vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 07h55
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Minoritaire et efficace ?

La plupart des premiers ministres qui ont dirigé un gouvernement minoritaire, dont Stephen Harper, n'ont guère apprécié ce statut

Robert Dutrisac   19 septembre 2008  Canada
La réussite pour un gouvernement minoritaire, est-ce possible ? Les avis des anciens conseillers de premiers ministres à ce sujet sont partagés. Certains croient que le parti au pouvoir, même en situation minoritaire, peut tirer parti de la situation. D'autres jugent qu'un gouvernement minoritaire, mené par le désir de plaire à tout prix à l'électorat, ne peut faire preuve du courage politique nécessaire pour entreprendre les changements qui s'imposent.

«Il n'y a rien qui dit qu'un gouvernement minoritaire est voué à l'échec», avance John Parisella,

ce directeur de cabinet de Robert Bourassa devenu aujour-

d'hui conseiller spécial de Jean Charest.

«Je trouve que le gouvernement Charest réussit très bien», estime Eddie Goldenberg, un proche conseiller de Jean Chrétien qui, à ce titre, n'a pas eu à travailler dans un gouvernement minoritaire, une expérience qu'il trouverait cependant «fascinante».

Tant John Parisella qu'Eddie Goldenberg citent en exemple le gouvernement de Lester B. Pearson, qui a gouverné cinq ans tout en étant minoritaire et qui a de nombreuses réalisations à son actif en dépit de ce statut.

Mais pour Luc Lavoie, qui fut conseiller de Brian Mulroney, il n'y a rien de glorieux dans le statut de minoritaire.

En échouant à deux reprises à constituer une majorité, le gouvernement de Lester B. Pearson n'a fait que démontrer que sa gestion ne fonctionnait pas et qu'elle ne plaisait pas à la population, affirme-t-il.

Ne rien faire

Comme les décisions gouvernementales les plus importantes sont souvent controversées, voire impopulaires, un gouvernement minoritaire choisira de ne rien faire, fait remarquer Martine Tremblay, qui fut du cabinet de René Lévesque. «Je prétends que les gouvernements minoritaires, c'est bien mauvais même si le monde a l'air d'aimer ça. Ce n'est parce que les gens aiment ça que c'est bon.» Un gouvernement minoritaire, ce n'est pas dérangeant, mais «les choses nécessaires ne se font pas».

Le Québec n'a pas connu de gouvernement minoritaire à l'exception du gouvernement actuel et d'un bref épisode de deux mois, en 1878. Par contre, au fédéral, la situation a été fréquente. Dans son ouvrage Two cheers for minority government, le politologue de l'Université de Toronto, Peter H. Russell, a recensé pas moins de 12 gouvernements minoritaires et un gouvernement de coalition sur les 40 législatures élues depuis la Confédération. Ces gouvernement sont souvent de courte durée — un an ou deux —, mais à deux reprises, Mackenzie King a réalisé un mandat de près de quatre ans, la durée usuelle d'un gouvernement

au Canada.

Et les voix

Le politologue note toutefois que des 27 gouvernements majoritaires, 13 d'entre eux constituaient des gouvernements «faussement majoritaires», c'est-à-dire que bien qu'ayant obtenu une majorité de sièges, ils n'ont pas recueilli une majorité des voix. Pour Peter Russell, les gouvernements majoritaires ne favorisent pas la population à moins de préférer une gouvernement «style chef d'entreprise» qui gouverne «sans débat parlementaire significatif et sans tenir compte de l'appui populaire». Un parti qui n'a pas obtenu l'appui d'une majorité de la population peut imposer son programme politique qui n'a été choisi que par une minorité de l'électorat. Ainsi, Jean Chrétien a dirigé le pays pendant dix ans sans obtenir la majorité des voix. Et il faut remonter au gouvernement Mulroney de 1984 pour voir un parti prendre le pouvoir avec l'appui de la majorité des électeurs.

La plupart des premiers ministres d'un gouvernement minoritaire n'ont guère apprécié ce statut et se sont employés à former une majorité afin d'avoir les coudées franches. C'est le cas d'ailleurs de Stephen Harper qui, à maintes occasions, a affirmé qu'il avait besoin d'une majorité pour gouverner. Ne nous trompons pas: c'est bien une majorité que cherche à obtenir le chef conservateur lors des présentes élections.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 19 septembre 2008 15h00
    Où êtes-vous, apôtres de la proportionnelle ?
    Que penser de ces gouvernements de coalition, partout dans le monde ?

    Italie, Israël, Allemagne.

    Ils sont, eux, condamnés à ne jamais avoir la majorité.

    Pauvres pays en déroute, ingouvernables.

    Que penser de ces américains qui ,eux, pis encore, peuvent avoir un président républicain, un sénat démocrate et un congrès républicain.

    Je plains ces états qui ne pourront jamais vivre dans le douillet confort d'un chef d'état despotique, à l'abri de la dilution idéologique et de l'arbitraire du pouvoir absolu.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012