice par le lancement d'une série de publicités radio, a appris Le Devoir. Les impacts des politiques du gouvernement de Stephen Harper sont au coeur du message du Bloc.
Dans de courts clips diffusés dès aujourd'hui, le Bloc québécois aborde l'enjeu de l'emploi en région, celui des droits des femmes ainsi que celui du respect de l'environnement et du protocole de Kyoto. Dans cette dernière publicité, un citoyen s'inquiète que Stephen Harper favorise les grandes pétrolières au détriment de l'environnement. «C'est inquiétant. Ceux qui vont voter conservateur, comment allez-vous expliquer ça à vos enfants plus tard?», s'interroge le citoyen.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Avec La Presse canadienne
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

