Minoritaire et efficace ?
La réussite pour un gouvernement minoritaire, est-ce possible ? Les avis des anciens conseillers de premiers ministres à ce sujet sont partagés. Certains croient que le parti au pouvoir, même en situation minoritaire, peut tirer parti de la situation. D'autres jugent qu'un gouvernement minoritaire, mené par le désir de plaire à tout prix à l'électorat, ne peut faire preuve du courage politique nécessaire pour entreprendre les changements qui s'imposent.
«Il n'y a rien qui dit qu'un gouvernement minoritaire est voué à l'échec», avance John Parisella,
ce directeur de cabinet de Robert Bourassa devenu aujour-
d'hui conseiller spécial de Jean Charest.
«Je trouve que le gouvernement Charest réussit très bien», estime Eddie Goldenberg, un proche conseiller de Jean Chrétien qui, à ce titre, n'a pas eu à travailler dans un gouvernement minoritaire, une expérience qu'il trouverait cependant «fascinante».
Tant John Parisella qu'Eddie Goldenberg citent en exemple le gouvernement de Lester B. Pearson, qui a gouverné cinq ans tout en étant minoritaire et qui a de nombreuses réalisations à son actif en dépit de ce statut.
Mais pour Luc Lavoie, qui fut conseiller de Brian Mulroney, il n'y a rien de glorieux dans le statut de minoritaire.
En échouant à deux reprises à constituer une majorité, le gouvernement de Lester B. Pearson n'a fait que démontrer que sa gestion ne fonctionnait pas et qu'elle ne plaisait pas à la population, affirme-t-il.
Ne rien faire
Comme les décisions gouvernementales les plus importantes sont souvent controversées, voire impopulaires, un gouvernement minoritaire choisira de ne rien faire, fait remarquer Martine Tremblay, qui fut du cabinet de René Lévesque. «Je prétends que les gouvernements minoritaires, c'est bien mauvais même si le monde a l'air d'aimer ça. Ce n'est parce que les gens aiment ça que c'est bon.» Un gouvernement minoritaire, ce n'est pas dérangeant, mais «les choses nécessaires ne se font pas».
Le Québec n'a pas connu de gouvernement minoritaire à l'exception du gouvernement actuel et d'un bref épisode de deux mois, en 1878. Par contre, au fédéral, la situation a été fréquente. Dans son ouvrage Two cheers for minority government, le politologue de l'Université de Toronto, Peter H. Russell, a recensé pas moins de 12 gouvernements minoritaires et un gouvernement de coalition sur les 40 législatures élues depuis la Confédération. Ces gouvernement sont souvent de courte durée — un an ou deux —, mais à deux reprises, Mackenzie King a réalisé un mandat de près de quatre ans, la durée usuelle d'un gouvernement
au Canada.
Et les voix
Le politologue note toutefois que des 27 gouvernements majoritaires, 13 d'entre eux constituaient des gouvernements «faussement majoritaires», c'est-à-dire que bien qu'ayant obtenu une majorité de sièges, ils n'ont pas recueilli une majorité des voix. Pour Peter Russell, les gouvernements majoritaires ne favorisent pas la population à moins de préférer une gouvernement «style chef d'entreprise» qui gouverne «sans débat parlementaire significatif et sans tenir compte de l'appui populaire». Un parti qui n'a pas obtenu l'appui d'une majorité de la population peut imposer son programme politique qui n'a été choisi que par une minorité de l'électorat. Ainsi, Jean Chrétien a dirigé le pays pendant dix ans sans obtenir la majorité des voix. Et il faut remonter au gouvernement Mulroney de 1984 pour voir un parti prendre le pouvoir avec l'appui de la majorité des électeurs.
La plupart des premiers ministres d'un gouvernement minoritaire n'ont guère apprécié ce statut et se sont employés à former une majorité afin d'avoir les coudées franches. C'est le cas d'ailleurs de Stephen Harper qui, à maintes occasions, a affirmé qu'il avait besoin d'une majorité pour gouverner. Ne nous trompons pas: c'est bien une majorité que cherche à obtenir le chef conservateur lors des présentes élections.
«Il n'y a rien qui dit qu'un gouvernement minoritaire est voué à l'échec», avance John Parisella,
ce directeur de cabinet de Robert Bourassa devenu aujour-
d'hui conseiller spécial de Jean Charest.
«Je trouve que le gouvernement Charest réussit très bien», estime Eddie Goldenberg, un proche conseiller de Jean Chrétien qui, à ce titre, n'a pas eu à travailler dans un gouvernement minoritaire, une expérience qu'il trouverait cependant «fascinante».
Tant John Parisella qu'Eddie Goldenberg citent en exemple le gouvernement de Lester B. Pearson, qui a gouverné cinq ans tout en étant minoritaire et qui a de nombreuses réalisations à son actif en dépit de ce statut.
Mais pour Luc Lavoie, qui fut conseiller de Brian Mulroney, il n'y a rien de glorieux dans le statut de minoritaire.
En échouant à deux reprises à constituer une majorité, le gouvernement de Lester B. Pearson n'a fait que démontrer que sa gestion ne fonctionnait pas et qu'elle ne plaisait pas à la population, affirme-t-il.
Ne rien faire
Comme les décisions gouvernementales les plus importantes sont souvent controversées, voire impopulaires, un gouvernement minoritaire choisira de ne rien faire, fait remarquer Martine Tremblay, qui fut du cabinet de René Lévesque. «Je prétends que les gouvernements minoritaires, c'est bien mauvais même si le monde a l'air d'aimer ça. Ce n'est parce que les gens aiment ça que c'est bon.» Un gouvernement minoritaire, ce n'est pas dérangeant, mais «les choses nécessaires ne se font pas».
Le Québec n'a pas connu de gouvernement minoritaire à l'exception du gouvernement actuel et d'un bref épisode de deux mois, en 1878. Par contre, au fédéral, la situation a été fréquente. Dans son ouvrage Two cheers for minority government, le politologue de l'Université de Toronto, Peter H. Russell, a recensé pas moins de 12 gouvernements minoritaires et un gouvernement de coalition sur les 40 législatures élues depuis la Confédération. Ces gouvernement sont souvent de courte durée — un an ou deux —, mais à deux reprises, Mackenzie King a réalisé un mandat de près de quatre ans, la durée usuelle d'un gouvernement
au Canada.
Et les voix
Le politologue note toutefois que des 27 gouvernements majoritaires, 13 d'entre eux constituaient des gouvernements «faussement majoritaires», c'est-à-dire que bien qu'ayant obtenu une majorité de sièges, ils n'ont pas recueilli une majorité des voix. Pour Peter Russell, les gouvernements majoritaires ne favorisent pas la population à moins de préférer une gouvernement «style chef d'entreprise» qui gouverne «sans débat parlementaire significatif et sans tenir compte de l'appui populaire». Un parti qui n'a pas obtenu l'appui d'une majorité de la population peut imposer son programme politique qui n'a été choisi que par une minorité de l'électorat. Ainsi, Jean Chrétien a dirigé le pays pendant dix ans sans obtenir la majorité des voix. Et il faut remonter au gouvernement Mulroney de 1984 pour voir un parti prendre le pouvoir avec l'appui de la majorité des électeurs.
La plupart des premiers ministres d'un gouvernement minoritaire n'ont guère apprécié ce statut et se sont employés à former une majorité afin d'avoir les coudées franches. C'est le cas d'ailleurs de Stephen Harper qui, à maintes occasions, a affirmé qu'il avait besoin d'une majorité pour gouverner. Ne nous trompons pas: c'est bien une majorité que cherche à obtenir le chef conservateur lors des présentes élections.
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